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lundi 31 août 2026

12.90 : MON AVIS SUR LE FILM COLD STORAGE DE JONNY CAMPBELL (2025)


 Vu le Film Cold Storage de Jonny Campbell (2025) avec Joe Kerry Liam Neeson Aaaron Efferman Georgina Campbell Lesley Manville Vanessa Redgrave Elloria Torchia Sosi Bacon


Ne pas tenir compte de l’affreuse affiche de Cold Storage, qui ne vend vraiment pas du rêve et qui, surtout, ne reflète pas tellement le contenu du film. On y met bien en avant Joe Keery, l’une des jeunes stars de Stranger Things, histoire d’attirer le public jeune, mais réduire le film à la présence de Steve Harrington serait quand même passer à côté d’une bonne partie du délire. Car Cold Storage est certes une petite production de science-fiction horrifique, mais elle vise davantage un public adulte qui n’a pas forcément besoin qu’on lui explique pendant deux heures qu’une bestiole extraterrestre est dangereuse lorsqu’elle vient de bouffer quelqu’un.

Ce qui attire d’abord l’attention, c’est surtout le nom de David Koepp au scénario. Et là, on sait un peu mieux où l’on met les pieds. Koepp, scénariste de nombreux films à suspense et de quelques histoires particulièrement tordues, aime bien les situations qui commencent normalement avant de partir gentiment en vrille. Ici, il s’en donne à cœur joie avec un inventaire à la Prévert qui commence presque comme une plaisanterie de science-fiction avant de basculer progressivement vers l’horreur.

L’histoire nous emmène dans une installation militaire où l’on découvre qu’un mystérieux micro-organisme extraterrestre, conservé bien au chaud dans un conteneur militaire, n’a évidemment aucune intention de rester tranquillement à sa place. La bestiole s’échappe et, comme toutes les créatures sympathiques de ce genre de films, elle a un gros défaut : elle a faim. Et quand elle a faim, elle ne commande pas une pizza, elle mange tout ce qui se trouve sur son chemin. Humains compris, évidemment.

Le principe rappelle immédiatement Alien, avec cette base isolée, ces couloirs qui deviennent de moins en moins rassurants et cette menace invisible qui peut surgir à peu près n’importe où. Sauf qu’ici, on est loin de la subtilité de Ridley Scott et de son xénomorphe qui savait attendre patiemment son heure. Nos petites bébêtes, elles, sont beaucoup moins délicates et préfèrent passer directement à la dégustation. Elles infectent, dévorent, détruisent et laissent derrière elles quelques morceaux de corps qui permettent de comprendre que la situation n’est plus vraiment sous contrôle.

Et puis il y a les explosions de têtes, les corps qui finissent dans un état peu présentable et cette jolie couleur verte qui accompagne les malheureux infectés, avec leurs vomissements qui font forcément penser au bon vieux Bad Taste de Peter Jackson. On est clairement dans le cinéma qui n’a pas décidé de faire dans la dentelle et qui sait parfaitement que son public est là pour voir des choses qu’il ne verra certainement pas dans une comédie romantique.

Le film joue aussi avec le huis clos puisque nos personnages se retrouvent coincés dans cette base qui devient progressivement une véritable boîte de conserve remplie de bestioles affamées. Il faut trouver une porte, un passage, un souterrain, n’importe quoi qui permette de sortir de là avant que tout le monde ne finisse transformé en nourriture pour micro-organismes. C’est simple, efficace et cela permet surtout au scénario de faire circuler ses personnages dans les différents niveaux de la base en maintenant une menace permanente.

Joe Keery apporte justement cette dimension plus jeune au film, mais son personnage n’est pas simplement là pour faire joli sur l’affiche. Il se retrouve embarqué dans cette histoire avec des personnages qui n’ont pas forcément le même degré de préparation face à une invasion biologique extraterrestre, ce qui permet au film de conserver son côté comédie tout en avançant progressivement vers l’horreur. Et c’est probablement là que Cold Storage fonctionne le mieux : il ne cherche pas constamment à nous faire croire qu’il est beaucoup plus important qu’il ne l’est.

On retrouve également la docteure Martins de la DTRA, et là je dois reconnaître qu’ils ont osé : Doc Martins ! Il fallait quand même avoir l’idée. À croire que même au milieu d’une contamination extraterrestre, quelqu’un avait encore envie de faire une blague sur les chaussures.

Et comme si cela ne suffisait pas, le film nous sort D. Quinn, spécialiste de la lutte contre le bioterrorisme, interprété par Liam Neeson. Voilà encore un nom qui pourrait laisser penser que le monsieur va débarquer avec son téléphone, quelques menaces et une bonne dizaine de cadavres à son actif avant le générique de fin. Mais non, Neeson trouve ici un rôle beaucoup moins badass que d’habitude, ce qui n’est finalement pas plus mal. Il joue davantage le spécialiste qui sait ce qu’il fait dans un univers qui, lui, est complètement en train de partir en sucette.

Ce mélange est assez amusant parce que Cold Storage commence presque comme une comédie de science-fiction avant de déraper gentiment vers le film horrifique. Certes, on est dans de l’horreur de seconde zone, avec des moyens qui ne sont pas ceux d’un blockbuster et des effets qui ne cherchent pas à rivaliser avec les productions les plus luxueuses. Mais après tout, cela fait aussi partie du charme de ce genre de cinéma. Il y a quelque chose de réjouissant dans un film qui vous annonce assez rapidement la couleur et qui ne prétend pas révolutionner le cinéma mondial.

Et puis les films de zombies, de contaminations ou de bestioles qui bouffent tout ce qui bouge ont toujours eu un avantage considérable sur moi : cela me fait rire. Il m’en faut peu, je le reconnais volontiers. Une tête qui explose, un type qui vomit vert, un cadavre qui finit en morceaux et je suis déjà beaucoup plus indulgent avec le scénario.

On savait donc ce qu’on allait voir en entrant dans Cold Storage et, bonne nouvelle, on n’est pas vraiment trahi. Ce n’est certainement pas le film du siècle, ce n’est même probablement pas le film de la semaine, mais il possède cette qualité devenue presque rare : il nous laisse simplement délirer avec lui. On regarde les personnages courir dans les couloirs, chercher une sortie, essayer de comprendre ce qui leur tombe dessus, pendant que les bestioles continuent leur buffet à volonté, et finalement on s’amuse.

Et c’est peut-être tout ce qu’on demande à ce genre de film. Pas besoin de nous vendre une affiche qui ressemble à un mauvais produit destiné uniquement aux adolescents, pas besoin non plus de prétendre que Joe Keery va sauver à lui tout seul la science-fiction moderne. Cold Storage est autre chose : une petite histoire de contamination extraterrestre, un huis clos militaire, quelques références qui font plaisir, du gore, du vomi vert, des explosions de têtes, Liam Neeson qui n’est pas là pour casser la figure à toute la planète et David Koepp derrière le scénario pour mettre un peu d’ordre dans ce joyeux bazar.

Alors oui, c’est horrifique, c’est parfois de seconde zone, c’est parfois franchement con, mais c’est aussi exactement le genre de film où l’on peut poser son cerveau sur la table, regarder les bébêtes faire leur travail et passer un bon moment. On savait ce qu’on allait voir, on n’est pas trahi, ce n’est pas le film du siècle, mais au moins on délire et on s’amuse. Et finalement, ce n’est déjà pas si mal.

NOTE : 12.90

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Jonny Campbell
  • Scénario David Koepp, d'après son roman Cold Storage
  • Musique Mathieu Lamboley
  • Décors : Elena Albanese
  • Costumes : Nicoletta Ercole
  • Photographie : Tony Slater Ling
  • Montage : Billy Sneddon
  • Production David Koepp et Gavin Polone
Producteurs délégués : Aaron Ensweiler et Frantz Richard
Coproducteur : Michael Schwarz

DISTRIBUTION


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