Pages

lundi 30 mars 2026

17.30 - MON AVIS SUR LE FILM L'AFFAIRE CICERON DE JOSEPH L.MA?NKIWICZ (1952)


 Vu Le Film L’Affaire Cicéron de Joseph L.Mankiewicz (1952) avec James Mason Danielle Darrieux Michael Rennie Walter Hampden Oskar Karlweis Herbert Berghof John Wengraf Roger Plowden Ben Astar Michael Pate  

En mars 1944, à AnkaraDiello, le valet de chambre de l'ambassadeur du Royaume-Uni, propose à Moyzisch, un attaché de l'ambassade du Troisième Reich, de lui vendre des microfilms de documents britanniques classés top-secret. Dubitatifs, Moyzisch et ses supérieurs acceptent, tout en craignant un piège. Ils donnent au domestique le nom de code « Cicéron », vantant son éloquence équivalente au célèbre orateur romain La première livraison, annonçant les lieux et dates de bombardements, se révèle authentique. Le marché se poursuit alors. Ayant besoin d'une façade pour masquer ses discrets rendez-vous, le valet paie Anna Slaviska, une comtesse polonaise aujourd'hui ruinée et dont il fut jadis le valet de chambre, et la charge d'organiser des soirées mondaines où la diplomatie allemande pourra officiellement se rendre. Diello pense ainsi amasser une petite fortune en peu de temps et fuir ensuite en Amérique du Sud avec Anna. Pendant ce temps, les Britanniques s'aperçoivent qu'il y a une fuite dans leurs services et envoient un agent du contre-espionnage. 

Vous savez, il y a des films qui restent ancrés dans la mémoire. L’Affaire Cicéron, c’est un de ceux-là pour moi. J’avais 12 ou 13 ans, Patronnage du coin, et paf, voilà que le cinéma me montre que l’on peut apprendre quelque chose tout en s’émerveillant. Pas de gadgets, pas de cascades, pas de explosions à la con… juste un film d’espionnage pur, carré comme un diamant. Et ça, je vous le dis, Bertrand Tavernier l’avait très bien résumé : Cicéron, ce n’est pas carré… mais ce film, oui. 

Tout part de Ulysses Diello, valet à l’Ambassade britannique à Ankara, joué par James Mason. Et là, accrochez-vous : ce type est un salaud de compétition. Il vend les secrets des Alliés avant le débarquement de 44. Mais attention, c’est pas simple : il veut la défaite de l’Allemagne, mais ses trahisons risquent de saboter l’Opération Overlord. Cynique, non ? Effrayant, surtout qu’il est au service de ceux qu’il trahit. Et Mason… oh, Mason ! Son charme, son regard… on a presque de l’empathie pour lui, et c’est ça qui est effrayant. 

Et puis il y a la comtesse Anna Staviska, Danièle Darrieux. La beauté et le cynisme incarnés. Elle est utilisée par Diello comme appât, ses soirées deviennent des pièges invisibles pour les Allemands. Et pourtant, elle n’est pas une simple victime : elle a son intelligence, son humour discret, sa manière de résister… ou pas. 

Le scénario, lui, est un petit bijou. Chaque dialogue compte, chaque geste a un sens. Pas besoin d’explosions pour sentir la tension. Mankiewicz, comme dans Jules César, préfère l’histoire au spectaculaire. Ici, Cicéron devient l’empereur des salauds, mais d’une manière qu’on admire. 

La mise en scène est impeccable. Ankara devient un décor vivant, menaçant mais élégant. Les salons feutrés, les ambassades, les soirées sophistiquées… chaque plan respire le danger et la précision. Et on sent que Mankiewicz respecte le spectateur : il nous donne des indices, nous fait réfléchir, et nous tient en haleine sans jamais tricher. 

James Mason est un maître. Chaque sourire, chaque mensonge, chaque hésitation de Diello… fascinant. On voudrait le haïr, mais on est hypnotisés. Danièle Darrieux n’est pas en reste. Sa beauté glaciale, son intelligence acérée, ses petits sourires cyniques… un régal. Les seconds rôles tiennent parfaitement leur place, mais ce duo est tout simplement inoubliable. 

Et ce paradoxe de Diello… horrible, cynique, manipulateur… mais tellement humain. L’argent ne fait pas le bonheur, mais lui, il s’en contente. Et c’est exactement ça qui nous fait rester scotchés à l’écran. C’est cruel, c’est triste, mais c’est brillant. 

Moi, je l’ai vu il y a plus de 55 ans. Je m’en souviens comme si c’était hier. Chef-d’œuvre d’espionnage, modèle de scénario et de mise en scène. Chaque vision est un plaisir renouvelé. Chaque détail est savoureux. Pas besoin de gadgets, pas besoin d’explosions : juste des personnages, une histoire, une mise en scène et des acteurs qui font réfléchir, trembler, sourire. 

Alors oui, je le redis : L’Affaire Cicéron est un chef-d’œuvre. Le film respecte le spectateur, respecte l’histoire, et surtout, respecte le cinéma. Un monument. Et moi, gamin du Patronnage, je suis tombé amoureux du cinéma ce jour-là. 

NOTE : 17.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Et, parmi les acteurs non crédités :



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire