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mardi 28 janvier 2025

6.30 - MON AVIS SUR L.E FILM SONIC 3 DE JEFF FOWLER (2024)


 Vu le film Sonic 3 de Jeff Fowler (2024) avec Jim Carrey James Mardsen Tika Sumpter Lee Majdoub Tom Butler et les voix de Keanu Reeves Ben Schwartz Colleen O'Shaughnessey Idris Elba

En 1974, une météorite qui contient Shadow a atterri dans l'Oklahoma et a été saisie par les Gardiens Unis de la Nation (G.U.N.). Le pouvoir du hérisson noir a été utilisé pour diverses expériences dans un laboratoire du G.U.N. dirigées par Gérald Robotnik. Pendant cette période, Shadow développe une amitié étroite avec Maria, la petite-fille de Gérald. Une nuit, alors que les trois tentent de s'échapper de l'établissement pour empêcher Shadow d'être emmené, le G.U.N. provoque accidentellement une explosion qui tue Maria, ce qui pousse Shadow et Gérald à vouloir se venger de l'humanité. Le scientifique a été emprisonné et le hérisson noir a été placé en cryostase.


Sonic 3 continue de surfer sur le succès des adaptations de jeux vidéo pour enfants, mais il illustre aussi les limites de cet exercice lorsqu’on ne fait pas partie de l’audience cible. Le film, visiblement conçu pour les jeunes spectateurs, baigne dans un univers coloré, bleu et jaune, qui rappelle la palette criarde des Minions. Si ces couleurs vives et ce rythme effréné captivent les plus jeunes, elles risquent de laisser les spectateurs adultes sur le bord de la route, à moins d’être un fan inconditionnel de l’univers du hérisson supersonique.


Les séquences mettant en scène Sonic, Tails et Knuckles sont sans conteste les points forts du film. L’animation, fluide et dynamique, donne vie à leurs interactions et capture l’essence des jeux vidéo originaux. Tails incarne toujours le fidèle acolyte, tandis que Knuckles apporte une touche de brute au grand cœur qui fonctionne bien à l’écran. Les enfants s’amuseront des gags et des situations cocasses, mais pour les adultes, la répétitivité de ces scènes peut vite devenir lassante.


Jim Carrey reprend son rôle du Dr Robotnik avec son énergie caractéristique, mais l’effet de surprise s’estompe. Dans le premier film, son jeu hyper-expressif et ses grimaces rappelaient ses meilleures performances comiques (The Mask, The Grinch). Ici, il semble bridé, ou peut-être simplement lassé. Si certaines de ses scènes offrent encore des moments amusants, elles manquent de l’étincelle et de la folie qui faisaient de Robotnik un antagoniste mémorable. Carrey donne toujours de sa personne, mais son impact diminue au fil des épisodes.


Sonic 3 semble conçu avant tout pour les fans de la franchise, en particulier les plus jeunes. Les références aux jeux vidéo, les blagues simplistes et les courses-poursuites trépidantes fonctionnent bien dans cet univers, mais risquent de perdre un public moins familier ou moins intéressé. Contrairement à certaines franchises animées qui réussissent à séduire petits et grands (Toy Story, Shrek), Sonic 3 reste solidement ancré dans son univers enfantin, sans véritable passerelle pour les adultes.

un univers pour les jeunes, mais peu pour les autres
Sonic 3 est un divertissement efficace pour son public cible, mais il montre ses limites pour un spectateur adulte non initié. Les séquences animées sont bien réalisées, et les personnages principaux restent attachants, mais l’univers en bleu et jaune peut vite devenir répétitif. Quant à Jim Carrey, il semble atteint par la fatigue des suites, et son Robotnik perd un peu de sa superbe. Un film à réserver aux enfants et aux fans nostalgiques, les autres risquent de se sentir hors-jeu.

NOTE : 6.30

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16.40 - MON AVIS SUR LE FILM BUTCH CASSIDY ET LE KID DE GEORGE ROY HILL (1968)


 Vu   le film Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill (1968) avec Paul Newman Robert Redford Katherine Ross Strother Martin Henry Jones George Fürth Jeff Corey  Cloris Leachman Ted Cassidy

Butch Cassidy et son acolyte, Sundance Kid, sont des pilleurs de banques et de trains. Lasse de voir ses convois dévalisés, l'Union Pacific finit par engager l'agence de détectives Pinkerton pour mettre fin à leurs agissements. Au terme d'une traque de plusieurs jours, les deux compères parviennent à semer leurs poursuivants et décident de se faire oublier en se réfugiant en Bolivie.

Butch Cassidy et le Kid est un des grands classiques du cinéma américain, une œuvre qui transcende le genre du western en y injectant une énergie moderne, un humour complice et une dose de mélancolie. Sous la direction de George Roy Hill, ce film devient bien plus qu’une simple aventure de hors-la-loi : c’est un voyage dans l’Ouest américain, à la fois spectaculaire et intime, porté par l’alchimie irrésistible de ses deux stars.

Paul Newman et Robert Redford incarnent Butch Cassidy et Sundance Kid, deux bandits légendaires mais profondément humains. Newman, dans le rôle de Butch, rayonne de charisme et de malice, tandis que Redford, plus taciturne en Sundance, joue sur une intensité silencieuse. Ensemble, ils forment un duo mémorable, oscillant entre camaraderie insouciante et loyauté indéfectible. Leur relation, pleine de piques et de rires, est le cœur du film et ce qui le distingue de tant d’autres westerns. Ils sont des bandits au grand cœur, certes, mais aussi des assassins sans remords, ce qui donne une profondeur troublante à leurs aventures.

La présence de Katharine Ross, dans le rôle d’Etta Place, ajoute une dimension supplémentaire au trio. Elle est bien plus qu’un simple intérêt amoureux : elle incarne la grâce et la modernité, un personnage qui ne cherche pas à s’interposer entre les deux hommes mais qui les complète. La scène où elle fait du vélo avec Butch sur la célèbre chanson Raindrops Keep Fallin' on My Head est un moment de poésie qui reste gravé dans la mémoire.

Le film est également une réussite visuelle. George Roy Hill et le directeur de la photographie Conrad Hall exploitent à merveille les paysages grandioses de l’Ouest américain, en les filmant avec un mélange de réalisme et de romantisme. Les grandes plaines, les montagnes et les déserts deviennent des personnages à part entière, témoins de la liberté et de l’errance de ces deux bandits. Les cascades et les fusillades, bien que spectaculaires, ne prennent jamais le pas sur le développement des personnages, mais renforcent leur héroïsme désespéré.

Le scénario de William Goldman est d’une efficacité redoutable, alternant habilement entre humour, action et moments de contemplation. La montée inexorable de la tension, alors que Butch et Sundance sont traqués par une mystérieuse équipe d’élite, donne au film une atmosphère de western crépusculaire. On rit beaucoup, mais on ressent aussi une tristesse sous-jacente, une nostalgie pour un monde en train de disparaître.

Enfin, la musique de Burt Bacharach, avec ses mélodies légères et envoûtantes, apporte une touche unique au film. La chanson Raindrops Keep Fallin' on My Head est devenue un classique indissociable de l’œuvre, un contrepoint moderne qui reflète le caractère novateur du film (reprise par Sacha Distel en France)

Butch Cassidy et le Kid est une œuvre intemporelle, un western revisité qui mêle légèreté et gravité, camaraderie et tragédie. Avec ses acteurs charismatiques, son écriture solide, ses décors somptueux et sa bande-son inoubliable, il offre une aventure palpitante et émouvante. George Roy Hill réussit à capturer à la fois l’esprit de l’Ouest américain et celui d’une époque où l’on rêvait encore de liberté et d’amitié absolue. Un classique qui, des décennies après sa sortie, continue de nous enchanter.

Le film a remporté 4 Oscars (photo, musique, chansons et scénario original)

NOTE : 16.40

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9.50 - MON AVIS SUR LE FILM ATTENTION BANDITS DE CLAUDE LELOUCH (1987)


 Vu  le film Attention Bandits de Claude Lelouch (1987) avec Jean Yanne Marie Sophie L. Patrick Bruel Charles Gérard Corinne Marchand Hélène Surgère Jean Michel Dupuis Jean Claude Bourbault

Mozart et trois autres jeunes bandits ont réussi un casse chez Cartier à Paris. Il contacte Verini, afin qu'il écoule les bijoux. Ce dernier accepte, mais, alors qu'il allait partir pour Amsterdam, il reçoit un coup de fil d'un mystérieux personnage qui lui dit détenir sa femme en otage et lui propose de la libérer en échange de la valise des bijoux. Le gangster tue la femme de Verini pendant l'échange.

Claude Lelouch est un cinéaste singulier, reconnaissable entre mille grâce à ses obsessions esthétiques et narratives : l’usage immodéré des ellipses, ses dialogues en apparence improvisés, son amour des hasards de la vie et des croisements improbables entre les destins. Mais ces traits, qui font son charme dans ses œuvres les plus réussies, deviennent ici des limites dans Attention bandits, une comédie policière qui manque cruellement de souffle.

Le film s’ouvre pourtant sur une promesse intrigante : un vol de bijoux, une affaire de famille qui tourne mal, et des personnages plongés dans des situations rocambolesques. Mais très vite, le scénario s’effiloche. Chez Lelouch, le mot « scénario » est souvent un prétexte, une trame minimaliste permettant de broder autour des sentiments et des interactions humaines. Malheureusement, dans ce film, l’intrigue est si ténue qu’elle peine à maintenir l’attention du spectateur. Le mélange des genres – entre comédie, drame et polar – reste déséquilibré, donnant l’impression d’une œuvre hésitante, qui ne sait pas toujours où elle veut aller.

Les ellipses, marque de fabrique du cinéaste, sont ici omniprésentes, au point de fragmenter le récit de manière excessive. Si elles peuvent créer une poésie dans ses meilleurs films (Un homme et une femme, Les Uns et les Autres), elles sabotent ici la fluidité de l’histoire. On saute d’une scène à l’autre sans toujours comprendre les motivations des personnages ni l’enchaînement des événements. Cette approche, qui fonctionne avec des acteurs familiers du style Lelouch, déstabilise ceux qui n’y sont pas habitués.

Jean Yanne, pourtant excellent dans de nombreux films, semble ici mal à l’aise. Son jeu, plus sobre et ironique, ne colle pas toujours à l’énergie erratique et aux dialogues parfois flottants de Lelouch. Patrick Bruel, encore en début de carrière, offre une prestation inégale : il tente de s’approprier l’univers du cinéaste, mais son manque d’expérience se fait sentir, notamment dans des scènes qui demandent une spontanéité et une intensité qu’il ne parvient pas toujours à atteindre. Quant à Marie-Sophie L., elle apporte une certaine légèreté à l’ensemble, mais son rôle reste trop limité pour véritablement marquer.

Lelouch fait appel à ses habitués derrière la caméra, avec son complice Francis Lai à la musique. Si la bande-son est agréable, elle ne parvient pas à insuffler l’émotion que l’on attend. La mise en scène, quant à elle, oscille entre quelques trouvailles visuelles intéressantes et des séquences qui semblent bâclées. On retrouve les plans en caméra portée chers au réalisateur, mais sans la fluidité ou la grâce habituelles.

Attention bandits n’est pas le meilleur cru de Claude Lelouch. Malgré quelques moments de légèreté et d’humour, le film souffre d’un scénario faiblard, d’un déséquilibre dans le jeu des acteurs et d’une narration trop chaotique. Si les fans inconditionnels du cinéaste pourront y trouver quelques plaisirs, notamment grâce à son style reconnaissable, le spectateur plus exigeant ou non initié risque de rester sur sa faim. Ce polar-comédie, qui manque de tension autant que de cohérence, se perd dans les travers d’un réalisateur trop sûr de ses codes, sans en exploiter pleinement la magie. Un Lelouch mineur, loin de ses grands moments de cinéma.

NOTE : 9.50

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Jean Yanne : L'expert (Simon Verini)
Marie-Sophie L. : La princesse (Marie-Sophie)
Patrick Bruel : Mozart
Charles Gérard : Tonton
Corinne Marchand : La sainte femme (Nanouchka)
Hélène Surgère : la directrice de l’institution
Edwige Navarro : Marie-Sophie, adolescente
Françoise Bette
Jean-Claude Bourbault
Christine Barbelivien : Françoise Verini
Jean-Michel Dupuis
Olivier Cruveiller
Xavier Maly
Anouchka
Gunilla Karlzen
Eugène Berthier
Raoul Billerey
Michel Amphoux
Mireille Audibert
Hervé Briaux
Eric Denize
Bernard Freyd
Jean-Claude Frissung
Jean-Jacques Lagarde
Jean-Claude Leguay
Martine Lelouch
Alain Ollivier
Dimitri Radochevitch
Bernard Spiegel
Catherine Wilkening
Florence Moncorgé-Gabin


13.20 - MON AVIS SUR LE FILM LE COLONEL CHABERT (1994)

 


Vu le film Le Colonel Chabert de Yves Angelo (1994) avec Gérard Depardieu Fabrice Luchini Fanny Ardant André Dussolier Daniel Prevost Olivier Saladin Maxime Leroux Eric Elmosino

Paris, février 1817, trois ans après la chute de l'Empire, l'avoué Derville reçoit la visite d'un vieillard misérablement vêtu. Il assure être le colonel Chabert, laissé pour mort à la bataille d'Eylau en 1807. Il avait alors contribué à la victoire en conduisant une charge de cavalerie devenue célèbre. Le vieil homme raconte comment, se réveillant dans un fossé entre des cadavres, il a survécu à ses blessures. Il revient dix ans après et souhaite réclamer son titre, faire valoir ses droits et revivre avec sa femme. Celle-ci, durant son absence, s'est mariée avec le comte Ferraud. Le comte cherche à acquérir le titre de pair de France, ce qui lui permettrait de lancer sa carrière politique à la Chambre des pairs. Mais son mariage avec une veuve d'Empire crée des difficultés apparemment insurmontables ; il lui vaudrait bien mieux se remarier avec la fille d'une noblesse émigrée.

L’adaptation du roman d’Honoré de Balzac par Yves Angelo, Le Colonel Chabert, est un film qui divise dans l’analyse. Si l’on reconnaît immédiatement la virtuosité de son réalisateur en tant que directeur de la photographie, le travail de mise en image semble parfois prendre le pas sur l’essence dramatique et narrative de l’œuvre.

Visuellement, le film est une réussite incontestable. Angelo capte les paysages hivernaux et les intérieurs feutrés des salons de la Restauration avec une lumière qui évoque les peintures classiques. Chaque plan est soigneusement composé, baigné dans une lumière naturelle et des ombres travaillées qui rappellent Rembrandt ou Vermeer. Ces images, accompagnées par une bande-son enchanteresse de morceaux classiques, confèrent au film une élégance indéniable. Cependant, ce raffinement esthétique peut paraître écrasant, voire envahissant, pour un récit qui, lui, exige une austérité plus brute. Le contraste entre la somptuosité visuelle et la tragédie poignante de Chabert finit par desservir l’intensité émotionnelle du propos.

Là où le bât blesse vraiment, c’est dans la structure narrative. Le film, tiré d’une courte nouvelle, s’étire sur plus de deux heures, et cette longueur dilue l’impact de l’histoire. Balzac avait donné à Le Colonel Chabert une sobriété efficace, concentrée autour du drame psychologique et social du retour d’un homme que l’on croyait mort. Angelo, en revanche, cherche à étoffer cette intrigue minimaliste par des scènes et des dialogues additionnels, souvent verbeux, qui alourdissent le rythme. Passée la première heure, le spectateur peut ressentir une lassitude, tant le récit semble stagner.

Du côté des interprètes, Gérard Depardieu incarne un Chabert imposant et bouleversant. Son jeu, tout en retenue et en intensité, traduit à merveille l’humiliation et la détermination d’un homme en quête de justice. Il porte sur ses épaules l’essentiel du drame, insufflant à son personnage une humanité poignante. À l’opposé, Fabrice Luchini dans le rôle de l’avocat Derville offre une performance plus problématique. Luchini, fidèle à son style, adopte une diction et une gestuelle qui frôlent parfois la caricature. Sa prestation, trop théâtrale, détonne avec le naturalisme recherché par Angelo. André Dussollier, en comte Ferraud, tombe également dans ce travers. Son jeu, bien que techniquement impeccable, manque de subtilité et nuit à la crédibilité de son personnage.

Quant à Fanny Ardant, qui incarne la comtesse Ferraud, elle apporte une certaine froideur calculée à son rôle, mais son personnage reste étrangement distant. Sa dynamique avec Chabert aurait pu être un point fort du film, mais elle demeure sous-exploitée, réduite à des confrontations glaciales sans réelle profondeur.

Le Colonel Chabert est une œuvre paradoxale. Si Yves Angelo prouve ici son immense talent pour magnifier l’image et la musique, il échoue à capturer pleinement la force dramatique et sociale du texte de Balzac. Ce film, aussi beau soit-il à regarder, pèche par sa longueur et son manque d’unité dans l’interprétation. C’est une adaptation ambitieuse mais inégale, qui laisse un sentiment mitigé : une esthétique sublime, mais une émotion qui ne parvient pas toujours à toucher le spectateur.

NOTE : 13.20

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lundi 27 janvier 2025

12.00 - MON AVIS SUR HORS DU TEMPS DE VINCENT MACAIGNE (2024)


 Vu le film Hors du Temps de Olivier Assayas (2024) avec Vincent Macaigne Micha Lescot Nine d’Urso Nora Hamzawi Maud Tyler Dominique Reymond Magdalena Lafont Thomas Bodson  Charline Bourgeois-Tacquet Olivier Assayas (le narrateur)

Étienne et Paul, alter-egos d'Olivier Assayas et de son frère Michka, vivent le confinement sanitaire d'avril 2020 dans leurs maison familiale proche de Paris avec leurs compagnes Carole et Morgane.

Les deux frères vont profiter de ce moment « hors du temps » pour se reconnecter à la nature, verdoyante et ouverte, et à leurs souvenirs d'enfance.

Avec Hors du Temps, Olivier Assayas s’empare d’un sujet à la fois intime et universel : l’isolement forcé. Comme une métaphore de ce moment suspendu que fut le confinement de 2020, le film place ses personnages dans une maison familiale où tout semble figé. Entre discussions philosophiques, tensions domestiques et petits éclats de rire, Assayas explore les fragilités humaines avec une subtilité qui lui est propre.


Le film s’articule autour de deux frères, Paul et Étienne, incarnant des pôles opposés. Paul, maniaque des gestes barrières, incarne une obsession du contrôle qui frôle le comique absurde. À l’inverse, Étienne, bien plus détaché, symbolise une approche presque hédoniste du confinement, refusant les contraintes que Paul impose autour de lui, jusqu’à interdire qu’on marche sur le sol fraîchement nettoyé. Cette opposition, à la fois drôle et tragique, reflète les tensions vécues dans de nombreux foyers durant cette période.


Paul et Étienne ne sont pas que des personnages ; ils forment une projection du réalisateur et de son frère. Assayas semble utiliser cette dualité pour explorer ses propres contradictions : l’artiste perfectionniste contre le rêveur désinvolte. Ce dialogue intérieur trouve une résonance particulière dans l’écriture des dialogues, souvent nourrie de réflexions philosophiques. Parfois un peu "intello", certes, mais jamais dénuée d’émotion.


Si le film séduit, c’est aussi grâce à ses interprètes. Micha Lescot, avec son élégance un peu éthéré à la Chereau  incarne à merveille l’artiste cérébral en quête de sens. Mais la Vincent Macaigne, "nounours au féminin" Avec son naturel désarmant et son humour pince-sans-rire, il apporte au film une légèreté salvatrice, mêlant rire et mélancolie avec une aisance remarquable. Sa capacité à rendre touchants les moments les plus banals, voire absurdes, confère au film un charme unique.


Assayas réussit à capturer l’essence du confinement : une coexistence forcée où la banalité du quotidien se mêle à des questionnements existentiels. Si certaines discussions philosophiques peuvent sembler un peu appuyées, elles sont souvent équilibrées par des scènes plus légères ou poétiques, créant un équilibre subtil entre réflexion et émotion.


Hors du Temps porte bien son titre. Comme le confinement qu’il évoque, il est à la fois familier et irréel, trivial et profond. Grâce à une mise en scène sobre et un casting d’exception, Olivier Assayas signe une œuvre douce-amère qui touche juste, même si elle peut parfois sembler un peu en retrait dans son rythme. C’est un film qui ne plaira peut-être pas à tous, mais qui offre une belle tranche de rigolade et de réflexion à ceux qui sauront s’y plonger.

NOTE : 12.00

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10.30 - MON AVIS SUR LE FILM LES FEMMES SONT MARRANTES DE ANDRE HUNEBELLE (1958)


 Vu le film Les Femmes sont marrantes de André Hunebelle (1958) avec Micheline Presle Yves Robert Sophie Daumier Jacques Dynam Jacques Marin Marthe Mercadier Pierre Dudan Louis Bugette Luce Fabiole René Clermont

Marivaudage sentimental entre Nicole, son mari Christian, son ami Alexandre et une petite provinciale, Marie-Josèphe, qui épousera Alexandre après avoir excité la jalousie de Nicole.

d'après la pièce de Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy Ami-ami

Habituellement maître des films d'aventure et de cape et d'épée (Le Capitan, Les Trois Mousquetaires), André Hunebelle semble ici mal à l'aise avec les codes du vaudeville. Adaptée d'une pièce de Barillet et Grédy, la structure du film s'appuie sur des quiproquos et des situations classiques d'infidélité, mais Hunebelle, connu pour ses mises en scène dynamiques et flamboyantes, paraît bridé par ce genre plus intime et codifié.

Malgré un thème universel — la possessivité au sein du couple — et un matériau de base prometteur, l'intrigue s'enlise dans des clichés du théâtre de boulevard. Les personnages s'empêtrent dans une série de malentendus qui, bien qu'amusants à première vue, finissent par manquer de souffle. La légèreté nécessaire au genre est souvent alourdie par une mise en scène trop rigide, presque impersonnelle.

Le charme indéniable de Micheline Presle apporte une certaine élégance à l'ensemble, mais son personnage n'est pas suffisamment développé pour transcender le script. Autour d'elle, les interprètes peinent à insuffler de la profondeur à des rôles archétypaux : cocus maladroits, maîtresses glamour, et amants opportunistes. On sent que le potentiel comique du casting reste largement inexploité.

L'image culinaire qui traverse le film — le choix entre un plat simple (Poulet) et un mets plus sophistiqué (Homard) — illustre de manière un peu trop littérale la tension entre stabilité et désir d’aventure dans le couple. Si l'idée est intéressante, elle se dilue dans des dialogues parfois trop convenus, privant l'histoire de l'impact qu'elle aurait pu avoir.

Malgré quelques éclairs de charme et d'humour, Les Femmes sont marrantes souffre d'une réalisation sans audace et d'une écriture qui s'appuie trop sur des ressorts déjà vus. Hunebelle, en s'aventurant loin de son domaine de prédilection, ne parvient pas à réinventer ce classique du boulevard. Un film anecdotique dans sa filmographie, qui peine à marquer durablement les esprits.

NOTE ; 10.30

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