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jeudi 22 janvier 2026

9.10 MON AVIS SUR LE FILM L'HOMME QUI RETRECIT DE YAN KOUNEN (2025)

 


Vu le Film L’Homme qui Rétrécit de Yan Kounen (2025) avec Jean Dujardin Marie Josée Croze Daphné Richard Salim Talbi Serge Swysen Stéphanie Van Vyve 

Sans explication, Paul rétrécit peu à peu. Il va alors devenir la proie des animaux et insectes. Il va devoir survivre dans un environnement devenu hostile, tout en se questionnant de plus en plus sur son identité[ 

Remake français d’un monument du cinéma de genre, L’Homme qui rétrécit de Yann Kounen s’attaque à un mythe. 

 
Un mythe signé Jack Arnold, adapté du roman de Richard Matheson, figure tutélaire de la SF anxiogène et métaphysique. Le film original, sorti en 1957, reste encore aujourd’hui un classique absolu. Suspense, terreur existentielle, vertige de l’infiniment petit : tout y était. 

Et surtout, malgré l’époque, des effets visuels d’une efficacité redoutable. 
Maquettes, pots de colle, peinture et éclairages : du bricolage de génie. 
Une efficacité terrifiante, presque artisanale, mais profondément cinématographique. C’est là que le bât blesse. 

Chez Arnold, on entre dans le film immédiatement. La menace est claire, la réduction progressive angoissante, l’identification immédiate. Chez Kounen, c’est beaucoup plus compliqué.Il faut attendre quarante longues minutes avant de réellement « mesurer » l’écart. 

Quarante minutes, c’est énorme pour un film qui parle de rétrécissement. 

Les effets visuels, censés être un atout en 2025, deviennent paradoxalement le principal défaut. Chats, araignées, décors, cette fameuse boîte où vit le héros : 
tout sonne faux, artificiel, parfois même cheap. Des trucages qui ressemblent à du low cost là où on attendait de l’inventivité. 

Le film d’Arnold faisait peur avec trois fois rien. Celui de Kounen peine à convaincre avec le numérique. 

Jean Dujardin, lui, fait ce qu’il peut. Il essaye, il s’investit, il joue la solitude, la peur, la perte de repères. Mais quand on n’y croit pas, c’est compliqué. Même le meilleur comédien ne peut sauver un monde auquel on ne croit jamais vraiment. 

Le scénario étire inutilement son introduction, dilue l’angoisse existentielle de Matheson, et oublie que cette histoire parle avant tout de la place de l’homme dans l’univers. Pas d’un gadget visuel. 

La mise en scène de Yann Kounen manque de tension, de précision,et surtout de point de vue clair sur ce que raconte réellement cette histoire aujourd’hui. 

Là où Arnold transformait un jardin en jungle hostile, Kounen transforme le vertige en simple exercice de style. 

Résultat : un remake respectueux sur le papier,mais décevant dans son exécution. 
Un film qui rétrécit là où il aurait dû grandir. 

Et c’est dommage, car l’histoire de Matheson mérite mieux qu’un simple effet d’échelle. 

NOTE : 9.10

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mercredi 21 janvier 2026

11.20 - MON AVIS SURLE FILM LES SEINS DE GLACE (1974)


 Vu le film Les Seins de glace de Georges Lautner (1974) avec Mireille Darc AlainN Delon Claude Brasseur André Falcon Emilio Messina Michel Peyrelon Philippe Castelli Jean Luisi 

Un écrivain cherche l'inspiration sur une plage de la Côte d'Azur. Il y rencontre Peggy, une jeune femme mystérieuse qui lui fait penser à l'héroïne de son roman. Il entreprend la conquête de cette jeune femme étrange et probablement psychopathe, protégée par un puissant avocat et ses hommes de main. 

Des meurtres sont commis. Peggy est la suspecte numéro 1. Elle avait auparavant tué son mari à coups de pic à glace. 

Les Seins de glace (1974) de Georges Lautner (pas vraiment à l’aise dans le genre) est l’un de ces films policiers des années 70 qui, sur le papier, promettent beaucoup et laissent finalement une impression de froid persistant. Adapté d’un roman de Richard Matheson — auteur pourtant maître des atmosphères troubles et des récits psychologiques — le film semble ici avoir perdu une bonne partie de sa substance en route. On retrouve Alain Delon, figure incontournable du polar français de l’époque, dans un rôle taillé sur mesure : regard acier, mutisme élégant, présence magnétique. Mais cette fois, même Delon ne suffit pas à faire oublier la faiblesse d’un scénario qui peine à tenir la distance. 

L’histoire, pourtant intrigante, suit François Rollin, publicitaire parisien fasciné par une femme mystérieuse, Peggy Lister, qu’il croit reconnaître comme une meurtrière. Entre désir, obsession et manipulation, le film tente d’installer un climat de suspense psychologique. Mais la mécanique narrative grince rapidement : le rythme est lent sans être hypnotique, la tension annoncée ne décolle jamais vraiment, et l’ensemble donne l’impression d’un polar engourdi, figé dans une poussière très années 70. Georges Lautner, habituellement si à l’aise dans la comédie et le dialogue qui claque, semble ici moins inspiré dans le drame pur, comme s’il filmait à contre-emploi. 

Si le scénario et la mise en scène ne me captivent pas, une chose retient néanmoins l’attention : les acteurs. Alain Delon fait du Delon, et ses regards à Mireille Darc valent presque à eux seuls le déplacement. Il y a dans ces silences, dans ces échanges muets, une tension bien plus efficace que ce que le script propose. Mais la vraie révélation — ou plutôt la vraie confirmation — c’est Mireille Darc. Loin d’être uniquement la jolie blondinette à la chute de reins vertigineuse à laquelle on ne peut résister, elle prouve ici qu’elle est aussi une actrice solide, capable de faire ressentir à l’écran des sentiments complexes, ambigus, parfois douloureux, sans jamais forcer le trait. 

À noter également, presque comme une curiosité cinéphile, la présence en tant qu’assistants réalisateurs de Robin Davis et Claude Othnin-Girard, qui feront par la suite leurs propres chemins derrière la caméra. Un détail qui rappelle que même dans un film mineur, l’histoire du cinéma continue de s’écrire en coulisses. 

Avec le temps, Les Seins de glace devient malheureusement ringard, et rien ne semble vraiment fait pour nous réveiller. Le film reste figé, froid, à l’image de son titre, et laisse un sentiment de frustration : celui d’un projet qui aurait pu être un grand thriller psychologique mais qui se contente d’être un polar mineur. Reste la beauté glacée de Mireille Darc, la présence de Delon, et cette impression persistante qu’ici, le charme des acteurs dépasse largement la force du film. 

Un polar qui se regarde aujourd’hui davantage par curiosité, pour son casting et son époque, que pour son efficacité cinématographique. 

NOTE : 11.20

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