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lundi 2 février 2026

12.50 - MON AVIS SUR LE FILM NINO DE PAULINE FORQUES (2025)


 Vu le Film Nino de Pauline Forques (2025) avec Théodore Pellerin Willima Leghbil Jeanne Balibar Salomé Dewaels Camille Rutherford Camille du Bois  Estelle Meyer Lison Daniell Mathieu Almaric 

Nous sommes vendredi. Nino apprend qu'il a un cancer de la gorge. Lundi, il commencera sa chimiothérapie: "Vous êtes jeune, donc prioritaire" lui dit-on. 

Le film suit les déambulations de ce jeune homme à travers Paris, chamboulé par une nouvelle bouleversante. Obligé de "congeler ses spermatozoïdes", Nino apprend qu'il va possiblement devenir stérile, lui qui n'avait jamais réfléchi à devenir parent. Nino essaie d'en parler autour de lui mais comment annonce t-on aux gens qui comptent pour nous qu'on a un cancer ? Peut-on surpasser ça seul ? 

On prend toujours le sujet de la maladie lorsque la fin est proche. Il est question ici de doute, d'espoir… La découverte du fardeau et l'intenabilité du mensonge. Les petits gestes qui trahissent la maladie, et les petits gestes qui rassurent, car on veut croire que tout va bien aller. 

"On va pas faire comme si tout allait bien? Mais on fait déjà tous ça" 

Il y a des films vampérisés par la performance de leurs acteurs. Nino de Pauline Loquès en fait clairement partie. 
Dès les premières minutes, Théodore Pellerin capte la lumière, l’attention, l’air ambiant. On ne regarde plus le film, on le regarde lui. Découvert chez Xavier Dolan dans Juste la fin du monde, le jeune acteur québécois confirme ici ce que l’on savait déjà : il a ce don rare de ne jamais en faire trop. Pas de grandes tirades sur la mort, pas de pleurs appuyés, pas de violons inutiles. Pellerin joue à l’économie, à la justesse, à la retenue — et c’est précisément ce qui bouleverse. 

Son Nino est un personnage complexe, habité, texturé, presque palpable. Il vaque dans Paris — enfin, dans un Paris si peu filmé que Poitiers ou n’importe quelle autre ville ferait l’affaire. La ville est un décor abstrait, sans identité, comme si la réalisatrice n’osait jamais vraiment sortir de son acteur. Pellerin incarne Nino avec une tendresse constante : dans ses échanges avec sa mère (une Jeanne Balibar, juste et sensible), avec ses amis, notamment Sofian, incarné par un William Lebghil en contrepoint chaleureux, drôle, humain. Leur duo fonctionne, respire, existe. 

Mais c’est aussi là que le film se fragilise. Pauline Loquès semble, elle aussi, amoureuse cinématographiquement de son acteur — et on la comprend. Le problème, c’est qu’à force de le filmer comme une icône fragile, elle en oublie presque de raconter son quotidien. Entre l’annonce de la maladie et l’annonce à l’entourage, il y avait un film à faire : plus incarné, plus dynamique, plus vivant. Le scénario reste souvent suspendu, comme si l’on attendait que quelque chose arrive, sans jamais vraiment l’oser. 

Il y a pourtant de vraies pépites de sensibilité, disséminées au milieu d’un océan d’ennui. De grands moments de solitude, parfois beaux, parfois pesants. On aurait aimé être plus concernés, plus impliqués, comme Nino l’est lui-même par sa propre histoire. La fin, optimiste, sauve en partie l’ensemble, mais laisse un goût d’inachevé. 

Reste une évidence : Théodore Pellerin livre ici une master class de jeu. Si vous le découvrez avec Nino, allez absolument le voir ailleurs : dans SoloLa Dérive des continents, ou encore dans la série Becoming Karl Lagerfeld. 
Sujet passionnant, acteur incandescent, film inégal. 
Un grand interprète plane sur Nino… parfois trop haut pour son propre film. 

 NOTE : 12.50

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

8.10 - MON AVIS SUR LE FILM THE CREEPS DE MARKO MAKILAAKSO (2025)

 


Vu le Film The Creeps  Marko Mäkilaakso (2025) avec Véronica Jarvis Ismo Leikola Arrmand Alizad Essi Unkuri Sam Uthala Jarmo Makine Chris Cavalier Katharine et Christophe Lambert 

Zach et Joe, deux adolescents de l’Oregon, s’apprêtent à fêter l’anniversaire de Zach lors du Monsterfest, dans une station de ski du nord de la Finlande. Ils prennent en stop Jaakko, un Finlandais marginal qui ne souhaite qu’une seule chose : se faire des amis. Mais lorsque des bonhommes de neige meurtriers sont réveillés par des scientifiques s’invitent à la fête, Zach et ses amis parviennent à fuir — mais les traces sanglantes laissées dans la neige se rapprochent dangereusement. 

The Creeps : l’attaque des bonhommes de neige tueurs, de Marko Mäkilaakso, ou comment la Finlande a décidé de régler ses comptes avec l’hiver et avec le cinéma. Sur le papier, l’idée a presque quelque chose de sympathique : un réalisateur local, un budget riquiqui, des ados américains servant de chair fraîche universelle et des bonhommes de neige tueurs, (pas des tomates tueuses pour ceux qui on a la référence)Sauf que très vite le film ne glisse pas, il se casse la gueule dans la poudreuse. Les bonhommes de neige attaquent, ça saigne, des bras volent, des yeux sautent, un bars en moins, et le réalisateur semble persuadé que l’hémoglobine suffit à déclencher le rire. Problème : quand tes monstres ressemblent davantage à des déguisements Lidl mal remboursés qu’à une menace, le rire se transforme en grimace, et pas une grimace complice, une grimace de gêne. 

L’humour est figé quelque part au début des années 2000, version 1.0, American Pie en beaucoup moins drôle et plus trash, Gremlins en nettement moins horrifique, sans le sens du rythme ni la tendresse pour ses créatures. Les jeunes acteurs font ce qu’ils peuvent : ils courent, ils crient, ils meurent, ils sont des proies avant d’être des personnages, sans arcs narratifs, sans chair dramatique, juste des corps à aligner dans la neige. La mise en scène est plate, fonctionnelle, sans invention visuelle ni second degré réellement assumé, comme si le film se croyait méta alors qu’il est surtout paresseux. 

Et puis on boit le calice jusqu’à la lie lorsque ces jeunes gens invitent une ancienne gloire d’Hollywood pour servir de victime volontaire, et là c’est notre Highlander national, Christophe Lambert, qui décroche le pompon finlandais. Besoin d’argent, humour ridicule, auto-parodie mal digérée ? Le film ne tranche pas et Lambert non plus. Sa présence amuse deux minutes puis devient tristement symbolique d’un cinéma qui croit que le clin d’œil suffit à faire un film. Le scénario ressemble à un champ de neige piétiné : aucune montée, aucune surprise, une succession de sketches ratés qui mènent à une fin sans panache. The Creeps n’est même pas un bon nanar, c’est un nanar qui se prend pour une blague mais qui oublie d’être drôle. On en ressort frigorifié, avec l’impression d’avoir regardé un mauvais VHS de fin de soirée, sauf qu’ici même l’alcool n’aide pas, un film qui voulait faire fondre la peur dans le rire et qui ne réussit qu’une chose : donner envie de rentrer au chaud. 

NOTE : 8.10

FICHE TECHNIQUE

RegieMarko Mäkilaakso
ProducentMiika J. Norvanto
Timo Puustinen
ScenarioMarko Mäkilaakso
HoofdrollenChris Cavalier
Veronica Jarvis
Christopher Lambert
Kheba Touray
Matti Paalanen
Ismo Leikola
Iiro Panula
Arman Alizad
Joe Dante
William Daniels
MuziekJussi Huhtala
Mika Mäkilaakso
MontageTimo Puustinen
Harri Korkiakoski
Cinema­tografieEsa Jussila
Distribution