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mercredi 11 février 2026

5.20 - L'ATTAQUE DES DONUTS TUEURS DE SCOTT WHEELER (2016)

 


Vu le Film (Hélasl’Attaque des Donuts Tueurs de Scott Wheeler (2016) avec Justin Ray Kayla Compton Chris de Christopher Michael Swan Frederick Burns Ben Heyman 

Aux États-Unis, un incident scientifique transforme d'innocents beignets en tueurs assoiffés de sang. Le sort de leur paisible petite ville dépend à présent de Johnny, Michelle et Howard. Ils vont devoir tout faire pour sauver la ville des vicieux beignets. 

Avis sur le film L’Attaque des Donuts Tueuses de Scott Wheeler. Dès le titre, le film revendique sa filiation avec le mythique L’Attaque des Tomates Tueuses et annonce la couleur : ici, ce ne sont pas des tomates mais des donuts qui attaquent, mordent, déchiquettent, façon piranhas du pauvre, avec cette idée géniale qu’on n’avait pas vue venir — oui, les donuts ont des dents, alors évitez d’y mettre vos doigts… ou autre chose (référence American Pie bien sentie). 

 L’histoire, déjà, tient sur un ticket de caisse graisseux : dans une petite ville américaine anonyme, des donuts mutent et deviennent meurtriers, s’en prennent aux habitants, pendant qu’un groupe de personnages stéréotypés tente vaguement de comprendre ce qui se passe et surtout de survivre.  

Scott Wheeler, habitué des productions fauchées et des séries B qui sentent la naphtaline, signe ici un film qui ressemble à la bouffe de Tricatel : des donuts d’aires d’autoroute, réchauffés derrière la boutique, sauf qu’ici ce n’est même pas du réchauffé, c’est du brûlé, le genre de truc qui colle au fond de la plaque de cuisson et surtout à nos dents.  

Le scénario est inexistant, une suite de situations cousues de fil blanc, sans montée dramatique, sans enjeu réel, où l’on attend juste le prochain donut tueur comme on attend la prochaine indigestion. Les dialogues relèvent du néant absolu, au point qu’on se demande parfois si le micro était branché ou si les acteurs ont improvisé entre deux pauses café.  

La mise en scène est, elle aussi, d’une platitude confondante : pas de rythme, pas d’idées visuelles, des plans fonctionnels qui ne servent qu’à montrer des donuts en mousse attaquer des figurants résignés. Les trucages, parlons-en : des donuts même pas frais, rigides, mal animés, qui font passer un film des Charlots pour un classique du burlesque maîtrisé. Côté casting, les acteurs font ce qu’ils peuvent, c’est-à-dire pas grand-chose, prisonniers de personnages sans épaisseur, sans passé, sans avenir, alignant des réactions mécaniques face à l’absurde, comme s’ils savaient eux-mêmes qu’ils sont coincés dans un nanar dont on ne sort pas indemne.  

Personne n’y croit vraiment, et surtout pas le film lui-même. Et pourtant, malgré tout, L’Attaque des Donuts Tueuses n’est pas franchement pénible : il se regarde comme on consomme un très mauvais pinard qui sent le vinaigre, avec une curiosité malsaine, en sachant que ça va mal finir, mais en y allant quand même. C’est un nanar pur jus, à prendre au dixième degré, un film qui ne nourrit pas, qui ne rassasie pas, mais qui laisse un goût amer et gras en bouche.  

On reste proche de la cuvette, au cas où. Rien ne fonctionne vraiment, ni l’humour, ni l’horreur, ni la parodie, mais l’ensemble a ce côté catastrophe assumée qui peut faire sourire les amateurs de bis cradingue. Au final, ces donuts tueurs restent en travers de la gorge : impossibles à digérer, difficiles à oublier, et surtout à ne jamais recommander sauf à des amis que l’on déteste un peu ou à des soirées où le mauvais goût est roi. 

Un nanar collant, c’est comme ce donut oublié sous le comptoir : plus il est rance, plus il raconte quelque chose. Il parle d’un cinéma bricolé, de réalisateurs persuadés d’avoir trouvé le concept du siècle, d’acteurs qui jouent leur vie pour un film qui n’en vaut pas la peine. Et c’est précisément là que ça devient inspirant : dans cet écart abyssal entre l’ambition et le résultat. On rit, on grimace, on s’étonne, et parfois on s’attache, malgré soi. 

NOTE : 5.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

  • Justin Ray (VF : Jean-Pierre Leblan) : Johnny Wentworth
  • Kassandra Voyagis (VF : Sophie Planet) : Emma Wentworth
  • Michael Swan (en) (VF : Rémi Pous) : oncle Luther
  • Kayla Compton (VF : Clara Soares) : Michelle Kester
  • Alison England (VF : Agnès Manoury) : Mme Scolari
  • Chris De Christopher (VF : Yann Pichon) : Cliff Burbank
  • Fredrick Burns (VF : Patrick Pellegrin) : l'officier Hammerstein
  • C. Thomas Howell (VF : Fabrice Lelyon) : l'officier Rogers
  • Ben Heyman (VF : Adrien Solis) : Howard
  • Burt Rutherford (VF : Sylvain Lemarié) : Brian Kester
  • Aaron Groben (VF : Fabrice Lelyon) : Bobby
  • Lauren Compton (VF : Nayéli Forest) : Veronica
  • Michael Rene Walton (VF : Charles Mendiant) : Flanagan

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