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lundi 2 février 2026

13.90 - MON AVIS SUR LE FILM CUISINE ET DEPENDANCES DE PHILIPPE MUYL (1993)


 Vu le Film Cuisine et Dépendances de Philippe Muyl (1993) avec Jean Pierre Bacri Agnès Jaoui Jean Pierre Daroussin Zabou Breitman Sam Karmann Laurent Benoir Quentin Hue Martine Labourassarye 

Jacques et Martine, couple de bourgeois ordinaires, invitent à dîner deux amis perdus de vue depuis dix ans : un écrivain et journaliste à succès et sa femme, Charlotte, entièrement dévouée à sa carrière. Parmi les invités figurent aussi Georges, le copain hébergé, et Fred, le frère de Martine, avec sa copine Marylin. Invoquant un embouteillage, l'invité et sa femme Charlotte arrivent avec une heure quinze de retard. 

En réalité, tout au long du film, le déroulement du dîner en lui-même n'est jamais montré car les personnages se retrouvent dans des situations diverses à la cuisine sur fond de critiques, de dépits, de rancœurs. 

Cuisines et Dépendances est l’exemple parfait de ces films nés d’un succès théâtral qui n’ont pas besoin d’en rajouter au cinéma, Philippe Muyl l’a bien compris et se contente sagement de suivre les acteurs, de la cuisine — véritable centre névralgique du film — au salon et à ses dépendances, territoires des non-dits, des frustrations et des règlements de comptes à peine tièdes.  

Sa mise en scène est invisible, presque plate, mais volontairement au service du texte et surtout des comédiens, comme un maître d’hôtel qui sait que le plat est déjà bon et qu’il serait criminel de le noyer sous la sauce. L’histoire tient à peu de chose, un dîner, un apéritif qui traîne, des invités qui attendent, des rancœurs qui fermentent, et c’est précisément dans cette attente que le film trouve sa force comique et humaine.  

Georges, magistral Jean-Pierre Bacri, dépendance humaine par excellence, attend un coup de fil qui n’arrive pas et râle comme on respire, avec cette précision vacharde qui n’appartient qu’à lui, Fred, Darroussin en perpétuel mouvement, papillonne, quémande, s’agite et attend qu’on lui prête encore de l’argent, pendant que Martine et Jacques, Zabou Breitman et Sam Karmann, s’affairent en cuisine comme on tenterait de sauver un couple et une soirée à la fois.  

Le long corridor devient alors un sas de décompression où explosent des conflits aussi dérisoires qu’essentiels, tandis que Charlotte, Agnès Jaoui, tente désespérément d’ajouter une touche de tendresse dans ce repas trop chargé en égo. Le scénario est une mécanique d’horloger, chaque réplique est une épice, chaque silence une cuisson maîtrisée, et le film se déguste comme un plat simple mais parfaitement exécuté. Ce que l’on retiendra avant tout, ce sont les dialogues, ciselés, cruels, drôles, poivrés , salés , pimentés qui collent aux acteurs comme une seconde peau, et qui marquent l’époque où le duo Jaoui-Bacri commençait sérieusement bientôt à vampiriser les César.  

Tous les comédiens sont formidables, mais Bacri domine la table, râleur patenté, jamais forcé, jamais caricatural, juste humain jusqu’à l’os. Cuisine et Dépendances n’est peut-être pas un grand film de mise en scène, mais c’est un festin d’acteurs et d’écriture, un film-repas où l’on rit, où l’on grince des dents, et où l’on se reconnaît un peu trop. À table, et resservez-en une louche 

A Table !

NOTE : 13.90

FICHE TECHNIQUE

DISTRIBUTION

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