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mardi 17 février 2026

6.50 - MON AVIS SUR LE FILM PENSION COMPLETE DE FLORENT EMILIO SIRI (2015)


 Vu le Film Pension Complète de Florent Emilio Siri (2015) avec Franck Dubosc Gérard Lanvin Audrey Dana Pascale Arbillot Marc Barbé Catherine Lachens Nader Boussandel Manuel Gélin 

François et Charlotte dirigent ensemble un hôtel-restaurant gastronomique au bord de la mer, mais leur relation conjugale n'est pas au beau fixe : obsessionnel acharné, François veut sa première Étoile au Guide Michelin tandis que Charlotte, à l'aube de la quarantaine, ne rêve que d'un premier enfant. Cette situation, déjà compliquée, va littéralement faire exploser le jour où le premier mari de Charlotte, Alex, débarque dans leur vie alors que tout le monde le croyait mort. 

Dans Pension complète, Florent-Emilio Siri s’attaque au remake de La Cuisine au beurre de Gilles Grangier. Un plat signature du cinéma populaire français, porté à l’époque par l’immense Fernandel face à Bourvil. Rien que l’idée de toucher à cette recette relevait déjà de la haute voltige. 

L’histoire, on la connaît : un restaurateur du Sud voit revenir un ancien compagnon que l’on croyait disparu, ce qui bouleverse sa vie professionnelle et sentimentale. Dans la version 2015, c’est Franck Dubosc qui reprend le rôle du mari installé, propriétaire d’un hôtel-restaurant prospère, marié à une femme qu’il aime sincèrement. Le passé ressurgit sous les traits de Gérard Lanvin, ancien absent, rival ambigu, qui vient réclamer sa place – ou du moins semer le trouble. 

Mais voilà : quand on a un plat signature dans les mains, encore faut-il surveiller la cuisson. Ici, la casserole attache. Et ça sent le réchauffé plus que le mijoté. 

 est l’accent chantant de Fernandel à travers le rôle de Lanvin ? Là où Fernandel insufflait une bonhomie roublarde, un mensonge presque attendrissant, Lanvin paraît éteint, déconnecté, comme si sa tête était sur un autre tournage. On croyait plus au mensonge de Fernandel qu’à ceux de Lanvin. Tout est là : la crédibilité, la saveur, la chair du personnage. 

Face à lui, Dubosc fait le job. Attachant, fidèle à son registre, il tente d’apporter chaleur et humanité. On retrouve presque l’esprit de leurs retrouvailles après Camping. Mais ici, la sauce ne prend pas. L’alchimie reste tiède. 

La mise en scène de Siri, pourtant capable de tension et d’énergie, semble bridée. Comme si le film hésitait entre respect patrimonial et comédie contemporaine. Résultat : ni tradition assumée, ni modernité affirmée. On espérait qu’on mette les petits plats dans les grands ; hélas, on est plus proche du fast-food que de la grande cuisine de cinéma. 

Quant au scénario, il reprend les grandes lignes sans retrouver la mécanique savoureuse de l’original. Les situations manquent de nerf, les dialogues n’ont pas cette malice populaire qui faisait le sel du film de 1963. Même pas une étoile à notre guide cinéma. 

C’est triste quand on a un tel héritage entre les mains. Triste d’avoir pensé le remake sans en retrouver les odeurs – au beurre ou à l’huile, peu importe, pourvu que ça vive. Là, tout paraît sous vide. 

On ne va pas reprendre des restes de ce plat insipide. Certains classiques sont comme les recettes de grand-mère : on peut tenter de les moderniser, mais encore faut-il garder le feu sacré. Ici, le feu est éteint. Et la cuisine, froide. 

NOTE : 6.50

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