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jeudi 5 septembre 2024

13.00 - MON AVIS SUR LE FILM COMMENT EPOUSER UN MILLIONNAIRE DE JEAN NEGULESCO (1953)


Vu le film (découverte) Comment épouser un Millionnaire de Jean Negulesco (1953) avec Lauren Bacall Marilyn Monroe Betty Grable David Wayne William Powell Rory Calhoun Merry Anders Fred Clark Cameron Mitchell Alexander d’Arcy Percy Helton Charlotte Austin

Schatze (Charlotte, en VF) Page, une belle jeune femme, loue un très bel appartement à New York, qu'elle va partager avec deux amies, Pola Debevoise et Loco (Toctoc en VF) Dempsey. Les trois ravissantes jeunes femmes sont mannequins. Si Schatze a la tête sur les épaules ses deux amies sont plutôt fleur bleue et étourdies. Le propriétaire de l'appartement, monsieur Denmark, a des problèmes avec le fisc et a disparu de la circulation. Ce logement est un instrument dans leur stratégie à objectif unique, trouver un mari riche, voire très riche : Nothing under six figures a year (Rien en dessous d'un million par an) est leur mot d'ordre. Elles n'ont pas sou qui vaille et vendent même le mobilier de l'appartement pour vivre !

Comment épouser un millionnaire (How to Marry a Millionaire), réalisé par Jean Negulesco en 1953, est une comédie romantique charmante et légère qui met en scène trois icônes d'Hollywood : Marilyn Monroe, Lauren Bacall et Betty Grable. Le film se concentre sur un trio de femmes, toutes magnifiques et déterminées, qui élaborent un plan ingénieux pour séduire des hommes riches à New York dans l'espoir de se marier et de s'assurer une vie de luxe. Cependant, leur quête de fortune est rapidement remise en question par les caprices de l'amour et des situations imprévues.

Ce film se distingue par la chimie entre ses trois stars, chacune incarnant des personnages aux personnalités distinctes mais complémentaires. Marilyn Monroe, dans son rôle de Pola, joue avec son image de blonde naïve mais attachante, dont la maladresse et la mauvaise vue ajoutent des moments de comédie délicieux. Lauren Bacall, en tant que Schatze, est plus pragmatique et déterminée, incarnant la sophistication et la ténacité de celles qui savent ce qu'elles veulent dans la vie. Quant à Betty Grable, qui joue Loco, elle apporte un charme insouciant et spontané, se lançant dans l'aventure avec un sourire désarmant.

Le film tire sa force de son humour et de sa légèreté. L'intrigue repose sur le décalage entre les ambitions matérialistes des trois héroïnes et la réalité des relations humaines. Bien qu'elles soient initialement motivées par l'appât du gain, le scénario les amène à découvrir que l'argent ne peut pas tout acheter, et que l'amour véritable surgit souvent là où on l'attend le moins. Ce renversement des attentes ajoute une couche de profondeur au récit, qui, bien que frivole en surface, aborde avec humour des thèmes universels comme la cupidité, le désenchantement, et la quête du bonheur.

Visuellement, Comment épouser un millionnaire est un régal pour les yeux. Il s'agit de l'un des premiers films à être tourné en Cinémascope, un procédé qui permettait de capturer des images en très large format, donnant au film un aspect visuel distinctif et spectaculaire. Les costumes, en particulier, sont somptueux et ajoutent à l'ambiance glamour du film, renforçant l'idée que ces femmes cherchent à séduire non seulement par leur personnalité, mais aussi par leur apparence éblouissante.

Malgré son titre et son concept qui semblent superficiels, le film évite d'être simplement une comédie cynique sur les femmes cherchant à exploiter les hommes riches. Il montre au contraire que, même dans une société matérialiste, l'amour et l'affection ne peuvent pas être calculés ou manipulés. Les situations loufoques dans lesquelles se retrouvent les héroïnes provoquent des rires francs, et le film s'amuse avec les stéréotypes sans tomber dans le jugement moral.

Ce film offre un bon moment de détente, loin des enjeux dramatiques ou des réflexions profondes. Il repose sur une écriture pleine d'esprit, des performances solides et un timing comique impeccable. Le spectateur se laisse facilement embarquer par la frivolité des situations, avec des dialogues mordants et des quiproquos qui font mouche. Les trois actrices, en particulier, montrent ici tout leur talent dans des rôles légers, offrant une prestation collective mémorable.

NOTE : 13.00

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Acteurs non crédités :

17.30 : MILLE FILMS DE MA VIE - LAWRENCE D'ARABIE DE DAVID LEAN (1962)

 


Dans le cadre des Mille de ma Vie , je vous propose le film aux 7 Oscars   Lawrence d’Arabie de David Lean (1962) avec Peter O’Toole Alec Guinness Oma Sharif Anthony Quinn Jack Hawkins José Ferrer John Dimech Claude Rains Michel Ray IS Johar Gamil Ratid 

En 1935 au , l'officier britannique roule à vive allure avec sa moto . Il décède d'un terrible accident après une sortie de route. À la sortie de ses funérailles à la , un journaliste interroge plusieurs personnes afin d'en savoir plus sur la vie de T. E. Lawrence.

Pendant la , Thomas Edward Lawrence est lieutenant de la . Il est réputé pour son attitude extravagante. Malgré l'opposition du général , M. Dryden du l'envoie auprès du qui se contre les de l'.

Malgré l'avis du colonel Brighton, Lawrence va se prendre au « jeu » de cette révolte arabe, notamment après la marquante en 1917. Il commence à intéresser les médias et devient peu à peu une légende dans les rangs arabes. Il va réussir à fédérer plusieurs , dont les d'. Lawrence va les pousser à fonder une nation arabe indépendante et moderne.

Lawrence d'Arabie de David Lean, sorti en 1962, est sans doute l'un des films les plus majestueux et emblématiques de l'âge d'or du cinéma. Ce film épique, porté par une mise en scène grandiose, est une œuvre d'une envergure rarement égalée. Avec ses paysages désertiques à couper le souffle, filmés en 70mm, et une musique inoubliable signée Maurice Jarre, il incarne un cinéma où la forme et le fond s'entrelacent harmonieusement pour créer une expérience sensorielle et intellectuelle exceptionnelle.

L'épopée de T.E. Lawrence, incarnée par un Peter O'Toole hypnotisant, est centrale dans cette œuvre. O'Toole, avec ses yeux bleus perçants et son charisme naturel, est le héros idéal : mystérieux, charismatique, aventureux, mais aussi profondément complexe. Lawrence est un personnage de contradictions : un héros anglais typique par son courage et son sens de l'aventure, mais aussi un homme tourmenté, tiraillé entre ses ambitions personnelles et les réalités violentes du monde qu'il découvre. Ses actions, tant positives que négatives, façonnent son parcours dans cette région du Moyen-Orient en plein bouleversement. Son désir de libérer les tribus arabes tout en servant la couronne britannique reflète cette ambivalence qui le rend si fascinant.

Le film, bien qu'il soit avant tout une grande aventure, est aussi un miroir de l'époque coloniale. Il met en lumière la manière dont les puissances occidentales, en particulier la Grande-Bretagne, ont joué un rôle oppressif et manipulateur dans cette région, dictant son avenir à travers des alliances complexes et des promesses non tenues. Le film soulève, même sans s'y attarder explicitement, la question du rôle des puissances occidentales dans la création des tensions qui perdurent encore aujourd'hui au Moyen-Orient. Le déclin de l'Empire ottoman, la montée des nationalismes arabes, et l'ombre des intérêts coloniaux européens sont au cœur de ce récit.

David Lean nous offre ici une fresque historique qui, en plus d'être un divertissement visuel de premier ordre, invite à la réflexion sur les thèmes du pouvoir, de l'identité et de la liberté. C'est un cinéma d'une ampleur rare aujourd'hui, où chaque plan est soigné et où l'écriture des personnages est aussi riche que les décors. En ce sens, Lawrence d'Arabie est un exemple de ce cinéma épique, complexe et nuancé que l'on ne voit plus beaucoup aujourd'hui, où l'aventure est indissociable de la profondeur historique et humaine.

La musique de Maurice Jarre pour Lawrence d'Arabie est l'une des bandes originales les plus emblématiques et magistrales de l'histoire du cinéma. Dès les premières notes du thème principal, Jarre parvient à capter l'immensité du désert, la grandeur de l'épopée de T.E. Lawrence, et le mystère qui entoure cette aventure. La partition reflète à la perfection les paysages majestueux et arides que David Lean filme avec tant de soin, tout en traduisant les nuances psychologiques du personnage de Lawrence.

Le thème principal, à la fois majestueux et mélancolique, est devenu instantanément reconnaissable. Il évoque à la fois la beauté et la dangerosité du désert, ainsi que la solitude du personnage de Lawrence dans cette immensité. Jarre parvient à créer une atmosphère où l'exaltation de l'aventure se mêle à une certaine introspection, presque spirituelle. Ce mélange de grandiosité et de subtilité émotionnelle est l'une des grandes forces de la partition.

NOTE : 17.30

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mercredi 4 septembre 2024

13.20 - MON AVIS SUR LE FILM SCENE DE LA VIE CONJUGALE DE INGMAR BERGMAN (1973)

 


Vu  le film   Scène de la Vie Conjugale de Ingmar Bergman (1973) avec Liv Ullmann Bibi Anderson Erland Josephson Jon Malmsjo Gunnel Lindblom Anita Wall Barbro Hiort af Ornäs Wenche Foss

Chronique de la vie d'un couple en six chapitres, s'étendant sur une période de vingt ans. Malgré leurs disputes incessantes, ils semblent voués à vivre ensemble.

  1. Innocence et panique 
  2. L'Art de cacher la poussière sous les meubles 
  3. Paula 
  4. La Vallée des larmes 
  5. Les Analphabètes 
  6. En pleine nuit dans une maison obscure quelque part sur terre 

Scènes de la Vie Conjugale est une œuvre profondément intime, caractéristique du style de Bergman, qui plonge au cœur des relations humaines avec une précision psychologique bouleversante. Pour un premier film du réalisateur, il est certain que c'est une expérience intense. Adapté de la mini-série suédoise en six épisodes, ce film de près de trois heures est un véritable marathon émotionnel, une autopsie du mariage entre Marianne (Liv Ullmann) et Johan (Erland Josephson), qui se trouve au bord de la rupture.

La mise en scène est minimaliste, presque austère. Bergman se concentre sur l'essentiel : les dialogues. Ce n'est pas un film d'action ou de grands gestes dramatiques ; c'est un film de mots et de silences. La caméra, souvent immobile ou avec des mouvements lents, capte chaque nuance des visages des personnages, explorant leurs émotions avec une intensité brute. Tout se joue dans les conversations – d'abord légères, presque banales, puis de plus en plus cruelles et douloureuses – révélant progressivement l'effondrement intérieur de ce couple qui n'a jamais réellement pris le temps de s'interroger sur son amour.

Le couple formé par Marianne et Johan est mis en lumière par leur relation miroir avec Katarina et Peter, dont la crise conjugale agit comme un catalyseur. Ces personnages secondaires amplifient l'angoisse de Marianne et Johan, car ils sont la preuve que l'amour, ou du moins l'apparence d'une relation stable, peut s'effondrer d'un coup. Ce que Bergman montre avec une intensité bouleversante, c'est que ces couples ne se sont jamais véritablement confrontés à eux-mêmes ou à leurs désirs profonds.

Liv Ullmann est absolument magnifique dans le rôle de Marianne. Elle incarne avec une justesse troublante cette femme qui, au début du film, semble si douce et réservée, mais qui révèle peu à peu une force intérieure, une colère, et une souffrance longtemps refoulée. Quant à Erland Josephson, il offre une performance tout aussi complexe, celle d'un homme qui oscille entre l'indifférence, la lâcheté et la peur de la solitude. Leur jeu est magnifiquement équilibré, dans des scènes qui reposent essentiellement sur leur interaction, où chaque mot et chaque silence sont lourds de sens. À cela s'ajoute la prestation de Bibi Andersson, qui malgré un rôle plus réduit, marque également le spectateur par son intensité.

Le film, dans sa forme longue, peut paraître éprouvant. Le format original de mini-série en six épisodes rend peut-être l'œuvre plus accessible, offrant des pauses pour digérer l'intensité émotionnelle. Bergman n'adoucit jamais son propos : c'est un film sur la souffrance et l'illusion de l'amour, où la seule lumière semble être la possibilité de continuer à vivre, même après l'échec d'une relation. La beauté de Scènes de la Vie Conjugale réside dans sa capacité à capturer cette vérité brute : les relations humaines sont complexes, changeantes, et souvent douloureuses.

NOTE : 13.20

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7.90 - MON AVIS SUR LE FILM UNIVERSAL THEORY DE TIL KROGER (2023)


Vu le film (sur CanalPlus) Universal Théory de Timm Kröger (2023) avec Jan Bulow Olivia Ross Hanns Zichler Gottfried Breitfuss Philippe Graber David Bennent Ladina von Frisching Imogen Kogge 

 

 En 1962, Johannes Leinert, accompagné de son directeur de thèse, se rend à un congrès de physique dans les Alpes suisses, où un scientifique iranien doit présenter une théorie révolutionnaire de la mécanique quantique. Lorsque les physiciens arrivent à l'hôtel cinq étoiles, l'invité iranien est introuvable.

"Universal Theory" est une œuvre fascinante du cinéma allemand, jouant habilement avec les frontières des genres et de la perception. Dès les premières images en noir et blanc, le film plonge le spectateur dans une ambiance visuellement captivante, où la beauté brute des paysages suisses se mêle à un sentiment constant de mystère et de danger. Ce choix esthétique, rappelant le cinéma classique, confère au film une atmosphère intemporelle et hypnotique.

Le réalisateur s'inspire ouvertement de maîtres du cinéma comme Alfred Hitchcock et David Lynch, et cela se ressent dans la manière dont il mêle le thriller psychologique à des éléments plus ésotériques. D'un côté, le film semble suivre une trame d'espionnage traditionnelle, avec ses jeux de pouvoir, ses trahisons et ses personnages énigmatiques. Mais très vite, cette structure familière se dissout dans une exploration des mondes parallèles et de la nature même de la réalité, à la manière d'un Lynch, déstabilisant constamment le spectateur et le forçant à remettre en question ce qu'il voit.

L'histoire d'amour, subtilement intégrée, sert de fil conducteur tout au long du film. Cette romance, loin d'être un simple ajout, semble être au cœur des enjeux émotionnels et métaphysiques du récit. Elle s'entremêle avec la quête des personnages pour comprendre la nature de leur monde, renforçant l'idée que l'amour peut être une force de liaison entre différentes réalités.

La Suisse, avec ses montagnes imposantes et ses vallées mystérieuses, devient presque un personnage à part entière. La photographie du film exploite ces décors à la perfection, créant des tableaux d'une beauté froide et énigmatique, en écho aux dilemmes intérieurs des personnages. Ce cadre géographique, à la fois sublime et isolant, intensifie le sentiment d'étrangeté qui habite le film.

Ce n'est pas un film facile à aborder. Son intrigue complexe, ses allers-retours constants entre les réalités et sa narration volontairement fragmentée demandent une attention soutenue et un esprit ouvert. Pour certains spectateurs, cela pourra être frustrant, car l'œuvre laisse beaucoup de zones d'ombre et de questions sans réponses. Mais pour d'autres, cette ambiguïté fait partie du charme du film, laissant place à l'interprétation personnelle.

On reconnaitra dans le rôle d’un Commissaire le petit Oskar du film Le Tambour l’acteur Suisse David Bennent

NOTE : 7.90

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11.90 - MON AVIS SUR LE FILM BETRAYED DE EIRIK SWENSON (2020)


 Vu le film (Découverte) Betrayed de Eirik Svensson (2020) avec Jakob Oftebro Kristine Kujath Thorp Nicolai Cleve Eggesbo Inga Ibsdotter Max Monkovitz

Lorsque les troupes allemandes envahissent la Norvège en 1940, les familles juives se sentent encore en sécurité. Cependant, alors que la guerre s'intensifie en Europe, la situation dans le pays change. Un jour, il est décidé que leurs passeports seront marqués d'un J majuscule et, peu après, tous les hommes juifs âgés de plus de quinze ans sont arrêtés et envoyés dans des camps de prisonniers norvégiens nouvellement créés. Le 26 novembre 1942, des centaines de Juifs sont déportés à Auschwitz.

 Réalisé par Eirik Svensson, Betrayed plonge dans l’un des chapitres les plus sombres et méconnus de l’histoire de la Norvège pendant la Seconde Guerre mondiale, en racontant l’invasion du pays par les forces nazies en 1940 et le destin tragique de sa communauté juive, qui se croyait jusqu’alors à l'abri dans ce territoire nordique.

Le film s’articule autour de la famille juive Braude, une famille comme tant d'autres qui pensait être en sécurité dans une Norvège historiquement tolérante et neutre. Mais avec l’arrivée des Allemands, la situation bascule rapidement. L'introduction de la lettre "J" sur les passeports des Juifs, imposée par les Nazis, devient un symbole terrifiant d'une condamnation imminente : c’est un ticket pour l'enfer, une marque qui scelle leur sort, celui de déportations vers les camps de la mort.

Le film adopte une approche réaliste, presque documentaire, dans la manière dont il montre cette descente aux enfers. La mise en scène de Svensson est sobre et efficace, évitant tout sensationnalisme pour se concentrer sur la tragédie humaine. Ce qui rend Betrayed si bouleversant et dérangeant, c’est sa capacité à montrer la lente et implacable montée de l’horreur. Les premières mesures antisémites, presque insidieuses, se transforment progressivement en violence explicite et en déportations massives. Les Juifs norvégiens, dépeints comme des citoyens ordinaires et intégrés, se voient soudainement trahis par leur propre pays et leurs voisins, conduits vers une mort quasi certaine.

Les scènes de déportation sont parmi les plus poignantes du film. Elles sont filmées avec une grande sobriété, mais cette retenue ne fait qu’amplifier l’horreur de la situation. Les familles sont arrachées à leurs maisons, à leurs vies, sans savoir qu'elles ne reviendront jamais. La tension est palpable, d’autant plus que le spectateur, lui, connaît l’issue tragique qui attend ces personnages.

L'un des éléments les plus frappants du film est la manière dont il aborde la trahison, non seulement par les forces d'occupation nazies, mais aussi par les collaborateurs norvégiens. La Norvège, que beaucoup de Juifs considéraient comme une terre d’accueil, devient un piège. Ce sentiment de trahison, autant personnel que national, rend le film particulièrement bouleversant.

Les performances des acteurs, en particulier Jakob Oftebro dans le rôle principal, ajoutent une couche supplémentaire d’émotion. Ils incarnent des personnages qui oscillent entre l’espoir, la peur et la résignation face à l'inéluctable. Chaque scène semble imprégnée d’une tristesse sourde, d’une mélancolie que Svensson sait capter avec finesse.

Ce qui dérange et touche profondément dans Betrayed, c’est l’idée que cette horreur a pu se produire dans un pays perçu comme pacifique et éloigné du conflit mondial. Le film montre que nul endroit n’était vraiment sûr pour les Juifs en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, et rappelle combien la violence du nazisme a pu se propager, même dans les coins les plus reculés du continent.

NOTE : 11.90

DISTRIBUTION

  • Jakob Oftebro as Charles Braude
  • Pia Halvorsen as Sarah Braude
  • Kristine Kujath Thorp as Ragnhild Boyesen
  • Michal Kosterkiewicz as Benzel Braude
  • Carl Martin Eggesbø as Harry Braude
  • Eilif Hartwig as Isak Braude

mardi 3 septembre 2024

12.00 - MON AVIS SUR LE FILM LA BRIGADE DU TEXAS DE KIRK DOUGLAS (1976)

 


Vu le film  La Brigade du Texas de Kirk Douglas (1976) avec Kirk Douglas Bruce Dern Bo Hopkins James Stacy Luke Askew David Canary Alfonso Arau Mark Roberts Katherine Woodville Beth Brickell Dick O’Neill

Texas, 1892. Le Marshall Howard Nightingale, qui prétend à devenir sénateur, parcourt l'État à bord d'un train spécial, entouré d'une brigade d'hommes qui l'aident à traquer les hors-la-loi. Ils débusquent la redoutable bande de Jack Strawhorn qui vient de réussir un braquage de plusieurs milliers de dollars. Mais, contre toute attente, Nightingale fait mettre le feu à la grange où les bandits sont réfugiés. Seul le chef échappe à la mort, dans le but d'être exhibé aux habitants de la ville où le Marshall fait une entrée triomphale. Il s'impose alors comme le rempart à l'insécurité dans l'État. Mais le lendemain, Jack Strawhorn parvient à s'échapper et compte bien se venger d'une manière inattendue…

La Brigade du Texas (1975), réalisé par Kirk Douglas, est un western relativement méconnu qui marie les thèmes classiques du genre avec quelques tentatives de modernisation. En tant qu’acteur principal et réalisateur, Kirk Douglas propose une œuvre où l’éthique et la morale occupent une place centrale, mais le film n’a pas tout à fait réussi à s’imposer au sein des grandes œuvres du western.

L’intrigue suit le personnage de Howard Nightingale (interprété par Douglas), un ancien officier de l’Union devenu juge, qui rassemble une milice pour pourchasser les hors-la-loi, dont le charismatique chef Jack Strawhorn, interprété par Bruce Dern. Ce duo antagoniste, Douglas et Dern, est au cœur du film et constitue l'une des grandes forces de l’œuvre. Douglas, charismatique comme toujours, incarne un juge droit et moralement ambigu, prêt à tout pour imposer sa vision de la justice. Dern, quant à lui, est parfait dans le rôle de Strawhorn, un bandit presque sympathique qui refuse de se soumettre à l’autorité tyrannique de Nightingale.

Le face-à-face entre Douglas et Dern fonctionne très bien, les deux acteurs jouant avec beaucoup de conviction. Bruce Dern, comme souvent dans ses rôles de méchant, parvient à insuffler une complexité à son personnage, lui donnant une dimension humaine, malgré sa position d'antagoniste. Le film repose largement sur cette opposition morale, où les lignes entre le bien et le mal sont floues, avec Nightingale se transformant progressivement en un personnage plus proche du tyran que du héros.

Cependant, malgré la force de ces performances, La Brigade du Texas souffre de certains problèmes. Le film a effectivement mal vieilli sur plusieurs aspects, notamment en raison de son rythme assez lent et de ses choix de mise en scène parfois datés. Le genre du western était à ce moment-là en déclin, et le film semble parfois peiner à trouver un équilibre entre l’héritage classique du western et les attentes d’un public moderne. Les scènes d’action sont parfois un peu molles et manquent de la tension nécessaire pour rendre justice aux enjeux du scénario.

Un autre point marquant du film est la musique, composée par Maurice Jarre. Le célèbre compositeur, connu pour son travail sur des films comme Lawrence d'Arabie et Le Docteur Jivago, apporte une dimension lyrique à l’ensemble, même si sa partition peut parfois sembler un peu trop grandiose pour l’atmosphère plus intimiste et morale du film. La musique est efficace mais ne parvient pas toujours à transcender les scènes moins bien construites du film.

Sur le plan de la réalisation, Kirk Douglas ne fait pas preuve d’une grande originalité. Son style est fonctionnel, mais manque de la flamboyance ou de la maîtrise formelle que l’on pourrait attendre d’un western réalisé dans les années 70. Cela donne un film solide, mais sans éclat particulier, loin des grandes œuvres de réalisateurs comme Sergio Leone ou Sam Peckinpah qui, à la même époque, transformaient radicalement le genre avec des approches plus violentes et plus cyniques.

Le film aborde néanmoins des thèmes intéressants, notamment la question de la justice et de l’abus de pouvoir. Le personnage de Nightingale évolue de manière inquiétante au fil du film, devenant presque plus tyrannique que ceux qu’il cherche à arrêter. Cette déconstruction du mythe du héros westernien pourrait être l’un des aspects les plus intéressants de l’œuvre, mais elle est traitée de manière parfois trop subtile, sans la puissance dramatique nécessaire pour en faire un vrai commentaire social.

NOTE : 12.00

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Kirk Douglas (VF : Roger Rudel) : Howard Nightingale
Bruce Dern (VF : Dominique Collignon-Maurin) : Jack Strawhorn
Bo Hopkins (VF : Michel Bedetti) : Wesley
James Stacy (VF : Jean Lagache) : Harold Hellman
Luke Askew (VF : Michel Barbey) : Krag
David Canary : Pensteman
Alfonso Arau (VF : Serge Lhorca) : Pepe
Mark Roberts (en) (VF : Jean Berger) : Monsieur Cooper
Katherine Woodville : Madame Cooper
Beth Brickell (VF : Joëlle Janin) : Carla Ross
Dick O'Neill (VF : Michel Gudin) : Wiley
William H. Burton : McCanless
Louise Elias : Rains
Allan Warnick (VF : Thierry Bourdon) : le télégraphiste

13.40 - MON AVIS SUR LE FILM UNE VIERGE SUR CANAPE DE RICHARD QUINN (1964)

 


Vu le Film Une Vierge sur Canapé de Richard Quine (1964) avec Natalie Wood Tony Curtis Henry Fonda Lauren Bacall Mel Ferrer Fran Jeffries Leslie Parrish Edward Everett Horton Harry Storch Max Showwalter Stubby Kaye Otto Kruger

 

Un journaliste sévissant dans la presse à scandale publie un article sur une psychologue, spécialiste en sexologie, dans lequel il met en doute l'expérience amoureuse de cette femme. Non content de son premier éclat, et alors que celle-ci ne décolère pas, il décide d'approfondir la question et la consulte sous un prête-nom. Trouvera-t-il matière pour un nouvel article ?

Vierge sur canapé (Sex and the Single Girl, 1964), réalisé par Richard Quine, est une charmante comédie qui s’inscrit parfaitement dans la tradition des films légers des années 60, regorgeant de quiproquos et de situations rocambolesques, le tout baigné dans une atmosphère joyeuse et pleine de bonne humeur. Ce film est une belle surprise, surtout grâce à la complicité évidente entre les acteurs, qui semblent s’amuser autant que le public.

L'intrigue suit Tony Curtis dans le rôle de Bob Weston, un journaliste de tabloïd cherchant à démasquer une jeune psychologue, Helen Brown (interprétée par Natalie Wood), spécialiste des relations amoureuses qui prône la virginité et l’indépendance. À partir de là, s’enchaînent des malentendus, des tromperies et des situations farfelues, typiques des comédies de l’époque. La dynamique du film repose sur des portes qui claquent, des personnages qui se croisent et des identités multiples, tout en gardant une légèreté qui permet au spectateur de profiter pleinement du divertissement sans se poser trop de questions.

L'une des grandes forces de Vierge sur canapé réside dans son casting éclectique. Natalie Wood, encore auréolée du succès de West Side Story, s’éloigne ici des rôles dramatiques pour incarner une héroïne pétillante et charmante. Sa performance, pleine de fraîcheur, rappelle pourquoi elle était l’une des stars les plus aimées d’Hollywood à l’époque. À ses côtés, Tony Curtis, toujours dans le registre du charmeur malicieux, s’amuse clairement dans ce rôle de Don Juan un peu maladroit. Ses multiples tentatives de séduction qui échouent à répétition rappellent son rôle dans Certains l’aiment chaud, et Curtis enchaîne les clins d’œil à cette autre comédie culte. Son timing comique est impeccable, et son duo avec Wood fonctionne à merveille.

Le film se distingue également par la présence inattendue de Lauren Bacall et Henry Fonda, tous deux jouant à contre-emploi de leurs rôles habituels. Bacall, habituellement connue pour ses rôles de femmes fatales dans le film noir, se montre ici plus légère et drôle. Henry Fonda, quant à lui, souvent vu dans des rôles sérieux et dramatiques, s’amuse visiblement dans cette comédie en jouant un mari dépassé par les événements. Ensemble, ils forment un couple dysfonctionnel mais hilarant, qui ajoute une dimension supplémentaire à l’ensemble. Leur performance contribue grandement à l’ambiance joyeuse et insouciante du film, et leur twist final, dansé et plein d’énergie, est un vrai moment de plaisir.

Mel Ferrer, quant à lui, est également un contrepoint intéressant. Acteur élégant souvent cantonné aux rôles de séducteur ou d’homme raffiné, il joue ici un Don Juan vieillissant, qui semble danser au milieu des quiproquos avec une aisance pleine d’humour.

Dans la grande tradition des comédies américaines de l’époque, le film s’appuie sur un enchaînement rapide de dialogues vifs et de situations loufoques. Le scénario, bien que simple, tire le meilleur parti des interactions entre les personnages et se permet même de subtiles allusions à la révolution sexuelle qui commençait à transformer les mœurs aux États-Unis. Le film flirte avec ces questions sans jamais les aborder de front, préférant rester dans le registre de la comédie légère.

Ce qui est particulièrement appréciable dans Vierge sur canapé, c’est le fait que les acteurs semblent s’amuser autant que le public. Le plaisir qu’ils prennent à jouer est palpable à l’écran, et cela donne au film une énergie communicative. On retrouve ici cette ambiance des comédies d’antan, où l’important n’était pas tant la cohérence ou la profondeur du scénario, mais bien le plaisir immédiat et la bonne humeur.

NOTE : 13.40

FICHE TECHNIQUE


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