Vu le film Deadzone de David Cronenberg (1982) avec Christopher Walken Martin Sheen Brooke Adams Tom Skeritt Herbert Lom Anthony Zerbe Sean Sullivan Colleen Dewhurst
le
film raconte l'histoire de Johnny Smith (Christopher Walken), un professeur de
collège victime d'un accident de la route. Après son accident, celui-ci
découvre qu'il est désormais doté du don surnaturel de précognition par
simple contact physique avec une personne, en lisant dans son esprit. Comment
vivre avec un tel don ? Et que faire quand il découvre que des personnes
dont il voit l'avenir risquent d'être des victimes, ou au contraire des
bourreaux ?
Sorti en 1983, Dead Zone est une
adaptation du roman de Stephen King par David Cronenberg, cinéaste alors
reconnu pour ses incursions dans le body horror (Scanners, Videodrome).
Pourtant, avec ce film, il opte pour une approche plus sobre et psychologique,
tout en instillant une atmosphère glaciale qui devient sa marque de fabrique.
L’histoire suit Johnny Smith
(Christopher Walken), un professeur qui mène une vie paisible jusqu’à ce qu’un
accident de voiture le plonge dans le coma pendant cinq ans. À son réveil, il découvre
qu’il possède un don de voyance : en touchant quelqu’un, il peut entrevoir son
passé ou son futur. Mais ce cadeau se révèle vite être une malédiction. Alors
qu’il aide d’abord des gens, notamment en sauvant une fillette d’un incendie ou
en permettant l’arrestation d’un tueur en série, son destin bascule lorsqu’il
entre en contact avec Greg Stillson (Martin Sheen), un politicien aux ambitions
inquiétantes. Il entrevoit une future catastrophe : Stillson, devenu président
des États-Unis, déclenchera un cataclysme nucléaire. Dès lors, Johnny doit
prendre une décision impossible : peut-il justifier un assassinat pour sauver
le monde ?
Si la première partie du film suit une
structure quasi épisodique avec Johnny apportant des "miracles",
c’est la seconde moitié qui le propulse au rang d’œuvre essentielle. L’arrivée
de Stillson marque un tournant où le film se teinte d’une tension palpable,
flirtant avec le thriller politique paranoïaque. Impossible de ne pas voir une
filiation avec Un crime dans la tête (1962) de John Frankenheimer, autre
film où un homme isolé découvre une menace politique imminente.
Christopher Walken livre une prestation
inoubliable, incarnant un héros tragique, usé par ses visions et conscient de
sa fin imminente. Son regard hanté, son jeu tout en retenue, confèrent au film
une dimension mélancolique. Face à lui, Martin Sheen compose un politicien
populiste inquiétant, prêt à toutes les manipulations pour arriver à ses fins,
jusqu’à utiliser un enfant comme bouclier humain. Cette image fugace, où
Stillson se protège derrière un enfant lors d’un attentat, est une vision
glaçante qui marque durablement le spectateur.
Derrière la caméra, Cronenberg filme
cet univers avec une rigueur clinique, délaissant les effets gore au profit
d’une mise en scène épurée. La musique de Michael Kamen renforce cette
froideur, accentuant l’impression de fatalité. Anecdote intéressante : Stephen
King considérait Walken comme un choix parfait pour incarner Johnny Smith, et
le film est resté l’une des adaptations de ses œuvres qu’il apprécie le plus.
- Réalisation : David Cronenberg
- Scénario : Jeffrey Boam, d'après le roman Dead Zone de Stephen King
- Musique : Michael Kamen
- Direction artistique : Barbara Dunphy
- Décors : Carol Spier
- Costumes : Olga Dimitrov
- Photographie : Mark Irwin
- Montage : Ronald Sanders
- Production : Debra Hill, Jeffrey Chernov[ ], Dino De Laurentiis[]
- Sociétés de production : Dino De Laurentiis Company et Lorimar Film Entertainment
- Sociétés de distribution : Paramount Pictures (Etats-Unis), AMLF (France)
- Budget : environ 10 millions de dollars
- Christopher Walken (VF : Bernard Tiphaine) : Johnny Smith
- Brooke Adams (VF : Joëlle Fossier) : Sarah Bracknell
- Tom Skerritt (VF : Georges Claisse) : le shérif Bannerman
- Herbert Lom (VF : Roland Ménard) : le docteur Sam Weizak
- Anthony Zerbe (VF : Jacques Thébault) : Roger Stuart, l'homme d'affaires
- Martin Sheen (VF : Philippe Ogouz) : Greg Stillson, le futur candidat à l'élection présidentielle
- Colleen Dewhurst (VF : Paule Emanuele) : Henrietta Dodd
- Sean Sullivan : Herb Smith
- Nicholas Campbell (VF : Éric Baugin) : Frank Dodd, l'adjoint du shérif Bannerman
- Simon Craig : Chris Stuart
- Jackie Burroughs (en) : Vera Smith
- Géza Kovacs (VF : Claude Joseph) : Sonny Elliman, le garde du corps de Greg Stillson
- Peter Dvorsky (VF : Bernard Murat) : Clement Dardis
- Ken Pogue : le vice-président des États-Unis
- Roberta Weiss (en) (VF : Emmanuèle Bondeville) : Alma Frechette