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dimanche 30 mars 2025

6.90 - MON AVIS SUR LE FILM LE SAINT PREND L'AFFUT DE CHRISTIAN JAQUE (1966)


 Vu le film Le Saint Prend l’Affut de Christian Jaque (1966) avec Jean  Marais Jess Hahn Jean Yanne Danièle Evenou Nerio Bernardi  Rafaëlla Carra Henri Virlojeux Dario Moreno Henri Guéguan Tiberio Murgia Hélène Dieudonné

Une luxueuse voiture déchire le silence du crépuscule, s'arrête devant le mur d'une propriété privée ; des hommes descendent, armés, et une voix-off nous informe qu'ils veulent tuer Simon Templar, dit le Saint, le célèbre aventurier britannique, lequel discute paisiblement avec son vieil ami français Oscar Chartier dit Oscar le tortueux, à l'intérieur du grand salon de son château écossais, tandis que son fidèle garde de corps, Uniatz qui veille sur le repos et la tranquillité de son patron, se charge de neutraliser efficacement les intrus. L’ambiance d’une parodie du film d’espionnage est lancée.

Le Saint prend l'affût (1966) de Christian-Jaque tente d'exploiter la popularité de la série télévisée Le Saint avec Roger Moore, mais échoue à retrouver son charme et son efficacité. Adapté du roman Le Saint et l’héroïne de Leslie Charteris, le film met en scène Jean Marais dans le rôle de Simon Templar, un aventurier charismatique traquant une mystérieuse formule secrète volée par des criminels internationaux. Malheureusement, le résultat oscille entre comédie policière et espionnage sans jamais vraiment convaincre.

Le scénario, qui aurait pu offrir une intrigue haletante dans la lignée des James Bond ou des grandes aventures du Saint, s’égare dans un ton trop léger. Loin du suspense et du raffinement des films d’espionnage de l’époque, il s’apparente davantage à une comédie d’aventures, rappelant parfois l’esprit de Philippe de Broca. Mais là où ce dernier maîtrise parfaitement l’humour et l’action (L’Homme de Rio, Les Tribulations d’un Chinois en Chine), Christian-Jaque peine à trouver le bon équilibre.

Jean Marais, cherchant à s’éloigner des films de cape et d’épée qui ont fait sa gloire, peine à imposer son Saint face au souvenir de Roger Moore. Il manque de l’élégance désinvolte et du flegme britannique qui faisaient tout le sel du personnage. Pourtant, ce rôle annonce ses futurs succès dans la comédie d’action avec Fantômas, où il jonglera bien mieux entre aventure et humour.

Le casting secondaire offre quelques moments amusants, notamment avec Jess Hahn, qui joue un homme de main aux gros muscles. Son humour physique et son allure pataude tranchent avec l’ambiance parfois trop policée du film. Mais en dehors de ces rares éclats, l’ensemble reste trop sage, manquant à la fois de panache et de véritable tension.

Jean Marais, habitué aux cascades, réalise lui-même plusieurs scènes d’action, mais celles-ci manquent de nervosité comparées à ce qu'il fera dans Fantômas. Le film, tourné dans plusieurs lieux exotiques pour lui donner un parfum international, souffre d’une mise en scène vieillissante et d’une direction artistique trop académique pour rivaliser avec les grandes productions d’espionnage de l’époque.

Le Saint prend l'affût est une tentative maladroite de surfer sur un succès populaire sans en comprendre la recette. Ni vraiment un film d'espionnage, ni une comédie policière totalement aboutie, il reste un divertissement mineur, intéressant seulement pour les curieux ou les inconditionnels de Jean Marais.

NOTE : 6.90

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Les cascadeurs :

Les voix de :

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