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lundi 29 décembre 2025

15.20 - MON AVIS SUR LE FILM LE VOYAGE DE CHIHIRO DE HAYAO MIYAZAKI (2002)

 


Vu le Film d’animation  Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki (2002) 

Au cours d'un voyage en voiture, la famille de Chihiro,10 ans, fait une halte dans un parc à thème qui semble abandonné. Ses parents découvrent des mets succulents dans un restaurant et commencent à manger. Ils se retrouvent alors transformés en cochons. Prise de panique, Chihiro s'enfuit et rencontre l'énigmatique Haku, qui lui explique le fonctionnement de l'univers dans lequel elle vient de pénétrer. Pour sauver ses parents, la fillette va devoir faire face à la terrible sorcière Yubaba. 

Avec Le Voyage de Chihiro, Hayao Miyazaki livre l’une de ses œuvres les plus emblématiques et les plus accessibles, tout en restant d’une richesse thématique et symbolique exceptionnelle. Derrière ses airs de conte d’animation délicat et poétique se cache un film profondément grave, lucide et parfois inquiétant, qui explore les failles du monde moderne à travers le regard d’une enfant confrontée à l’inconnu. 

L’histoire suit Chihiro, une fillette timide et apeurée, brutalement arrachée à son quotidien lors d’un déménagement. Propulsée dans un monde spirituel peuplé de dieux, de créatures étranges et de règles implacables, elle doit apprendre à survivre seule, à travailler, à s’affirmer et à grandir. Miyazaki adopte ici l’un de ses schémas narratifs favoris : le récit initiatique, où l’évolution psychologique du personnage prime sur l’action pure. 

Chihiro est l’un des plus beaux personnages écrits par le cinéaste. Fragile, hésitante, parfois lâche, elle évolue progressivement sans jamais perdre sa sincérité. Autour d’elle gravitent des figures mémorables : Haku, mystérieux et mélancolique, Yubaba, tyrannique mais paradoxalement maternelle, ou encore Sans-Visage, incarnation glaçante du vide et de la voracité humaine. Aucun n’est totalement bon ou mauvais, fidèle à l’écriture nuancée de Miyazaki. 

L’ambiance du film oscille constamment entre émerveillement et malaise. Le monde des esprits est magnifique mais régi par des lois cruelles, où l’oubli de son nom équivaut à la perte de son identité. Cette idée centrale illustre l’une des grandes thématiques du film : la dénonciation d’une société de consommation dévorante, qui transforme les individus en esclaves du travail et de l’argent, et efface peu à peu les traditions spirituelles japonaises. 

Visuellement, Le Voyage de Chihiro est un sommet absolu. La beauté des dessins, la richesse des décors, la fluidité de l’animation et le soin apporté au moindre détail témoignent du perfectionnisme de Miyazaki. Chaque plan semble habité, vivant, presque palpable. La musique de Joe Hisaishi, d’une douceur mélancolique inoubliable, accompagne les images avec une justesse émotionnelle rare, renforçant l’introspection et la poésie du récit. 

Sous ses apparences de film d’animation simplement joli, Le Voyage de Chihiro s’impose comme une œuvre majeure, profondément humaine et politique. Un chef-d’œuvre universel, à la fois conte initiatique, fable sociale et déclaration d’amour aux traditions oubliées, qui confirme Hayao Miyazaki comme l’un des plus grands conteurs du cinéma. 

 NOTE : 15.20

FICHE TECHNIQUE


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