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lundi 2 septembre 2024

17.20 - MON AVIS SUR LE FILM PARIS BRULE T-IL ? DE RENE CLEMENT (1966)

 


Dans le cadre des Mille Films de ma Vie , je vous propose  le film Paris Brûle-t-il ? de René Clément (1966) avec Bruno Cremer Alain Delon Kirk Douglas Michel Piccoli Daniel Gélin Simone Signoret Anthony Perkins Yves Montand Orson Welles Charles Boyer Pierre Dux Leslie Caron Jean Pierre Cassel Gert Froebe George Chakiris Glenn Ford Jean Louis Trintignant Pierre Dux Robert Stack Michel Sardou et tant d’autres

En , des et les actions militaires conduisent à la et à la reddition du général , commandant de la garnison militaire du .

Le général américain participe à l'opération, tout comme le jeune cadre de la , le commandant la ... Alors que les nazis se retirent, une concurrence va naître au sein de la Résistance entre les communistes et les gaullistes. En effet, celui qui va contrôler Paris devrait pouvoir contrôler toute la France.

Les soldats allemands reçoivent par ailleurs d' l'ordre de détruire une grande partie de Paris avant de capituler, en faisant sauter les ponts et les monuments. Le général Dietrich von Choltitz désobéit finalement à cet ordre et se rend sans condition aux .

Paris brûle-t-il ? (1966) de René Clément est une fresque monumentale qui relate la libération de Paris en août 1944. En s’attaquant à cette période cruciale de l’Histoire, Clément parvient à capturer l’essence romanesque et épique de ces événements tout en restant fidèle aux faits historiques. Ce film s’inscrit dans la grande tradition des récits de guerre à grand spectacle, mêlant à la fois le drame historique et des portraits intimistes qui montrent la complexité des jours qui ont précédé la libération de la capitale française.

L'une des forces de Paris brûle-t-il ? réside dans la capacité de René Clément à maintenir un équilibre entre la grande histoire et la petite histoire, comme vous le soulignez justement. Ce choix permet de rendre les événements plus humains et plus accessibles, tout en maintenant un rythme soutenu. Si le récit principal est bien évidemment celui de la libération de Paris par la Résistance, les Alliés, et les forces françaises, le film ne manque pas de s'attarder sur des moments plus intimes ou anecdotiques. Par exemple, Clément n’hésite pas à explorer des épisodes méconnus, comme les tensions au sein de la Résistance, les divergences entre les généraux alliés ou encore les actions individuelles des Parisiens. Ces touches d'humanité ajoutent de la profondeur à cette fresque historique et font ressortir la tension dramatique qui sous-tend tout le film.

Visuellement, Paris brûle-t-il ? est un triomphe. Le film reconstitue brillamment Paris en guerre, avec ses barricades, ses rues désertées et ses monuments en danger. René Clément capte à la perfection l’atmosphère de l’époque, alternant entre les scènes de tension dans les bureaux militaires, les combats dans les rues parisiennes et les moments plus intimes, souvent chargés d’émotion. L’esthétique du film, avec sa photographie en noir et blanc et ses plans larges, renforce l’aspect dramatique et historique de l’œuvre, tout en soulignant la beauté dévastée de la capitale française. Chaque séquence est soignée, presque chorégraphiée, ce qui donne au film un caractère à la fois spectaculaire et profondément ancré dans la réalité.

Le casting est un autre point fort du film. Paris brûle-t-il ? réunit une pléiade d'acteurs français et internationaux, illustrant le caractère universel de cette histoire de libération. Le film est presque une revue de ce qui se fait de mieux à l’époque dans le cinéma mondial. Alain Delon incarne un Chaban-Delmas charismatique et déterminé, tandis que Bruno Cremer campe un ROL-Tanguy tout en sobriété et en force intérieure. Yves Montand, Jean-Paul Belmondo, Michel Piccoli et d’autres grands noms du cinéma français de l’époque apportent également leur talent à cette œuvre collective. Claude Rich, remarquable, se distingue particulièrement en jouant deux rôles différents : celui du Général Leclerc et d’un soldat qui lui a sauvé la vie pendant cette guerre, une prouesse qui témoigne de sa polyvalence et de sa subtilité d’interprétation.

Mais Clément ne s’arrête pas aux stars françaises. De grandes figures internationales comme Kirk Douglas, Orson Welles, et Gert Froebe viennent également enrichir le film, ajoutant une dimension hollywoodienne à cette production française. Chacun de ces acteurs apporte une crédibilité à ses rôles respectifs, même s’ils n’ont parfois que quelques scènes pour briller. Cette distribution éclatante contribue à donner au film une dimension internationale, reflétant l’alliance des forces qui ont permis la libération de Paris.

Cependant, l’ampleur du projet et la multiplicité des personnages peuvent parfois donner l’impression que certains rôles sont trop peu développés, sacrifiés sur l’autel de l’exhaustivité historique. En voulant couvrir tant d’aspects de la libération de Paris, Clément semble parfois étirer le film, et certains spectateurs pourraient se sentir quelque peu perdus au milieu de cette foule de personnages et d’événements. Mais cette critique est minime au regard de l’impact général du film.

La musique de Maurice Jarre pour le film Paris brûle-t-il ? est incontestablement l'un des éléments les plus mémorables et emblématiques de ce grand film historique. En composant la bande originale, Jarre parvient à capturer non seulement la tension dramatique des jours de la Libération de Paris, mais aussi un sentiment de grandeur et d'émotion patriotique, ce qui confère à la musique une dimension épique qui s'harmonise parfaitement avec l'ampleur du film de René Clément.

Cela se manifeste surtout dans la célèbre chanson "Paris en colère", interprétée par Mireille Mathieu. En reprenant le thème de Jarre, la chanson devient un hymne poignant à la résilience et à la renaissance de Paris après les souffrances de l'Occupation

NOTE : 17.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Acteurs non crédités au générique

 

15.10 - MON AVIS SUR LE FILM KINDS OF KIDNESS DE YORGOS LANTHIMOS (2024)

 


Vu le film Kinds of Kindness de Yorgos Lanthimos (2024) avec Emma Stone Jesse Plemons Margaret Qualey Hunter Schafer Joe Alwyn Willem Dafoe Hong Chau Mamoudou Athie Yorgos Setfanakos Susan Elle Krystal Alayne Chambers

 

Robert Fletcher est un homme dont tous les détails de la vie sont entièrement contrôlés par son patron Raymond. Ses repas, les vêtements qu'il doit porter chaque jour, la décoration chez lui et même le fait qu'il n'ait pas le droit d'avoir d'enfants avec sa femme sont tous des ordres qui viennent de Raymond. Un jour, Raymond ordonne à Robert de provoquer un accident avec sa voiture et de tuer un homme connu uniquement sous ses initiales "R.M.F." et qui a pleinement accepté de se faire tuer.

Après avoir échoué à sa mission, Robert rend visite à Raymond et lui avoue qu'il n'est pas capable de commettre un tel acte. Ce dernier lui rappelle sèchement que cela doit être fait. Robert reste sur sa position : Raymond lui dit alors qu'il est libre, et le renvoie chez lui.

 Yorgos Lanthimos est un réalisateur grec qui s'est forgé une réputation pour ses films singuliers, où le bizarre côtoie le quotidien avec un sens aigu du décalage. Avec "Kinds of Kindness", il pousse encore plus loin ses expérimentations esthétiques et narratives, créant une œuvre baroque, étrange et dérangeante, tout en maîtrisant à la perfection sa mise en scène. Il livre ainsi un film qui divise mais ne laisse personne indifférent.


Le premier élément marquant dans "Kinds of Kindness" est l'esthétique visuelle. Lanthimos est connu pour son sens du cadre et de la composition, et ici, il adopte une mise en scène baroque. Les décors sont souvent surchargés de détails, avec une richesse visuelle qui s’apparente à une peinture rococo, mais revisités de manière moderne. Chaque plan est étudié, chargé d’une symbolique qui interroge. Lanthimos n'a pas peur d'utiliser des angles de caméra insolites, des travellings fluides et des mouvements de caméra abrupts pour intensifier la sensation de malaise.

L'étrangeté est omniprésente dans "Kinds of Kindness". Lanthimos distille une ambiance qui met le spectateur en porte-à-faux, comme s'il assistait à un rêve éveillé où rien n'est ce qu'il semble être. Les dialogues sont souvent décalés, minimalistes, parfois délibérément absurdes, créant un effet d’aliénation. Les personnages semblent enfermés dans leurs propres réalités, incapables de se comprendre ou de se rejoindre. Cette étrangeté s'accompagne aussi de moments de violence soudaine ou de comportements déroutants qui dérangent autant qu'ils fascinent.


Sous cette apparence baroque et étrange, Lanthimos semble vouloir interroger la nature même de la bonté et de la bienveillance, comme le suggère le titre. Mais la bonté, ici, n'est jamais simple ou évidente. Elle est teintée d'une ambiguïté morale, parfois presque cruelle. Le réalisateur pousse le spectateur à remettre en question ses propres notions de bien et de mal. L’humanité, telle qu’elle est présentée dans le film, est complexe, souvent contradictoire. La gentillesse peut devenir un acte de contrôle, de manipulation, ou même de destruction, comme si Lanthimos voulait nous rappeler que nos motivations ne sont jamais purement altruistes.

Malgré l’apparente anarchie qui règne dans le film, avec ses situations déroutantes et ses personnages hors de contrôle, Lanthimos reste le maître d’orchestre. Sa mise en scène est rigoureuse, minutieusement pensée. Chaque détail semble calculé pour provoquer une réaction précise chez le spectateur. L'alternance entre moments de contemplation, éclats de violence et séquences absurdes contribue à maintenir une tension palpable tout au long du film. Cela démontre une maîtrise rare de la narration et du rythme, même si certains pourront reprocher au film une certaine froideur émotionnelle.

Dans Kinds of Kindness, Yorgos Lanthimos exploite pleinement la capacité de ses acteurs à naviguer entre le naturel et l'absurde, en leur offrant une liberté rarement vue dans le cinéma conventionnel. Comme souvent dans son travail, les performances oscillent entre le grotesque et le minimalisme, et ce contraste donne au film une énergie déstabilisante mais puissante.

Les acteurs principaux sont poussés à explorer des émotions extrêmes, tout en gardant cette froideur typique des personnages de Lanthimos. Ils doivent souvent interpréter des dialogues délibérément plats, voire absurdes, qui créent un décalage entre leurs actions et leurs paroles. Cette distanciation émotionnelle est un choix risqué, mais elle fonctionne à merveille dans l’univers que Lanthimos façonne. C'est un jeu qui pourrait paraître désincarné si l'on cherche du réalisme émotionnel, mais qui révèle des nuances fascinantes pour ceux qui embrassent l'absurdité du film.

Emma Stone, collaboratrice régulière de Yorgos Lanthimos, brille une fois de plus dans Kinds of Kindness. Sa performance incarne à la perfection la dualité recherchée par le réalisateur : une apparente douceur, presque angélique, qui cache des motivations ambivalentes et des blessures profondes. Stone maîtrise l'art de l'intériorité, passant subtilement de moments de vulnérabilité à des éclats de froideur calculée. Elle est capable de jouer sur plusieurs registres à la fois, ce qui rend son personnage fascinant et insaisissable. Son jeu est tout en retenue, mais chaque regard et chaque geste révèlent une complexité émotionnelle qui accroît la tension du film.


Jesse Plemons est parfait dans le rôle du personnage apparemment ordinaire, presque terne, mais qui dissimule des fêlures profondes et un malaise intérieur. Avec son allure débonnaire et son jeu souvent minimaliste, il incarne à merveille un individu pris dans des dilemmes moraux qu'il ne comprend pas totalement. Plemons a cette capacité unique à rendre intrigante la banalité, et sous la direction de Lanthimos, il joue avec une sobriété qui contraste avec l'étrangeté ambiante. Il est l'ancre rationnelle dans un univers baroque, tout en étant lui-même pris dans des actions qui révèlent l’absurdité de la condition humaine.

Willem Dafoe apporte à Kinds of Kindness son charisme magnétique et sa capacité à incarner des personnages inquiétants, voire perturbateurs. Il oscille entre sagesse et folie, naviguant entre moments de calme et explosions de violence émotionnelle. Dafoe excelle dans les rôles ambigus, où la frontière entre bien et mal devient floue, et c'est exactement ce que Lanthimos exploite ici. Sa présence à l’écran est électrique, et il incarne souvent un personnage qui catalyse les conflits internes des autres protagonistes. Avec son visage marqué et son jeu intense, Dafoe réussit à faire planer une ombre sur chaque scène dans laquelle il apparaît, ajoutant une tension palpable au film.

Kinds of Kindness est, comme son titre l’indique, une réflexion sur les diverses formes de la bonté humaine, mais traité avec la touche cynique et souvent dérangeante de Yorgos Lanthimos. Le réalisateur déconstruit la notion traditionnelle de la bienveillance pour en montrer les aspects ambigus, parfois toxiques. Le film explore comment la bonté peut être déformée par des motivations égoïstes, le pouvoir et l'aliénation psychologique.

La bonté, chez Lanthimos, n'est jamais purement bienveillante ; elle est souvent teintée d'intentions cachées, que ce soit pour manipuler, pour contrôler ou pour apaiser des culpabilités personnelles. Le film interroge les relations humaines à travers des actes de gentillesse qui finissent par devenir aliénants ou destructeurs. Les personnages semblent constamment piégés dans une quête de rédemption ou de validation, tout en étant incapables de réellement se comprendre ou de s’épanouir émotionnellement.

 NOTE : 15.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

  • Emma Stone :
    • Rita (« La mort de R.M.F. »)
    • Liz (« R.M.F. vole »)
    • Emily (« R.M.F. mange un sandwich »)
  • Jesse Plemons (VF : Damien Ferrette) :
    • Robert (« La mort de R.M.F. »)
    • Daniel (« R.M.F. vole »)
    • Andrew (« R.M.F. mange un sandwich »)
  • Willem Dafoe :
    • Raymond (« La mort de R.M.F. »)
    • George (« R.M.F. vole »)
    • Omi (« R.M.F. mange un sandwich »)
  • Margaret Qualley :
    • Vivian (« La mort de R.M.F. »)
    • Martha (« R.M.F. vole »)
    • Ruth et Rebecca, les jumelles (« R.M.F. mange un sandwich »)
  • Hong Chau :
    • Sarah (« La mort de R.M.F. »)
    • Sharon (« R.M.F. vole »)
    • Aka (« R.M.F. mange un sandwich »)
  • Joe Alwyn :
    • l’homme évaluant les objets (« La mort de R.M.F. »)
    • Jerry (« R.M.F. vole »)
    • Joseph (« R.M.F. mange un sandwich »)
  • Mamoudou Athie :
    • Will (« La mort de R.M.F. »)
    • Neil (« R.M.F. vole »)
    • l’infirmier de la morgue (« R.M.F. mange un sandwich »)
  • Hunter Schafer : Anna (« R.M.F. mange un sandwich »)
  • Yorgos Stefanakos : R.M.F.
  • Merah Benoit (VF : Coralie Thuilier) : la fille d'Emily (« R.M.F. mange un sandwich »)
  • Jerskin Fendrix (en) : le pianiste du Cheval (« La mort de R.M.F. »)

12.10 - MON AVIS SUR LE FILM VIE PRIVEE DE LOUIS MALLE (1962)


Vu le film (découverte sur Arte) Vie Privée de Louis Malle (1962) avec Brigitte Bardot Marcello Mastroianni Dirk Sanders Jacqueline Doyen Gregor Von Rozzi Gloria France Nicolas Bataille Ursula vian Kluber Gilles Quéant Paul Sorèze

Jill (Brigitte Bardot), jolie jeune femme de la bourgeoisie genevoise, travaille la danse et tombe secrètement amoureuse de Fabio (Marcello Mastroianni), le mari de sa meilleure amie, Carla (Ursula Kubler). Fabio est éditeur, homme de lettres et de théâtre. Pour fuir cet amour impossible, Jill se rend à Paris où de danseuse elle devient top model puis actrice et sex symbol. Harcelée par les paparazzi et le public, adorée puis honnie, elle n'a plus de vie privée. En dépression, elle se réfugie à Genève où elle retrouve Fabio, il tombe amoureux de Jill, ils partagent alors des moments heureux. Fabio monte une pièce au festival de Spolète où elle le rejoint, attirant à nouveau la foule et les journalistes. Traquée, elle ne quitte plus sa chambre. Le soir de la première, elle monte sur le toit du palais pour voir la pièce, un photographe la repère, le flash aveugle Jill qui glisse et tombe du toit. Dans sa chute les traits de son visage apparaissent détendus et presque heureux.

Vie Privée (1962) de Louis Malle est un film emblématique qui traite avec une acuité remarquable du poids de la célébrité et des tourments qu'elle entraîne, un sujet profondément pertinent pour son époque et encore plus pour notre société actuelle. Le film suit le personnage de Jill, incarnée par Brigitte Bardot, une jeune femme qui devient une star malgré elle et découvre rapidement que la gloire peut devenir un piège. Ce récit résonne directement avec l'expérience personnelle de Bardot, elle-même traquée par les paparazzis et constamment exposée aux jugements médiatiques. Il est indéniable que ce rôle a une dimension autobiographique pour Bardot, qui retrouve ici un exutoire à sa propre détresse face à l'envahissement de sa vie privée.

Malle se concentre sur les aspects sombres et désillusionnant de la célébrité, loin du glamour souvent associé au statut de star. Le film révèle l'inconfort psychologique et la solitude ressentie par Jill, harcelée sans répit par les médias et les admirateurs. Le réalisateur explore subtilement les frontières entre l'image publique et l'identité personnelle, mettant en lumière le décalage cruel entre l'image fantasmée et la réalité aliénante de la vie de star. Ce thème universel du conflit entre la perception publique et la vie privée fait de Vie Privée une œuvre plus profonde qu'il n'y paraît à première vue.

Cependant, Vie Privée est avant tout un film qui vaut pour la présence magnétique de Brigitte Bardot. Sa performance y est centrale et essentielle, car elle incarne une vulnérabilité poignante sous ses airs de femme fatale. Sa beauté et son aura sont omniprésentes, mais derrière cette façade se cache une femme brisée par la machine médiatique. La caméra de Malle capture cette dualité avec finesse, exploitant chaque instant de l'actrice pour révéler son isolement émotionnel et sa lutte contre l'exploitation de son image. Bardot ne joue pas seulement Jill ; elle exprime à travers elle ses propres angoisses et frustrations, offrant une performance aussi sincère que bouleversante.

Quant à Marcello Mastroianni, pourtant grande star du cinéma italien, il semble ici relégué au rôle de faire-valoir. Son personnage de Fabio, un homme qui tente de comprendre et d'aider Jill, manque de profondeur et ne parvient jamais vraiment à exister pleinement en dehors de la relation qu'il entretient avec l'héroïne. On aurait pu espérer plus de sa part, mais la mise en scène de Malle semble l'utiliser avant tout comme un miroir pour refléter les failles émotionnelles de Jill. Le film reste donc très centré sur Bardot, et Mastroianni semble sous-utilisé en comparaison.

La comparaison avec le cinéma de Jean-Luc Godard est intéressante, notamment par la manière dont Vie Privée partage certains de ses thèmes avec des films comme Le Mépris (1963), également avec Bardot. Tous deux montrent une critique acerbe de la célébrité et de l'industrie du cinéma, mais alors que Godard adopte un style plus expérimental et théorique, Malle opte pour une approche plus narrative et introspective. Vie Privée est moins formellement audacieux que du Godard, mais il gagne en émotion et en accessibilité.

NOTE : 12.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

12.10 - MON AVIS SUR LE FILM UN P'TIT TRUC EN PLUS DE ARTUS (2024)

 


Vu le film Un P’tit Truc en Plus de Artus (2024) avec Artus Alice Belaidi Clovis Cornillac Sofian Ribes Stanislas Carmont Mayane Sarah- El Baze Marc Riso Ludovic Boul Marie Coulin Arnaud Toupense (formidable) Théophile Leroy Gad Abecassis

Pour échapper à la police, un fils et son père en cavale sont contraints de trouver refuge dans une colonie de vacances pour jeunes adultes en situation de handicap, se faisant passer pour un pensionnaire et son éducateur spécialisé. Le début des ennuis et d'une formidable expérience humaine qui va les changer à jamais.

Le film "Un Petit Truc en Plus" réalisé par Artus, a su attirer un public relativement large, mais il est loin d’avoir généré l’engouement d’autres grands succès du cinéma français comme "Intouchables". Bien que le film ne se présente pas avec la même ambition ou la même force émotionnelle, il reste une œuvre attachante malgré ses nombreux défauts.

La réalisation, malheureusement, pêche par son manque d'originalité. La mise en scène manque de souffle et se contente de suivre des codes déjà vus, sans véritable éclat. On sent que Artus, davantage habitué à la scène qu’à la caméra, a peut-être encore besoin de se rôder à ce nouveau format. Cela se traduit par des scènes souvent statiques et une direction d'acteurs un peu lâche, ne permettant pas à certaines situations de prendre toute l’ampleur comique ou dramatique nécessaire.

Le scénario n’offre guère de surprises. L'histoire s’inscrit dans un canevas classique de la comédie française, avec un schéma narratif prévisible et des rebondissements qui peinent à surprendre. Si certains éléments du film semblent familiers, c'est parce qu'ils sont empruntés à une formule éprouvée : un groupe hétéroclite de personnages qui doivent coexister malgré leurs différences. Pourtant, dans ce genre de dynamique de groupe, on s'attend à des interactions explosives ou à des dialogues ciselés, ce qui, ici, fait souvent défaut.

L'un des points qui affaiblit le film réside dans ses personnages. Beaucoup apparaissent antipathiques ou superficiels, réduisant l’attachement que l’on pourrait avoir pour eux. Leur caractérisation reste somme toute assez basique, et leur évolution dans le récit est trop peu nuancée pour créer un véritable attachement émotionnel.

Artus, dans son rôle principal, incarne un personnage qui semble tout droit sorti de ses spectacles de stand-up. Cela peut être à double tranchant : les amateurs de son humour y trouveront leur compte, tandis que d'autres pourront trouver ce registre répétitif et limitant pour un long-métrage. Il est indéniable que son talent comique est présent, mais son jeu reste trop proche de ce qu'il propose sur scène, manquant ainsi de renouvellement. Cela nuit à la perception de son personnage, qui aurait mérité un peu plus de profondeur et d’originalité.

Cela dit, le film n'est pas dénué de charme. Il propose des moments sincères et drôles, et parvient parfois à toucher son public par sa simplicité. Ce n'est certainement pas une œuvre révolutionnaire, ni même un grand film qui restera dans les annales, mais "Un Petit Truc en Plus" a le mérite de ne pas prétendre être plus qu'il n'est. C’est une comédie légère, divertissante, qui se laisse regarder, sans pour autant marquer durablement.

 Un P’tit Truc en Plus ne s’impose pas comme une référence du genre, mais il parvient tout de même à faire sourire et à divertir. Pour ceux qui cherchent un film sans prétention, avec quelques touches d'humour, cela peut faire l'affaire. Néanmoins, on ne peut que souhaiter qu'Artus explore à l'avenir des registres plus variés, pour nous surprendre et nous offrir des créations plus audacieuses.

NOTE : 12.10

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Artus
  • Scénario : Artus, Clément Marchand et Milan Mauger
  • Décors : Audric Kaloustian
  • Costumes : Léa Peixoto
  • Photographie : Jean-Marie Dreujou
  • Son : Thomas Besson, Nicolas Dambroise, François De Morant et Matthieu Fichet
  • Montage : Jean-François Élie
  • Production : Pierre Forette et Thierry Wong
  • Production associée : Baptiste Deville
  • Production exécutive : Ludovic Naar
  • Sociétés de production : Cine Nomine ; Auvergne-Rhône-Alpes CinémaBNP Paribas Pictures, Echo Studio, Kabo Films, M6 Films et Same Player (coproductions)
  • Sociétés de distribution : Pan Distribution (France) ; A-Z Films (Québec), Praesens Film (Suisse romande) et Vertigo Films Distribution (Belgique)

DISTRIBUTION

  • Artus : Paul "Paulo" Mounier / Sylvain
  • Clovis Cornillac : Lucien "la Fraise" Mounier / Orpi
  • Alice Belaïdi : Alice
  • Marc Riso : Marc
  • Céline Groussard : Céline
  • Gad Abecassis : Gad
  • Ludovic Boul : Ludovic
  • Stanislas Carmont : Alexandre
  • Marie Colin : Marie
  • Thibaut Conan : Thibaut
  • Mayane-Sarah El Baze : Mayanne
  • Théophile Leroy : Baptiste
  • Arnaud Toupense : Arnaud
  • Sofian Ribes : Soso
  • Boris Pitoeff : Boris
  • Nadine Charvolin : la Présidente de la cour d’assises
  • Benjamin Vandewalle : le vrai Sylvain
  • Noam Mouhib : Julien, le fils de la cuisinière
  • Patrick Chanfray : Mathieu, le petit-ami d'Alice