Vu le Film Badh de Guillaume de Fontenay (2025) avec Marina Vacht Niels Schneider Emmanuelle Bercot Slimane Dazi Grégoire Colin Salim Kechiouche Lionel Abelanski Sofian Khammes Hichem Yacoubi
Badh Siracine vit à Essaouira au Maroc avec son mari Ilias. Ancienne agente de la DGSE, elle reprend du service lorsqu’il devient la cible d’un cartel mené par Mansour Khoury. Elle traque les membres du réseau jusqu’à un affrontement final à Casablanca.
Après son excellent Sympathie pour le Diable, Guillaume de Fontenay revient six ans plus tard avec BADH, un thriller d’espionnage sur fond de DGSE en opération. Sur le papier, le réalisateur change de registre avec ambition, en quittant le terrain de la guerre balkanique pour s’aventurer dans une intrigue d’agents, de filatures et de secrets d’État. Mais on sent vite que le terrain est glissant : l’espionnage à la française a déjà été retourné mille fois par les séries, les films, les téléfilms, et même les jeux vidéo, ce qui rend la tâche casse-gueule dès les premières images.
L’histoire suit une agente incarnée par Marina Vacth, plongée dans un imbroglio terroriste où elle tente de démêler les fils de sa mission… et ceux de ses inévitables tourments existentiels. Parce qu’évidemment, dans tout bon thriller moderne, il faut une héroïne hantée par son passé, par ses choix, par son ombre — sauf qu’ici, tout cela s’alourdit plus qu’autre chose. Marina Vacth, pourtant très bonne dans des rôles plus intérieurs, peine à rendre attachante cette espionne en perpétuelle introspection. L’émotion tombe à plat, la tension ne monte pas, et on observe son parcours plus qu’on ne le vit.
Les passages au Maroc apportent un peu d’exotisme, une respiration visuelle, un soleil qui contraste avec la froideur du récit. Mais dès que le film revient en France, le rythme se délite : les scènes s’enchaînent sans réelle intensité, comme si l’engrenage narratif s’était grippé. L’interprétation n’aide pas : Emmanuelle Bercot, en patronne de la DGSE, n’est jamais vraiment crédible dans cette position d’autorité. On dirait une directrice de festival parachutée dans un bureau des services secrets. Et quand le film veut jouer au Jason Bourne au féminin, on sent que ça coince : la comparaison fait surtout ressortir la paresse créative. Quand on n’a pas l’inspiration… on copie.
Le scénario, lui, ne parvient jamais à trouver son souffle. Entre les ellipses étranges, les motivations floues et les scènes qui semblent sorties d’un manuel “Comment écrire un film d’espionnage niveau débutant”, on finit par se dire que BADH porte bien son nom : c’est mal ficelé, fragile, un peu carton-pâte. Même les scènes d’action, censées dynamiter un récit trop sage, ressemblent à une purge visuelle avec leur caméra à l’épaule façon gloubiglouba permanent — on secoue, on tremble, on perd le fil… et on se demande si un stabilisateur aurait vraiment ruiné le budget.
La seule séquence qui tire son épingle du jeu est l’introduction, assez percutante, plongeant dans le terrorisme islamiste avec une brutalité sèche qui promettait autre chose. Malheureusement, la suite n’assume jamais cette intensité, et retombe dans un thriller impersonnel aux ambitions bridées. Les quelques scènes musclées trahissent un petit budget qui limite l’impact visuel : on sent les coins du décor, les compromis, les raccourcis.
BADH laisse une impression de rendez-vous manqué. Ni vraiment haletant, ni vraiment incarné, le film navigue à vue, hésitant entre espionnage, drame psychologique et film d’action. Résultat : je me suis ennuyé tout le long, ce qui est rarement bon signe pour un thriller censé tenir en haleine. Une tentative courageuse, peut-être, mais qui manque de vigueur, de tension, et d’un vrai point de vue. Pas terrible… et c’est dommage, car on espérait mieux de Fontenay.
NOTE ; 7.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Guillaume de Fontenay
- Scénario : Matt Alexander
- Musique : Audrey Ismaël
- Photographie : Pierre Cottereau
- Décors : Pierre Quefféléan
- Costumes : Élisabeth Bornuat
- Son : Lucien Balibar
- Production : Marc-Étienne Schwartz, Marc Stanimirovic
- Sociétés de production : Monkey Pack Films et M.E.S. Productions
- Distribution : Pan Distribution (France)
- Langue originale : français
- Marine Vacth : Badh Siracine / Alma
- Niels Schneider : Alex
- Emmanuelle Bercot : Joanna Walter
- Slimane Dazi : Mansour Khoury
- Grégoire Colin : Sam
- Salim Kechiouche : Ilias Siracine
- Lionel Abelanski : le Français
- Sofian Khammes
- Hichem Yacoubi

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