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jeudi 12 mars 2026

11.20 - MON AVIS SUR LE FILM UN SIMPLE ACCIDENT DE JAFAR PANAHI (2025°

 


Vu le Film Un Simple Accident de Jafar Panahi (2025) avec Vahid Mobassen Maryam Afsham Ebrahim Azizi Hadis Bakbaten Majod Panahi Neldaj Najafi 

En rejoignant de nuit, avec sa femme enceinte et sa petite fille, sa maison à la campagne, un automobiliste écrase un chien. La voiture tombe en panne et il s'arrête devant un garage. Là, Vahid, un mécanicien automobile, croit reconnaître en cet automobiliste Eghbal « la Guibole », au son de sa prothèse de jambe qui grince, l'un de ses anciens tortionnaires alors qu'il était détenu par les autorités iraniennes. 

Le cinéma est-il politique ? Oui, certainement pour certains. Mais pour moi, il doit d’abord être ludique, vivant, capable d’embarquer le spectateur avant même de lui asséner un message. Cela n’empêche évidemment pas de parler de sujets graves, sociaux ou politiques. Et dans ce domaine, le Festival de Cannes s’en est fait une spécialité depuis quelques années, en récompensant souvent des films où le courage du geste artistique compte presque autant que le cinéma lui-même. 

Avec Un simple accident, Jafar Panahi s’inscrit pleinement dans cette tradition. 

Le cinéaste iranien, figure majeure du cinéma contemporain, tourne depuis des années dans des conditions extrêmement difficiles dans son pays. Filmer devient presque un acte de résistance. Et il faut reconnaître que ce courage est réel. Panahi continue de faire du cinéma malgré les interdictions, les pressions et les obstacles. Rien que cela force le respect. 

Mais la question qui se pose reste entière : le courage suffit-il à faire un grand film… et surtout une Palme d’or ? 

L’histoire démarre pourtant sur une idée intrigante. Un banal accident de voiture devient le point de départ d’un engrenage moral et politique. Les personnages, confrontés à ce fait divers, se retrouvent face à une question plus large : celle de la justice, de la vengeance et de la responsabilité. Peu à peu, le récit glisse vers un terrain plus sombre où les protagonistes doivent décider s’il faut punir ceux qu’ils considèrent comme coupables. 

Panahi parle donc de vengeance, de mémoire et de violence politique. Le problème, à mes yeux, vient de la manière. Car le film donne souvent l’impression d’être tourné dans l’urgence — ce qui est sans doute vrai. Cette urgence se ressent dans la mise en scène : certaines scènes sont figées, presque statiques, comme suspendues dans le temps. 

Certes, il faut reconnaître que certains plans sont magnifiques, notamment grâce à une photographie très travaillée qui capte la lumière et les paysages avec une réelle sensibilité. Par moments, on retrouve le grand cinéaste qu’est Panahi. 

Mais ces éclairs visuels ne suffisent pas à faire oublier les faiblesses du récit. 

Le scénario, justement, apparaît assez fragile. Le film répète à l’envi son idée centrale : les coupables doivent payer, les coupables doivent mourir. Le message politique est martelé avec une insistance qui finit par devenir redondante. On comprend vite ce que le réalisateur veut dire… peut-être même trop vite. 

Résultat : le film tourne parfois en rond, comme s’il hésitait sur le ton à adopter. Panahi semble lui-même ne pas toujours savoir sur quel pied danser entre la fable morale, le pamphlet politique et le drame humain. 

Du côté des acteurs, les choses sont également compliquées. Les conditions de tournage, forcément précaires, se ressentent dans le jeu. Les comédiens manquent parfois d’expression, les émotions restent retenues, presque absentes. Cela rend l’approche des personnages plus difficile pour le spectateur, qui peine à réellement s’attacher à eux. 

Et dans un film qui repose autant sur les dilemmes moraux, c’est un vrai problème. 

Un simple accident laisse une impression étrange. On respecte profondément la démarche de Panahi, son courage et sa persévérance. Mais sur le plan strictement cinématographique, il avait déjà proposé des œuvres bien plus fortes et bien plus inventives. 

Alors oui, on peut saluer l’homme. 
Mais le film, lui, reste pour moi étonnamment moins 

Et devant une récompense aussi prestigieuse que celle décernée par le Festival de Cannes, la question se pose avec un brin d’ironie : 

Palme d’or… 
ou Palme dort ? 🎬 


NOTE : 11.20

FICHE TECHNIQUE



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