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jeudi 11 décembre 2025

6.20 - MON AVIS SUR LE FILM Y A PAS DE RESEAU DE EDOUARD PLUVIEUX (2025)


 Vu le Film Pas de Réseau de Edouard Pluvieux (2025) avec Gérard Jugnot MaximGasteuil Manon Azem JuliePestel Roman AngeZbou Breitman Julien Santini Bernard Farcy 

Jonas et Gabi, 9 et 11 ans, passent le week-end avec leurs parents dans un gîte isolé au milieu d'une forêt. À peine arrivés, les deux enfants décident de faire le mur, seuls en pleine nature, et vont surprendre deux malfrats aussi stupides que dangereux en train de faire exploser une antenne relais pour couper le réseau. Se lance alors une course poursuite effrénée où pour leur échapper, les deux enfants vont devoir transformer leur gîte en une véritable forteresse de pièges et d'obstacles. 

Avec Y a pas de réseau, Édouard Pluvieux nous plonge dans un brouillard de pluie si dense qu’on ne voit pas à un mètre ce que le réalisateur a voulu nous pondre. On cherche l’idée, on cherche le concept, on cherche même l’envie – rien. C’est un peu comme s’il avait tenté un remake forestier de Maman, j’ai raté l’avion, mais sans l’avion, sans le rythme, sans les gags… et sans scénario. On a raté le film, mais lui, il n’a pas raté le budget visiblement. Dommage que le scénario, lui, ait été oublié dans la cave. 

Le talent, on naît parfois avec, parfois on l’acquiert, mais là, soyons honnêtes : il ne l’a pas. C’est indéniable. Pendant 80 minutes, aucune vanne ne fait mouche, pas une ligne de dialogue ne tire un sourire. Et comme par malheur, notre Wi-Fi, lui, fonctionnait parfaitement : impossible d’avoir l’excuse de la panne de réseau pour décrocher. 

Le casting, pourtant, avait de quoi rassurer : Gérard Jugnot, vétéran de la comédie française, obligé ici de cachetonner – pour payer ses impôts ? ses vacances ? – difficile à dire, mais on sent qu’il est là pour tenir le cadre plus qu’autre chose. Autour de lui, les autres comédiens font ce qu’ils peuvent, mais le matériau de base ne leur laisse aucune marge : quand les dialogues sont faibles, que les situations ne tiennent pas debout et que l’humour est calibré pour un public de six ans, difficile de faire des miracles. 

Les enfants, eux, jouent correctement, mais ils sont écrits comme dans une parodie involontaire : des gosses-rois qui hurlent, commandent, frappent des adultes très violemment dans plusieurs scènes – l’effet se veut drôle, mais tombe franchement mal. Encore un film qui rassure la bien-pensance en montrant que, oui, les enfants sont des êtres vulnérables… mais uniquement quand le scénario le décide. La morale, bien sûr, est sauve : aucun enfant n’est maltraité. Ce sont eux qui maltraitent les adultes. On a vu plus subtil. 

La mise en scène, elle, oscille entre sitcom sans public et comédie familiale datée. Le film tente désespérément d’intégrer des « mots de jeunes » ou des tendances, comme si on avait mis un dictionnaire TikTok dans un shaker avec un manuel de scoutisme. Résultat : tout tombe à plat, et parfois même très bas. On sent qu’ils veulent être modernes, cool, connectés… ironique pour un film qui s’appelle Y a pas de réseau. 

Le scénario avance à tâtons, accumulant des situations improbables sans jamais trouver un fil conducteur cohérent. Les gags s’enchaînent comme des micro-sketches sans punchline. On dirait un brouillon de film étiré jusqu’au long métrage, comme si personne n’avait osé dire : « Eh les gars, on tient peut-être pas un chef-d'œuvre là… » 

Et c’est bien cela le problème : ce genre de concept ne fonctionne plus aujourd’hui. Maman, j’ai raté l’avion avait un rythme, un ton, une vraie malice. Ici, on répète la formule en espérant que la magie opère encore, mais elle s’évapore dans l’air humide de cette forêt où l’on ne distingue qu’une seule chose : un film perdu, errant, cherchant désespérément sa propre étincelle. 

Bref, Y a pas de réseau, mais surtout : y a pas de film. 

NOTE ; 6.20

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Édouard Pluvieux
  • Scénario : Édouard Pluvieux et Olivier Ducray
  • Musique : Alexis Rault
  • Décors : Mathieu Junot
  • Costumes : Camille Rabineau
  • Photographie : Julien Hirsch
  • Son : Eddy Laurent, François Fayard et Thierry Lebon
  • Montage : Maël Lenoir
  • Production : Benjamin Demay, Mathieu Ageron, Maxime Delauney et Romain Rousseau
    • Coproduction : Ardavan Safaee, Mikael Govciyan et Nathalie Toulza-Madar
  • Sociétés de production : Las Palmeras et Nolita Cinema
  • Société de distribution : Pathé Films


DISTRIBUTION

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