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jeudi 26 février 2026

14.10 - MON AVIS SUR LE FILM A STAR IS BORN DE WILLIAM A.WELLMAN (1937)


 Avis sur le Film A Star is Born de William A.Wellman (1937) avec Janet Gaynor Frederic March Adolphe Menjou May Robson Andy Devin Lionel Stander Owen Moore Peggy Wood Francis Ford 

Une apprentie actrice s'installe à Hollywood dans l'espoir de devenir une vedette. Elle rencontre Norman Maine, un acteur établi ayant des problèmes d'alcoolisme. 

Pour clore cette rétrospective consacrée à William A. Wellman, difficile de trouver meilleur final que A Star Is Bornclassique absolu du cinéma hollywoodienmaintes fois remaké par la suite, mais dont la version originelle reste la plus pure, la plus poignante, la plus élégante. L’histoire est simple et universelle : Esther Blodgett, jeune fille venue de l’Amérique profonde, descend à Hollywood avec des rêves plein la tête. Elle veut devenir actricecomme tant d’autres à l’époque. Elle devient Vicki Lester. Le rêve prend forme. Mais Hollywood ne donne jamais sans reprendre. 

Sur sa route, elle croise Norman Maine, star installée mais déjà fragilisée par l’alcool. Il est son mentor, son révélateur, son amour. Pendant qu’elle s’élève, il décline. Le titre n’est pas une formule poétique : c’est un constat cruel. L’inspiration viendrait en partie de la relation entre Barbara Stanwyck et Frank Fay — la star, c’était elleIci aussi, la lumière change de visage, et le couple devient le cœur battant du récit. 

Janet Gaynor est tout simplement lumineuse. Elle incarne l’innocence sans naïveté, l’ambition sans arrogance. Son jeu est d’une sincérité désarmante ; son regard raconte le vertige de la réussite et la douleur de l’amour mêlé à la culpabilité. Face à elle, Fredric March est immense. Son Norman Maine n’est jamais une caricature d’acteur alcoolique : c’est un homme lucide sur sa chute, ironique parfoisbouleversant souvent. Il donne au film sa profondeur tragique et une dignité qui empêche toute complaisance mélodramatique. 

Ce qui me touche particulièrementc’est la manière dont Wellman filme Hollywood. Ni conte de fées aveugleni règlement de comptes amer. Il montre la machine à rêves dans toute sa splendeur technique et sa froide efficacité. Les scènes de studios, les cérémonies, les loges, les coulisses : tout respire l’authenticité. La mise en scène est fluide, inventive, pleine d’idées visuelles intelligentesnotamment dans les transitions entre ascension et déclinChaque succès de Vicki semble creuser un peu plus le vide sous les pieds de Norman. C’est brillant d’écriture. 

Le scénario est d’une construction implacable, mais toujours humain. On sent la tendresse du regard de Wellman sur ses personnages. Il ne juge pas. Il observe. Il accompagne. Il aime. Et c’est peut-être cela qui rend le film si beau : malgré la cruauté du système, il reste une immense histoire d’amour. 

Oui, “Une étoile est née” demeure une très belle histoire d’amour, réalisée avec talent et sensibilité par le grand William Wellman. Portée par deux acteurs magnifiques qui embellissent encore cette histoire, soutenue par une mise en scène ingénieuse et un scénario d’une intelligence rare, elle reste un classique du cinéma. Et pour conclure cette rétrospective, quelle plus belle évidence ? Une étoile naît… et le film, lui, ne s’éteint jamais. 

NOTE : 14.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Acteurs non crédités

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