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jeudi 27 mars 2025

19.10 - MON AVIS SUR LE FILM ONCE UPON A TIME IN AMERICA DE SERGIO LEONE (1984)


 Vu le film Once Upon à Time in America de Sergio Leone (1984) avec Robert de Niro James Woods Elizabeth McGovern Ray Liotta Joe Pesci Tuesday Weld Elizabeth McGovern Scott Tyler Jennifer Connelly James Hayden Burt Young Brian Bloom Adrian Curran Larry Rapp

Noodles laisse les souvenirs remonter à la surface de sa mémoire dans une fumerie d'opium du quartier chinois. Quarante ans plus tôt, avec ses amis d'enfance, ils formaient une bande de gamins débrouillards déjà prêts à affronter tous les dangers pour sortir de la pauvreté. Puis, il y a eu la première histoire d'amour avec l'inaccessible Deborah. Pour sauver ses amis, il les a vendus. Jusqu'à ce qu'ils se fassent tous tuer lors d'une arrestation.

Je considère ce film comme le pus grand film du cinéma à égalité avec West Side Story.


 Once Upon à Time in America de Sergio Leone est un chef-d'œuvre absolu du septième art, un monument cinématographique qui transcende le genre du film de gangster pour devenir une fresque bouleversante sur l'amitié, le temps qui passe et les regrets qui hantent. Encore aujourd'hui, il reste une référence incontournable, notamment pour sa narration non linéaire et son atmosphère unique.


L'intrigue suit Noodles (Robert De Niro), un jeune juif du Lower East Side qui, avec son ami Max (James Woods), gravit les échelons du crime organisé dans l'Amérique de la Prohibition. Entouré de leur bande d'amis d'enfance - Patsy, Cockeye et Dominic - ils naviguent entre trafics illégaux, premières amours et trahisons. Après avoir fui son passé, Noodles revient à New York dans les années 1960 et tente de comprendre ce qui s'est passé durant son absence.


Le film se déploie sur plusieurs temporalités, alternant flashbacks et retours au présent dans un enchevêtrement parfaitement maîtrisé. Cette structure en puzzle nous plonge dans l'esprit de Noodles, un homme hanté par son passé et les choix qu'il a faits. La première partie, qui suit les jeunes gamins des rues de Brooklyn dans les années 1920, est une des plus belles illustrations de l'apprentissage du crime et de la survie urbaine. La seconde partie, plus introspective, explore le poids des remords et l'ambiguïté des souvenirs.


Leone a su choisir un casting exceptionnel, et l'un des aspects les plus impressionnants du film est la résurgence des personnages à différents âges de leur vie. Les acteurs jeunes et adultes partagent une ressemblance troublante, renforçant l'illusion du passage du temps. Robert De Niro, impressionnant de retenue et de subtilité, incarne un Noodles écorché, toujours en quête d'une rédemption inatteignable. James Woods, dans le rôle de Max, est également magistral, oscillant entre ambition démesurée et amitié trahie.

Mais ce sont aussi les jeunes acteurs qui créent une véritable magie à l'écran : Scott Tiler (jeune Noodles), Rusty Jacobs (jeune Max), Brian Bloom (jeune Patsy) et Adrian Curran (jeune Cockeye) incarnent avec brio leurs versions enfantines, insufflant une véritable sincérité à l'initiation criminelle de leur bande. Quant à Jennifer Connelly, dans le rôle de la jeune Deborah, elle illumine l'écran d'une présence fascinante qui donne toute sa puissance à la relation impossible entre elle et Noodles.


Chaque plan du film est une véritable peinture. La photographie de Tonino Delli Colli capte avec maestria l'essence du New York du XXe siècle, de ses ruelles poussiéreuses aux lumières tamisées des speakeasies. Le plan iconique sous le pont de Manhattan est devenu une image gravée dans l'histoire du cinéma.


Ennio Morricone signe une partition d'une beauté inouïe, dont les mélodies restent ancrées dans la mémoire bien après le visionnage. La flûte de Pan, leitmotiv du film, ajoute une dimension onirique et nostalgique à l'ensemble. Mais au-delà de cet instrument envoûtant, il faut souligner l'utilisation bouleversante du Deborah's Theme, qui traduit la passion impossible entre les deux protagonistes, ainsi que Amapola, symbole d'une innocence à jamais perdue. La musique de Morricone accompagne l'histoire avec une émotion et une grandeur qui renforcent encore l'impact de chaque scène.


La fin, volontairement énigmatique, continue d'alimenter les discussions et les théories. Que signifie le sourire final de Noodles ? Rêve-t-il toute cette dernière partie du film sous l'effet de l'opium ? Leone laisse planer le doute, ajoutant encore à la richesse de son récit.


Sorti en version mutilée aux États-Unis, le film fut incompris avant d'être réhabilité dans sa version longue de 230 minutes, une expérience immersive qui se savoure à chaque instant. Aujourd'hui, Once Upon à Time in America demeure un des plus grands films sur la mafia, aux côtés du Parrain et des Affranchis.

Un film intemporel, puissant et bouleversant, qui continue de captiver et d'émouvoir, décennie après décennie.

 NOTE : 19.10

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16.50 - MON AVIS SUR LE FILM RETOUR VERS LE FUTUR DE ROBERT ZEMECKIS (1985)


 Vu le film Retour vers le Futur de Robert Zemeckis (1985) avec Michael J.Fox Christopher Lloyd Crispin Glover Léa Thomson Thomas F.Wilson Claudia Wels Wendy Joe Sperber James Tolkan

Hill Valley, le 25 octobre 1985. Marty McFly, un adolescent typique des années 1980, mène l'existence d'un garçon de son âge, celle d'un lycéen fana de musique. Son père, George McFly, timide, couard et ne supportant pas le conflit, s'écrase sans cesse devant son chef de bureau Biff Tannen, qui l'oblige à rédiger ses propres comptes rendus. La mère de Marty, Lorraine Baines-McFly a un penchant pour la boisson, son mariage avec George lui pesant. Très possessive et un peu vieux jeu, elle juge défavorablement la petite amie de son fils, Jennifer, qu'elle trouve trop émancipée. Marty a aussi un frère, Dave et une sœur, Linda, qui ont une vie d'Américains moyens comme le reste de la famille.

En 1985, Robert Zemeckis et Bob Gale livrent Retour vers le futur, un chef-d'œuvre d’aventure et de science-fiction produit par Steven Spielberg. Conçu comme un film unique, il s’impose immédiatement comme un classique, fusionnant habilement action, humour et récit millimétré.

L’histoire suit Marty McFly (Michael J. Fox), un adolescent californien propulsé en 1955 après avoir utilisé la DeLorean, une voiture transformée en machine à voyager dans le temps par l’excentrique Doc Brown (Christopher Lloyd). Coincé dans le passé, Marty rencontre ses futurs parents et doit veiller à ce qu’ils tombent amoureux, sous peine d’effacer son existence. Il doit aussi trouver un moyen de retourner en 1985, avec l’aide de Doc Brown, qui découvre son destin tragique et tente d’y remédier.

L’une des forces du film réside dans son scénario d’une précision diabolique : chaque élément introduit en 1985 trouve un écho en 1955, et vice-versa. Les dialogues et les mises en scène s’entrelacent avec une fluidité impressionnante, démontrant une maîtrise totale du voyage temporel. Chaque plan semble pensé pour servir l’histoire, avec une logique narrative implacable.

Outre cette rigueur scénaristique, le film brille par sa réalisation et ses effets spéciaux, innovants pour l’époque. La DeLorean, devenue iconique, symbolise parfaitement cette fusion entre science-fiction et pop culture. L’humour est omniprésent, porté par des dialogues percutants et le jeu énergique de Michael J. Fox, dont le charisme rend Marty immédiatement attachant. Christopher Lloyd, quant à lui, incarne un Doc Brown à la fois loufoque et visionnaire, apportant une dimension burlesque irrésistible.

Le succès phénoménal du film engendre deux suites, en 1989 et 1990, qui semblent avoir été pensées dès l’origine tant elles s’imbriquent naturellement dans l’univers. Le deuxième opus explore un futur fantasmé, tandis que le troisième nous plonge dans le Far West, prouvant la richesse et la flexibilité du concept.

Presque quarante ans après sa sortie, Retour vers le futur reste une référence incontournable du cinéma d’aventure et de science-fiction, une œuvre intemporelle qui continue de captiver les spectateurs de toutes générations.

NOTE : 16.50

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mercredi 26 mars 2025

8.10 - MON AVIS SUR LE FILM SURVIVRE DE FREDERIC JARDIN (2024)

 


Vu le film Survivre de Frédéric Jardin (2024) avec Emilie Dequenne Andreas Pietschmann, Lisa Delamar Lucas Ebel

Une catastrophe bouleverse la planète : les pôles magnétiques de la Terre se sont inversés. Les océans ont anéanti les continents, laissant derrière eux un vaste désert. Dans ce monde ravagé, une famille doit lutter pour sa survie. Quand les pôles s’inverseront à nouveau, il sera trop tard.

Avec Survivre, Frédéric Jardin s’aventure sur le terrain glissant de la science-fiction dystopique en imaginant un monde où l’inversion des pôles, conséquence directe du changement climatique, entraîne une transformation radicale de la planète : les océans disparaissent, laissant place à des déserts hostiles et imprévisibles. Ce postulat de départ, à la fois terrifiant et fascinant, inscrit le film dans une veine d’anticipation qui rappelle certains récits de survie à grande échelle, tout en conservant une approche européenne plus intimiste.

Là où Survivre frappe fort, c’est dans son atmosphère oppressante. Jardin joue habilement avec l’angoisse du vide : les anciens fonds marins devenus des plaines arides sont autant de territoires inconnus où l’homme n’a plus sa place. L’idée d’explorer ces nouveaux paysages, où les dangers surgissent non seulement de l’absence d’eau mais aussi d’autres phénomènes imprévus, confère au film une tension palpable. Malheureusement, le manque de moyens bride quelque peu l’ambition du projet. Là où une superproduction hollywoodienne aurait déployé des effets spéciaux spectaculaires, Survivre doit se contenter d’une mise en scène plus sobre, parfois frustrante.

Malgré ces limites techniques, le film parvient à capter notre attention, en grande partie grâce à ses acteurs. La présence d’Émilie Dequenne, dans son dernier rôle, confère à Survivre une émotion particulière. Actrice intense et juste, elle incarne une héroïne combattive, prise dans un monde où chaque pas peut être fatal. Sa prestation, empreinte de gravité, rappelle à quel point elle était une interprète précieuse du cinéma francophone. Son décès récent ajoute une résonance tragique au film, rendant sa vision encore plus poignante.

Survivre ne révolutionne pas le genre, et ses limites budgétaires empêchent une immersion totale dans son univers. Pourtant, son idée de départ, son ambiance pesante et l’interprétation d’Émilie Dequenne en font une œuvre intrigante, à défaut d’être totalement aboutie. Un film à voir, ne serait-ce que pour son concept audacieux et pour rendre hommage à une actrice qui nous manquera.

NOTE : 8.10




13.30 - MON AVIS SUR LE FILM MONTPARNASSE 19 DE JACQUES BECKER (1958)

 


Vu le film Montparnasse 19 (les Amants de Montparnasse) de Jacques Becker (1958) avec Gérard Philipe Anouck Aimée Lili Palmer Lino Ventura Lea Padovani Gérard Sety Chantal de Rieux Lila Kedrova Judith Magre Stéphane Audran Pierre Richard

 Dans le Montparnasse des années vingt, le jeune Modigliani (Gérard Philipe) noie son amertume dans l'alcool. Il tombe amoureux de Jeanne (Anouk Aimée) qui, en dépit de l'opposition de sa famille, décide de partager la vie de l'artiste. Le couple brave les difficultés du quotidien, mais Modigliani ne rencontre que des échecs et replonge dans la débauche.

Les Amants de Montparnasse (1958) de Jacques Becker est un film testamentaire, à la fois pour son sujet – la fin tragique du peintre Amedeo Modigliani – et pour son réalisateur . Ce drame, baigné d’un Paris artistique en déclin, suit les derniers mois du peintre maudit, incarné avec intensité par Gérard Philipe, dont la propre destinée semble étrangement résonner avec celle de Modigliani.

L’histoire débute dans le Montparnasse des années 1910-1920, où l’artiste italien, rongé par la misère et l’alcool, tente en vain de faire reconnaître son génie. Amoureux fou de Jeanne Hébuterne (jouée par Anouk Aimée), il se débat entre son art, la maladie et la dureté d’un monde où les marchands exploitent les peintres affamés. Son seul espoir repose sur Léopold Zborowski (Lino Ventura), son galeriste, qui tente tant bien que mal de l’aider, mais le destin est scellé : Modigliani s’éteint à 36 ans, miné par la tuberculose et l’épuisement, tandis que Jeanne, enceinte, se suicide en se jetant du cinquième étage.

Le film est un hommage sensible à ce Montparnasse bohème, où les cafés bruissaient des discussions de Soutine, Utrillo et Picasso. Tourné en noir et blanc, il magnifie la détresse d’un artiste incompris. Jacques Becker, passionné par les figures tragiques, confère à Modigliani une aura romantique, sublimée par Gérard Philipe, dont la fragilité et la fougue habitent chaque scène. Ironie du sort, l’acteur mourra un an plus tard à 37 ans, comme si le destin poursuivait l’étrange parallèle entre l’interprète et son personnage.

le film devait être réalisé par Max Ophüls, mais sa mort prématurée confia le projet à Becker. De plus, bien que centré sur la peinture, il ne montre jamais directement Modigliani en train de peindre, renforçant ainsi l’idée d’un mythe plus grand que l’homme. Les Amants de Montparnasse demeure une ode poignante à la passion et à la fatalité, un chef-d’œuvre d’une beauté funèbre.

NOTE : 13.30

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13.10 - MON AVIS SUR LE FILM UN CARNET DE BAL DE JULIEN DUVIVIER (1937)


Vu le film Un Carnet de Bal de Julien Duvivier (1937) avec Marie Bell Françoise Rosay Fernandel Louis Jouvet Harry Baur Raimu Robert Lynen Andrex Pierre Blanchard Alcover Sylvie Jeanne Fusier Gir Gabrielle Fontan

 Une veuve encore jeune, retrouvant le carnet de bal de ses seize ans, recherche ce que sont devenus ses cavaliers d'il y a vingt ans. De déceptions en reniements, elle comprend qu'il vaut mieux laisser reposer le passé. Mais alors qu'elle va peut-être céder au désespoir, elle apprend que le seul sans doute de ces garçons qu'elle ait véritablement aimés, Gérard, vivait non loin d'elle. Et qu'il vient de mourir. Elle va prendre sous son aile Jacques, son fils de seize ans, s'en faire la marraine et l'emmener à son premier bal.

Un Carnet de Bal (1937) de Julien Duvivier est un film profondément mélancolique, une errance sentimentale où chaque rencontre est un pas de plus vers la désillusion.

Christine de Guérande (Marie Bell), veuve fortunée, tombe sur son vieux carnet de bal, où figurent les noms des jeunes hommes qui l’ont courtisée lors de son premier bal. Cherchant à retrouver la trace de ces prétendants, elle entreprend un voyage dans le temps et l’espace, espérant raviver une jeunesse idéalisée. Mais la réalité s’avère cruelle : aucun d’eux n’a connu le destin glorieux ou romantique qu’elle imaginait.

L’un est devenu un coiffeur médiocre (Fernandel), un autre un escroc (Louis Jouvet), un troisième un politicien corrompu (Pierre Blanchar), tandis que certains ont sombré dans le désespoir, comme Raimu, maire d’un village qui se marie avec s a bonne ou Harry Baur, prêtre désabusé. L’ombre de l’échec et du renoncement plane sur ces retrouvailles. Christine croise aussi une femme brisée, Madame Pigier (Françoise Rosay), figée dans l’illusion que son mari disparu va revenir.

Face à tant de vies dévoyées, Christine comprend que le passé ne peut être ranimé et qu’il vaut mieux se tourner vers l’avenir. Le dernier plan, où elle accompagne son petit-fils Jacques (Robert Lynen) à son premier bal, est une note d’espoir teintée d’une infinie tristesse : elle se résigne à être spectatrice du temps qui passe, renonçant à ses illusions.

Duvivier, maître du fatalisme, orchestre cette fresque avec un casting monumental, une mise en scène élégante et une ambiance mortifère. L’émotion nous submerge, et il ne manque en effet qu’une chanson de Berthe Sylva pour achever de nous terrasser.

NOTE : 13.10

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