Pages

Affichage des articles dont le libellé est FILMS 1982. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est FILMS 1982. Afficher tous les articles

jeudi 2 juillet 2026

14.90 - MON AVI SUR LE FILM L'AS DES AS DE GERARD OURY (1982)


  Vu le Film L'As des As de Gérard Oury (1982) avec Jean Paul Belmondo Marie France Pisier Rachid Ferrache Gunter Meisner Frank Hoffman Jean Roger Milo Florent Pagny Stephane Ferrara Yves Pigno


Jo Cavalier, qui fut pendant la Grande Guerre l'un des pilotes les plus héroïques de la toute nouvelle aviation, est devenu l'entraîneur de l'équipe française de boxe. Le 1er août 1936, il conduit celle-ci aux Jeux olympiques de Berlin. Dans le train, un garçon de 10 ans, Simon Rosenblum, reconnaît Jo et lui demande un autographe.

Jo Cavalier, ancien héros de l'aviation française durant la Première Guerre mondiale, est devenu entraîneur de l'équipe de France de boxe. Le 1er août 1936, il accompagne ses athlètes aux Jeux olympiques de Berlin. Durant le voyage, un petit garçon juif de dix ans, Simon Rosenblum, le reconnaît et lui demande un autographe. Un geste anodin qui va bouleverser son séjour allemand et transformer cette compétition sportive en une aventure aussi rocambolesque qu'héroïque.

L'As des As est l'un des grands classiques de la comédie française, porté par le maître du genre, Gérard Oury. Une fois de plus, il démontre son incroyable talent pour s'emparer d'un sujet sensible sans jamais perdre le sens du divertissement. Faire rire avec le nazisme sans jamais minimiser sa monstruosité relevait d'un numéro d'équilibriste. Oury y parvient avec une aisance déconcertante.

Comme souvent chez lui, tout est vrai... mais tout a été inventé. C'est sans doute sa plus grande force : mélanger l'Histoire et la fiction jusqu'à donner l'impression que cette folle aventure aurait très bien pu exister. Les gags s'enchaînent à un rythme effréné, avec cette précision d'horloger qui caractérise ses meilleures comédies. Évidemment, certains dialogues ou certaines situations portent la marque de leur époque. Il faut les regarder avec le regard de 1982, sans chercher à les juger avec les critères d'aujourd'hui.

Jean-Paul Belmondo est ici dans son élément. Grand sportif dans la vie, amoureux de la boxe et des cascades, il semble s'amuser comme un enfant. On sent qu'il prend un plaisir immense à courir, sauter, grimper, boxer, improviser des acrobaties dont il avait le secret. Avec son tee-shirt moulant et ses gros muscles, Bébel impose une présence physique irrésistible. Il ne joue pas les héros : il est le héros.

À ses côtés, Rachid Ferrache est la véritable révélation du film. Sa bonne petite gueule fait immédiatement mouche. Son duo avec Belmondo fonctionne à merveille. Jamais il ne cherche à voler la vedette à la star, mais il est toujours à sa hauteur. Leur complicité donne au film une émotion sincère, renforcée par ce fameux ourson qui ferait fondre les plus endurcis.

Marie-France Pisier apporte toute sa malice dans un rôle espiègle et taquin, tandis que la galerie de personnages secondaires participe pleinement à cette grande farce. Mention spéciale à cet Hitler totalement décalé, entouré de sa sœur, dans des situations volontairement absurdes qui participent à cette satire irrésistible.

Le film est censé se dérouler pendant les Jeux olympiques de Berlin de 1936, mais Oury transforme ce décor historique en immense terrain de jeu. Des cascades spectaculaires, des situations ubuesques, des répliques qui claquent : tout est réuni pour offrir un spectacle populaire au sens le plus noble du terme.

Et puis, dans un coin, entre les cordes... ne chante pas Monsieur Florent Pagny. Le futur interprète de Savoir aimer apparaît ici, presque incognito, un clin d'œil toujours amusant lorsqu'on revoit le film aujourd'hui.

On rit énormément, mais derrière les éclats de rire, Gérard Oury rappelle aussi que le courage n'a pas besoin d'un uniforme. Il peut prendre les traits d'un ancien pilote, d'un boxeur, d'un enfant ou même d'un simple homme qui refuse de détourner les yeux.

Quarante ans plus tard, L'As des As conserve intact son pouvoir de divertir. Une comédie d'aventure généreuse, populaire et spectaculaire, où l'on retrouve tout ce qui faisait le cinéma d'Oury : le rythme, le panache, les cascades, les dialogues qui font mouche et ce savant mélange entre grande Histoire et fantaisie. Un classique qui n'a rien perdu de son énergie... et dont on ressort avec le sourire.

NOTE : 14.90

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

mardi 5 mai 2026

15.80 - MON AVIS SUR LE FILM MILLE MILLIARDS DE DOLLARS DE HENRI VERNEUIL (1982)


 Vu le film  #MilleMilliardsdeDollars de Henri Verneuil (1982) avec Patrick Dewaere Any Duperey Fernand Ledoux Robert Party Mel Ferrer Caroline Cellier Charles Denner Camille Clavel Jeanne Moreau Jacques François Michel Auclair Jean Laurent Cochet Rachid Ferrache André Falcon Edith Scob Jean Pierre Kalfon Marc Eyraud  

 Grand reporter au journal La Tribune, Paul Kerjean reçoit un appel téléphonique d'un informateur anonyme, qui lui donne rendez-vous dans un parking désert. Son interlocuteur l'informe que l'industriel et politicien Jacques Benoît-Lambert aurait reçu des pots-de-vin pour céder l'entreprise « Electronique de France », à la tête de laquelle il vient d'être nommé, à la multinationale américaine GTI. Après avoir eu confirmation des accusations en approfondissant son enquête, en interrogeant l'épouse trompée de JBL et le détective privé engagé par cette dernière pour suivre ce dernier et sa maîtresse, Laura Weber, Kerjean fait publier son article qui connaît un énorme retentissement et provoque un scandale. 

Mille Milliards de Dollars de Henri Verneuil, c’est le genre de polar politique qui ne cherche pas à faire joli : il cogne, il dérange, et surtout, il reste en tête. Un grand film, un vrai, avec cette patte Verneuil immédiatement reconnaissable, presque signature à chaque scène, comme dans I… Comme Icare. On est en terrain connu, mais jamais en terrain confortable. 

L’histoire suit Paul Kerjean, journaliste à La Tribune, qu’on envoie enquêter sur un suicide un peu trop propre pour être honnête. Très vite, ça sent le roussi, et pas qu’un peu : derrière, il y a une multinationale américaine, tentaculaire, froide, méthodique. Et Kerjean, lui, ancien journaliste de province, va faire ce que les autres ne font plus : creuser. Quitte à se mettre tout le monde à dos. Ses patrons, frileux comme jamais — plus encore que les enquêteurs des Hommes du Président auxquels on pense forcément — préféreraient qu’il regarde ailleurs. Mauvais client. 

 

On retrouve là le thème cher à Verneuil : un homme seul contre un système. Et pas un système abstrait, non, un système incarné, organisé, huilé. Comme dans Icare ou Le Serpent, il y a cette scène “en marge” qui dit tout : ici, ce fameux week-end de séminaire d’une filiale française d’une multinationale américaine. Moment presque suspendu, glaçant, qui éclaire les comportements, les compromissions, les renoncements. Du grand Verneuil. 

 

Et au centre, il y a Patrick Dewaere. Parfait, comme d’habitude, mais ici différent. Moins tête brûlée, moins écorché vif à fleur de peau. Il est droit comme un I, ancré dans ses convictions, presque rigide moralement. Et ça le rend encore plus fort. On le sent fatigué du monde, mais incapable de lâcher. Clairement un de ses meilleurs rôles. 

 

Autour de lui, que du solide. Jean-Pierre Kalfon, Michel Auclair, Charles Denner ou André Falcon , Jeanne Moreau et le fidèle Robert Party — tous impeccables. Pas un de trop, pas un qui cabotine. Chacun apporte sa pièce à l’édifice. Et puis cette petite touche “Verneuil” : une vedette américaine, Mel Ferrer, comme dans Icare. Classe, froide, presque clinique. Sans oublier le très furtif Rachid Ferrache, clin d’œil discret mais marquant. 

 

Verneuil film chirurgicale. Il ne fait pas dans l’esbroufe. Il cadre, il pose, il laisse les scènes respirer, puis il serre la vis. Pas d’effets inutiles, mais une tension constante. On sent le piège se refermer lentement. Le montage est précis, jamais démonstratif, toujours efficace. 

 

Dense, documenté, engagé sans être lourd. Ça parle de pouvoir, d’argent, de manipulation, de presse muselée — et ça reste d’une actualité presque insolente. Chaque dialogue sonne juste, chaque révélation fait mouche. 

 

Et puis la musique de Philippe Sarde. Parfaite. Elle ne souligne pas, elle accompagne. Elle glisse dans les scènes, elle installe une atmosphère, elle renforce sans écraser. Exactement ce qu’il faut. 

Je me souviens encore de la première fois où je l’ai vu, au Grand Rex. Claque immédiate. Ce genre de film qui te prend sans te lâcher et qui te laisse avec un goût un peu amer, mais nécessaire. 

Un grand polar, un vrai. Engagé, tendu, incarné. Du Verneuil pur jus. Et franchement, ça fait du bien.


NOTE ; 15.80


FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION