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vendredi 20 février 2026

9.20 - VU LE FILM DARLING CHERIE DE JOHN SCHLEDINGER (1965)

 


 Vu le film Darling Chérie de John Schlesinger (1965) avec Julie Christie Dick Bogarde Laurence Harvey José Luis de Villalonga Roland Curram Basil Henson Jean Claudio Umberto Haro 

Diane Scott (Julie Christie) sous une candeur de façade dissimule un égoïsme glaçant l'amenant à séduire différents hommes dont la stature morale (Robert Gold (Dirk Bogarde) en amant mature) ou sociale (Miles Brand (Laurence Harvey) en communicant branché, Cesare della Romita (José Luis de Vilallonga) en noble italien, lui permettent de gagner de l'assurance et de s'élever dans la société. 

Le film, c’est l’histoire d’une croqueuse d’hommes. Et pas n’importe lesquels. 

Au centre, lumineuse et insaisissable, Julie Christie incarne Diana Scott, mannequin ambitieuse qui gravit les échelons du Londres des sixties à coups de charme, de regards et d’alliances sentimentales. Sur sa route : José Luis de Vilallonga, aristocrate mondain, Laurence Harvey, homme d’affaires cynique, et Dirk Bogarde, intellectuel désabusé. Des hommes élégants, installés… mais qui semblent eux aussi ne pas savoir très bien où ils vont. 

Les étapes de la reconnaissance sont longues et ardues. Diana veut réussir, être vue, être aimée — ou au moins admirée. Elle avance, elle séduit, elle quitte. Toujours vers plus haut. Toujours vers plus vide aussi. 

Schlesinger, plus habitué aux figures masculines burinées mais fragiles, s’aventure ici dans une chronique mondaine et sentimentale presque légère. Une comédie douce-amère que Jacques Demy aurait peut-être appréciée pour son regard sur les illusions et les faux-semblants. 

Mais ce n’est pas un conte de fées. C’est un film sur le superficiel des rapports amoureux. Sur l’apparence. Sur le décor. 

Et là, Schlesinger semble parfois hésiter : veut-il dénoncer ou simplement observer ? Il a du mal à confondre complètement ce monde brillant et creux. Il le filme avec distance, mais aussi avec une certaine fascination. 

Le scénario — Oscar du Meilleur Scénario Original — capte bien l’air du temps : la mode, la télévision, la célébrité naissante comme valeur absolue. Tout est déjà là. Le monde de l’image avant Instagram. Mais peut-être que les personnages, volontairement ou non, paraissent aujourd’hui superficiels et d’un autre temps. 

Julie Christie, elle, mérite son Oscar. Elle est magnétique. Elle joue l’ambition avec une légèreté presque inconsciente. Son sourire est une arme. Son regard, une fuite permanente. Elle est charmante, agaçante, vulnérable, calculatrice — tout à la fois. On la suit, même quand on la juge. 

Face à elle, Dirk Bogarde apporte une profondeur mélancolique. Son personnage voit clair, mais reste prisonnier. Laurence Harvey impose une froideur brillante. Vilallonga ajoute la touche aristocratique un peu vaine. Tous sont justes. Tous sont élégants. Tous jouent leur partition avec charme. 

La mise en scène est soignée, presque clinique par moments. Londres est filmée comme une vitrine. Les intérieurs sont beaux, les visages parfaitement éclairés. Tout brille un peu trop — et c’est peut-être le propos. 

Mais émotionnellement, le film laisse à distance. On admire. On observe. On analyse. On est moins bouleversé. 

Alors restons sur le jeu des comédiens : justes et charmants. 
Pour le film en lui-même… c’est élégant, intéressant, témoin d’une époque. 
Mais pas totalement renversant. Un bijou un peu froid. Comme son héroïne.

NOTE : 9.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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