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dimanche 30 mars 2025

7.90 - MON AVIS SUR LE FILM MAXIME DE HENRI VERNEUIL (1958)


 Vu le film Maxime de Henri Verneuil (1958) avec Charles Boyer Michèle Morgan Félix Marten Arletty Micheline Luccioni André Brunot Jacques Dufilho Jane Marken Yvonne Constant Fernand Fabre Jean Marie Proslier Dominique Zardi François Périer (voix)

Maxime Cherpray, parfaitement éduqué mais sans fortune, gagne sa vie en enseignant les bonnes manières. Un de ses élèves, Hubert, amoureux de la belle Jacqueline, une femme du monde, l'engage pour l'aider à la conquérir. Cependant Maxime tombe amoureux de Jacqueline et oublie sa mission.

Henri Verneuil, cinéaste souvent associé aux grandes fresques populaires (Mélodie en sous-sol, Le Clan des Siciliens), s’aventure ici sur un terrain moins familier : la comédie mondaine et sentimentale. Maxime (1958) s’inscrit dans la tradition des marivaudages à la française, où le verbe prime sur l’action, et où l’essentiel du plaisir repose sur les dialogues ciselés de Henri Jeanson.

L’intrigue met en scène Maxime (Charles Boyer), un homme désargenté mais rompu à l’art de séduire en se mêlant à la bourgeoisie, dans un Paris où la façade sociale est plus importante que la fortune réelle. Il s’éprend de la belle et ambitieuse Jacqueline Monneron (Michèle Morgan), elle-même courtisée par le riche et fade Claude (Félix Marten). Le tout se joue entre salons cossus et le célèbre restaurant Maxim’s, théâtre de ces joutes amoureuses et sociales.

Le film bénéficie d’un casting prestigieux, mais celui-ci est en demi-teinte. Charles Boyer, acteur au ton volontiers théâtral, campe un personnage à la séduction désuète, parfois pesante. Michèle Morgan, malgré son aura, semble engoncée dans un rôle convenu, et surtout Félix Marten manque singulièrement de charisme pour incarner le rival fortuné. À l’inverse, Arletty et Micheline Luccioni  insufflent une vivacité bienvenue, rendant leurs scènes particulièrement savoureuses.

Les dialogues de Jeanson, souvent caustiques et pleins d’esprit, sont la véritable force du film, offrant des répliques mordantes sur la comédie du pouvoir et des apparences. Mais Verneuil, plus à l’aise dans le cinéma d’action que dans la comédie de mœurs, peine à dynamiser l’ensemble. Sa mise en scène reste statique, et l’absence de rythme alourdit l’intrigue, qui aurait gagné à plus de légèreté.

Au final, Maxime est un film inégal, porté par quelques personnages savoureux mais freiné par un académisme pesant. Un Verneuil mineur, où l’esprit de Jeanson brille plus que la mise en scène.

NOTE : 7.90

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

 

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