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dimanche 15 mars 2026

18.60 - MON AVIS SUR LE FILM THE REVENANT DE ALEJANDRO GONZALZE INARRITU (2015)

 


Vu le Film The Revenant de Alejandro Gonzalez Inarritu (2015) avec LéonardDi Caprio Tom Hardy Will Pouter Forrest Godluck Domnhall Gleeson Paul Anderson Kristoffer Joner Joshua Burge Brendan Fletcher Lukas Haas  

Des trappeurs menés par le capitaine et négociant en fourrures Andrew Henrysubissent de lourdes pertes lors d'une attaque menée par les Amérindiens dans une Amérique profondément sauvage. En effettandis que le trappeur Hugh Glass chasse un cerf dans les bois avec plusieurs personnes dont son fils métis Hawk, leur campement établi près d'une rivière est brutalement attaqué par des Arikaras (des Amérindiens du Dakota du Nord) qui massacrent sans pitié et pillent le camp. Trente-trois hommes périssent tandis que Glass, Hawk, Henry, John Fitzgerald, Jim Bridger et quelques autres hommes parviennent à prendre la fuite en bateau. 

Adapté du roman The Revenant de Michael Punke, le film de Alejandro G. Iñárritu nous transporte en 1823 dans le Missouri sauvage et glacé. L’histoire s’inspire du destin bien réel du trappeur Hugh Glass, laissé pour mort après l’attaque d’un ours et décidé à survivre coûte que coûte pour accomplir sa vengeance. Certains diront qu’Iñárritu prend des libertés avec l’histoire. Mais après tout, c’est la base même du cinéma : quand la légende est plus belle que la réalitéimprimons — ou filmons — la légende. Et c’est quand même moins grave que le mensonge politique. 

Dès la première séquence, le réalisateur frappe fort avec un plan-séquence dévastateur. La caméra avancedécouvre l’espacetourne à 360°, et nous plonge immédiatement dans un chaos de feu, de cris et de boue. En quelques minutes, on comprend que le film ne nous lâchera plus pendant deux heures trenteL’immersion est totale : le froid semble coller à la peau, la respiration devient difficile, et la nature apparaît comme une force bien plus puissante que l’homme. On sent d’ailleurs chez Leonardo DiCaprio une fibre presque écologiste : dans ce monde, la nature doit vaincre… et elle vaincra. 

Le récit est simple et brutal : une histoire de survie et de vengeance. Hugh Glass refuse de mourir et refuse surtout d’abandonner l’objectif qu’il s’est fixé. La vengeance, pure et dure. Pas une vengeance bavarde, pas une vengeance philosophique : une vengeance physique, viscéralepresque animale — un peu comme chez Quentin Tarantino, mais le sexe en moins. 

Icin’attendez pas des dialogues brillants à la Aaron Sorkin. Le film parle par les visages, les souffles, les regards. La caméra est souvent collée au visage de DiCaprio, captant la douleur, la peur, la faim et l’épuisement. Et l’instant d’aprèselle s’ouvre sur des paysages immensesenneigéspresque irréels. 

Parmi les scènes marquantes, il y a évidemment celle devenue déjà mythique : l’attaque de l’ours. Dix minutes d’une violence inouïe, d’un réalisme sidérant. La rumeur absurde qui circulait sur Internet disait que l’ours abusait de Léo… rassurez-vous, rien de tel. Mais il est quand même secoué dans tous les sens, et son visage passe du rose au bleu violet. Et pour ceux qui seraient déçus d’apprendre que l’ours n’était pas réel : bienvenue au cinéma ! Tout ce qu’on voit à l’écran est une illusion. 

Le film regorge d’autres moments impressionnants : Glass mange du foie de bison cru (sans échalote), rampe dans la neige pendant des kilomètres et finit même par dormir à l’intérieur d’une carcasse de cheval — scène d’un réalisme stupéfiant, qui pourrait presque devenir une solution à la crise du logement. 

Iñárritu a fait un choix radical : tourner les scènes dans l’ordre chronologique et utiliser presque exclusivement la lumière naturelle. Cela obligeait l’équipe à suivre les conditions météorologiques et la course du soleil. Le résultat est magnifique et évoque parfois la poésie visuelle de Terrence Malick, la puissance épique de Sergio Leone ou encore la précision obsessionnelle de Stanley Kubrick dans Barry Lyndon. 

La photographie de Emmanuel Lubezki est tout simplement extraordinaire. Transparence, fluidité, lumière naturelle : chaque plan est un tableau. Rien que pour cela, le film mérite d’être vu sur grand écran. 

Le casting est également remarquable. Tom Hardy livre un personnage brutal et ambigu, Will Poulter apporte une fragilité intéressante, Domhnall Gleeson incarne un officier dépassé par les événements, et Lukas Haas apparaît comme un fidèle compagnon. Impossible aussi d’oublier Forrest Goodluck, bouleversant dans le rôle du fils de Glass. 

Mais au-dessus de tout cela plane la performance de Leonardo DiCaprio. L’acteur se livre corps et âme. Peu de dialogues, mais une présence physique totale. On lit tout sur son visage : la souffrance, la rage, la volonté de survivre. Sale, barbuméconnaissable — pas vraiment sexy avec sa barbe de 800 jours — il se transforme littéralement pour son rôleC’est du grand art. 

Son Oscar est amplement mérité, tout comme celui d’Iñárritu et de Lubezki. Pourquoi le film lui-même n’a pas remporté l’Oscar du meilleur film ? Mystère. 

Mais une chose est sûre : quel plaisir de prendre encore son pied au cinéma devant une œuvre aussi spectaculaire et immersive. Ici, tout semble vrai… alors que tout est faux. 

Et c’est précisément ça, la magie du cinéma. 🎬 

NOTE : 18.60

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DISTRIBUTION


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