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dimanche 8 mars 2026

12.40 - MON AVIS SUR LE FILM LE VIAGER DE PIERRE TCHERNIA (1972)


 Vu le Film Le Viager de Pierre Tchernia (1972) avec Michel Serrault Jean Pierre Darras Rosy Varte Michel Galabru Jean Carmet Gérard Depardieu Claude Brasseur Yves Robert Noel Roquevert Jean Richard Odette Laure 

En 1930, Léon Galipeau, médecin à Paris, pense aider son frère Emile en lui conseillant d'acheter en viager la propriété de Louis Martinet, un de ses patients qui possède une petite maison à Saint-Tropez. Car Louis est supposé être mourant. 

Voir Le Viager de Pierre Tchernia, c’est un peu comme tomber dans une grande partie de rigolade entre amis. Chez Tchernia, comme souvent chez Robert Dhéry, on a l’impression de regarder une bande de copains qui s’amusent autant que le public. Le film repose sur un principe de comédie presque enfantin mais redoutablement efficace : une idée absurde poussée jusqu’au bout. Ici, tout commence dans les années 30 lorsqu’un modeste retraité, Louis Martinet, consulte son médecin qui lui annonce qu’il ne lui reste que peu de temps à vivre. La famille Galipeau, menée par le très opportuniste Léon Galipeau interprété par Michel Galabru, voit immédiatement l’occasion de faire une affaire en or : acheter la petite maison de Martinet en viager. La maison se trouve dans un village du sud encore tranquille, Saint-Tropez, bien avant qu’il ne devienne le symbole de la Côte d’Azur mondaine. Le calcul est simple : le vieux va mourir rapidement et la maison reviendra presque pour rien aux Galipeau. Mais la mécanique comique du film repose sur l’inverse exact de cette logique. Martinet ne meurt pas. Pire : il se porte à merveille. 

Interprété par un formidable Michel Serrault, Louis Martinet devient peu à peu une sorte de survivant invincible. Serrault s’offre ici un immense numéro de clown, multipliant les mimiques, les situations absurdes et même plusieurs incarnations qui renforcent le côté burlesque du film. Face à lui, Michel Galabru compose un Galipeau magnifique de mauvaise foi et d’avidité, personnage qui va passer sa vie à attendre la mort d’un homme qui semble éternel. Les années passent : la guerre arrive, puis l’après-guerre, puis même les années 68… et Martinet est comme le canard toujours vivant. Les Galipeau, eux, continuent de payer le viager et voient leur rêve d’avenir radieux se transformer en cauchemar financier. Autour de ce duo comique gravitent notamment Claude Brasseur et Rosy Varte, qui participent à cette galerie de personnages typiquement français, prêts à toutes les combines pour améliorer leur sort. 

La mise en scène de Pierre Tchernia reste volontairement simple et efficace. Il privilégie les acteurs, les dialogues et surtout les situations, laissant les comédiens porter le rythme comique. Le scénario est complètement lunaire mais fonctionne comme une fable populaire sur l’avidité et la naïveté humaines. Ce n’est pas toujours d’une grande finesse, certes, mais la mécanique du gag fonctionne grâce à l’énergie des acteurs et à cette idée géniale : voir une famille entière attendre pendant des décennies la mort d’un homme qui refuse obstinément de disparaître. Au fond, le film se moque gentiment des Français prêts à tout pour obtenir un avenir confortable, quitte à exploiter un pauvre vieux… qui finalement leur survivra à tous. Et la morale, elle, tombe comme une évidence comique : BIEN MAL ACQUIS NE PROFITE JAMAIS ! 

NOTE : 12.40

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