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mercredi 11 février 2026

15.00 - MON AVIS SUR LE FILM MUGAMGA CELUI QUI SOIGNE DE MARIE HELENE ROUX (2025)


 Vu le Film Mugamba Celui qui Soigne de Marie-Hélène Roux (2025) avec Isaac de Bankolé Vincent Macaigne Manon Bresch Babetida Sadjo Deborah Lukumuena Soliane Moisset Agathe de la Boulaye 

Denis Mukwege, médecin congolais et futur Prix Nobel de la paix, soigne — au péril de sa vie — des milliers de femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Sa rencontre avec Guy Cadière, chirurgien belge, va redonner un souffle à son engagement. 

Avis sur Muganga, celui qui soigne de Marie-Hélène Roux. Au-delà de sa superbe photographie, presque indécente de beauté face à ce qu’elle montre, le film est un véritable brûlot politique, un de ceux dont on sort sonné, avec un poids sur la poitrine et l’impression que détourner le regard serait déjà une faute.  

Le film raconte l’histoire du docteur congolais Denis Mukwege, médecin gynécologue, futur prix Nobel de la Paix, qui constate dans son pays l’ampleur sidérante des violences sexuelles infligées aux femmes, utilisées comme armes de guerre, mutilées, brisées, abandonnées à leur sort. Dès les premières images, Marie-Hélène Roux annonce la couleur : il n’y aura pas de conte angélique, pas de mise à distance confortable. Les images sont fortes, parfois insoutenables, et la réalisatrice assume ce choix frontal, sans voyeurisme mais sans anesthésie non plus. 

 Certains pourront reprocher au film la beauté de ses cadres pour parler de l’horreur, comme si l’esthétique était incompatible avec la dénonciation ; au contraire, ici, l’une renforce l’autre, et ce contraste rend la violence encore plus révoltante. Je connaissais Denis Mukwege de nom, comme une figure lointaine, presque abstraite, mais je ne connaissais ni son histoire, ni son parcours, ni le prix humain de son engagement.  

Le film comble ce vide avec une force rare. Isaac de Bankolé est tout simplement immense dans le rôle de Mukwege : digne, habité, retenu, jamais héroïsé de façon artificielle, mais profondément humain, épuisé parfois, déterminé toujours. Son jeu repose sur les silences, les regards, la fatigue inscrite dans le corps, et c’est bouleversant. 

 Autour de lui, Vincent Macaigne, dans le rôle du médecin belge Guy Cadière, apporte une respiration essentielle, une humanité différente, plus verbale, plus nerveuse, qui tempère la dureté des images sans jamais les édulcorer. Et oui, ah quand un César pour  cet acteur, bordel. La mise en scène est d’une grande intelligence : Roux ne cherche pas l’effet, elle cherche le sens, laissant le temps aux situations d’exister, aux corps de raconter ce que les mots ne peuvent plus dire. Muganga n’est pas un documentaire, et c’est tant mieux, car le cinéma permet ici une incarnation, une émotion, une réflexion qui dépassent le simple constat. 

 Née au Gabon, la réalisatrice connaît son sujet sur le bout des doigts, mais surtout elle le traite avec une colère froide, lucide, jamais condescendante. Le film nous renvoie à un monde pourri, gangrené par la violence, quelle que soit l’ethnie, la religion ou les discours de façade. Muganga est un film essentiel, un hommage aux femmes torturées, violées, détruites par des abrutis d’hommes — oui, la colère est là, et elle est légitime. 

 La puissance des mots, le choc des images, et la certitude qu’on ne peut pas ressortir indemne d’un tel film. Du cinéma nécessaire. Du cinéma qui fait mal. Du cinéma qui soigne, justement, en obligeant à regarder en face.

NOTE : 15.00

FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation : Marie-Hélène Roux
  • Scénario : Jean-René Lemoine et Marie-Hélène Roux[], inspiré du livre Panzi de Denis Mukwege et Guy-Bernard Cadière[]
  • Musique : Alexandre Dudermel
  • Décors : Catherine Cosme
  • Costumes : Catherine Marchand
  • Photographie : Renaud Chassaing
  • Montage : Hugo Lemant
  • Son : Alek Goosse[]
  • Production : Cynthia Pinet[]
  • Sociétés de production : Petites Poupées Production[, en coproduction avec Canex Creations Inc. (Afreximbank), France 3 Cinéma, Kalliopé, Proximus, Radio-télévision belge de la Communauté française (RTBF) et Scope Pictures[]
  • Sociétés de distribution : L'Atelier Distribution (France)

DISTRIBUTION

  • Isaach de Bankolé : Denis Mukwege[]
  • Vincent Macaigne : Guy Cadière[]
  • Manon Bresch : Maïa Cadière
  • Babetida Sadjo : Blanche
  • Déborah Lukumuena : Busara
  • Soliane Moisset : Florence
  • Yves-Marina Gnahoua : Kymia Mukwege
  • Dada Stella Kitoga Bitondo : Mme Ilongé
  • Joely Mbundu : Hatia
  • Jennifer Heylen : Neema
  • Nadège Ouedraogo : Astrid
  • Doukaga Kouaba : Antoinette
  • Nicole Bongo Letuppe : Maman Zawadi
  • Agathe de la Boulaye : la journaliste
  • Béatrice Moutsinga : Patience
  • Edel Mezui : Dosufé
  • Chancia Rebelah : Sadia Mukwege
  • Épée Paradis : Aminata Mukwege
  • Janellia Diane Nkie : Marie Mukwege
  • Neil Tiwinot : Luzolo
  • Erika Princesse Akieno : une infirmière
  • Adriella Lou : une infirmière
  • Noa Staes : Frédéric
  • Kody : Jeff

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