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lundi 23 février 2026

9.50 - MON AVIS SUR LE FILM AUCUN AUTRE CHOIX DE PARK CHAN WOOK (2025)

 


Vu le Film Aucun AUtre Choix de Park Chan Wook (2025) avec Lee Byun Hun Son Ye Jin Park Hee soon Lee Sung Min Yeorn Hye Ran 

Yoo Man-soo, employé de bureau depuis 25 ans, est soudainement licencié. Il cherche alors à tout prix un nouvel emploi, pour protéger sa femme Mi-ri et leurs deux enfants. Il tente surtout de garder leur maison qu'il avait achetée avec beaucoup de difficulté. Il n'a d'autre choix que de préparer sa propre guerre 

Avec Aucun autre choix de Park Chan-wook, j’espérais retrouver le styliste virtuose de Oldboy ou de Mademoiselle. Un cinéaste capable de transformer la vengeance en opéra baroque, le malaise en élégance vénéneuse . Mais ici, malgré la promesse, je reste à quai. 

L’histoire, adaptée du roman de Donald E. Westlake, avait déjà connu une version signée Costa-Gavras.  Et si j’admire profondément le cinéma de Costa-Gavras, je n’avais déjà pas adhéré à cette première adaptation. Je me disais : “Avec Park, ça va prendre feu.”Eh bien non. Même avis. Même frustration. 

Yoo — licencié, humilié, laissé sur le bas-côté — décide que, pour survivre, il faut éliminer ses concurrents. 

 
Pas tant pour l’argent que pour sauver une forme de dignité tordue. Un looser qui transforme la compétition sociale en champ de bataille. Sur le papier, c’est redoutable. 
Une satire noire du monde du travail. Un brûlot sur la société actuelle. 

Mais voilà : Park voulait faire un brûlot… et il en a fait une farce. 
Et “farce” et “monde actuel” ne sont même pas les bons mots. 
On dirait un exercice de style un peu mécanique, comme si la mise en scène tournait à vide. 

Visuellement, c’est propre, millimétré, composé avec cette précision clinique qu’on lui connaît. 
Les cadres sont impeccables, les couleurs pensées, les mouvements maîtrisés. 
Mais la virtuosité passée semble loin. 
Ici, la démonstration prend le pas sur l’émotion. 

Les acteurs, eux, font ce qu’ils peuvent. L’interprète de Yoo incarne bien cette médiocrité blessée, ce mélange de lâcheté et de ressentiment. Il y a même par moments une vraie tristesse dans son regard Mais le scénario ne lui laisse jamais la place d’exister autrement que comme concept. 

Et c’est peut-être là le problème : cette histoire est-elle, tout simplement, limitée ? 
Deux grands réalisateurs s’y sont cassé les dents.Peut-être que le matériau résiste. 
Peut-être qu’il manque ce fameux côté manipulateur psychologique que j’aurais aimé voir émerger. 
 

Plus de perversité intime, moins de mécanique répétitiveLe ton hésite : drame ou farce ? Il faut choisir. À force de naviguer entre les deux, le film perd sa force L’humour tombe parfois à plat, presque pénible. La violence, elle, ne choque pas, ne trouble pas, ne fascine pas.Et pourtant, les Golden Globes l’ont nommé trois fois. Comme quoi, la reconnaissance ne fait pas l’adhésion. 

Je ne déteste pas Park Chan-wook. Je l’admire même profondément. Mais ici, je le trouve loin de sa puissance habituelle. Un cinéaste brillant qui semble se noyer dans son propre style. 

Alors oui, peut-être que le problème, au fond, c’est l’histoire. Parce que quand deux réalisateurs de ce calibre font de la farce alors qu’ils excellent d’habitude dans la tension politique ou morale… Ça ne fonctionne pas. 

Désolé. Mais parfois, aucun autre choix que de ne pas aimer. 

NOTE : 9.50

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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