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dimanche 22 mars 2026

12.00 - MON AVIS SUR LE FILM DON CAMILLO MONSEIGNEUR DE CARMINE GALLONE (1961)


 Vu le Film Don Camillo Monseigneur de Carmine Gallone (1961) avec Fernandel Gino Cerci Jean Pierre Duclos Gina Rovere Leda Gloria Vaiena Ciangotenni Saro Urzi Marco Tulli Andrea Chucchi 

(Même si Gino Cervi n’est plus maire mais l’esprit reste mais il y a toute de même son remplaçant Brusco le barbier devenu Maire joué par Saro Urzi) 

Don Camillo et Peppone sont devenus respectivement « Monseigneur » (titre donné à certains prélats ou hauts dignitaires de la cour papale, prélat, haut dignitaire de la maison du pape) et sénateur. Ils se rencontrent par hasard dans le train qui les ramène à Brescello. 

Une fois de nouveau rassemblés dans leur commune, ils reprennent la lutte comme au bon vieux temps. Le premier conflit concerne la construction d’une Maison du peuple qui demanderait la démolition d’une petite chapelle. Les autres différends qui les opposent sont d’une part le mariage civil souhaité par Peppone pour son fils et un outrage subi par Gisella, une camarade du parti. 

On retrouve notre duo iconoclaste, et rien que ça, c’est déjà un petit plaisir de cinéphile. Le curé Don Camillo, incarné par Fernandel, a pris du galon et officie désormais au Vatican comme Monseigneur, tandis que son éternel rival communiste Peppone, joué par Gino Cervi, s’est lui aussi élevé socialement en devenant Sénateur. Les voilà éloignés, chacun dans sa sphère, presque assagis… du moins en apparence. 

Mais il suffit d’un hasard — un train, un retour vers leur village de Brescello — pour que tout reparte comme avant. Et les emmerdes ressurgissent, car chacun reste campé sur ses convictions, qui sont à l’opposé, c’est peu de le dire. Pourtant, derrière les joutes verbales et idéologiques, demeure cette amitié sans bornes qui fait tout le sel de la saga. 

L’histoire, fidèle à l’esprit des récits de Giovannino Guareschi, repose toujours sur ce choc entre religion et communisme, mais ici, le scénario semble parfois tourner un peu en rond. On sent que l’écriture a évolué depuis l’époque où Julien Duvivier tenait la barre, avec un respect plus équilibré des deux personnages. Ici, l’ensemble paraît plus dispersé, moins incisif. 

Certaines intrigues peinent à passionner — le mariage du fils de Peppone, par exemple, s’étire sans véritable enjeu dramatique — et l’on a tendance à s’ennuyer par moments. Ce n’est pas catastrophique, loin de là, mais disons que l’intérêt est inégal, comme si le film hésitait entre chronique sociale, comédie et satire politique sans toujours trouver le bon rythme. 

Heureusement, cela se laisse tout de même regarder grâce à quelques scènes cocasses et des répliques hilarantes qui sauvent un peu les meubles. Le duo fonctionne encore, porté par une mécanique bien huilée, et certaines confrontations gardent cette saveur unique, entre tendresse et mauvaise foi assumée. 

Carmine Gallone propose un travail classique, parfois un peu trop sage. Mais il offre tout de même de belles images, notamment autour de la place Saint-Pierre, qui apportent une dimension presque solennelle au récit et ancrent le film dans son époque. 

Justement, le parallèle avec certains événements contemporains est une bonne idée, même si cela reste en surface. Le film tente d’élargir son propos, mais sans toujours aller au bout de ses intentions. 

J’ai trouvé Fernandel plus en forme que Gino Cervi. Il conserve cette énergie, cette expressivité et ce sens du timing comique qui font mouche. Cervi, lui, semble un peu en retrait, comme si son personnage perdait légèrement de sa vigueur habituelle. 

À noter pour les cinéphiles la présence de Valeria Ciangottini, immortalisée par Federico Fellini dans La Dolce Vita, clin d’œil intéressant pour les amateurs. 

Ce quatrième épisode a sans doute un peu vieilli. Il conserve le charme de ses personnages et de ses interprètes, mais perd en fraîcheur et en mordant. Se laisse revoir, mais sans plus.

NOTE : 12.00

FICHE TECHNIQUE


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