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vendredi 27 février 2026

14.80 - MON AVIS SUR LE FILM ARCO DE UGO BIENVENU (2025)

 


Mon avis sur Film Arco de Ugo Bienvenu (2025) Film d’Animation Freançais 

 

En 2075, une petite fille de 10 ans, Iris, voit un mystérieux garçon vêtu d'une combinaison arc-en-ciel tomber du ciel. C'est Arco. Il vient d'un futur lointain et idyllique où voyager dans le temps est possible. Iris le recueille et va l'aider par tous les moyens à rentrer chez lui. 

Il y a des films où l’on n’est pas prêt au choc émotionnel qui nous attend. Arco, premier long métrage de Ugo Bienvenu, fait partie de ceux-là. On entre dans la salle avec une curiosité teintée de prudence — premier film, jeune réalisateur — et l’on en ressort bouleversé, le cœur battant comme après une confidence d’enfance. 

Au début, debout dans ses premières minutes, on pourrait croire à un hommage appuyé au maître Hayao Miyazaki. Les couleurs tendres, les lignes souples, cette délicatesse du trait… et puis très vite, Bienvenu impose sa patte. Un graphisme personnel, une identité visuelle affirmée, un ton jamais vu au cinéma, fait de pastels lumineux et d’éclats presque cotonneux. Ce n’est pas une imitation : c’est une naissance. 

L’histoire est d’une simplicité apparente et d’une richesse infinie. Iris vit en 2075 et rêve d’un monde meilleur. Elle porte en elle cette mélancolie active des idéalistes. Arco, lui, est un garçon  venu du futur — sans vraiment se l’approprier. Avec sa cape arc-en-ciel et son casque d’aviateur, il traverse les époques comme on traverse un rêve. Il découvre le monde avec la gravité et l’émerveillement mêlés de l’enfance. Leur rencontre est le cœur battant du film. 

Les personnages ne sont jamais de simples figures symboliques. Iris n’est pas qu’une projection d’espoir : elle est habitée, vibrante, presque fragile dans sa détermination. Arco, derrière son design naïf, possède une profondeur bouleversante. Chaque regard, chaque silence compte. Les voix — d’une justesse remarquable — incarnent ces êtres avec une sincérité rare. On sent que la direction d’acteurs a été pensée comme une musique intérieure : rien n’est surjoué, tout respire. 

La mise en scène est d’une maîtrise impressionnante pour un premier film. Bienvenu sait où poser son crayon, ou plutôt son regard. Les plans s’étirent quand il faut laisser l’émotion infuser, se resserrent quand le cœur s’accélère. Les transitions entre les époques sont fluides, presque organiques. Jamais démonstratif, toujours sensible. 

Le scénario avance avec une douceur trompeuse. On croit deviner la trajectoire, supputer la fin… et pourtant, la conclusion se révèle encore plus posée et belle que prévue. Une quintessence poétique d’un récit et d’une maîtrise narrative à le délivrer — à tous les niveaux — jamais prise en défaut. C’est rare, cette sensation d’évidence. 

Visuellement, c’est étonnant. Un design naïf, oui, mais dans le sens noble du terme : celui qui touche à l’essentiel. Les battements de cœur d’émotion sont constants. La poésie enfantine n’est pas un vernis, elle est la structure même du film. 

Et puis il y a ce sentiment précieux : du cinéma pour les petits et les grands. Pas un film “pour enfants”. Un film sur l’enfance, sur le temps, sur l’espoir. Sur ce que l’on transmet et ce que l’on reçoit. 

Le film collectionne les prix dans le monde entier, et ce n’est pas un hasard. Quand une œuvre parle avec une telle sincérité, elle traverse les frontières comme Arco traverse les époques. 

Alors oui, on dit Bienvenu à Hugo dans le monde du cinéma. Et quel accueil. 

NOTE : 14.80

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION (VOIX)



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