Vu le Film Les Enfants vont Bien de Nathan Ambrosioni (2025) avec Camille Cottin Monia Chokri Juliette Armanet Guillaume Gouix Manoa Varvat Nina Birman Feodor Atkine Frankie Wallach
Jeanne travaille dans une compagnie d'assurances et vit seule depuis sa séparation avec sa compagne. Un soir, sa sœur Suzanne arrive chez elle avec ses deux enfants, Gaspard et Margaux, puis disparaît le lendemain en laissant les enfants à la garde de Jeanne.
Jeanne doit alors s'occuper des enfants qu'elle ne connaît pas bien. Le film suit son quotidien avec eux et les différentes situations qu'elle rencontre pour gérer cette nouvelle responsabilité.
Il raconte également les tentatives de Jeanne pour contacter Suzanne et comprendre ce qui s'est passé, ainsi que l'adaptation progressive à cette situation familiale inattendue.
Le cinéma français va bien. Très bien, même. Et Les Enfants vont bien en est une preuve éclatante. Pourquoi faire compliqué quand un jeune réalisateur comme Nathan Ambrosioni est capable de proposer un film aussi beau, aussi tendre, aussi touchant ?
Ici, pas d’esbroufe. Pas de démonstration. Juste de l’humain.
L’histoire est simple en apparence. Suzanne, incarnée par Juliette Armanet, laisse ses deux enfants, Gaspard et Margaux, chez sa sœur Jeanne, puis disparaît. Comme ça. Sans prévenir. Sans explication. Et tout bascule.
Jeanne, c’est Camille Cottin. Et dès qu’elle entre en scène, on sait qu’on est entre de bonnes mains. Lumineuse, oui, mais surtout profondément juste. Elle ne surjoue rien. Elle accueille, elle encaisse, elle avance.
Commence alors un parcours fait de démarches, de questions, de silences aussi. La police, la justice… mais surtout les enfants. Parce que tout est là. Dans leur regard. Dans leur manière différente de vivre l’absence.
Gaspard et Margaux ne réagissent pas pareil. Et c’est là que le film devient encore plus beau. Il ne force rien. Il observe. Il accompagne. Il comprend.
Les deux jeunes acteurs, Manoa Varnat et Nina Birman, sont tout simplement formidables. Pas “mignons”. Pas “touchants” au sens facile. Vrais. D’une justesse désarmante.
Et au milieu de tout ça, Jeanne. Qui prend la situation avec disponibilité, patience, mais surtout une conviction tranquille. Elle ne remplace pas. Elle tient. Elle fait comme elle peut. Et c’est énorme.
Le scénario ne cherche jamais le spectaculaire. Il avance à hauteur d’émotions. Par petites touches. Par gestes. Par regards. Et ça suffit largement.
La mise en scène d’Ambrosioni suit cette ligne. Douce. Sans effets. Il filme ses personnages avec une tendresse évidente, mais sans jamais les enfermer dans une image trop belle pour être vraie. Il les laisse respirer.
Il y a aussi Monia Chokri, toujours aussi précise, qui vient enrichir cet équilibre fragile. Et elle s’inscrit parfaitement dans cet univers où chaque personnage compte, sans jamais voler la place des autres.
Ce qui frappe, c’est cette capacité à raconter beaucoup avec peu. Une disparition, oui. Mais surtout tout ce qui reste après. Ce qu’on reconstruit. Ce qu’on invente.
Ambrosioni confirme ici qu’il n’a pas besoin de crier pour exister. Il chuchote. Et on écoute.
Il filme ses personnages avec respect. Avec douceur. Avec une forme de pudeur rare. Et ça fait du bien.
Parce qu’au fond, le film ne cherche pas à expliquer Suzanne. Il regarde ceux qui restent. Ceux qui doivent continuer.
Et c’est peut-être là sa plus grande réussite.
Un film lumineux. Tendre. Profondément humain.
Et oui, vraiment : le cinéma français va bien.
NOTE : 16.00
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Nathan Ambrosioni
- Scénario : Nathan Ambrosioni
- Photographie : Victor Seguin
- Montage : Nathan Ambrosioni
- Production : Nicolas Dumont, Hugo Sélignac
- Sociétés de production : Chi-Fou-Mi Productions, France 2 Cinéma
- Distribution : StudioCanal
- Camille Cottin : Jeanne Manin
- Monia Chokri : Nicole, l'ex-compagne de Jeanne
- Juliette Armanet : Suzanne Manin, la sœur de Jeanne
- Manoâ Varvat : Gaspard, le fils de Suzanne
- Nina Birman : Margaux, la fille de Suzane
- Guillaume Gouix : Sébastien, le gendarme
- Féodor Atkine : le père de Jeanne et Suzanne
- Frankie Wallach : Leïla
- Myriem Akheddiou : la juge aux affaires familiales
- Tania Dessources : Madame Garcia
- Maxime Tshibangu : le collègue de travail de Jeanne
- Camille Lethuillier : Juliette, la camarade de classe de Gaspard

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