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dimanche 22 février 2026

14.00 - MON AVIS SUR LE FILM BEAU GESTE DE WILLIAM A.WELLMAN (1939)

 


Vu le Film Beau Geste de William A.Wellman (1939),avec Gary Cooper Ray Milland Robert Preston Brian Donlevy Susan Hayward J.Carrol Nash Albert Dekker Broderick Crawford Charles Barton Donald O’Connor 

« Beau », John et Digby Geste sont trois frères inséparables adoptés par la riche Lady Brandon. La disparition soudaine de son saphir, le « Blue Water », pousse les frères à fuir la maison. Ils se retrouvent engagés dans la Légion étrangère ils affrontent autant leur sergent intransigeant que les rebelles arabes... 

Je pensais découvrir un nouveau film d’aventures de Wellman et, bizarrement, au fur et à mesure que le film avançait, je me disais : tiens, cette scène, je l’ai déjà vue. Normal. Le roman de Percival Christopher Wren (1924) a été porté à l’écran plus d’une fois  (était déjà adapté en muet et parlant par Herbert Bresson , puis par Douglas Heyes en 1966 et aussi par Marty Feldman en 1977 et même d'une série en 1982; — le mythe était déjà bien installé. Mais ici, Wellman ne recycle pas : il magnifie. 

L’histoire, on la connaît : trois frères adoptifs, Michael “Beau” Geste, Digby et John, élevés dans une famille aristocratique anglaise. Un mystérieux vol — celui du célèbre “Saphir bleu” — pousse les garçons à s’exiler pour protéger l’honneur de leur famille. Direction la Légion étrangère. Un coup du sort ? Oui. Mais surtout un choix moral. Et c’est  que le film trouve sa noblesse. 

Dans le désert brûlant d’Afrique du Nord, sous le soleil qui écrase les consciences autant que les corps, les trois frères vont se révélerHérosoui. Mais pas des héros en carton. Des hommes. Avec leurs peursleurs fidélitésleurs silences. La Légion, avec ses contraintesses codes, son architecture austèredevient un personnage à part entièreCes fortins perdus dans le sable ressemblent à des cathédrales de pierre sèche l’honneur tient lieu de religion. 

Et puis il y a le casting. Gary Cooper (ouiacteurmais athlète de l’éléganceincarne Beau avec une grâce presque insolente. Il est aussi beau que les gestes qu’il effectue — et ils sont nombreux. Cooper joue la droiture sans rigidité, le courage sans fanfaronnade. Il n’a pas besoin d’en faire trop : un regard suffit. À ses côtés, Ray Milland et Robert Preston complètent cette fratrie avec une belle complémentarité. On croit à leur lien. On croit à leur fraternité. Et c’est essentiel. 

Face à euxl’inoubliable Brian Donlevy campe un sergent Markoff brutal, sadiquepresque mythologique dans sa cruauté. Il donne au récit sa tension dramatique. Sans lui, pas d’épreuve. Sans épreuve, pas de révélation. 

Dans un rôle d’adolescent on reconnaitre la légende Donald O’Connor 

La mise en scène de Wellman est d’une efficacité redoutableDès l’ouverture — ces soldats retrouvés morts, figés dans leurs positions de tir — le ton est donnéMystèrehéroïsmetragédie. Le réalisateur joue avec le temps, structure son récit en flash-back, installe une atmosphère. Ce n’est pas qu’un film d’aventures : c’est une légende racontée autour d’un feu imaginaire. 

Visuellement, le désert n’est pas qu’un décor exotique. Il est un espace moral. On s’y perd, on s’y dépouille, on s’y révèle. Wellman filme l’espace avec ampleurmais sans emphase inutile. Tout est au service du récit. 

Le scénario tient solidement la route. Il mêle suspense (qui a volé le bijou ?), action (les assauts, la défense du fort), et émotion (le sacrifice, la loyauté fraternelle). On regarde le film comme un film d’aventures plein d’entrain et de mystère — et en même temps comme une tragédie classique. 

Oui, ce roman a vraiment attiré les producteurs. Mais ici, on comprend pourquoi. Parce qu’il parle d’honneur, de sacrifice, de fraternité — des mots qui, entre de mauvaises mains, sonnent creux. Sous la caméra de Wellman, ils prennent chair. 

Au final, je pensais voir un simple divertissement exotique. Je me suis retrouvé devant une fresque héroïqueportée par des acteurs habités, une mise en scène tendue et élégante, et un souffle romanesque intact. 

Et Gary Cooper ? Il marche dans le désert comme d’autres entrent dans la légend 

NOTE : 14.00

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Et, parmi les acteurs non crédités :

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