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vendredi 30 janvier 2026

8.10 - MON AVIS SIR LE FILM ELLA MACKAY (2026)

 


Vu le Film Ella Mackay de James L.Brooks (2026) acec Emma Mackay Jamie Lee Curtis Jack  Lowden Kumail Nanjiani Ayo Edebin Julie Kavner Spike Fearn Rebecca Hall Albert Brooks Woody Harrelson 

Ella McCay est une jeune femme idéaliste. Elle tente de mener sa carrière politique tout en gérant sa vie de famille. Elle espère pouvoir reprendre le poste de gouverneur de l'État, tenu depuis des années par celui qui lui a tout appris. 

James L. Brooks a gardé son logiciel des années 80, et le problème, c’est qu’il l’a branché sur une époque qui ne le reconnaît plus. Autant dire que le choc a été rude. Le public américain ne s’y est pas trompé, flop en salles, sortie expédiée directement en SVOD partout dans le monde, et donc chez nous sur Disney+. Ironie de l’histoire, le film y sera sans doute plus vu que s’il avait poursuivi sa carrière en salles. Dommage pour Brooks, mais les chiffres ont parfois de l’humour noir. 

Ella McKay nous entraîne dans un univers assez peu fréquenté par le cinéma américain récent, la politique locale, celle des couloirs feutrés, des ambitions personnelles et des coups bas à peine voilés. Ella McKay, interprétée par Emma Mackey, est une jeune femme propulsée au cœur d’un jeu politique où les requins ne portent pas de nageoires mais des costumes bien taillés. Elle doit gérer une carrière politique en pleine ascension, une bataille pour reprendre le poste de gouverneur, et une pression constante exercée par des adversaires prêts à tout pour conserver ou récupérer le pouvoir. 

En parallèle, le film tente de développer son versant intime, la vie privée d’Ella, et surtout sa relation compliquée avec sa mère. Sur le papier, c’est là que le film aurait pu respirer. Dans les faits, seule Jamie Lee Curtis apporte un peu de chair et de vérité à cet axe familial. Elle est formidable, comme souvent, donnant à son personnage une humanité que le scénario peine à écrire. Chaque scène où elle apparaît rappelle cruellement ce que le film aurait pu être avec une écriture plus fine. 

Mais voilà, Brooks fait du Brooks, sans se poser la question de savoir si le monde a changé. Mise en scène plan-plan, dialogues figés, situations qui sentent la naphtaline. Le film donne l’impression d’avoir été écrit sur un post-it oublié au fond d’un tiroir depuis trente ans. L’intrigue avance mécaniquement, sans tension, sans surprise, sans émotion. Rien ne nous engage à verser une larme, ni même à esquisser un sourire. 

Et l’humour, marque de fabrique historique de Brooks, est ici aux abonnés absents. Pas de mordant, pas de rythme, pas de regard ironique sur le pouvoir ou sur les personnages. Le film observe, mais ne tranche jamais. Il n’ose ni la satire, ni le drame, ni la comédie. Il flotte dans un entre-deux terriblement ennuyeux. 

Emma Mackey fait ce qu’elle peut avec ce qu’on lui donne, c’est-à-dire pas grand-chose. Elle est crédible, investie, mais prisonnière d’un personnage écrit à plat, sans aspérités. Autour d’elle, le casting tient la route, professionnel, appliqué, mais on sent que personne ne sait vraiment quoi défendre. Les acteurs sauvent les meubles, pas la maison. 

 Ella McKay est un film ringard, ennuyeux, hors-sol, qui regarde la politique avec les lunettes d’un autre siècle. Brooks ne s’adapte pas à notre époque, et refuse même d’essayer. Il signe un film qui arrive trop tard, avec des outils trop anciens, et un regard trop sage pour susciter le moindre intérêt. 

Un film qui sent la poussière, porté par un casting méritant, mais plombé par une écriture paresseuse et une mise en scène sans relief. 
Brooks fait du Brooks, oui. Mais cette fois, ça ne suffit plus. 

NOTE : 8.10

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation et scénario : James L. Brooks
  • Musique : Hans Zimmer
  • Directeur artistique : Bryan Felty
  • Décors : Richard Toyon
  • Costumes : Matthew Pachtman et Ann Roth
  • Photographie : Robert Elswit
  • Montage : Tracey Wadmore-Smith
  • Producteurs : Julie Ansell, James L. Brooks, Richard Sakai et Jennifer Simchowitz
    • Co-producteur : Colby Pines
    • Producteur délégué : Seth William Meier
  • Société de production : Gracie Films
  • Société de distribution : 20th Century Studios
  • Budget : 35 millions de dollars[

DISTRIBUTION


11.10 - MON AVIS SUR LE FILM FEAR BELOW DE MATHEW HOLMES (2025)

 


Vu le Film Fear Below de Mathew Holmes (2025) avec avec Hermione Corfield , Jake Ryan , Jacob Junior Nayinggul , Arthur Angel , Josh McConville , Maximillian Johnson et Clayton Watson   

 

En 1946 en Australie, une équipe de plongeurs de la Sea Dog Diving Company, en difficulté, est engagée pour localiser et récupérer une voiture immergée dans une rivière. Leurs efforts sont contrariés par une femelle requin- bouledogue particulièrement agressive . L'équipe découvre alors qu'elle travaille pour un gang criminel impitoyable qui tente de récupérer son butin d'or volé, et qui se révèle aussi dangereux que la bête tapie dans les profondeurs. 

 

L’affiche de Fear Below n’annonçait rien de bon, soyons honnêtes. Encore un film de requin, pensais-je, encore une variation autour du Goat absolu, Spielberg, que personne n’a jamais égalé et que tout le monde imite depuis cinquante ans sans y arriver.  

On en a même mis dans la Seine, c’est dire si le filon est rincé. Et pourtant, surprise. Fear Below n’est pas le film d’aventure du siècle, mais il tient la route, et même plutôt bien. La bonne idée du scénario, c’est de ne pas tout miser sur le requin-star. Ici, le monstre partage l’affiche avec des monstres bien humains, les truands.  

D’un côté, un requin rare, coincé dans un lac, déjà, ça change un peu. De l’autre, une bande de voyous prêts à tout pour récupérer une cargaison de grande valeur enfouie dans une voiture engloutie. Pour ça, ils engagent quatre plongeurs, spécialistes du boulot sale et dangereux.  

Et la vraie question n’est pas seulement, qui va servir de dîner ou de petit-déjeuner au requin. Mais aussi, qui va se faire bouffer par qui, au sens large. Les bandits sont de vrais requins eux-mêmes, sans pitié, sans scrupules, et nettement plus bavards que l’animal.  

Le film joue intelligemment sur ce double danger, la menace animale, muette, froide, mécanique, et la menace humaine, brutale, imprévisible, vicieuse. Les acteurs font le job, et c’est essentiel dans ce genre de film.  

Les plongeurs existent, chacun avec sa fonction, son caractère, sa peur rentrée. On sent la fatigue, la pression, la panique qui monte sous l’eau et hors de l’eau. Les truands, eux, ne cherchent pas la nuance, ils imposent une tension sèche, efficace, digne d’un petit film noir déguisé en survival aquatique.  

La mise en scène de Matthew Holmes est sobre, et c’est précisément ce qui sauve le film. Pas d’esbroufe inutile, pas de requin qui joue la star ou cabotine devant la caméra. Le requin fait exactement ce qu’on lui demande, être là quand il faut, disparaître quand il faut. Une présence, pas une mascotte. 

 Le montage maintient un rythme tendu. Les scènes sous-marines sont lisibles. L’ambiance noire rappelle parfois un film de gangsters plus qu’un simple film de monstres. Alors oui, le cadre d’époque est assez rare pour un film de requin, mais il ne révolutionne pas le genre. Ce n’est pas Les Dents de la mer 

Ce n’est pas une relecture géniale. Mais c’est un film honnête, bien tenu, bien joué, et surtout conscient de ses limites. Un film de requin qui ne la ramène pas trop. Un requin qui ne joue pas la vedette. Des humains souvent plus dangereux que l’animal. Et une série B qui sait rester à sa place. Sympathique, mordant, efficace. Et parfois, c’est déjà très bien.

NOTE 11.10

FICHE TECHNIQUE

Directed byMatthew Holmes
Written by
  • Matthew Holmes
  • Gregory Moss
Produced by
  • Blake Northfield
  • Michael Favelle
Starring
CinematographyPeter Szilveszter
Music byAngela Little
Production
companies
Distributed byStudioCanal

DISTRIBUTION

jeudi 29 janvier 2026

5.20 - MON AVIS SUR LE FILM ANACONDA DE TOM GOTMICAN (2026)


 Vu le Film Anaconda de Tom Gormican (2026) avec Jack Black Thandiwe Newton Paul Rudd Steve Zahn Daniela Melchior Sleton Mello Jone Skye Ice Cube Jennifer Lopez 

En pleine crise de la quarantaine, deux amis — Doug McCallister et Ronald « Griff » Griffen — se rendent dans la forêt amazonienne pour refaire leur film de jeunesse préféré, Anaconda, avec leurs amis d'enfance Kenny et Claire. Leurs plans basculent lorsqu'un véritable anaconda géant fait irruption 

Anaconda de Tom Gormican est sans doute l’une des idées les plus absurdes de ces dernières années : transformer un petit film d’horreur opportuniste des années 90 (Anaconda, le prédateur de Luis Llosa, 1997) en comédie. Et là, une question s’impose d’emblée : quelle mouche a piqué les producteurs ? À moins que la vraie ambition n’ait été inverse — non pas faire une comédie d’horreur, mais une horreur de comédie. 

Le film original n’était certes pas un chef-d’œuvre, mais il avait au moins une vertu : la naïveté sérieuse de son époque, un premier degré assumé, une série B qui savait ce qu’elle était. Ici, le remake choisit le contre-pied total : tout est ironique, tout est méta, tout est supposé être drôle. Sauf que rien ne fonctionne. Jamais. Pas une seule fois. 

Le pseudo-burlesque est poussif, les gags tombent à plat, et la fameuse scène du pipi — censée déclencher l’hilarité — achève le spectateur dans un malaise proche de la gêne physique. On ne rit pas, on soupire. Le film ne bascule même pas dans la farce : il reste coincé dans une zone grise où l’on sent les acteurs attendre la vanne qui n’arrive jamais. 

Tout est évidemment construit pour mettre en valeur Jack Black, mais même lui semble livré à lui-même, en roue libre, recyclant des tics usés jusqu’à la corde. Paul Rudd, pourtant maître du décalage doux-amer, paraît étonnamment absent, comme s’il jouait dans un autre film. Quant à Steve Zahn, il cabotine sans filet, sans rythme, sans véritable partenaire. Le trio, sur le papier prometteur, manque cruellement d’alchimie. 

La mise en scène de Tom Gormican est plate, fonctionnelle, sans imagination visuelle. Aucun sens du timing comique, aucun regard sur le genre qu’il prétend détourner. Le serpent, censé être l’élément central, devient un prétexte numérique sans impact, ni menace, ni absurdité jubilatoire. Même le monstre semble s’ennuyer. 

Le scénario tourne en rond, s’auto-parodie sans finesse, multiplie les clins d’œil appuyés à l’original comme si cela suffisait à faire sens. Mais le film confond hommage et paresse, distance ironique et absence totale de point de vue. À force de vouloir désamorcer toute tension, il finit par tuer le peu d’intérêt qu’il aurait pu susciter. 

Anaconda version 2026 est un reboot qui se mord la queue. Il veut être malin, il est lourd. Il veut être drôle, il est pénible. Il veut jouer avec la mémoire cinéphile, il n’en comprend ni les codes ni l’affection. 

Un remake inutile d’un film déjà mineur, qui s’apprête sans difficulté à concourir dans la catégorie très disputée des FLOP 2026. Preuve supplémentaire qu’on peut rater à la fois l’horreur, la comédie… et le second degré. 

 NOTE : 5.20

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Tom Gormican
  • Scénario : Tom Gormican et Kevin Etten, d'après le scénario original écrit par Hans Bauer, Jim Cash et Jack Epps Jr.
  • Musique : David Fleming
  • Décors : Steven Jones-Evans
  • Costumes : Alice Babidge
  • Photographie :Nigel Bluck
  • Montage : Craig Alpert et Gregory Plotkin
  • Production : Brad Fuller, Andrew Form, Kevin Etten et Tom Gormican
Production déléguée : Samson Mucke

DISTRIBUTION