Vu le film One Year to Live buy a Man de Hiroki Kazama (2026) sur Netflix avec Ko Shibasaki Eiji Akaso Michitaka Tsutsui Ryūbi Miyase Naomi Nishida Mio Nagai
Il y a des films qui vous rappellent que la vie est parfois une sacrée farce, et qu'il vaut mieux en profiter tant qu'elle nous en laisse encore la possibilité. Avec One Year to Live, Buy a Man, Hiroki Kazama part pourtant d'un sujet particulièrement douloureux, celui d'une jeune femme à qui les médecins annoncent qu'il ne lui reste probablement plus qu'un an à vivre, mais choisit de transformer cette situation en une jolie ode à l'espoir, aux rencontres et à ces petits plaisirs qui donnent encore un sens à l'existence.
Notre héroïne, Yui Katakura, interprétée par Kō Shibasaki, décide de ne pas passer le temps qui lui reste à regarder tristement le calendrier défiler. Puisqu'il lui reste quelques économies et qu'elle n'a visiblement aucune intention de les léguer à son banquier, elle va se lancer dans une drôle d'entreprise en s'offrant la compagnie d'un homme qui devra l'accompagner dans ses derniers moments. Pour cette opération un peu particulière, elle débourse la somme de 720 000 yens, soit environ 4 065 euros au cours actuel, une petite fortune pour une année de compagnie, mais quand on sait que le temps est compté, les placements à long terme perdent forcément de leur intérêt.
C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de Yoshitaka Sena, un jeune homme aux cheveux roses, aussi distant que mystérieux, qui va devoir supporter les exigences de cette cliente pas tout à fait comme les autres. Entre l'économe Yui et ce garçon qui semble vivre dans un monde à part, les choses ne vont évidemment pas se dérouler comme prévu, car les contrats ont parfois cette fâcheuse tendance à oublier que les sentiments ne figurent dans aucune clause. Ce qui devait être une simple relation commerciale va progressivement prendre une tournure bien différente, et le destin va rapprocher ces deux êtres qui n'avaient aucune raison particulière de se rencontrer.
Yui va alors découvrir ou redécouvrir le plaisir de profiter des choses les plus simples, quitte à faire quelques folies avec son bas de laine. Une séance de cinéma en fauteuil premium, une salle de jeux où l'on retrouve des plaisirs presque enfantins, des courses au rayon alimentation d'un grand magasin, autant de moments qui pourraient paraître parfaitement ordinaires pour le commun des mortels, mais qui prennent ici une dimension particulière. Elle dépense sans compter, ou presque, comme si chaque sortie devait devenir un souvenir supplémentaire à emporter avec elle. Son compagnon aux cheveux roses fait désormais partie de ces achats un peu dépensiers, mais celui-là risque bien de lui coûter davantage que les 720 000 yens de départ, car il est difficile de mettre un prix sur ce qui commence à ressembler à de l'amour.
Ce qui séduit dans le film de Kazama, c'est précisément cette manière de ne pas s'enfermer dans le mélodrame facile, malgré un sujet qui pourrait facilement nous tirer quelques grosses larmes. Le réalisateur préfère accompagner son héroïne dans cette parenthèse de vie, avec une délicatesse et une sensibilité qui donnent à cette histoire une vraie fraîcheur. Kō Shibasaki apporte beaucoup de charme et de spontanéité à Yui, tandis que Eiji Akaso constitue ce contrepoint plus réservé qui permet à leur relation de se construire progressivement, sans précipitation.
On se laisse porter par cette histoire qui nous rappelle que les moments les plus précieux ne sont pas nécessairement les plus extraordinaires, mais ceux que l'on partage avec quelqu'un qui finit par compter. Il y a dans ces escapades, ces dépenses parfois déraisonnables et ces rencontres inattendues quelque chose de profondément humain, une envie de croquer la vie malgré les mauvaises nouvelles et de ne pas laisser la maladie décider de tout.
C'est beau comme un matin calme au pays du Soleil-Levant, beau comme une histoire qui ne devrait jamais se terminer, beau comme une ode à la vie et à l'espoir, même lorsque l'horizon semble dangereusement raccourci. Un film qui fait du bien sans chercher à nous vendre du bonheur en boîte, et qui nous laisse avec cette envie toute simple de profiter un peu plus de ceux qui nous entourent et des occasions que la vie nous offre.
Après une telle séance, on se posera tout de même une question : pourquoi ce film n'est-il pas sorti dans nos salles de cinéma, messieurs les exploitants ? Il y a des histoires qui mériteraient largement de quitter le petit écran pour être découvertes dans une salle obscure, et celle-ci en fait incontestablement partie.
NOTE : 15.90
FICHE TECHNIQUE

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