Vu le Film Aventure dans le Grand Nord de William A.Wellman (1953) avec John Wayne Lloyd Nolan Walter Arbel James Arness Andy Devin James Lidon Wally Casell Gordon Jones
Vers la fin des années 1950, l'histoire d'un groupe de pilotes (pour la plupart, vétérans de la Seconde Guerre mondiale) travaillant pour une petite compagnie aérienne spécialisée dans le transport de fret, dans le Grand Nord canadien. À la suite d'un incident technique, le pilote Dooley est contraint de poser en catastrophe son appareil (un C-47) dans un secteur non répertorié sur les cartes. Lui et son équipage sont alors confrontés à divers problèmes : le froid, le manque de nourriture et d'équipements appropriés, la panne de leur émetteur-radio les obligeant à utiliser un émetteur de secours à portée très limitée et à alimentation manuelle, et une tempête de neige approchant. Par ailleurs, les recherches commencent à s'organiser : mais où chercher dans ces immensités, proches du Cercle Arctique ?
Nouvelle escale dans le cinéma de William A. Wellman et, une fois encore, quel pied. Plus de cent minutes de tension sèche et profondément humaine, sans effets faciles ni musique tire-larmes, juste des hommes, du froid et l’attente. Wellman capte immédiatement l’essentiel : la fragilité de corps pourtant aguerris et la force morale nécessaire pour tenir quand tout semble perdu.
Le point de départ est d’une simplicité redoutable : un C-47 en panne, un atterrissage forcé dans le Grand Nord canadien et, à sa tête, le capitaine Dooley incarné par John Wayne. Pas le Wayne conquérant ou bravache, mais un homme responsable, rongé par le doute, souffrant physiquement, tenant debout parce qu’il n’a pas le droit de flancher. Wayne est royal dans ce registre plus intérieur, plus grave, et son autorité naturelle donne au film une colonne vertébrale morale solide.
Autour de lui, l’équipage forme un groupe crédible, soudé par l’expérience et mis à nu par l’épreuve. Ce sont des vétérans, des collègues, parfois des amis, confrontés à un froid polaire qui grignote les réserves, les forces et l’espoir. Pas de chauffage bien sûr (EDF ne leur a pas coupé le courant, ils n’en ont jamais eu), et chaque nuit devient une lutte contre l’engourdissement, la douleur et la peur. Les difficultés s’accumulent, les tensions affleurent, et Wellman filme cette lente dégradation avec une sobriété implacable.
En parallèle, les recherches s’organisent. Les avions survolent l’immensité blanche et offrent à Wellman l’occasion de déployer une mise en scène d’une puissance visuelle saisissante. Les plans aériens sont dantesques, vertigineux, rappelant combien l’homme est minuscule face à cette étendue glacée. Puis, sans prévenir, le cadre se resserre sur un visage, un regard, un souffle court. Wellman prouve ici qu’il n’est pas seulement un cinéaste de l’humain ou des dialogues, mais un immense cinéaste de l’image, du rythme et de l’espace. C’est beau, c’est le Nord, et c’est hostile.
Le scénario, adapté du roman d’Ernest K. Gann, aviateur et héros de la Seconde Guerre mondiale, respire l’authenticité. Rien n’est forcé, rien n’est inutilement dramatisé. Le film devient alors un récit d’hommes et de solidarité, où l’espoir peut vaciller mais où l’instinct de conservation reste enraciné trop profondément dans les cœurs pour disparaître à jamais.
Quand on sait que le tournage eut lieu sur place, dans des conditions épouvantables, sur une période extrêmement courte, on mesure la rigueur technique et l’intelligence de mise en scène de Wellman. Et l’on se dit, une fois encore, que William A. Wellman n’occupe toujours pas, dans le panthéon hollywoodien, la place immense qu’il mériterait. Un grand film, tendu, humain et profondément habité.
NOTE ; 16.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : William A. Wellman
- Assistant-réalisateur : Andrew V. McLaglen
- Scénario (et conseiller technique) : Ernest K. Gann, d'après son roman éponyme
- Prises de vues aériennes : William H. Clothier
- Photographie : Archie Stout
- Montage : Ralph Dawson
- Musique : Emil Newman, Hugo Friedhofer (non crédité) et Arthur Lange (non crédité)
- Direction artistique : James Basevi
- Costumes : Carl Walker
- Producteurs : Robert Fellows et John Wayne, pour leur compagnie "Wayne-Fellows Productions" (renommée plus tard "Batjac Productions")
- Société de distribution : Warner Bros. Pictures
- Réalisation : William A. Wellman
- Assistant-réalisateur : Andrew V. McLaglen
- Scénario (et conseiller technique) : Ernest K. Gann, d'après son roman éponyme
- Prises de vues aériennes : William H. Clothier
- Photographie : Archie Stout
- Montage : Ralph Dawson
- Musique : Emil Newman, Hugo Friedhofer (non crédité) et Arthur Lange (non crédité)
- Direction artistique : James Basevi
- Costumes : Carl Walker
- Producteurs : Robert Fellows et John Wayne, pour leur compagnie "Wayne-Fellows Productions" (renommée plus tard "Batjac Productions")
- Société de distribution : Warner Bros. Pictures

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