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mercredi 31 décembre 2014

LE CRIME DE L'ORIENT EXPRESS de SIDNEY LUMET

Le Crime de L'orient Express de Sidney Lumet d'après le roman d'Agatha Christie avec Albert Finney, Lauren Bacall, Sean Connery et un parterres de stars sur les  bords d'un quai.

J'ai toujours considéré ce film, comme le meilleur des films sur l'oeuvre d'Agatha Christie, et Albert Finney comme le plus juste dans mon imaginaire (ou le contraire) de l'idée que je me faisais d'Hercule Poirot. Même si je trouve que David Suchet dans la série se débrouille pas mail du tout.

Agatha Christie a toujours été en colère suite aux précédentes adaptations cinématographiques de ses oeuvres. Elle ne veut plus donc entendre parler de cinéma, considérant qu'elle en a "assez".

En 1974, Lord Mountbatten parvient cependant à convaincre la romancière d'accepter que son beau-fils John Brabourne produise une adaptation de son roman : Le Crime de l'orient Express. Sidney Lumet de charge de la réalisation et un casting prestigieux est réuni autour d'Albert Finney, interprète d'Hercule Poirot.

Albert Finney a 38 ans, lors du tournage du film, et pour tenir le rôle de Poirot, il doit subir chaque jour deux heures de maquillage complexe destiné à lui donner l'apparence d'un homme de plus de cinquante ans. Les scènes à l'intérieur du train sont tournés dans des décors reconstitués, les scènes paysagères montrant le train de l'extérieur du train sont tournées en France dans le Doubs, sur la ligne Pontarlier-Gilley aux abords de l'ancienne gare de Montbenoît, et la scène initiale de la montée dans le train à Istanbul est reconstitué dans un grand hôtel de Londres. Quelques plans brefs au début du film sont tournés à Istanbul depuis la rive asiatique du Bosphore.

Agatha Christie se rend à la première du film au cinéma ABC sur la Shaftesbury Avenue de Londres, en présence de la Reine Elizabeth II du Royaume-Uni. Elle s'estime comblée, en dehors d'un détail, elle ne trouve pas la moustache d'Hercule Poirot aussi superbe de ce qu'elle avait imaginé.

Le film obtient un succès sans précédent pour un film britannique. Il est nominé 6 fois au Oscars de 1975, mais seul Ingrid Bergman s'est vue décerner la précieuse statuette.

On note une petite différence entre l'oeuvre originale et son adaptation : dans le roman, la comtesse Andrenyi, trop émotive ne participe pas au meurtre de Ratchett. Le nombre d'assassins est donc bien de 12, comme dans le nombre de jurés des tribunaux anglo-saxons. Dans l'adaptation cinématographique, ce nombre passe à treize, mais frappant 12 coups seulement, la comtesse joint ses mains à celles de son mari pour porter un seul coup commun.

SYNOPSIS

Hiver 193, à Bagdad. Le célèbre détective belge Hercule Poirot en visite en Turquie doit rentrer prématurément en France et ce retour imprévu lui pose un problème car rentrer de Turquie en France nécessite au début du 20ème siècle, une réservation préalable quelques jours à l'avance pour une traversée de la Méditerranée par bateau, l'avion n'étant pas encore un moyen de transport international très courant.

A la recherche d'une solution, il se rend à l'Hôtel de luxe de la gare d'Istanbul, où il espère que la chance pourra lui donner un coup de pouce. Et en effet, rencontrant dans le grand salon de l'hôtel M.Blanchet, qui est le directeur de la luxueuse ligne de l'Orient-Express, il obtient par son intermédiaire, une place dans la voiture du prochain train en partance pour Calais. Lui-même, le directeur de la ligne sera du voyage.





Le train prend son départ et commence la traversée des premiers pays de l'est européen sur l'itinéraire. En chemin, lors de la traversée de la Yougoslavie, un homme d'affaires un certain Samuel Ratchett, estimant sa vie en danger demande de l'aide de Poirot pour le protéger, que ce dernier refuse. Mais au matin suivant, Ratchett est retrouvé à l'aube dans sa couchette poignardé de 12 coups de couteau à la poitrine. Durant la même nuit, une coulée de neige imprévue à immobilisé le train dans cette région très montagneuse. Le soleil s'est levé sur une campagne totalement déserte aux alentours, il n'est pas tombé de nouvelle neige depuis la veille au soir, et l'état immaculé du manteau de neige autour du train montre que personne ne s'est éloigné du convoi. Le coupable est donc probablement encore dans le train Par ailleurs, l'attente devra durer de très longues heures avant l'arrivée du train chasse-neige se service pour le déblaiement de la voie.

Le Directeur de la ligne, propose alors à son ami Poirot de tenter de résoudre ce meurtre tant que la train est immobilisé car lorsqu'il repartira après le déblayage de la coulée de neige, il lui faudra s'en remettre aux autorités yougoslaves et il serait préférable pour tout le monde que le coupable soit déjà démasquée afin d'éviter une rétention des voyageurs innocents par les yougoslaves. Commence alors une des plus passionnantes enquêtes de l'histoire du roman policier.

Pour comprendre correctement le contexte dans lequel commence l'histoire, un préambule s'impose : 5 ans plus tôt, aux Etats-Unis, l'unique fillette de trois ans d'un couple richissime avait été kidnappée par des ravisseurs puis retrouvée assassinée après la remise d'une rançon colossale de 200 000 dollars. Le meurtre odieux de cette enfant avait entraîné d'autres décès. La père de la fillette n'avait pas supporté la mort de son enfant et s'était suicidé d'une balle de révolver. La mère de la fillette enceinte lors de l'enlèvement, était rapidement devenue dépressive en perdant à la fois sa fille et son mari et était morte en donnant naissance à un bébé mort-né.  Par ailleurs le meurtre avait été suivi d'une affaire judiciaire très médiatisée et nébuleuse, dans laquelle la jeune bonne accusée à tort s'était suicidée, puis un homme avait été condamné puis exécuté sur la chaise électrique en ayant toujours clamé son innocence. Tout ce préambule à l'histoire est directement inspiré de l'affaire de l'enlèvement de l'enfant de l'aviateur Lindbergh.

SECRET DE TOURNAGES

Dans les années soixante, Agatha Christie refuse la proposition de la MGM de porter Le Crime de l’Orient-Express à l’écran. D’une part, parce que les versions cinématographiques de ses romans lui ont toujours déplu, d’autre part, parce qu’il serait question de remplacer Hercule Poirot par Miss Marple (alors interprétée parMargareth Rutherford dans une série de films reniée par la romancière). En 1973, les producteurs anglais John Brabourne et Richard Goodwin projettent à leur tour d’adapter le roman tout en connaissant les réticences de l’auteur. Aussi, Brabourne demande-t-il à son beau-père, Lord Mountbatten, d’user de son influence auprès d’elle. L’ex-vice-roi des Indes l’admire depuis toujours et lui assure que l’intention de son gendre et de son associé est d’être fidèle au récit publié en 1933. Agatha Christie accepte et Paul Dehn (Goldfinger et les suites de La Planète des singes) écrit le scénario.
Cette grosse production britannique est confiée au cinéaste américain Sidney Lumet. "Bien que ce soit un mélodrame, cela restait une pièce légère. J’étais en train relire "Il importe d’être constant" d’Oscar Wilde et j’ai vu : sa méthode consiste à se centrer sur ce qui n’a aucune importance et à jeter par la fenêtre tout ce qui est essentiel. L’important n’est pas que Constant soit un enfant trouvé, mais qu’il ait été trouvé dans un sac sur une ligne de banlieue. Ça a été pour moi une révélation." Dès lors, Lumet va mettre en chantier Le Crime de l’Orient Express en consacrant "toute (son) attention au visuel, à la beauté du visuel, au luxe et à la "gaieté" du visuel."
Il insiste également pour avoir une distribution prestigieuse et fait en premier appel à son ami et superstar Sean Connery (qu’il a dirigé dans Le Gang Anderson et The Offence), afin d’attirer d’autres acteurs. Suivent ainsi Richard Widmark, Vanessa Redgrave,Jacqueline Bisset, Michael York, John Gielguld, Jean-Pierre Cassel (dont le rôle fut un temps envisagé pourRobert Dhéry), Martin Balsam, Anthony Perkins, Lauren Bacall, Colin Blakely, Denis Quilley…
Lumet propose à Ingrid Bergman le rôle de la princesse Dragomiroff mais l’actrice préfère celui de Greta. "Je l’ai rappelé : "Pourquoi voulez-vous que je mette un masque pour jouer la princesse russe alors qu’il y a un excellent rôle fait pour moi ? Cette missionnaire suédoise, cette demeurée, c’est exactement ce qu’il me faut. Et je pourrai y mettre le bon accent. C’est ce rôle-là qui me plaît. (…) Sidney insistait sous prétexte que le rôle n’était pas assez bon, mais j’ai répliqué : "En dehors de celui d’Hercule Poirot, tous les rôles ont à peu près la même importance : ce sont de simples portraits. Cette missionnaire me plaît beaucoup, et je crois que je pourrais en faire quelque chose de très drôle. J’ai des tas d’idées. Rassurez-vous, je serai redoutable !" Lumet accepte et confie le personnage de la princesse à Wendy Hiller.
Le personnage du détective privé belge Hercule Poirot (qui n’a jusque là été interprété que par Alan Trevor et Tony Randall) est attribué à Albert Finney. "Il y avait plusieurs bonnes raisons pour refuser cette offre qui m’était faite. Je n’avais jamais été dans ce genre de film rempli de stars, et à l’époque j’étais parti pour de longs mois de représentations de la pièce "Chez nous" dans le West End. Comme les deux rôles nécessitaient ma présence pour quasiment chaque réplique, cela signifiait travailler jour et nuit. Finalement, le fait que Sidney Lumet, un cinéaste que j’ai toujours admiré, réalise le film m’a décidé."
À Londres, en janvier 1974, Lumet réunit son casting dans une pizzeria afin que tous fassent connaissance. Le lendemain, une lecture a lieu au Dorchester Hotel en présence des techniciens et du staff production. "La lecture commence, se souvient Jean-Pierre Cassel. Ce fut certainement une des plus mauvaises lectures à laquelle j’ai pu assister au cours de ma carrière. Tous ces splendides comédiens, sans doute impressionnés les uns par rapport aux autres, le nez enfoui dans leur brochure, ne donnèrent, mis à part John Gielguld peut-être, qu’une part infinitésimale de leur talent. Ils marmonnaient pour la plupart, déblayaient leur texte, donnant l’impression de vouloir s’en débarrasser au plus vite." Sidney Lumet fait ensuite sortir techniciens et producteurs avant de retravailler avec toute sa troupe. "Et là, ce fut autre chose. Et je me disais que le film allait être une belle démonstration de ce qu’on pouvait attendre de l’art des comédiens." Dix jours de répétition suivent aux studios de Elstree où les différentes parties du train sont dessinées sur le sol du plateau.
Le décorateur Tony Walton reconstitue avec soin les intérieurs de l’Orient-Express. Un wagon dont chaque panneau peut se démonter est construit, tandis que les cabines et les couloirs sont reproduits en deux modèles afin de pouvoir tourner d’un côté ou de l’autre sans perdre de temps. Parallèlement, une seconde équipe tourne en France les plans d’extérieur avec le train (tracté par une magnifique locomotive, la 230 G 353) sur la ligne Pontarlier-Gilley, aux abords de l’ancienne gare de Montbenoît. Si certains plans sont tournés à Istanbul, la gare d’où part le convoi est reconstituée aux ateliers SNCF du Landy à Saint-Denis. Lors du tournage de cette scène (où apparaissent les personnages principaux pour la première fois), Lumet repère un photographe caché sur le toit d’un des wagons et l’expulse manu militari, car l’exclusivité des photos a été donnée à Tony Armstrong Jones, le fiancé de la princesse Margaret.
Lumet prend un autre coup de sang mais cette fois… contre Richard Widmark ! Le restaurant de la gare d’Istanbul est reconstitué dans un grand hôtel de Londres, où comédiens et comédiennes n’ont pas le même confort qu’à Elstree. "Nous devions nous changer tous ensemble, raconte Jean-Pierre Cassel, hommes et femmes simplement séparés par une tenture tendue au milieu d’une grande salle de réception. Un seul eut le malheur de ne pas apprécier cette promiscuité et le fit savoir aussitôt : Richard Widmark. Il avait à peine terminé ses réflexions que l’on vit jaillir dans notre vestiaire, tel un diable sortant de sa boite, un Sidney Lumet écumant. Il se précipite sur Richard, l’attrape par le col de sa chemise et le tire violemment dehors. Il lui arrivait à peine sous le menton, mais cela ne l’empêcha pas de la bousculer et de lui crier dessus. "Il n’y a que des stars ici. Personne ne râle. Tu vas faire comme les autres ! Tu nous gonfles avec tes caprices…", etc. Je ne comprenais pas tout. Mais Richard, lui, avait compris et il se changea avec nous, sans mot dire."
Pour Albert Finney, interpréter Hercule Poirot est un vrai travail de composition basé sur l’accent français et son apparence. À 38 ans, il doit en effet apparaître beaucoup plus âgé et subir pour cela des séances de maquillage quotidiennes de deux heures. "La transformation était complète avec un faux nez et des joues rembourrées, qui achevaient de me faire ressembler à un œuf. Mais la partie la plus importante de ce maquillage était la chevelure noire luisante et la moustache méticuleusement taillée. " Pour modifier sa silhouette et l’alourdir, il rembourre ses vêtements avec du coton hydrophile.
Lors de la scène finale, où Poirot dévoile les coupables du crime, Sidney Lumet tourne sous deux angles. "Il fallait que chacun se souvienne de tel ou tel geste qu’il aurait fait sur tel et tel mot, indispensable pour les raccords, explique Jean-Pierre Cassel, et qu’on tournerait la scène dans la continuité. Long monologue d’Hercule Poirot, c’est une scène écrasante pour Albert Finney. À la fin de la scène spontanément, nous avons tous applaudi." Au mois de novembre, Agatha Christie se rend à la première du film et se dit très satisfaite de l’adaptation et de l’interprétation d’Albert Finney, à l’exception d’une chose : la moustache de Poirot n’est pas assez belle !
Philippe Lombard

FICHE TECHNIQUE /

Réalisation : Sidney Lumet
Scénario : Paul Dehn, Anthony Schaffer d'après le roman d'Agatha Christie
Direction Artistique : Jack Stephens
Décors : Tony Walton
Costumes : Tony Walton
Photographie : Geoffrey Unsworth
Montage : Anne V.Coates
Musique Originale : Richard Rodney Bennett
Production : John Bradbourne et Richard B.Goodwin
Durée : 128 minutes
Sortie : 24 Novembre 1974 (USA) et 16 Avril 1975 (France)

DISTRIBUTION

Albert Finney : Hercule POirot
Lauren Bacall (Mme Harriet Hubbard)
Jacqueline Bisset : La Comtesse Helena Andrenyi
Michael York : Le comte Rudolph Andreyni
Sean Connery : Le colonel Arbuthnot
Vanessa Redgrave : Mary Debenham
Wendy Hiller : La princesse Natalya Dragomiroff
Jean Pierre Cassel : Pierre Michel
Ingrid Bergman : Greta Ohlsson
Anthony Perkins : Hector McQueen
Martin Balsam  Blanchet
John Gielgud : Beddoes
Richard Widmark : Samuel Ratchett
Rachel Roberts : Hildegarde
Denis Quiley : Gino Foscarelli
Colin Blakely : Cyrus Hardman
Georges Coulouris : Docteur Constantine




















LES BERETS VERTS de JOHN WAYNE

Les Bérets Verts de John Wayne, avec lui-même, David Jansen et Jim Hutton. Les Bérets Verts est l'un des deux films réalisés le Duke avec Alamo. John Wayne réalise et finance partiellement ce film. John Wayne était patriote et avait participé à de nombreux films de guerres : Iwo Jiwa, Le Jour le plus Long, sans oublier Alamo. Le film débute par une longue explication (20 minutes) sur les raisons de l'intervention américaine au Viet Nam ; à l'inverse dans le film français Dien Bien Phu, le spectateur est plongé immédiatement dans la bataille sans aucune explication préalable.

La sortie du film Les Béréts Verts déclencha bien évidemment de violentes manifestations soutenues par les partisans de la non-intervention des Etats-Unis dans ce conflit (étudiants, pacifistes, maoïstes ou communistes).

En France, il fallut attendre plus de 20 ans, pour que Les Bérets Verts soit diffusé à la télévision Française. D'autres films de guerre connurent les mêmes problèmes : Les Sentiers de la gloire sur la première guerre mondiale à été réalisé en 1957, mais sous la pression d'associations d'anciens combattants français et belges, ce film ne sera projeté en France que 18 ans plus tard.

R.A.S, film réalisé par Yves Boisset en 1973 sur la guerre d'Algérie, a été malgré son succès au cinéma, rarement diffusé à la télévision, et pendant longtemps, il fut indisponible, en VHS ou DVD. En 2013, 40 ans après sa sortie, il est édité en DVD.

Un extrait des Bérets Verts fut utilisé dans l'un des films à détournement de Michel Hazavanicius, appelé "Ca Détourne". Le scène utilisée inclut, aux côtés de John Wayne, l'acteur Nippo-Américain Georges Takei, qui avait à l'époque du tournage, un rôle récurrent dans la série Star Strek, et plus tard dans les films qui en furent inspirés. Ca détourne utilise une référence à ce rôle futur pour détourner Les Bérets Verts de façon comique.

SYNOPSIS

Durant la guerre du Viet-Nam , le colonel Mike Kirby est chargé de recruter deux unités d'élite des "Spécial Forces".

Celles-ci sont destinées dans un premier temps à aider à la construction d'un camp retranché dans la République du Viet-Nam en pleine zone ennemie (allusion évidente à Dien Bien Phu), il fallait persuader le public américain qu'aucun fâcheux incident du même genre n'était possible pour son armée.

Alors que les fortifications ne sont pas encore terminées, et que le colonel est retourné à la base de Sanag, le camp est attaqué par les nord-vietnamiens. Le colonel prévenu peu avant l'attaque débarque en hélicoptère avec la force de réserve à proximité du camp. Si les forces ennemies et américaines sont d'abord obligés d'abandonner le camp malgré l'arrivé de la force de réserve, l'aide d'un avion AC-47 Spooky, leur permet finalement de repousser les Vietcongs hors du périmètre.

Peu après, le Colonel Kirby reçoit l'ordre de capturer un général nord-vietnamien. Ce dernier qui roule en DS19 , séduit par une femme, est capturé dans sa résidence par un groupe de commandos mené par Kirby qui réussit à s'introduire chez le général et à l'évacuer par avion.


SECRET DE TOURNAGE

En mars 1965, John Wayne est à Los Angeles pour discuter de sa participation à une œuvre humanitaire. Entre deux réunions, il se promène sur le campus voisin de la University of Southern California où des étudiants manifestent contre la guerre du Vietnam. Il les voit alors s'en prendre verbalement à un Marine en uniforme, qui a perdu un bras dans ce conflit. La situation le choque en tant que «patriote» et son sang ne fait qu'un tour. Il décide de réagir et fait acheter par sa société Batjac les droits d'adaptation d'un livre très documenté de Robin Moore, «The Green Berets».
Il prévient cependant son auteur qu'il n'est pas du tout sûr de pouvoir mener le projet à bien. Il faut en effet la collaboration du Departement of Defense pour fournir toute l'infrastructure militaire (hélicoptères, camions, hommes, etc.). Seulement voilà, le livre n'a pas plu aux autorités, car il décrit les méthodes employées sur le terrain par les forces spéciales : corruption, torture, violation des lois internationales, utilisation de la pègre locale... Wayne prend alors son téléphone et appelle tout simplement Lyndon Johnson. «J'ai dit au Président que je sentais qu'il était important que le peuple des États-Unis et ceux du monde entier comprennent pourquoi il était nécessaire pour les Américains d'être au Vietnam. Et j'ai eu le soutien du gouvernement pour faire le film. »
Malgré cela, et contrairement à ce qui est dit dans la presse, rien n'est fourni gracieusement au producteur John Wayne, qui doit payer pour tout. De plus, le Pentagone exige de donner son accord sur le scénario. Or, la première version écrite par James Lee Barrett (LA PLUS GRANDE HISTOIRE JAMAIS CONTEE, BANDOLERO) est refusée.

«La première objection avait à voir avec l'attaque massive de la base américaine par les Vietcongs, explique le scénariste. Les officiels voulaient que les Sud-Vietnamiens aident à défendre le camp, ce qui a été facilement rectifié. Ils n'aimaient pas non plus la deuxième partie de l'histoire, dans laquelle une équipe des Forces Spéciales enlève un général nord-vietnamien et fait sauter des ponts pour couvrir leur retour. Le Pentagone a dit que les Bérets Verts n'envahiraient pas le Nord-Vietnam. J'ai donc réécrit la deuxième partie et les Bérets Verts enlevaient un général vietcong qui se trouvait au Sud-Vietnam. »
John Wayne accepte tous les changements sans broncher et obtient l'accord de la Warner pour réaliser le film lui-même. Mais au bout de quelques jours de tournage (qui a lieu à partir de décembre 1967 à Fort Benning, une base militaire située dans l'état de Géorgie), un problème se pose. «John Wayne ne connaissait vraiment rien à la réalisation, explique l'acteur Luke Askew. Mervyn Le Royest venu sauver le film parce qu'autrement, cela aurait pris trois ans à John. » Le Roy a déjà dirigé le «Duke» dansSANS RESERVE en 1946 et accepte de venir en aide à son ami. «Quand je suis arrivé à Fort Benning, John et moi avons eu une longue conversation et avons établi précisément en quoi je pouvais l'aider. Puis, j'ai pris les choses en main et j'ai assisté le Duke à la réalisation chaque fois qu'il avait besoin de moi. Mais les quelques semaines prévues se sont transformées en cinq mois et demi.»
Cependant, si l'apport de Mervyn Le Roy est important sur les scènes d'action nécessitant une grande organisation, il l'est beaucoup moins sur les scènes de pure comédie, comme le rapporte l'acteur David Janssen : «J'observais Mervyn Le Roy s'approcher du Duke et lui faire des suggestions que je ne pouvais pas entendre. Le Duke hochait la tête mais je voyais bien qu'il n'y prêtait pas attention, et ensuite il faisait la scène comme bon lui semblait.»

Si l'acteur-réalisateur-producteur voit LES BERETS VERTS comme une œuvre de propagande, la Warner, elle, entend bien sortir un film de guerre, ni plus ni moins. Et décide de couper toutes les scènes avec Vera Miles, qui jouait la femme du colonel Kirby joué par John Wayne. Sorti en juillet 1968, le film remporte un énorme succès aux États-Unis, ce qui ne sera pas le cas dans le reste du monde...
LES BERETS VERTS est distribué en France à la fin juillet 1969, alors qu'à Paris se déroule la Conférence qui doit mener à des accords de paix au Vietnam. «Les Bérets verts doivent être interdits» titre L'Humanité. Le secrétaire général du Parti Communiste, Georges Marchais, adresse une lettre ouverte au premier ministre Jacques Chaban-Delmas, lui demandant de faire cesser l'exploitation du film, qui «fait l'apologie des forces spéciales américaines dont l'action est présentée sous l'angle «humanitaire» et au service de la «liberté». Or, chacun sait que le demi-million de troupes américaines (…) transforme le Sud-Vietnam en ruines, tuant enfants, femmes, vieillards, emprisonnant et torturant des centaines de milliers de Vietnamiens à qui l'on reproche de lutter pour l'indépendance de leur patrie et la liberté. (…) Il est inadmissible que le gouvernement français tolère une telle provocation sans renier ses déclarations sur sa volonté de contribuer à mettre fin au conflit vietnamien.» Matignon ne donnera pas de suites à cette affaire mais à Tarbes, Sète, Bordeaux ou Caen, LES BERETS VERTS est interdit de projection, soit par l'action de la CGT, soit par des arrêtés municipaux de maires communistes.
[À noter que Mervyn Le Roy n'a pas voulu être crédité comme co-réalisateur et que John Wayne partage cette fonction au générique avec un certain Ray Kellogg, auteur de THE GIANT GILA MONSTER, sans que personne jusqu'à aujourd’hui ne comprenne pourquoi...]

FICHE TECHNIQUE



Réalisation : John Wayne et Ray Kellogg (?)
Scénario : James Lee Barrett d'après le roman Green Berets de Robin Moore
Direction artistique : Walter M.Simmonds
Décorateur de Plateau : Ray Moyer
Costumes : Jerry Alpert
Photographie : Winton C.Hoch
Montage : Otho Levering
Musique : Miklos Rozda
Production : Michael Wayne
Société de Production : Batjac Productions

DISTRIBUTION

John Wayne : Colonel Kirby
David Jansen : George Beckworth
Jim Hutton : Sergent Petersen
Aldo Ray : Sergent Muldoon
Raymond Saint Jacques : Doc McGee
Bruce Cabot : Colonel Morgan
Jack Soo : Colonel Cai
Georges Takai : Colonel Nim
Chuck Roberson : Sergent Griffin
Edward Faulkner : Capitaine MacDaniel
Patrick Wayne : Lieutenant Jamison
Jess Barker : Un Soldat














CHANTE TON BAC D'ABORD de DAVID ANDRE

Chante ton bac d'abord de David André est un Docu-Fiction, qui était passé sur France 2, avant sa sortie en salles, ce qui fait que la chronologie des médias, cette-fois elle ne posait pas problème.

Mais dans ce Documentaire qui n'est pas construit, on suite le quotidien de garçons et filles de la région de Boulogne S/Mer qui sont copains dans la vie du lycée Mariette jusqu'au Bac. Ces garçons habitent dans une ville touchée par la crise. Imaginées par ces adolescents issus du monde ouvrier ou de la classe moyenne, des chansons (qui lorgnent vers Alex Baupain) font bascule le réel dans la poésie, le rire et l'émotion.

Oui, car pour une fois, on nous ne sert pas des adolescents violents de banlieue, ou dans des conditions misérabilistes. Non plus, pas de mièvrerie du style Plus belle la vie, ou Hélène et les Garçons.

On est étonné par la justesse des jeunes ados, dont leur seul but et d'obtenir leur bac, et si ils peuvent le faire en chantant, pourquoi pas.

Ce film tourné sur plus de 100 jours avec 200 heures de rush, à un charme très particulier, qui se laisse voir très agréablement, si toutefois on croit encore qu'il y a ce type de jeune en France.

Note : 14.70

FICHE TECHNIQUE

Réalisation : David André
Scénario : David André
Producteur : Emmanuel François
Producteur délégué : Brother Films
Photographie : Thibault Devigne
Montage : Bruno Joucla
Son : Laurent Rodrigues
Production Musicale : Vercots
Collaboration Artistique : Perrine Beaufils
Durée : 92 mn

DISTRIBUTION (dans leurs propres rôles)

Gaelle Bridoux
Caroline Brimeux
Nicolas Gourdin
Alex Margollé
Rachel Motte
Alice Dutertre












SON FRERE de PATRICE CHEREAU

Son Frère de Patrice Chereau avec Bruno Todeschni, Eric Caraveca et Nathalie Boutefeu. Patrice Chéreau aime à sonder l'âme humaine, s'infiltrant dans ses recoins les plus sombres, disséquant les émotion secrètes, tout en ménagement une distance dans l'exposition des sentiments ambigus de ses personnages. Il aime également, et de plus en plus, semble-t-il, pénétrer cette intimité par la matière et le corps , le filmant au plus près sans crainte d'impudeur, ou de fausse laideur déplacée. Après Intimité, pour sa deuxième collaboration avec la scénariste Anne Louise Trividic, collaboration sur un autre thème, mais intense, déstabilisant et non moins réussie, Chéreau filme lentement, cliniquement, la maladie, vecteur de chamboulements et de prises de consciences dans les vies de ses protagonistes. Adaptant le roman de Philippe Besson avec brio, le réalisateur décrit la longue et douloureuse décrépitude du frère aîné, (épatant Todeschni, décharné et désabusé), sous le regard impuissant du cade (non moins excellent Caraveca). Une lumière blafarde et une bande-son absente, excepté le bref instant de rêve éveille, accentuent la tristesse et l'inéluctabilité du drame. Chéreau découpe son récit, alternant les séquences d'hôpital avec celles plus tardives se déroulant en Bretagne, dans leur maison d'enfance. Par delà la description d'une maladie, Chereau veut parler d'amour, simplement l'approche de la mort permettant à deux êtres qui ne se parlaient plus de se retrouver. Une oeuvre profonde qui marque l'évidente de maturité d'un grand metteur en scène définitivement devenu réalisateur.

Il a noté, dans l'ambiguïté du sujet et dans la période du Sida, que ce n'est pas le frère homosexuel, qui va de mecs en mecs qui va tomber malade, mais son pauvre frère, qui vit une vie tranquille d'hétéro.

SYNOPSIS

Thomas est atteint d'une très grave maladie du sang, et se sait condamné. Anéanti par sa soudaine rechute, il reprend contact avec son frère cadet Luc, et lui demande de l'accompagner dans son épreuve. Sans nouvelles de celui-ci depuis des années, Luc, tout d'abord réticent, accepte par devoir. Il l'accompagne à l'hôpital où avait déjà eu lieu sa première admission, suivant de près l'évolution de la maladie au travers de diagnostics et des résultats des innombrables analyses.

Leurs parents, impuissant et maladroits, ainsi que Claire, la compagne de Thomas sont également présents. mais c'est Luc que réclame Thomas. Lentement, Claire, ne trouvant plus la force d'affronter une seconde fois la maladie, quitte Thomas. Les deux frères tout d'abord sur leur réserve, vont parvenir à vider leur sac et effacer leurs malentendus et rancoeurs qui rongeaient leur vie., la lente mais certaine condamnation de Thomas les rapprochant inéluctablement et laissant la place à l'essentiel : leur amour.

De son côté, Luc mettra fin à son histoire d'amour avec son compagnon. Les mois passants, après une opération restée sans succès, Thomas décide de partira avec Luc dans leur maison d'enfance, las de cette lutte vaine et incessante. Les deux frères se replient sur eux-mêmes , jusqu'au jour où Thomas décide d'en finir, plongeant dans la mer qui l'emporte.

FICHE TECHNIQUE




Réalisation : Patrice Chéreau
Scénario : Patrice Chéreau et Anne-Louise Trividic
D'après le roman de Philippe Besson (2001)
Images : Eric Gautier
Montage : François Gégidier
1er Assistant réalisateur : Guillaume Bonnier  Stéphane Metge
Musique : Angelo Badalamenti
Son : Guillaume Sciama et  Olivier Dô Hùu
Costumes : Caroline de Vivaise
Maquillage : Kuno Schlegelmich
Production : Azor Films
Co-Production : Arte France, Love Streams
Producteur : Pierre Chevalier
Producteur Exécutif : Joseph Strub

DISTRIBUTION




Bruno Todeschini (Thomas)
Eric Caraveca (Luc)
Nathalie Boutefeu (Claire)
Catherine Ferran (Médecin Chef)
Sylvain Jacques (Vincent)
Antoinette Moya (La mère)
Robinson Stévenin (Manuel)
Fred Ulysse (Le père)
Maurice Garrel (Le Viel Homme)
Pascal Gregorry (Le docteur)
Claudine Benichou
Véronique Lafrate
Cathy Roudaut
Sabrina Fessan
Catherine Moulin
Sandrine Faccini
Jessy Etienne
Gisèle Lioni
Antoinette Naras
Christine Cros
Stéphane Jamet
Hayarre Mazit
Eddy Battery
Antoine Rousseau
Rémy Boulay
Patrick Gautier