Avis sur le Film A Star is Born de William A.Wellman (1937) avec Janet Gaynor Frederic March Adolphe Menjou May Robson Andy Devin Lionel Stander Owen Moore Peggy Wood Francis Ford
Une apprentie actrice s'installe à Hollywood dans l'espoir de devenir une vedette. Elle rencontre Norman Maine, un acteur établi ayant des problèmes d'alcoolisme.
Pour clore cette rétrospective consacrée à William A. Wellman, difficile de trouver meilleur final que A Star Is Born, classique absolu du cinéma hollywoodien, maintes fois remaké par la suite, mais dont la version originelle reste la plus pure, la plus poignante, la plus élégante. L’histoire est simple et universelle : Esther Blodgett, jeune fille venue de l’Amérique profonde, descend à Hollywood avec des rêves plein la tête. Elle veut devenir actrice, comme tant d’autres à l’époque. Elle devient Vicki Lester. Le rêve prend forme. Mais Hollywood ne donne jamais sans reprendre.
Sur sa route, elle croise Norman Maine, star installée mais déjà fragilisée par l’alcool. Il est son mentor, son révélateur, son amour. Pendant qu’elle s’élève, il décline. Le titre n’est pas une formule poétique : c’est un constat cruel. L’inspiration viendrait en partie de la relation entre Barbara Stanwyck et Frank Fay — la star, c’était elle. Ici aussi, la lumière change de visage, et le couple devient le cœur battant du récit.
Janet Gaynor est tout simplement lumineuse. Elle incarne l’innocence sans naïveté, l’ambition sans arrogance. Son jeu est d’une sincérité désarmante ; son regard raconte le vertige de la réussite et la douleur de l’amour mêlé à la culpabilité. Face à elle, Fredric March est immense. Son Norman Maine n’est jamais une caricature d’acteur alcoolique : c’est un homme lucide sur sa chute, ironique parfois, bouleversant souvent. Il donne au film sa profondeur tragique et une dignité qui empêche toute complaisance mélodramatique.
Ce qui me touche particulièrement, c’est la manière dont Wellman filme Hollywood. Ni conte de fées aveugle, ni règlement de comptes amer. Il montre la machine à rêves dans toute sa splendeur technique et sa froide efficacité. Les scènes de studios, les cérémonies, les loges, les coulisses : tout respire l’authenticité. La mise en scène est fluide, inventive, pleine d’idées visuelles intelligentes, notamment dans les transitions entre ascension et déclin. Chaque succès de Vicki semble creuser un peu plus le vide sous les pieds de Norman. C’est brillant d’écriture.
Le scénario est d’une construction implacable, mais toujours humain. On sent la tendresse du regard de Wellman sur ses personnages. Il ne juge pas. Il observe. Il accompagne. Il aime. Et c’est peut-être cela qui rend le film si beau : malgré la cruauté du système, il reste une immense histoire d’amour.
Oui, “Une étoile est née” demeure une très belle histoire d’amour, réalisée avec talent et sensibilité par le grand William Wellman. Portée par deux acteurs magnifiques qui embellissent encore cette histoire, soutenue par une mise en scène ingénieuse et un scénario d’une intelligence rare, elle reste un classique du cinéma. Et pour conclure cette rétrospective, quelle plus belle évidence ? Une étoile naît… et le film, lui, ne s’éteint jamais.
NOTE : 14.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : William A. Wellman
- Scénario : Dorothy Parker, Alan Campbell
- Décors : Lyle R. Wheeler
- Costumes : Omar Kiam
- Photographie : W. Howard Greene
- Montage : Hal C. Kern, James E. Newcom et Anson Stevenson (non crédité)
- Musique : Max Steiner
- Production : David O. Selznick
- Société de production : Selznick International Pictures
- Société de distribution : United Artists
- Pays de production :
États-Unis
- Janet Gaynor : Esther Blodgett / Vicki Lester
- Fredric March : Norman Maine
- Adolphe Menjou : Oliver Niles
- May Robson : Grand-mère Lettie
- Andy Devine : Daniel « Danny » McGuire
- Lionel Stander : Matt Libby
- Owen Moore : Casey Burke
- Peggy Wood : Mlle Phillips
- Elizabeth Jenns : Anita Regis
- Edgar Kennedy : Pop Randall
- J. C. Nugent : M. Blodgett
- Guinn Williams : le professeur de maintien
- Acteurs non crédités
- Jean Acker : une femme à l'avant-première
- Irving Bacon : L'Agent de Station
- Vince Barnett : Otto
- Clara Blandick : tante Mattie
- Wade Boteler : le flic de Santa Anita
- Helene Chadwick : une femme a l'avant-premiere
- George Chandler : un livreur
- Pat Flaherty : « Cuddles »
- Francis Ford : William Gregory
- Jonathan Hale : George J. Parris
- Grace Hayle : une femme dans la foule funéraire
- Edward Hearn : un employé du sanatorium
- Robert Homans : l'huissier du tribunal
- Olin Howland : Judd Baker
- Arthur Hoyt : l'assistant du maquilleur
- Claude King : M. John
- Carole Landis : une fille en béret au bar de Santa Anita
- Chris-Pin Martin : José Rodriguez
- Edwin Maxwell : la voix du coach
- Marshall Neilan : Bert
- Robert Emmett O'Connor : le barman du club de Santa Anita
- Dennis O'Keefe : le petit frère de Casey Burke
- Osgood Perkins : Otto
- Franklin Pangborn : Billy Moon
- Jed Prouty : Artie Carver
- Tom Ricketts : Ray
- Paul Stanton : le présentateur d'Academy Award
- Margaret Tallichet : Marion
- Fred "Snowflake" Toones : le témoin noir
- Gayne Whitman : l'animateur de la radio du théâtre chinois de Grauman
- Charles Williams : Hanley
- Clarence Wilson : le juge de paix

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