Vu le Film Le Tombeur de ces Dames de Jerry Lewis (1961) avec Jerry Lewis Hope Hollday Kathleen Freeman George Raft Pat Stanley Helen Straubel Buddy Lester Gloria Jean
Fraîchement diplômé, Herbert découvre que sa fiancée le trompe avec un autre. Écœuré, il se jure de ne plus entendre parler des femmes. Sa misogynie est telle que toute présence féminine lui est intolérable.
Avec Le Tombeur de ces dames, Jerry Lewis signe l’un de ses sommets comiques, un film qui pousse son art de l’absurde jusqu’à une forme de délire parfaitement contrôlé. Ici, il est partout : devant et derrière la caméra, maître d’un univers qui lui appartient totalement.
L’histoire est simple, presque un prétexte : Herbert Heebert (déjà, rien que le nom est une scène en soi… prononcé, déformé, massacré — du Lewis pur jus) est un jeune étudiant traumatisé après avoir surpris sa fiancée dans les bras d’un autre. Résultat : son rapport aux femmes devient un véritable Mur de Berlin infranchissable. À partir de là, le film prend un malin plaisir à le plonger dans la pire situation possible : un emploi dans une pension… exclusivement féminine. Autant dire « mettre un végan dans un Hippopotamus ».
Herbert, avec un Jerry Lewis en pleine forme, va devoir affronter jour après jour, nuit après nuit, le pire de ses cauchemars. Et c’est là que la mécanique comique s’emballe. Chaque couloir devient un piège, chaque porte une menace, chaque apparition féminine une montée de panique. On est dans un ballet hystérique, millimétré, où le corps de Lewis devient l’instrument principal du gag.
La mise en scène est d’une précision remarquable. Sous des airs de chaos total, tout est réglé comme une horloge : déplacements, ruptures de rythme, explosions burlesques. Lewis construit son espace comme un terrain de jeu infernal, transformant la pension en labyrinthe mental. Il joue avec les couleurs, les décors, les cadrages pour accentuer le sentiment d’oppression… comique. Oui, comique, car on rit de voir cet homme complètement dépassé par une situation qu’il ne contrôle jamais.
Le scénario, lui, assume pleinement sa logique absurde. Il ne cherche pas la vraisemblance mais l’efficacité du gag. C’est une suite de situations poussées à l’extrême, où l’humiliation d’Herbert devient un moteur narratif. Et pourtant, derrière cette folie, il y a une vraie cohérence : celle d’un homme qui tente désespérément de survivre à son propre blocage.
Côté casting, Kathleen Freeman apporte sa présence rugueuse et autoritaire, parfaite en contrepoint de Lewis. Elle incarne cette figure quasi militaire qui encadre le chaos. Et puis il y a George Raft, dans son propre rôle — apparition savoureuse, d’autant plus drôle qu’Herbert ne sait absolument pas qui il est. Un gag méta avant l’heure, qui ajoute une couche d’absurde supplémentaire.
Mais au fond, le film repose entièrement sur Lewis. Il est le centre d’intérêt, le moteur, le cœur battant de chaque scène. Son jeu physique, ses mimiques, ses ruptures de ton — tout participe à créer un personnage à la fois pathétique et irrésistible.
C’est un peu de détente par le maître de l’absurde revendiquée. Et comme dirait Mac Mahon : « que de femmes, que de femmes ». Herbert, c’est un chat dans un camp de souris… sauf qu’ici, les souris ont clairement pris le pouvoir.
Un film où le cauchemar devient comédie, où l’excès devient style, et où Jerry Lewis prouve, une fois de plus, qu’il est unique dans son genre.
NOTE : 13.00
FICHE TECHNIQUE
- Réalisateur : Jerry Lewis
- Scénariste : Don McGuire
- Directeur de la photographie : W. Wallace Kelley[]
- Directeurs artistiques : Hal Pereira et Ross Bellah (en)
- Musique : Walter Scharf
- Chef décorateur : Sam Comer
- Costumière : Edith Head
- Chorégraphe : Bobby Van (numéros musicaux)
- Monteur : Stanley E. Johnson[]
- Production : Jerry Lewis
- Société de production : Paramount Pictures
- Jerry Lewis (V.F : Jacques Dynam) : Herbert H. Heebert / Mme Heebert, sa mère
- Helen Traubel (V.F : Helene Tossy) : Helen Welenmelon
- Kathleen Freeman (V.F : Françoise Fechter) : Katie, la cuisinière
- George Raft (V.F : Jean Martinelli) : George Raft
- Harry James : Harry James
- Jack Kruschen (V.F : Émile Duard) : : le proviseur
- Alex Gerry : le producteur
- Mary LaRoche : « Miss Society »
- Hope Holiday : « Miss Anxious »
- Lynn Ross : « Miss Vitality »
- Darren McGavin
- Pat Stanley (V.F : Claire Guibert) : Fay
- Buddy Lester (V.F : Jean Clarieux) : : Willard C. Gainsborough
- Gloria Jean : Gloria

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