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lundi 6 avril 2026

_8.20 - MON AVIS SUR LE FILM PAPARAZZI DE ALAIN BERBERIAN (1998)


 Vu le Film Paparazzi de Alain Berberian (1998) avec Vincent Lindon Patrick Timsit Catherine Frot Isabell Adjani Isabelle Gelinas Didier Benureau Johnny Hallyday Nathalie Baye Patrick Bruel Arthur 

Franck est gardien dans un parking mais ce soir-là, il quitte son poste de travail pour assister à un match de football. 

Sur place, Michel, un paparazzi, est venu prendre en photo un couple de célébrités présent dans les tribunes. Sur le meilleur cliché, choisi pour la une d'un magazine people, Franck figure au premier plan. Bien entendu, son patron le reconnaît et le licencie pour avoir quitté son poste de travail sans autorisation. 

Franck n'a plus alors qu'une seule idée en tête : retrouver ce mystérieux « D.R. », qui a signé la photo et à cause de qui il a perdu son travail. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de Michel et qu'il va découvrir la dure vie de paparazzi[2]. 

Il y a des films qui vieillissent mal, et Paparazzi de Alain Berberian en est presque un cas d’école. Non pas que le cru était exceptionnel en 1998, mais aujourd’hui il sent franchement le bouchon… et pas qu’un peu. 

L’histoire, la vraie : Franck Bordoni (Patrick Timsit), type banal, un peu boulet magnifique, se retrouve propulsé malgré lui à la une d’un magazine people après avoir été photographié par erreur. Le cliché est signé Michel Verdier (Vincent Lindon), paparazzi sûr de lui, installé, presque cynique dans sa manière de faire son métier. Et là, tout part de travers. Bordoni, qui n’a rien demandé, devient une sorte de parasite médiatique, une anomalie qui dérange la mécanique bien huilée de Verdier et du système. 

Le film aurait pu être une vraie satire : un regard acide sur la fabrication de l’image, sur ces paparazzis qui créent des “histoires” à partir de rien, et sur la violence absurde qu’ils infligent à des anonymes comme à des stars. Mais non. Le scénario préfère s’éparpiller, multiplier les situations sans jamais creuser son idée de départ. Ça part dans tous les sens, et surtout ça ne choisit jamais son ton. 

Sur le fond, certaines vannes ne sont pas seulement vieillottes, elles sont carrément déplacées. Et même en se replaçant à l’époque, ça sent déjà le truc limite. Le film veut dénoncer tout en jouant avec les mêmes codes, sans recul. Résultat : ça flotte, ça hésite, et ça finit par tourner à vide. 

Côté acteurs, c’est là que ça devient presque un cas d’étude. Patrick Timsit est en roue libre totale, en mode stand-up permanent. Il impose son énergie, ses tics, ses ruptures, mais le personnage disparaît derrière la performance. Bordoni devient un sketch ambulant. Et en face, Vincent Lindon, en paparazzi, essaie d’ancrer quelque chose de plus solide, de plus crédible, presque de plus sombre. Mais il se retrouve à jouer tout seul dans un film qui n’est pas sur la même longueur d’onde. 

Ce décalage est fatal : d’un côté une farce, de l’autre une tentative de réalisme. Et entre les deux, un film qui ne sait jamais où il habite. 

Alain Berberian n’aide en rien à la  réalisation , Elle donne l’impression de ne jamais diriger, de laisser chacun faire son numéro. Pas de rythme, pas de progression, pas de vraie tension. Juste une succession de scènes qui s’enchaînent sans construire quoi que ce soit de durable. 

Et puis il y a les caméos, ces fameuses apparitions de célébrités, qui devaient donner du sel. Aujourd’hui, elles tombent souvent à plat, donnant parfois l’impression que même les invités ne savent pas trop ce qu’ils font là. 

Le temps passe, et le film perd encore plus de son aura. Ce qui pouvait sembler irrévérencieux devient daté, parfois gênant. Le sujet — l’enfer médiatique fabriqué par les paparazzis — était pourtant en or. Mais mal exploité, mal tenu, il finit dilué dans un chaos de ton et de jeu. 

Bancal, inégal, souvent embarrassant… comme une une de magazine ratée qu’on aurait préféré ne jamais imprimer. 

NOTE : 8.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Personnages réels du film



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