Vu le Film Le Viager de Pierre Tchernia (1972) avec Michel Serrault Jean Pierre Darras Rosy Varte Michel Galabru Jean Carmet Gérard Depardieu Claude Brasseur Yves Robert Noel Roquevert Jean Richard Odette Laure
En 1930, Léon Galipeau, médecin à Paris, pense aider son frère Emile en lui conseillant d'acheter en viager la propriété de Louis Martinet, un de ses patients qui possède une petite maison à Saint-Tropez. Car Louis est supposé être mourant.
Voir Le Viager de Pierre Tchernia, c’est un peu comme tomber dans une grande partie de rigolade entre amis. Chez Tchernia, comme souvent chez Robert Dhéry, on a l’impression de regarder une bande de copains qui s’amusent autant que le public. Le film repose sur un principe de comédie presque enfantin mais redoutablement efficace : une idée absurde poussée jusqu’au bout. Ici, tout commence dans les années 30 lorsqu’un modeste retraité, Louis Martinet, consulte son médecin qui lui annonce qu’il ne lui reste que peu de temps à vivre. La famille Galipeau, menée par le très opportuniste Léon Galipeau interprété par Michel Galabru, voit immédiatement l’occasion de faire une affaire en or : acheter la petite maison de Martinet en viager. La maison se trouve dans un village du sud encore tranquille, Saint-Tropez, bien avant qu’il ne devienne le symbole de la Côte d’Azur mondaine. Le calcul est simple : le vieux va mourir rapidement et la maison reviendra presque pour rien aux Galipeau. Mais la mécanique comique du film repose sur l’inverse exact de cette logique. Martinet ne meurt pas. Pire : il se porte à merveille.
Interprété par un formidable Michel Serrault, Louis Martinet devient peu à peu une sorte de survivant invincible. Serrault s’offre ici un immense numéro de clown, multipliant les mimiques, les situations absurdes et même plusieurs incarnations qui renforcent le côté burlesque du film. Face à lui, Michel Galabru compose un Galipeau magnifique de mauvaise foi et d’avidité, personnage qui va passer sa vie à attendre la mort d’un homme qui semble éternel. Les années passent : la guerre arrive, puis l’après-guerre, puis même les années 68… et Martinet est comme le canard toujours vivant. Les Galipeau, eux, continuent de payer le viager et voient leur rêve d’avenir radieux se transformer en cauchemar financier. Autour de ce duo comique gravitent notamment Claude Brasseur et Rosy Varte, qui participent à cette galerie de personnages typiquement français, prêts à toutes les combines pour améliorer leur sort.
La mise en scène de Pierre Tchernia reste volontairement simple et efficace. Il privilégie les acteurs, les dialogues et surtout les situations, laissant les comédiens porter le rythme comique. Le scénario est complètement lunaire mais fonctionne comme une fable populaire sur l’avidité et la naïveté humaines. Ce n’est pas toujours d’une grande finesse, certes, mais la mécanique du gag fonctionne grâce à l’énergie des acteurs et à cette idée géniale : voir une famille entière attendre pendant des décennies la mort d’un homme qui refuse obstinément de disparaître. Au fond, le film se moque gentiment des Français prêts à tout pour obtenir un avenir confortable, quitte à exploiter un pauvre vieux… qui finalement leur survivra à tous. Et la morale, elle, tombe comme une évidence comique : BIEN MAL ACQUIS NE PROFITE JAMAIS !
NOTE : 12.40
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Pierre Tchernia
- Scénario : Pierre Tchernia et René Goscinny
- Musique : Gérard Calvi
- Décors : Willy Holt
- Costumes : Gladys de Segonzac
- Photographie : Jean Tournier
- Son : Jacques Lebreton
- Montage : Isabel García de Herreros, Françoise Javet et Kouka
- Production : René Goscinny et Leon Zuratas
- Sociétés de production : Dargaud Films Productions et Les Productions Artistes associés (United Artists)
- Société de distribution : Les Productions Artistes associés
- Pays de production :
France
- Michel Serrault : Louis Martinet / le général nazi déguisé en portier d'hôtel / le général nazi non déguisé / Otto, le parachutiste allemand déguisé en bonne sœur / l'Allemand infiltré dans l'usine d'armement / l'Allemand infiltré en instituteur / l'Allemand infiltré dans l'état-major français.
- La famille Galipeau
- Michel Galabru : Dr Léon Galipeau
- Odette Laure : Marguerite Galipeau, l'épouse de Léon
- Jean-Pierre Darras : Émile Galipeau, le frère de Léon
- Rosy Varte : Elvire Galipeau, épouse d'Émile et mère de Noël
- Noël Roquevert : le grand-père (le père d'Elvire)
- Madeleine Clervanne : la grand-mère (la mère d'Elvire)
- Luc Diaz : Noël Galipeau à 10 ans
- Claude Brasseur : Noël Galipeau à 40 ans
- Yves Robert : le capitaine de corvette Bucigny-Dumaine
- Claude Legros : Lucien, le facteur
- Jean Carmet : maître Vierzon, l'avocat de Noël
- Jean Richard : Jo, petit voyou
- Gérard Depardieu : Victor, complice de Jo
- Bernard Lavalette : le député-maire de Saint-Tropez
- Jean Michaud : le procureur
- Jacques Hilling : le président du tribunal
- Jacques Bodoin : maître Lagarrigue, le notaire
- Raoul Curet : le projectionniste
- Rudy Lenoir : un Allemand qui fuit à vélo
- René Renot : Jeannot
- Antoinette Moya : Angèle, femme du facteur
- Alain Lionel : le docteur de l'hôpital
- Gabriel Jabbour : M. Levasseur, le patron de Martinet
- Pierre Tchernia : le narrateur (voix) / le réalisateur de télévision
- Élisabeth Vermeiren-Dulac : la cheftaine des scouts belges
- Paul Préboist : le fromager dans la grande surface
- Henri-Jacques Huet : le chef du maquis
- Edmond Ardisson : le chef de train
- Béatrice Chatelier : la pulpeuse infirmière
- Yves Barsacq : un invité du préfet de police
- Robert Berri : un invité du préfet de police
- Philippe Castelli : un artiste du cabaret
- Roger Lumont : le général von Schwarzenberg
- André Randel : le trompettiste
- Guy Verda : le photographe du cabaret
- Joëlle Bernard : la prostituée
- Jean Franval : un invité du préfet de police
- René Aranda : un homme à la cérémonie
- Roger Carel : la voix off des actualités
- Claude Dasset : la voix off de la TSF
- Nathalie Serrault : l'enfant qui explique le principe du viager (voix)
- Paul Bisciglia : un maquisard
- Jacques Préboist : le hallebardier
- Michèle Mercier : la jeune femme au bal (caméo)
- Jacques Rouland : un photographe au centenaire
- José Luis de Vilallonga : le général qui décore Martinet
- Nicole Chomo : une bonne des Galipeau
- Nicole Desailly : une bonne des Galipeau
- Gloria France : une passante
- Marius Gaidon : un employé de Levasseur
- Édouard Rousseau : l'employé de Levasseur qui porte la statuette
- Guy Bonnafoux : un homme qui fait la file des provisions
- Robert André : un invité du préfet de police
- Jakub Weizbluth : un invité du préfet de police
- Jacques Wallet : un invité du préfet de police
- Roland Malet : un garde devant le tribunal
- Images d'archives

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