Vu le film Le Saint Prend l’Affut de Christian Jaque (1966) avec Jean Marais Jess Hahn Jean Yanne Danièle Evenou Nerio Bernardi Rafaëlla Carra Henri Virlojeux Dario Moreno Henri Guéguan Tiberio Murgia Hélène Dieudonné
Une luxueuse voiture déchire le silence du crépuscule,
s'arrête devant le mur d'une propriété privée ; des hommes descendent,
armés, et une voix-off nous informe qu'ils veulent tuer Simon
Templar, dit le Saint, le célèbre aventurier britannique, lequel
discute paisiblement avec son vieil ami français Oscar Chartier dit Oscar le
tortueux, à l'intérieur du grand salon de son château écossais, tandis que son
fidèle garde de corps, Uniatz qui veille sur le repos et la tranquillité de son
patron, se charge de neutraliser efficacement les intrus. L’ambiance d’une
parodie du film d’espionnage est lancée.
Le Saint prend l'affût (1966) de Christian-Jaque tente
d'exploiter la popularité de la série télévisée Le Saint avec Roger
Moore, mais échoue à retrouver son charme et son efficacité. Adapté du roman Le
Saint et l’héroïne de Leslie Charteris, le film met en scène Jean Marais
dans le rôle de Simon Templar, un aventurier charismatique traquant une
mystérieuse formule secrète volée par des criminels internationaux.
Malheureusement, le résultat oscille entre comédie policière et espionnage sans
jamais vraiment convaincre.
Le scénario, qui aurait pu offrir une intrigue haletante
dans la lignée des James Bond ou des grandes aventures du Saint, s’égare dans
un ton trop léger. Loin du suspense et du raffinement des films d’espionnage de
l’époque, il s’apparente davantage à une comédie d’aventures, rappelant parfois
l’esprit de Philippe de Broca. Mais là où ce dernier maîtrise parfaitement
l’humour et l’action (L’Homme de Rio, Les Tribulations d’un Chinois
en Chine), Christian-Jaque peine à trouver le bon équilibre.
Jean Marais, cherchant à s’éloigner des films de cape et
d’épée qui ont fait sa gloire, peine à imposer son Saint face au souvenir de
Roger Moore. Il manque de l’élégance désinvolte et du flegme britannique qui
faisaient tout le sel du personnage. Pourtant, ce rôle annonce ses futurs
succès dans la comédie d’action avec Fantômas, où il jonglera bien mieux
entre aventure et humour.
Le casting secondaire offre quelques moments amusants,
notamment avec Jess Hahn, qui joue un homme de main aux gros muscles. Son
humour physique et son allure pataude tranchent avec l’ambiance parfois trop
policée du film. Mais en dehors de ces rares éclats, l’ensemble reste trop
sage, manquant à la fois de panache et de véritable tension.
Jean Marais, habitué aux cascades, réalise lui-même
plusieurs scènes d’action, mais celles-ci manquent de nervosité comparées à ce
qu'il fera dans Fantômas. Le film, tourné dans plusieurs lieux exotiques
pour lui donner un parfum international, souffre d’une mise en scène
vieillissante et d’une direction artistique trop académique pour rivaliser avec
les grandes productions d’espionnage de l’époque.
Le Saint prend l'affût est une tentative
maladroite de surfer sur un succès populaire sans en comprendre la recette. Ni
vraiment un film d'espionnage, ni une comédie policière totalement aboutie, il
reste un divertissement mineur, intéressant seulement pour les curieux ou les
inconditionnels de Jean Marais.
NOTE : 6.90
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Christian-Jaque, assisté de Philippe Monnier et Alberto Cardone
- Scénario : Jean Ferry, Christian-Jaque et Marcel Jullian, d'après le roman éponyme de Leslie Charteris
- Dialogue : Henri Jeanson
- Décors : Jean Mandaroux, assisté de René Calviera et Vincente Luciano
- Costumes de Coriola et Michel Pelta
- Jean Marais et Dario Moreno sont habillés par A.Bardot
- Images : Pierre Petit
- Opérateur : Noël Martin, Gino Santini, assisté de Pierre Charvein
- Musique : Gérard Calvi
- Son : Raymond Gauguier
- Montage : Jacques Desagneaux, assisté de Françoise Laporte
- Effets spéciaux : Gil Delamare, Claude Carliez et son équipe pour les scènes d'actions, dont André Cagnard
- Accessoiriste : Raymond Lemoigne
- Script : Denise Morlot
- Maquillage : Alexandre Marcus
- Ensemblier : Charles Mérangel
- Accessoiriste : Raymond Le Moigne
- Photographie de plateau : Jean-Louis Castelli
- Régie générale : Philippe Modave, Marco Gigante
- Régie : Antoine Compin
- Production : Intermondia Films, Société Nouvelle de Cinématographie (SNC), T.C Productions, Carlton Continental, Intermondia Films (Paris), Medusa Film Distribuzione (Roma)
- Directeur de production : Claude Hauser
- Producteur délégué : Jean-Paul Guibert
- Secrétaire de production : Yvonne Eblagon
- Distribution : S.N.C (Société Nouvelle de Cinématographie)
- Studios et laboratoire : Eclair Paris
- Enregistrement sonore : Paris Studios Cinéma
- Jean Marais : Simon Templar dit "le Saint"
- Jess Hahn : Hoppy Uniatz, l'homme à tout faire de Simon
- Jean Yanne : Mueller-Strasse, l'agent allemand
- Danièle Evenou : Sophie Chartier, la fille d'Oscar
- Henri Virlogeux : Oscar Chartier, alias "Oscar le Tortueux"
- Nerio Bernardi : Cesare Pavone, le Commandatore
- Raffaella Carrà : Mme Anita Pavone, la femme du Commandatore
- Sylvain Lévignac : Hans, un homme de main allemand
- Dario Moreno : Slimane
- Henri Guégan : un homme de main allemand
- Tiberio Murgia : Tonio Cotoni
- Claudio Gora : Joe Colosimo
- Ettore Bevilacqua : Gringo
- Carlo Piscane : Agatino Cameleoni
- Hélène Dieudonné : Herminie
- Daniel Crohem : Colonel Wade
- Reinhard Kolldehoff : Schmutz
- Roger Carel : le professeur
- Jack Lenoir : l'homme de main de Slimane
- Siegfried Rauch : Johnny K.W. Mest
- Jacques Marbeuf : l'agent américain
- Maria Broverhoff : Monica
- Katia Christina : Mary
- Ricardo Castelli
- Franco Daddi
- Mario Dionisi
- Gino Marturano
Les cascadeurs :
- Gil Delamare qui a doublé, entre autres, Jean Marais
- André Cagnard
- Jacques Insermini
- Eric Vasberg
- Gaston Woignez
- Odile Astier
Les voix de :
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