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jeudi 3 avril 2025

14.90 - MON AVIS SUR LE FILM DEAD ZONE DE DAVID CRONENBERG (1982)

 


Vu le film Deadzone de David Cronenberg (1982) avec Christopher Walken Martin Sheen Brooke Adams Tom Skeritt Herbert Lom Anthony Zerbe Sean Sullivan Colleen Dewhurst

 le film raconte l'histoire de Johnny Smith (Christopher Walken), un professeur de collège victime d'un accident de la route. Après son accident, celui-ci découvre qu'il est désormais doté du don surnaturel de précognition par simple contact physique avec une personne, en lisant dans son esprit. Comment vivre avec un tel don ? Et que faire quand il découvre que des personnes dont il voit l'avenir risquent d'être des victimes, ou au contraire des bourreaux ?

Sorti en 1983, Dead Zone est une adaptation du roman de Stephen King par David Cronenberg, cinéaste alors reconnu pour ses incursions dans le body horror (Scanners, Videodrome). Pourtant, avec ce film, il opte pour une approche plus sobre et psychologique, tout en instillant une atmosphère glaciale qui devient sa marque de fabrique.

L’histoire suit Johnny Smith (Christopher Walken), un professeur qui mène une vie paisible jusqu’à ce qu’un accident de voiture le plonge dans le coma pendant cinq ans. À son réveil, il découvre qu’il possède un don de voyance : en touchant quelqu’un, il peut entrevoir son passé ou son futur. Mais ce cadeau se révèle vite être une malédiction. Alors qu’il aide d’abord des gens, notamment en sauvant une fillette d’un incendie ou en permettant l’arrestation d’un tueur en série, son destin bascule lorsqu’il entre en contact avec Greg Stillson (Martin Sheen), un politicien aux ambitions inquiétantes. Il entrevoit une future catastrophe : Stillson, devenu président des États-Unis, déclenchera un cataclysme nucléaire. Dès lors, Johnny doit prendre une décision impossible : peut-il justifier un assassinat pour sauver le monde ?

Si la première partie du film suit une structure quasi épisodique avec Johnny apportant des "miracles", c’est la seconde moitié qui le propulse au rang d’œuvre essentielle. L’arrivée de Stillson marque un tournant où le film se teinte d’une tension palpable, flirtant avec le thriller politique paranoïaque. Impossible de ne pas voir une filiation avec Un crime dans la tête (1962) de John Frankenheimer, autre film où un homme isolé découvre une menace politique imminente.

Christopher Walken livre une prestation inoubliable, incarnant un héros tragique, usé par ses visions et conscient de sa fin imminente. Son regard hanté, son jeu tout en retenue, confèrent au film une dimension mélancolique. Face à lui, Martin Sheen compose un politicien populiste inquiétant, prêt à toutes les manipulations pour arriver à ses fins, jusqu’à utiliser un enfant comme bouclier humain. Cette image fugace, où Stillson se protège derrière un enfant lors d’un attentat, est une vision glaçante qui marque durablement le spectateur.

Derrière la caméra, Cronenberg filme cet univers avec une rigueur clinique, délaissant les effets gore au profit d’une mise en scène épurée. La musique de Michael Kamen renforce cette froideur, accentuant l’impression de fatalité. Anecdote intéressante : Stephen King considérait Walken comme un choix parfait pour incarner Johnny Smith, et le film est resté l’une des adaptations de ses œuvres qu’il apprécie le plus.

Avec le recul, Dead Zone n’a rien perdu de sa force. Son propos sur les dérives politiques résonne encore aujourd’hui, notamment dans un monde où la manipulation et la peur sont des armes redoutables. Par son atmosphère pesante, ses personnages mémorables et son final déchirant, il s’impose comme l’un des meilleurs films inspirés de Stephen King et un chef-d’œuvre sous-estimé de Cronenberg.

NOTE : 14.90

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lundi 31 mars 2025

MON TOP DE MATT DAMON


 Voici le Récapitulatif de mon #TOP30 consacré à #MattDamon (que j’ai rencontré à Deauville 2007)

1 Le Talentueux Mr Ripley

2 Seul sur Mars

3 Le Mans 66

4 Will Huntinfg

5 Saga Jason Bourne

6 Gerry

7 Les Infiltrés

8 Ma vie avec Liberace

9 True Grit

10 Green Zone

11 Syriana

12 Raison d’Etat

13 Oppenheimer

14 Contagion

15 L’Agence

     Interstellar

16 Invictus

17 Il Faut Sauver le Soldat Ryan

18 L’Idéaliste

19 La Différence

20 Saga Ocean Eleven

21 A La Rencontre de Forrester

22 Stillwater

23 Elysium

24 Paranoïa

25 Bienvenue à Suburbicon

26 Promised Land

27 Dogma

28 Le Dernier Duel

29 Les Joueurs

30 Méprise Multiple

dimanche 30 mars 2025

12.10 - MON AVIS SUR LE FILM LES LUNETTES D'OR DE


 Vu le film Les Lunettes d’Or de Guiliano Montaldo (1987) avec Philippe Noiret Rupert Everett Valéria Golino Stefania Sandrelli Nicola Farron Roberto Helitzka Luca Zingaretti Rade Markovic Anna Lezzi

1938, Ferrare. Médecin cultivé et discret, le seul défaut du docteur Fadigati est, aux yeux de la bourgeoisie provinciale, de n'être pas marié. Quand il est surpris en compagnie d'Éraldo, un jeune étudiant modeste, il est immédiatement mis au ban de la bonne société. Seul David, un universitaire juif, le soutient dans sa descente aux enfers.

Adapté du roman éponyme de Giorgio Bassani, Les Lunettes d’or (Gli occhiali d’oro) de Giuliano Montaldo est un film délicat et mélancolique, explorant l’isolement et la montée du fascisme dans l’Italie des années 1930. À travers la relation entre un médecin homosexuel marginalisé et un étudiant juif contestataire, l’œuvre dresse un double portrait d’hommes confrontés à l’oppression sociale et politique.

Dès les premières images, le film évoque inévitablement Mort à Venise de Luchino Visconti : une cité balnéaire élégante (ici Ferrare et les rives du Pô), une ambiance feutrée et un protagoniste mûr, prisonnier d’un désir qu’il sait impossible. Philippe Noiret incarne le Dr. Athos Fadigati, un homme respectable mais solitaire, dont l’homosexualité, bien que discrète, fait de lui une cible de moqueries et d’exclusion. Il tente d’aimer dans l’ombre, en nouant une relation avec un jeune homme frivole (Nicola Farron,), tout en sachant que ce bonheur ne sera qu’éphémère.

Everett, dans le rôle d’un étudiant issu de la bourgeoisie juive et engagé contre le fascisme, apporte une touche de fougue et d’idéalisme. Son destin se confond avec celui du médecin : tous deux, bien que différents, sont marginalisés par une société qui glisse peu à peu vers l’intolérance et la persécution.

Giuliano Montaldo filme Ferrare avec une élégance picturale, capturant la beauté mélancolique de ses ruelles, ses canaux et ses plages. Mais sous cette splendeur, le climat politique s’assombrit. La montée du fascisme et des lois raciales de Mussolini jette une ombre sur le film, transformant cette atmosphère feutrée en un étau oppressant.

Philippe Noiret, habitué aux rôles plus chaleureux, livre ici une performance toute en retenue et en douleur contenue. Son Dr. Fadigati est un homme digne, aspirant à un amour sincère, mais qui se heurte à l’hypocrisie et au rejet. La scène où il se retrouve humilié publiquement par son amant, sous les regards moqueurs des notables, est d’une tristesse poignante.

Montaldo respecte fidèlement l’œuvre de Bassani, dont les écrits dénoncent la montée de l’antisémitisme en Italie. Le film bénéficie d’une reconstitution historique minutieuse et d’une mise en scène raffinée, privilégiant les silences et les regards aux grandes démonstrations émotionnelles.

Un film injustement oublié et bouleversant, porté par un Noiret impérial. Une œuvre sur la solitude, le rejet et l’inéluctabilité du destin, qui mérite d’être redécouverte pour sa finesse et sa beauté crépusculaire.

NOTE : 12.10

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10.30 - MON AVIS SUR LE FIM ROBOCOP DE JOSE PADILHA (2014)

 


Vu le film Robocop de José Padilha (2014) avec Joel Kinnaman Michael Keaton Samuel L.Jackson Gary Oldman Abbie Cornish Jackie Earle Haley Jay Baruchel Marianne Jean-Baptiste  Aimée Garcia

En 2028, la technologie robotique de l'OmniCorp, conglomérat militaro-industriel, est à la pointe du progrès. Non content de vendre des drones (XT-908) et autres robots militaires (EM-208), comme le « ED 209 », lors de conflits, la société désire rentrer dans le marché de la sécurité publique mais les dirigeants sont hésitants à vouloir tester cette technologie sur le sol américain pour protéger les citoyens. La loi Dreyfuss interdit l'usage de robots sur le sol des États-Unis.

En 1987, Paul Verhoeven livrait avec RoboCop une satire ultra-violente du capitalisme et du pouvoir militaro-industriel, portée par une mise en scène viscérale et un humour noir acéré. En 2014, José Padilha tente de revisiter ce monument de la science-fiction, mais ce remake souffre d’un manque d’originalité et d’audace, transformant une œuvre subversive en un blockbuster fade et oubliable.

Si le film conserve l’essence du récit – Alex Murphy, policier de Détroit grièvement blessé, est transformé en cyborg par la toute-puissante multinationale OmniCorp –, il en gomme l’irrévérence et la critique acerbe du modèle américain. Là où Verhoeven dénonçait le cynisme des élites et la privatisation des forces de l’ordre, Padilha s’attarde sur les dilemmes existentiels de son héros. Ce choix, bien que louable sur le papier, aboutit à un récit sans relief, noyé dans des discours convenus et une mise en scène trop sage.

Joel Kinnaman campe un Murphy bien moins marquant que Peter Weller, privé d’humour et d’humanité. Pourtant, le film aligne un casting de prestige : Gary Oldman en scientifique compatissant, Michael Keaton en PDG manipulateur et Samuel L. Jackson en présentateur télé outrancier. Hélas, ces grands noms ne suffisent pas à compenser un scénario prévisible et une direction artistique terne.

Le RoboCop de 1987 était connu pour sa brutalité excessive, soulignant l’absurdité de la violence dans la société américaine. Ironiquement, malgré un budget bien plus conséquent et des effets spéciaux modernes, le remake se révèle bien plus timoré. Certes, quelques scènes percutantes témoignent d’un monde dystopique en gestation, mais l’ensemble manque de la sauvagerie qui faisait la force du film original.

Derrière la caméra, José Padilha a vécu un tournage éprouvant, bridé par les exigences du studio. Le réalisateur brésilien, connu pour Troupe d’élite, souhaitait un film plus sombre et engagé, mais la production imposa de multiples compromis. Il racontera plus tard à un ami : "De 10 idées que j’ai, neuf sont rejetées." Une frustration palpable à l’écran, où l’on sent un cinéaste empêché d’exprimer pleinement sa vision.

Si RoboCop (2014) n’est pas un désastre absolu, il ne justifie en rien son existence. Ni assez original pour surpasser son modèle, ni suffisamment subversif pour s’en démarquer, il demeure un simple produit calibré pour le marché international. Un film oublié aussi vite qu’il est sorti, éclipsé par la puissance toujours intacte du chef-d’œuvre de Verhoeven.

NOTE : 10.30

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7.90 - MON AVIS SUR LE FILM MAXIME DE HENRI VERNEUIL (1958)


 Vu le film Maxime de Henri Verneuil (1958) avec Charles Boyer Michèle Morgan Félix Marten Arletty Micheline Luccioni André Brunot Jacques Dufilho Jane Marken Yvonne Constant Fernand Fabre Jean Marie Proslier Dominique Zardi François Périer (voix)

Maxime Cherpray, parfaitement éduqué mais sans fortune, gagne sa vie en enseignant les bonnes manières. Un de ses élèves, Hubert, amoureux de la belle Jacqueline, une femme du monde, l'engage pour l'aider à la conquérir. Cependant Maxime tombe amoureux de Jacqueline et oublie sa mission.

Henri Verneuil, cinéaste souvent associé aux grandes fresques populaires (Mélodie en sous-sol, Le Clan des Siciliens), s’aventure ici sur un terrain moins familier : la comédie mondaine et sentimentale. Maxime (1958) s’inscrit dans la tradition des marivaudages à la française, où le verbe prime sur l’action, et où l’essentiel du plaisir repose sur les dialogues ciselés de Henri Jeanson.

L’intrigue met en scène Maxime (Charles Boyer), un homme désargenté mais rompu à l’art de séduire en se mêlant à la bourgeoisie, dans un Paris où la façade sociale est plus importante que la fortune réelle. Il s’éprend de la belle et ambitieuse Jacqueline Monneron (Michèle Morgan), elle-même courtisée par le riche et fade Claude (Félix Marten). Le tout se joue entre salons cossus et le célèbre restaurant Maxim’s, théâtre de ces joutes amoureuses et sociales.

Le film bénéficie d’un casting prestigieux, mais celui-ci est en demi-teinte. Charles Boyer, acteur au ton volontiers théâtral, campe un personnage à la séduction désuète, parfois pesante. Michèle Morgan, malgré son aura, semble engoncée dans un rôle convenu, et surtout Félix Marten manque singulièrement de charisme pour incarner le rival fortuné. À l’inverse, Arletty et Micheline Luccioni  insufflent une vivacité bienvenue, rendant leurs scènes particulièrement savoureuses.

Les dialogues de Jeanson, souvent caustiques et pleins d’esprit, sont la véritable force du film, offrant des répliques mordantes sur la comédie du pouvoir et des apparences. Mais Verneuil, plus à l’aise dans le cinéma d’action que dans la comédie de mœurs, peine à dynamiser l’ensemble. Sa mise en scène reste statique, et l’absence de rythme alourdit l’intrigue, qui aurait gagné à plus de légèreté.

Au final, Maxime est un film inégal, porté par quelques personnages savoureux mais freiné par un académisme pesant. Un Verneuil mineur, où l’esprit de Jeanson brille plus que la mise en scène.

NOTE : 7.90

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6.90 - MON AVIS SUR LE FILM LE SAINT PREND L'AFFUT DE CHRISTIAN JAQUE (1966)


 Vu le film Le Saint Prend l’Affut de Christian Jaque (1966) avec Jean  Marais Jess Hahn Jean Yanne Danièle Evenou Nerio Bernardi  Rafaëlla Carra Henri Virlojeux Dario Moreno Henri Guéguan Tiberio Murgia Hélène Dieudonné

Une luxueuse voiture déchire le silence du crépuscule, s'arrête devant le mur d'une propriété privée ; des hommes descendent, armés, et une voix-off nous informe qu'ils veulent tuer Simon Templar, dit le Saint, le célèbre aventurier britannique, lequel discute paisiblement avec son vieil ami français Oscar Chartier dit Oscar le tortueux, à l'intérieur du grand salon de son château écossais, tandis que son fidèle garde de corps, Uniatz qui veille sur le repos et la tranquillité de son patron, se charge de neutraliser efficacement les intrus. L’ambiance d’une parodie du film d’espionnage est lancée.

Le Saint prend l'affût (1966) de Christian-Jaque tente d'exploiter la popularité de la série télévisée Le Saint avec Roger Moore, mais échoue à retrouver son charme et son efficacité. Adapté du roman Le Saint et l’héroïne de Leslie Charteris, le film met en scène Jean Marais dans le rôle de Simon Templar, un aventurier charismatique traquant une mystérieuse formule secrète volée par des criminels internationaux. Malheureusement, le résultat oscille entre comédie policière et espionnage sans jamais vraiment convaincre.

Le scénario, qui aurait pu offrir une intrigue haletante dans la lignée des James Bond ou des grandes aventures du Saint, s’égare dans un ton trop léger. Loin du suspense et du raffinement des films d’espionnage de l’époque, il s’apparente davantage à une comédie d’aventures, rappelant parfois l’esprit de Philippe de Broca. Mais là où ce dernier maîtrise parfaitement l’humour et l’action (L’Homme de Rio, Les Tribulations d’un Chinois en Chine), Christian-Jaque peine à trouver le bon équilibre.

Jean Marais, cherchant à s’éloigner des films de cape et d’épée qui ont fait sa gloire, peine à imposer son Saint face au souvenir de Roger Moore. Il manque de l’élégance désinvolte et du flegme britannique qui faisaient tout le sel du personnage. Pourtant, ce rôle annonce ses futurs succès dans la comédie d’action avec Fantômas, où il jonglera bien mieux entre aventure et humour.

Le casting secondaire offre quelques moments amusants, notamment avec Jess Hahn, qui joue un homme de main aux gros muscles. Son humour physique et son allure pataude tranchent avec l’ambiance parfois trop policée du film. Mais en dehors de ces rares éclats, l’ensemble reste trop sage, manquant à la fois de panache et de véritable tension.

Jean Marais, habitué aux cascades, réalise lui-même plusieurs scènes d’action, mais celles-ci manquent de nervosité comparées à ce qu'il fera dans Fantômas. Le film, tourné dans plusieurs lieux exotiques pour lui donner un parfum international, souffre d’une mise en scène vieillissante et d’une direction artistique trop académique pour rivaliser avec les grandes productions d’espionnage de l’époque.

Le Saint prend l'affût est une tentative maladroite de surfer sur un succès populaire sans en comprendre la recette. Ni vraiment un film d'espionnage, ni une comédie policière totalement aboutie, il reste un divertissement mineur, intéressant seulement pour les curieux ou les inconditionnels de Jean Marais.

NOTE : 6.90

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Les cascadeurs :

Les voix de :