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samedi 26 septembre 2026

7.30 - MON AVIS SUR LE FILM CAPITAINE CORELLI DE JAMES MADDEN (2001)


 Vu le Film Capitaine Corelli de James Madden (2001) avec Nicolas Cage Pénélope Cruz Christian Bale John Hurt David Morissey Irène Papas Massimiliano Pazzaglia


Avec Capitaine Corelli, John Madden nous offre d’abord ce qui ressemble sur le papier à un casting de rêve : Penélope Cruz, Nicolas Cage, Christian Bale, John Hurt et Irene Papas. Avec une distribution pareille, on pourrait raisonnablement espérer un grand film. Mais voilà, il existe aussi des films qui sentent la naphtaline dès les premières secondes, et Capitaine Corelli en fait malheureusement partie.

L’histoire se déroule sur l’île grecque de Céphalonie pendant la Seconde Guerre mondiale. Pelagia, interprétée par Penélope Cruz, vit avec son père, le docteur Iannis, joué par John Hurt, et doit épouser Mandras, un jeune pêcheur grec incarné par Christian Bale. Mais la guerre arrive sur l’île et les Italiens l’occupent. Parmi eux débarque le capitaine Antonio Corelli, officier italien passionné de musique, joué par Nicolas Cage. Malgré la situation militaire, une romance va évidemment s’installer entre Pelagia et Corelli, pendant que Mandras part combattre les Italiens. Puis les Allemands arrivent, et l'occupation change de visage, avec son cortège de violences et de drames.

Sur le papier, il y avait pourtant largement de quoi faire quelque chose de solide, avec la guerre, l’occupation italienne de la Grèce, les relations entre Grecs et occupants, les changements de camp et les destins personnels broyés par l’Histoire. Mais Hollywood préfère une fois de plus coller une romance au milieu d’un événement historique, comme si une guerre mondiale avait besoin d’un triangle amoureux pour devenir intéressante.

À force, ça commence à se voir que Hollywood n’a pas grand-chose à faire de l’Histoire lorsqu’elle peut lui servir de décor à une belle histoire d’amour. Céphalonie devient donc une sorte de carte postale méditerranéenne traversée par des uniformes, avec la Seconde Guerre mondiale en arrière-plan.

Le scénario et les dialogues sont indigents, et les acteurs semblent parfois se demander eux-mêmes ce qu’ils sont venus faire dans cette galère. On ne joue pas vraiment les scènes, on les laisse faire l’action, en attendant probablement que le décor, la musique et les costumes fassent le travail à la place des comédiens.

Nicolas Cage est particulièrement navrant. Une fois de plus, il donne l’impression d’être ailleurs, sans âme, sans véritable présence et surtout sans parvenir à rendre crédible ce capitaine italien censé être charmeur, passionné et amoureux. Le voir évoluer aux côtés de Penélope Cruz ne suffit malheureusement pas à créer une alchimie. Même Christian Bale, pourtant beaucoup plus convaincant, semble prisonnier d’un personnage qui n’a pas grand-chose à défendre.

John Hurt apporte évidemment son métier et sa présence, tandis qu’Irene Papas rappelle ce que peut être une grande actrice lorsqu’on lui donne quelque chose à jouer. Mais même ces deux-là ne peuvent pas sauver un ensemble aussi poussif.

On pourrait presque excuser la mise en scène, assez banale, puisque John Madden aurait récupéré le film alors que le projet était déjà lancé. Mais même avec cette circonstance, difficile de faire semblant de découvrir ici un grand metteur en scène derrière la caméra. Tout est appliqué, propre, académique, mais sans véritable souffle.

Et c’est peut-être cela qui est le plus pénible : tout semble fabriqué pour cocher les cases du grand film romantique historique, avec la guerre, les paysages magnifiques, les uniformes, les violons, les sentiments contrariés et le beau casting international. Il ne manque plus que le panneau « émotion » pour être certain que le spectateur comprenne quand il doit sortir son mouchoir.

Est-ce que ce casting de rêve pouvait faire un bon film ? Oui, évidemment. Mais encore faut-il avoir un scénario, des dialogues et surtout des personnages à la hauteur des acteurs. Ici, on a surtout l’impression que les producteurs ont pensé que Cruz, Cage, Bale, Hurt et Papas suffiraient à transformer une histoire banale en grande fresque.

Un pauvre film qui voudrait être une grande histoire d’amour sur fond de guerre et qui finit surtout par ressembler à une production destinée à participer aux Razzie Awards. Capitaine Corelli avait tout pour être une grande fresque, mais il n’en reste qu’un film lourd, artificiel et terriblement daté, qui sent la naphtaline avant même que les premières notes de musique aient fini de résonner.

NOTE : 7.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

vendredi 25 septembre 2026

12.20 - MON AVIS SUR LE FILM BASIL DETECTIVE PRIVE DE RON CLEMENTS (1986)


 Vu le Film d'Animation Basil Détective Privé de par Ron Clements, Burny Mattinson, David Michener et John Musker (1986)

d’après les romans d’Eve Titus et Paul Galdone, s’inspire bien évidemment du héros de Conan Doyle, l’intemporel Sherlock Holmes. Nous voici donc à Londres, mais dans un Londres peuplé de souris, où notre cher Basil, installé au 221B Baker Street, va devoir résoudre une affaire particulièrement difficile lorsqu’Olivia vient lui demander de retrouver son père, l’inventeur Hiram Flaversham, mystérieusement enlevé.

Basil va rapidement découvrir que derrière cette disparition se cache le professeur Ratigan, un méchant particulièrement ambitieux qui prépare un complot visant carrément la reine des souris. Notre détective, accompagné du docteur Dawson, son fidèle compagnon qui tient évidemment lieu de Watson, va donc se lancer dans une enquête qui va les conduire dans les rues de Londres, à la poursuite de Ratigan et de sa bande.

Évidemment, chez Disney, ce n’est pas aussi noir que chez Conan Doyle, même si l’univers de Sherlock Holmes est parfaitement reconnaissable avec le détective génial, son fidèle compagnon, les enquêtes, les déguisements, les mystères et le grand méchant qui semble toujours avoir plusieurs coups d’avance. Cela reste donc charmant à suivre, avec une jolie animation et tout un petit monde de personnages annexes plutôt sympathique, comme Disney sait si bien les fabriquer.

J’ai cependant été moins convaincu par les méchants, un peu trop stéréotypés à mon goût, même si le professeur Ratigan possède suffisamment de personnalité pour donner un peu de relief à l’ensemble. Basil reste évidemment le personnage le plus intéressant, cette petite souris qui se prend très au sérieux et qui possède suffisamment d’arrogance pour se croire à la hauteur de son illustre modèle humain.

Le film a également la bonne idée de ne pas nous bombarder de chansons toutes les cinq minutes, puisqu’il n’en compte que deux, ce qui est assez amusant pour un Disney de cette époque. Cela permet surtout à l’histoire de conserver son côté enquête et aventure sans transformer Baker Street en salle de spectacle.

La dernière partie autour de Big Ben apporte même une belle dose de spectacle et donne au film une conclusion beaucoup plus mouvementée, avec Basil et Ratigan qui vont finir par régler leurs comptes dans un décor particulièrement spectaculaire.

Basil, détective privé est donc un Disney sympathique, charmant et agréable à regarder, qui reprend avec malice l’univers de Sherlock Holmes en le transformant en enquête policière pour petites souris. Ce n’est certainement pas le meilleur Disney, loin de là, mais l’ensemble fonctionne suffisamment bien pour passer un bon moment avec Basil, Dawson et Olivia, même si Ratigan et ses comparses auraient peut-être mérité un peu moins de caricature.

Bref, Sherlock Holmes peut dormir tranquille : Basil ne lui vole pas la place, mais il lui emprunte quand même sacrément la casquette !

NOTE : 12.20

FICHE TECHNIQUE