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mercredi 31 décembre 2014

LA CAGE AUX FOLLES d'EDOUARD MOLINARO + Plein d'anecdotes

La Cage aux Folles d'Edouard Molinaro avec Ugo Tognazzi, Michel Serrault er Rémi Laurent. La Cage aux Folles est un film Franco-Italien réalisé par Edouard Molinaro, sorti en 1978, adapté de la pièce de théâtre homonyme de Jean Poiret.

Succès commercial en France, il demeure également de 1980 à 1998, le Film de langue étrangère le plus vu aux Etats-Unis. En 1996, le remake américain du film "Birdcage", sort avec succès aux Etats-Unis avec Robin Williams.

Le film fut un gros succès commercial en France comme en Italie, deux suites furent tournées par Edouard Molinaro (1980) et Georges Lautner (1985).


Succès Commercial en France, il a réalisé 5 406 614 entrées en France et 8 137 200 aux Etats-Unis. Birdcage le remake fit 28 068 000 entrées aux Etats-Unis.

Malgré le succès de la pièce, celle-ci ne fut jamais filmée en intégralité, et aucun producteur français l'accepta de l'adapter sous forme de film. C'est la raison pour laquelle, le film est une production Italienne, qui par conséquent emploie de nombreux acteurs Italiens en lieu et place de la distribution Française. En réalisant ce film, Jean Poiret a été inspiré par la vie trépidante de Michou, célèbre directeur de cabaret (Rue des Martyrs à Paris).

Pierre Mondy qui fait la voix française d'Ugo Tognazzi dans le film, était un ami de Jean Poiret et de Michel Serrault et également le metteur en scène de la pièce homonyme en 1974.

Michel Serrault obtint le César du Meilleur Acteur en 1979.
Le Film a remporté le Golden Globes du Meilleur Film Etranger en 1980.

Le Film a été nominé trois fois aux Oscars (Réalisateur, Costumes et Adaptation), mais il n'en a eu aucun.

Le film et la pièce sont parfois critiqués par les associations Gay, qui y voient la mise en scène de deux homosexuels caricaturaux et efféminés. Cependant l'aspect caricatural du film n'est pas entièrement démontré. D'autre mettent au contraire en avant que Renato et Albin sont présentés comme un couple stable, amoureux, et qui a élevé un fils dont la mère ne voulait pas s'occuper, ce qui est plutôt une image positive. Certaine scènes vers le milieu du film, lorsque Albin réalise qu'on se moque de lui, peuvent même être perçues comme émouvantes.

SYNOPSIS

Renato Baldi et Albin Mougeotte, sont un couple homosexuel presque sans histoire, à part les caprices récurrents d'Albin. Ils possèdent un Cabaret de Travestis "La Cage Aux Folles" dont Albin est l'artiste principal, sous de pseudonyme de Zaza Napoli.

Renato a eu jadis une brève liaison avec une femme, dont est résulté un fils, Laurent. Ce dernier rend visite à son père et lui apprend qu'il a l'intention de se marier avec sa petite amie , André (Adrienne en Italien). Bien qu'un peu vexé d'apprendre que son fils est hétérosexuel, Renato s'accommode de la situation. Le problème est qu'Andréa est la fille du député Charrier, membre éminent du parti ultraconservateur "Union pour l'Ordre Moral" et père de famille particulièrement sévère. Pour ne pas choquer sa future belle-famille, Laurent de demande à son père de jouer le jeu de la famille respectable. Renato accepte à contrecoeur : cela implique d'éloigner Albin le temps de la rencontre entre les deux familles, ce que l'intéressé risque de très mal prendre.

Par ailleurs, Simon Charrier, en mauvaise grâce à cause d'un scandale qui éclabousse son parti, voit dans le mariage de sa fille l'occasion de redorer son blason et est d'autant plus exigeant sur la future belle-famille de sa fille. Cela pousse Andréa, qui sait tout de la famille de Laurent, à mentir à son père pour ne pas le mettre en colère.

Après avoir tenté de ruser, sans résultat, pour éloigner Albin sans le fâcher, le conflit éclate au sein du couple. Renato est partagé entre l'envie de d'aider son fils et son amour pour Albin, qui se sent rejeté. Renato va jusqu'à contacter la mère de Laurent, Simone, pour lui demander de se faire passer pour son épouse, connaissant le caractère de son compagnon, que cela va complique les choses et rendre leur comédie beaucoup moins crédible.

Le jours de la réunion, au dernier moment, Albin décide à l'insu de Renato et Laurent, de s'habiller en femme pour se faire passer pour la mère de ce dernier. M.et Mme Charrier, secrètement poursuivis par des journalistes, arrivent à la réunion, et sont d'abord abusés. Ils ne savent pas qu'ils sont dans les murs de La Cage aux Folles, ce que les journalistes, eux,comprennent vite. A la suite, d'une série de quiproquos et de l'arrivée inopinée de Simone, Charrier et son épouse découvrent la vérité, et qui sont vraiment leurs hôtes. Ils décident alors de s'en allez. Mais les journalistes, en quête de scoop, veulent les contraindre à sortir non pas par la porte de l'immeuble, mais par la boîte de nuit pour les prendre en photo.

Effondré, Charrier s'en remet finalement à Albin, qui trouve une solution osée pour les faire sortir discrètement : les déguiser en habitués de la boîte, Mme Charrier en robe du soir, et M.Charrier en travesti, ce que les journalistes ne soupçonnent pas. Le stratagème fonctionne et le mariage a finalement lieu à la fin du film.





FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Edouard Molinaro
Scénario : Jean Loup Dabadie et Jean Poiret, Francis Veber, Marcello Danon et Edouard Molinaro d'après la pièce de Jean Poiret
Assistant à la mise en scène : Albino Cocco
Production : Marcello Danon
Musique : Ennio Morricone
Photographie : Armando Nanuzzi
Maquillage : Pier Antonio Mecacci et Francesco Corridoni
Coiffures : Maria Teresa Corridoni et Silvana Senzacqua
Décors : Mario Garbuglia
Montage : Monique Isnardon et Robert Isnardon
Costumes : Ambra Danon
Son : Mario Dallimonti

Durée : 103 minutes
Sortie en France : 25 octobre 1978.

DISTRIBUTION

Ugo Tognazzi : Renato Baldi
Michel Serrault : Albin Mougeotte
Michel Galabru : Simon Charrier
Benny Luke : Jacob
Rémi Laurent : Laurent Baldi
Carmen Scarpitta : Louise Charrier
Luisa Maneri : Andréa Charrier
Claire Maurier : Simone Deblon
Venantino Venantini : Le Chauffeur de Charrier
Carlo Reali : Le videur
Guido Cerniglia : Le docteur
Piero Mazzinghi : Un journaliste
Peter Bloom : Un serveur au restaurant
Vittorio Bodini
Giancarlo Pellegrini
Maxime Cambe
Mariano Brancassio
Cesare Nizzica
Angelo Pellegrino
Nicola d'Eramo
Renato de Montis
Giuseppe Di Bella
F.Paolo Di Bella
Alberto Ambrosio
Rolando Quaranta
Vinicio Diamanti
Liana Del Bazo
Walter Lucchini
Margherita Horowitz
Antonio Maimoni
Antonio Maronese
Edmondo Tieghi









SECRET DE TOURNAGES

Un soir de novembre 1967, Jean Poiret et Michel Serrault assistent à la première de "L’Escalier", une pièce de Charles Dyer racontant les tourments d’un couple homosexuel vieillissant. Après le spectacle, ils réfléchissent à une pièce similaire mais traitée en franche comédie (ils ont également en tête un de leurs sketchs, joué huit ans plus tôt dans les cabarets, "Les Antiquaires"). Poiret n’écrira La Cage aux folles qu’en 1972, sur l’insistance de Jean-Michel Rouzière, le directeur du théâtre du Palais-Royal.
Jean Poiret est Georges, directeur d’une boite de travestis à Saint-Tropez, et Michel Serrault est Albin, dit "Zaza" sur scène. "J’avais énormément travaillé mon rôle, explique ce dernier. (…) En même temps que mes costumes, j’avais essayé plusieurs compositions pour ma voix. J’avais trouvé une assez bonne solution qui consistait en de brusques envolées dans l’aigu, préférables à une voix de fausset en permanence. L’extravagance du personnage Zaza autorisait ces saisissants crescendos qui marquaient la surprise, la colère ou la joie et soulignaient mieux la démesure que ne l’aurait fait une voix de bout en bout affectée." La pièce est un triomphe, elle est jouée 1500 fois pendant cinq ans. À la millième, Poiret cède sa place à d’autres comédiens : Henri GarcinMichel Roux puis Pierre Mondy (metteur en scène de la pièce) se succéderont.
Les producteurs français ne se bousculent pas pour autant pour en acheter les droits. Seul Christian Fechner insiste auprès de Pierre Mondy mais Poiret n’est pas d’accord. "Il craignait la confusion. "Si c’est pour faire "Les Dégourdis de la 11ème" ou "Deux folles sous les drapeaux" disait-il, faisant référence aux films joués par les Charlots, ce n’est pas la peine…"" C’est finalement un Italien, Marcello Danon, qui obtient les droits en 1977. La Cage aux folles va donc être une coproduction franco-italienne, ce qui nécessite un acteur transalpin pour jouer le rôle de Georges (qui devient Renato à l’écran). Ugo Tognazzi], pilier de la comédie italienne, est choisi. "Ça me convient très bien, me dit Jean, qui me voyait triste pour lui, raconte Serrault. Je t’assure que je n’ai pas de regrets !" Le danseur américain Benny Luke conserve le rôle de Jacob, le domestique noir, et Serrault demande à ce que Michel Galabru (son partenaire dans de nombreux films, dont Le Viager) interprète le député conservateur, rôle que tenait Marco Perrin sur scène (et dont le nom passe de Dieulafoi à Charrier).

Edouard Molinaro, qui sort d’un tournage chaotique avec Alain Delon sur L’Homme pressé, se voit proposer la réalisation. Il connaît bien Serrault pour avoir tourné trois films avec lui (dont La Chasse à l’homme). "Il m’assura qu’il était heureux de faire ce film avec moi, explique l’acteur, même si ses préférences n’allaient pas à ce genre-là. Sa franchise l’honorait." Molinaro suggère queJean Poiret écrive l’adaptation de sa pièce avec lui. Mais le travail est éprouvant. "L’enthousiasme initial de Jean se dégradait à mesure qu’il prenait conscience de la spécificité de l’adaptation cinématographique, qui n’avait rien à voir avec l’écriture d’une pièce de théâtre. De mon côté, je découvrais jour après jour la fragilité de Jean et son extrême sensibilité. Notre collaboration prit fin le jour où il me déclara en pleurant (il pleurait vraiment) qu’il n’y arriverait jamais…"
Molinaro reprend alors le travail avec Francis Veber. Dans un hôtel de l’île de Saint-Martin, puis à Rome et enfin à Deauville chez Claude Lelouch, le tandem se heurte aux mêmes difficultés. "Il me faut reconnaître ici l’acharnement du travail de Veber. Je n’ai jamais connu d’auteur capable, comme lui, de souffrir des mois entiers sur un texte avant d’être certain de son efficacité." Le scénario est enfin terminé et accepté ; le tournage peut commencer à Rome, aux studios de Cinecittà.

Dans ses mémoires, Michel Serrault écrit qu’"avec Ugo Tognazzi], l’entente fut parfaite. Ugo avait bien vu, dès le départ, que le rôle que tenait Jean dans la pièce n’était pas le plus excentrique. Le personnage qui allait faire de l’effet restait Zaza Napoli, ses crises de jalousie et ses colliers de perles. Ugo Tognazzi] avait compris que ça ne marcherait jamais si son personnage voulait rivaliser avec le mien. Il était trop grand acteur pour tomber dans un piège pareil." Mais les témoignages sur ce point divergent…
Très vite, l’acteur italien refuse de jouer en français. "Il s’y était engagé par contrat, raconte Veber, mais voyant à quel point Serrault était prodigieux dans son rôle, il décida de lui donner la réplique en italien. Cela posa un double problème, au tournage d’abord, au doublage ensuite. Serrault ne parlant pas italien, il devait guetter le dernier mot de la réplique de Tognazzi] pour enchaîner. Et Tognazzi], soit par perversité, soit parce qu’il savait mal son texte, changeait souvent ce dernier mot. S’il devait dire "marmelade", il disait "confiture" et Serrault se mettait à patauger."

Molinaro tente un jour de le raisonner, lui expliquant que son attitude n’aide ni son partenaire, ni son metteur en scène. Tognazzi] entre dans une colère noire et, jusqu’à la fin du tournage, fait régner une ambiance d’affrontement, comme s’en souvient Francis Veber. "Pendant des semaines, il arrivait sur le plateau et injuriait Molinaro devant toute l’équipe. À l’italienne, hurlant, arrachant des pages du script, s’attrapant les couilles à pleines mains, pour mieux montrer son mépris." Le cinéaste confirme que le tournage se terminera "sans que jamais l’ambiance du plateau ne retrouve un semblant de sérénité".
Dans cette ambiance délétère, Michel Serrault trouve du réconfort en la personne du chef opérateur Armando Nannuzi. "Je jouais pour cet homme dont, à la fin des prises, j’apercevais les yeux plissés par le rire silencieux, avec parfois une petite larme de jubilation. Lorsque je n’étais pas satisfait de mon jeu, Armando le comprenait immédiatement et c’est lui-même qui me disait : "Tou vo pas le réfaire ? Pour moi…""

Serrault n’est pas le seul à être maquillé et habillé de façon extravagante. Pour échapper aux journalistes qui entourent le bâtiment de la boîte de nuit, le député Charrier doit se déguiser en femme. "On me fait lever à quatre heures du matin, se souvient Michel Galabru… On me maquille longuement, avec minutie… On me transforme en pouffiasse royale… En talons hauts… Il était écrit que je devais rouler un patin à Ugo Tognazzi. Quand il m’a vu, il a articulé : "Qué horror ! Je n’embrasserai pas oune telle horror…" Un grand roman d’amour fut immédiatement avorté !"
Un premier montage est projeté à Paris, sans musique et avec la voix de Tognazzi. Edouard Molinaro et Francis Veber sont consternés mais Pierre Tchernia, appelé en consultation, leur prédit un succès. Le doublage en français "fut un véritable casse-tête, explique Veber. Il y a toujours une syllabe de plus en italien. "Vin" devient "vino" et "putain", "putana". Beaucoup d’acteurs tentèrent de doubler Tognazzi]." Plusieurs solutions sont également envisagées ; dans la bande-annonce, Renato parle ainsi français avec un accent italien. C’est finalement Pierre Mondy qui prête sa voix à Tognazzi], et sans accent (Michel Beaune et Serge Sauvion lui succèderont dans les deux suites).
La Cage aux folles rassemble cinq millions de spectateurs et vaut un César à Serrault, ainsi que trois nominations aux Oscars (décors, scénario et réalisation).


















































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