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dimanche 30 mars 2025

10.30 - MON AVIS SUR LE FIM ROBOCOP DE JOSE PADILHA (2014)

 


Vu le film Robocop de José Padilha (2014) avec Joel Kinnaman Michael Keaton Samuel L.Jackson Gary Oldman Abbie Cornish Jackie Earle Haley Jay Baruchel Marianne Jean-Baptiste  Aimée Garcia

En 2028, la technologie robotique de l'OmniCorp, conglomérat militaro-industriel, est à la pointe du progrès. Non content de vendre des drones (XT-908) et autres robots militaires (EM-208), comme le « ED 209 », lors de conflits, la société désire rentrer dans le marché de la sécurité publique mais les dirigeants sont hésitants à vouloir tester cette technologie sur le sol américain pour protéger les citoyens. La loi Dreyfuss interdit l'usage de robots sur le sol des États-Unis.

En 1987, Paul Verhoeven livrait avec RoboCop une satire ultra-violente du capitalisme et du pouvoir militaro-industriel, portée par une mise en scène viscérale et un humour noir acéré. En 2014, José Padilha tente de revisiter ce monument de la science-fiction, mais ce remake souffre d’un manque d’originalité et d’audace, transformant une œuvre subversive en un blockbuster fade et oubliable.

Si le film conserve l’essence du récit – Alex Murphy, policier de Détroit grièvement blessé, est transformé en cyborg par la toute-puissante multinationale OmniCorp –, il en gomme l’irrévérence et la critique acerbe du modèle américain. Là où Verhoeven dénonçait le cynisme des élites et la privatisation des forces de l’ordre, Padilha s’attarde sur les dilemmes existentiels de son héros. Ce choix, bien que louable sur le papier, aboutit à un récit sans relief, noyé dans des discours convenus et une mise en scène trop sage.

Joel Kinnaman campe un Murphy bien moins marquant que Peter Weller, privé d’humour et d’humanité. Pourtant, le film aligne un casting de prestige : Gary Oldman en scientifique compatissant, Michael Keaton en PDG manipulateur et Samuel L. Jackson en présentateur télé outrancier. Hélas, ces grands noms ne suffisent pas à compenser un scénario prévisible et une direction artistique terne.

Le RoboCop de 1987 était connu pour sa brutalité excessive, soulignant l’absurdité de la violence dans la société américaine. Ironiquement, malgré un budget bien plus conséquent et des effets spéciaux modernes, le remake se révèle bien plus timoré. Certes, quelques scènes percutantes témoignent d’un monde dystopique en gestation, mais l’ensemble manque de la sauvagerie qui faisait la force du film original.

Derrière la caméra, José Padilha a vécu un tournage éprouvant, bridé par les exigences du studio. Le réalisateur brésilien, connu pour Troupe d’élite, souhaitait un film plus sombre et engagé, mais la production imposa de multiples compromis. Il racontera plus tard à un ami : "De 10 idées que j’ai, neuf sont rejetées." Une frustration palpable à l’écran, où l’on sent un cinéaste empêché d’exprimer pleinement sa vision.

Si RoboCop (2014) n’est pas un désastre absolu, il ne justifie en rien son existence. Ni assez original pour surpasser son modèle, ni suffisamment subversif pour s’en démarquer, il demeure un simple produit calibré pour le marché international. Un film oublié aussi vite qu’il est sorti, éclipsé par la puissance toujours intacte du chef-d’œuvre de Verhoeven.

NOTE : 10.30

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