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mardi 3 novembre 2026

HISTOIRE D'UNE CHANSON - QUAND ON SE S'PROMENE AU BORD DE L'EAU PAR JEAN GABIN


 #HistoireChansondeFilms, Aujourd'hui la chanson Quand on s'promène au bord de l'eau par Jean Gabin pour le film #LaBelleEquipe de Julien Duvivier


La chanson Quand on s'promène au bord de l'eau, sortie en 1936, est l’hymne incontournable du film La Belle Équipe de Julien Duvivier ce morceau incarne à lui seul l'esprit de fête, d'espoir et de liberté de la France du Front populaire.

Le film raconte l'histoire de cinq ouvriers au chômage qui gagnent le gros lot à la Loterie nationale. Plutôt que de flamber l'argent, ils s'associent pour réaliser un rêve : transformer un vieux lavoir en ruine au bord de la Marne en une guinguette populaire

Le réalisateur Julien Duvivier veut un morceau qui scelle l'esprit de camaraderie et de fête ouvrière du film. Ne trouvant pas son bonheur, il décide d'écrire lui-même les paroles, épaulé par le parolier Louis Poterat

Le réalisateur Julien Duvivier veut un morceau qui scelle l'esprit de camaraderie et de fête ouvrière du film. Ne trouvant pas son bonheur, il décide d'écrire lui-même les paroles, épaulé par le parolier Louis Poterat

Dans une scène mythique, Jean Gabin (qui incarne l'ouvrier Jeannot) entonne la chanson de sa voix gouailleuse, une casquette vissée sur la tête, entouré de ses amis en plein chantier. Le moment est suspendu, chaleureux et plein d'utopie, contrastant fortement avec la suite tragique du film

La chanson est un instantané historique. Sortie à l'été 1936, elle coïncide exactement avec l'adoption des premiers congés payés et de la semaine de 40 heures en France

Les couplets décrivent la lassitude du travail à la chaîne de la semaine prolétarienne (« Du lundi jusqu'au sam'di, pour gagner des radis... et trimballé sa vie d'chien »).

Paris est dépeinte comme une usine-prison étouffante. Le dimanche devient la bouffée d'oxygène, le moment où l'on prend le train pour « filer à Nogent », haut lieu des guinguettes.

Le refrain vante la simplicité de la nature (« L'odeur des fleurs nous met tout à l'envers, et le bonheur nous saoule pour pas cher »). C'est une critique gentille des bourgeois qui dépensent des fortunes à voyager loin, alors que le vrai bonheur populaire se trouve au bout d'une ligne de banlieue.

Bien que viscéralement liée à la voix de poitrine et à l'accent parigot de Jean Gabin, la chanson a traversé les époques

Jean Gabin (1936) : La version originelle. Un classique absolu de la chanson réaliste d'entre-deux-guerres. Le titre sort en disque 78 tours à l'époque et s'arrache chez les disquaires.

Patrick Bruel (2002) : Sur son album de reprises Entre deux, Patrick Bruel remet le titre au goût du jour dans une version acoustique soignée. Elle permet à toute une nouvelle génération de découvrir ce standard de 1936.

Jean-Jacques Debout (2017) : L'auteur-compositeur l'enregistre sur son album hommage Sur le chemin des guinguettes.

Les chorales et le répertoire populaire : La chanson fait aujourd'hui partie du patrimoine folklorique français. Elle est apprise dans les écoles ou reprise par les groupes de chanson de rue et de bals musette partout en France.

https://www.youtube.com/watch?v=fwsiUgRWotA

Du lundi jusqu'au sam'di, Pour gagner des radis, Quand on a fait sans entrain Son boulot quotidien Subi le propriétaire, L'percepteur, la boulangère, Et trimballé sa vie d'chien, Le dimanch' viv'ment On file à Nogent, Alors brusquement Tout paraît charmant ! ... (Refrain) Quand on s'promène au bord de l'eau, Comm' tout est beau... Quel renouveau ...

Paris au loin nous semble une prison, On a le coeur plein de chansons. L'odeur des fleurs Nous met tout à l'envers Et le bonheur Nous saoule pour pas cher. Chagrins et peines De la semaine, Tout est noyé dans le bleu, dans le vert ... Un seul dimanche au bord de l'eau, Aux trémolos Des p'tits oiseaux, Suffit pour que tous les jours semblent beaux Quand on s'promène au bord de l'eau. J'connais des gens cafardeux Qui tout l'temps s'font des ch'veux Et rêv'nt de filer ailleurs

Dans un monde meilleur. Ils dépens'nt des tas d'oseille Pour découvrir des merveilles. Ben moi, ça m'fait mal au coeur ... Car y a pas besoin Pour trouver un coin Où l'on se trouv' bien, De chercher si loin... (Refrain) Quand on s'promène au bord de l'eau, Comm' tout est beau... Quel renouveau ... Paris au loin nous semble une prison, On a le coeur plein de chansons. L'odeur des fleurs Nous met tout à l'envers Et le bonheur

Nous saoule pour pas cher. Chagrins et peines De la semaine, Tout est noyé dans le bleu, dans le vert ... Un seul dimanche au bord de l'eau, Aux trémolos Des p'tits oiseaux, Suffit pour que tous les jours semblent beaux Quand on s'promène au bord de l'eau. Paroles de Julien Duvivier et Louis Poterat Musique de Maurice Yvan et Jean Sautreuil

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