Vu le Film Running Man de Edgard Wright (2025) avec Glen Powell Josh Brolin Colman Domingo Lee Pace Michael Cera Emilia Jones Daniel Ezra William H.Macy Jayme Layson Karl Glusman
Dans un futur proche, "The Running Man" est l'émission numéro un à la télévision: un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l'oeil avide d'un public captivé.
Le Running Man 2025 d’Edgar Wright donne très vite une impression de film poussif, comme si tout était déjà décidé avant même la première image : un concept connu, une mécanique huilée, et surtout une absence totale de nécessité. On sent le film fabriqué, pensé comme un objet de catalogue, là où le sujet demandait encore de la brutalité et du malaise. Les acteurs n’aident pas : ils sont propres, fades, sans charisme, incapables d’incarner la peur ou la rage sociale qui devraient être le moteur du récit. Le héros traverse le film sans poids, sans présence, comme s’il était remplaçable à chaque scène. Une seule actrice tire son épingle du jeu, la seule qui semble avoir compris que le film devait être une satire et non un simple exercice de style, mais elle joue seule, abandonnée dans un film qui n’ose jamais mordre.
La comparaison avec le Running Man de 1987 est paradoxale : le film avec Schwarzenegger était stupide, outrancier, vulgaire parfois, mais il compensait tout par une star, par une physicalité, par une énergie brute. Wright, lui, enlève même cette bêtise salvatrice pour la remplacer par un cynisme chic, design, inoffensif. Or le roman de Stephen King en 1982 était tout sauf inoffensif : il parlait de misère, de corps sacrifiés, d’une société qui se nourrit littéralement des pauvres pour se divertir. Le film 2025 en garde la façade mais vide le propos de sa violence sociale, transformant la dystopie en simple décor.
Et face au Prix du danger de Yves Boisset, la faiblesse du remake saute aux yeux. Boisset filmait la télévision comme une machine criminelle, froide, administrative, avec un Michel Piccoli terrifiant parce qu’il incarnait la normalité du mal. Chez Boisset, le spectateur est directement visé, rendu complice, presque accusé. Dans Running Man 2025, le spectateur est au contraire cajolé, rassuré, invité à consommer le spectacle en toute bonne conscience. La mise en scène clignote, le montage s’agite, mais rien ne dérange vraiment. La violence est chorégraphiée, donc neutralisée, la critique diluée dans un esthétisme publicitaire.
Au final, Running Man 2025 ne prolonge rien, ne corrige rien, ne réinterprète rien. Il accompagne son époque au lieu de la questionner. Là où Le Prix du danger annonçait le monde à venir, là où même le Running Man de 1987 caricaturait encore le système, ce remake se contente d’en être un produit de plus. Un film inutile, non pas parce qu’il est raté techniquement, mais parce qu’il ne dérange personne, et qu’un film sur ce sujet qui ne dérange plus n’a, tout simplement, aucune raison d’exister
NOTE : 8.90
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Edgar Wright
- Scénario : Edgar Wright et Michael Bacall, d'après le roman Running Man de Stephen King
- Musique : Steven Price
- Décors : Marcus Rowland
- Costumes : Julian Day
- Photographie : Chung Chung-hoon
- Montage : Paul Machliss
- Production : Audrey Chon, Simon Kinberg, Nira Park et Edgar Wright
- Sociétés de production : Genre Films et Complete Fiction
- Société de distribution : Paramount Pictures
- Budget : 110 millions de dollars
- Glen Powell (VF : Julien Allouf ; VQ : Alexis Lefebvre) : Ben Richards
- Josh Brolin (VF : Philippe Vincent ; VQ : Gilbert Lachance) : Dan Killian
- Colman Domingo (VF : Jean-Baptiste Anoumon ; VQ : Christian Perrault) : Bobby "Bobby T" Thompson
- Lee Pace (VF : Anatole de Bodinat ; VQ : Lucien Bergeron) : Evan McCone
- Michael Cera (VF : Antoine Schoumsky ; VQ : Nicholas Savard-L'Herbier) : Elton Parrakis
- Emilia Jones (VF : Emmylou Homs ; VQ : Estelle Fournier) : Amelia Williams
- William H. Macy (VF : Pascal Casanova) : Molie Jernigan
- Daniel Ezra (VF : Baptiste Marc ; VQ : Rodley Pitt) : Bradley Throckmorton
- Jayme Lawson (VF : Déborah Claude ; VQ : Elizabeth Duperré) : Sheila Richards
- Alyssa et Sienna Benn : Cathy Richards
- Katy O'Brian : Jenni Laughlin
- Karl Glusman : Frank
- Martin Herlihy : Tim Jansky
- Sean Hayes : Gary Greenbacks
- David Zayas : Richard Manuel
- Sandra Dickinson : Victoria Parrakis
- George Carroll : l'agent Dugg
- Simon Haines : Registration Technico
- Debi Mazar : Amoré Americano
- Sophie Simnett : la vendeuse de ticket
- Corey Johnson : le propriétaire du motel
- Chi Lewis-Parry : Negative Dude
- Angelo Gray : Stacey Throckmorton
- Oluniké Adeliyi : Ma Throckmorton
- Danny McCarthy : YVA Manager
- Cat Cohen : Ariané Americano
- Noah Ritter : Antoné Americano
- Emma Sidi : Adriané Americano
- Alex Neustaedter : Greg
- Bebe Cave : la caissière du Shake Shack
- James Austin Johnson (VQ : Alain Cadieux) : la voix de l'annonceur

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