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jeudi 29 août 2024

13.90 - MON AVIS SUR LE FILM CINQUIEME COLONNE DE ALFRED HITCHCOCK (1942)


Vu le film Cinquième Colonne de Alfred Hitchcock (1942) avec Robert Cummings Pricillia Lane Norman Lloyd Jeanne Romer Marie le Deaux Otto Kruger Lynne Romer Clem Bevans Alma Kruger Alan Baxter Vaughan Glaser Ian Wolfe

Los Angeles, 1940. À la suite d'un incendie meurtrier dans une usine d'aviation, Barry Kane, un jeune ouvrier, est accusé de sabotage. Alors qu'il est recherché par la police, il part à la poursuite du vrai coupable, Frank Fry, et embarque avec lui la belle Pat, d'abord méfiante puis conquise. Il commence par se rendre dans un ranch à Springville, car il a entrevu cette adresse sur une lettre de Fry. Mais le propriétaire des lieux le livre à la police.

Cinquième Colonne (Saboteur, 1942) est un film d'espionnage captivant réalisé par Alfred Hitchcock pendant la Seconde Guerre mondiale, une période où le genre espionnage se prêtait naturellement au contexte global de la guerre. Contrairement à ses films plus connus comme La Mort aux trousses ou Les Enchaînés, Cinquième Colonne reste une œuvre moins fréquemment mentionnée dans sa filmographie. Pourtant, c’est un film marquant, qui traverse les États-Unis en exposant un monde où la méfiance et la suspicion sont omniprésentes. Hitchcock, bien que britannique de naissance, fait ici preuve d'un amour certain pour les paysages et monuments américains, un pays qu’il appréciait visiblement, tant il s’attarde sur ces symboles dans ses œuvres américaines.

L’intrigue suit Barry Kane (Robert Cummings), un ouvrier accusé à tort de sabotage dans une usine d'aviation. En fuite, il traverse plusieurs États à la recherche du vrai coupable, et se retrouve impliqué dans un vaste réseau d’espionnage nazi. Ce road movie à travers l'Amérique est une course haletante contre la montre, où le protagoniste doit se battre pour laver son nom, tout en dévoilant des ennemis invisibles cachés dans la société américaine.

Ce qui rend Cinquième Colonne si intéressant, c’est l’utilisation des lieux emblématiques des États-Unis comme toile de fond. Hitchcock semble prendre un malin plaisir à inclure des monuments américains, comme pour s'approprier le territoire et l'imprimer de son style. Le point culminant du film, la scène sur la Statue de la Liberté, en est un exemple frappant. Hitchcock, fidèle à son goût pour les séquences spectaculaires et symboliques, utilise ce monument non seulement pour intensifier le suspense mais aussi pour inscrire son récit d'espionnage dans un cadre patriotique et grandiose. La tête de la Statue de la Liberté devient un théâtre dramatique où la lutte entre le bien et le mal prend une dimension presque mythologique. C'est une image puissante, où l’héroïsme américain est en jeu, et où Hitchcock rend hommage à l'Amérique tout en jouant sur l'idée de fragilité des symboles, en particulier dans une période de guerre.

Bien que Cinquième Colonne explore un genre moins courant chez Hitchcock, on y retrouve ses thèmes de prédilection : l'homme ordinaire injustement accusé, la manipulation, et la tension psychologique croissante. Kane, comme beaucoup de héros hitchcockiens, est un homme pris dans un engrenage qu'il ne contrôle pas, obligé de devenir un détective malgré lui pour prouver son innocence. En cela, le film s’inscrit pleinement dans la lignée des autres œuvres hitchcockiennes.

J’ai vu ce film adolescent (en patronage) , il a mon imaginaire par son rythme effréné et son voyage à travers les vastes paysages américains. Pour de jeunes spectateurs, cette odyssée à travers un pays en pleine guerre, mêlée à des scènes de tension maximale comme celle de la Statue de la Liberté, a de quoi fasciner. Les rebondissements et les confrontations entre Kane et les espions semblent presque se dérouler comme un jeu de cache-cache géant à travers les États-Unis, où chaque nouvelle étape réserve son lot de danger et de surprises.

Cinquième Colonne est à la fois un film d’aventure et un film d’espionnage, mais aussi une œuvre patriotique qui semble résonner particulièrement bien en temps de guerre. Hitchcock, en tant qu’Anglais observant l’Amérique, arrive à allier son amour du suspense avec un hommage à ce pays qui l'a accueilli.

NOTE : 13.90

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Acteurs non crédités

14.80 - MILLE FILMS DE MA VIE - LAST ACTION HERO DE JOHN MCTIERNAN (1993)


 Dans le cadre des Mille films de ma Vie , je vous propose le film Last Action Héro de John McTiernan (1993) avec Arnold Schwarzenegger Austin O’Brien Tom Noonan Charles Dance Anthony Quinn F.Murray Abraham Ian McKellen Art Carney Frank Macrey Robert Prosky Mercedes Ruehl Bridgette Wilson Sampras

Danny Madigan, un jeune garçon, sèche l'école pour aller au cinéma. Il est un grand fan de la série des Jack Slater qui met en scène un héros de films d'action qui rappelle l'inspecteur Harry. Le projectionniste du cinéma est un ami de Danny et il lui propose de venir voir Jack Slater IV en avant-première. À cette occasion, il lui remet un billet magique qui lui a été donné jadis par le grand magicien Harry Houdini. Grâce à ce ticket, Danny entre dans le film.

 

Last Action Hero (1993) est un film aussi fascinant que sous-estimé, une œuvre hybride qui mélange satire, parodie, et film d’action dans une démarche méta-cinématographique audacieuse. Réalisé par John McTiernan, le maestro derrière Die Hard, et porté par Arnold Schwarzenegger au sommet de sa carrière, le film semble à première vue être une simple comédie d’action familiale, mais en réalité, il cache des niveaux de lecture bien plus profonds.

L’intrigue suit Danny Madigan, un jeune garçon qui se retrouve propulsé dans le monde fictif de son héros préféré, Jack Slater (Schwarzenegger), grâce à un billet magique. Ce dispositif permet au film de jouer sur une méta-narration, où les frontières entre la réalité et la fiction se brouillent. Last Action Hero est alors libre de déconstruire les codes du film d’action hollywoodien, en soulignant ses clichés et ses excès. Le film se moque ouvertement des conventions du genre tout en les embrassant, créant ainsi une satire amusante mais aussi une réflexion sur la nature du cinéma lui-même.

L’ironie réside dans le fait que cette critique n'a pas été bien reçue par les fans de Schwarzenegger, habitués à ses rôles musclés et sérieux. Ces derniers espéraient probablement un autre Terminator ou Predator, alors que le film, en tant que satire, subvertit ces attentes en jouant avec les codes de ces mêmes œuvres. Le public n’était pas prêt pour cette déconstruction humoristique et intelligente de l'icône d’action qu’était Schwarzenegger.

Cependant, c'est précisément cet aspect ludique qui fait la force du film. Last Action Hero est bourré de références à d’autres classiques du cinéma d'action, notamment les propres films de Schwarzenegger, que les fans avertis peuvent repérer et apprécier. Le film invite le spectateur à prendre du recul et à réfléchir sur l’absurdité parfois inhérente à l’industrie hollywoodienne, qui crée des héros plus grands que nature mais souvent unidimensionnels.

Le film n’a pas été un succès commercial, en partie à cause de sa sortie mal chronométrée face à Jurassic Park de Steven Spielberg, et il fut souvent mal compris à l’époque. Mais avec le recul, Last Action Hero est devenu un objet culte pour les cinéphiles qui apprécient sa capacité à allier divertissement et commentaire acerbe sur l’industrie du cinéma. Loin d’être une simple parodie, le film propose une réflexion intelligente sur la manière dont nous consommons les films et sur le rôle des stars comme Schwarzenegger dans l’imaginaire collectif.

Pour ceux qui saisissent l'humour et la profondeur de la démarche, Last Action Hero est une œuvre unique dans la carrière de Schwarzenegger, qui nous permet à la fois de rire des clichés tout en rendant hommage au cinéma d'action. C’est un film qui gagne à être redécouvert, car il fait beaucoup plus que simplement divertir : il interroge, avec ironie et tendresse, notre rapport au cinéma d’action et à ses figures héroïques.

NOTE : 14.80

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Arnold Schwarzenegger (VF : Daniel Beretta ; VQ : Dominique Briand) : Jack Slater / lui-même
Austin O'Brien (VF : Adrien Antoine ; VQ : Sébastien Thouny) : Danny Madigan
Charles Dance (VF : Gérard Berner ; VQ : Yvon Thiboutot) : Benedict
Anthony Quinn (VF : Michel Vocoret ; VQ : Jean Fontaine) : Tony Vivaldi
F. Murray Abraham (VF : Jean-Pierre Moulin ; VQ : Éric Gaudry) : John Persévère (« John Practise » en VO)
Frank McRae (VF : Sady Rebbot ; VQ : Hubert Gagnon) : le lieutenant Dekker
Tom Noonan (VF : Patrick Floersheim ; VQ : Jean-Luc Montminy) : le tueur en série / lui-même
Robert Prosky (VF : Serge Lhorca ; VQ : Ronald France) : Nick, le projectionniste
Mercedes Ruehl (VF : Frédérique Tirmont ; VQ : Madeleine Arsenault) : Irene Madigan
Bridgette Wilson (VF : Françoise Dasque ; VQ : Geneviève De Rocray) : Whitney Slater / Meredith Caprice
Art Carney (VF : Georges Berthomieu ; VQ : Hubert Fielden) : Frank
Michael V. Gazzo (VQ : Luc Durand) : Torelli
Ian McKellen (VF : Benoît Allemane ; VQ : Vincent Davy) : la Mort du Septième Sceau
Professor Tanaka (en) (VF : Lionel Henry ; VQ : Stéphane Rivard) : l'asiatique costaud
Joan Plowright (VF : Régine Blaess ; VQ : Bernadette Morin) : l'enseignante
Tina Turner (VQ : Élizabeth Chouvalidzé) : la mairesse de Los Angeles (dans le film Jack Slater III)
Angie Everhart (VF : Marie-Brigitte Andreï) : l'employée du vidéo-club
Danny DeVito (VF : Emmanuel Karsen ; VQ : Jacques Lavallée) : voix de Moustache (« Whiskers » en VO)
James Belushi (VF : Michel Derain ; VQ : Jean-Marie Moncelet) : lui-même
Maria Shriver (VQ : Élise Bertrand) : elle-même
Little Richard (VF : Med Hondo ; VQ : Daniel Lesourd) : lui-même
Chevy Chase : lui-même
Karen Duffy : elle-même
Larry Ferguson : lui-même
Leeza Gibbons : elle-même
MC Hammer (VQ : Stéphane Rivard) : lui-même
Jean-Claude Van Damme (VF : Lionel Henry ; VQ : Daniel Picard) : lui-même
Damon Wayans : lui-même
Sharon Stone : Catherine Tramell (caméo)
Robert Patrick : le T-1000 (caméo)
Wilson Phillips : le groupe de musiciennes lors des funérailles de Leo
Patrick Flanagan : un punk
Donna Borghoff (VQ : Violette Chauveau) : une prostituée
John McTiernan Sr. : l'homme au stand des cigares
Tiffany Lynne Puhy (VF : Sophie Arthuys ; VQ : Aline Pinsonneault) : la fille qui demande un autographe
Timothy Dalton : lui-même (caméo)
Jeffrey Braer (VF : Sophie Arthuys ; VQ : Inti Chauveau) : Skeezo (« Skeezy » en VO)

mercredi 28 août 2024

12.90 - MON AVIS SUR LE FILM PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE DE ALFRED HITCHCOCK (1964)

 

Vu le film Pas de Printemps avec Marnie de Alfred Hitchcock (1964) avec Tippi Hedren Sean Connery Bruce Dern Diane Baker Martin Gabel Alan Napier Louise Latham Mariette Hartley Henry Beckham Edith Evanson Bob Sweeney Meg Wyllie

Mark Rutland, éditeur, vient d'embaucher Marnie Edgar, une femme qui vole dans la caisse de ses patrons à chaque nouvel emploi. Bien que Mark soit au courant de la kleptomanie de la jeune femme, il décide de l'engager quand même et tente de percer le secret de cette femme à la beauté troublante.

Pas de Printemps pour Marnie (1964), réalisé par Alfred Hitchcock, est souvent considéré comme un film à part dans la filmographie du maître du suspense. Bien qu'il ne soit pas aussi emblématique que Psychose ou Fenêtre sur Cour, il reste fascinant par son exploration psychologique des personnages, en particulier celui de Marnie, incarnée par Tippi Hedren. Ce film est plus un thriller psychologique qu'un pur suspense, et il est souvent perçu comme l'une des œuvres les plus personnelles et complexes d'Hitchcock.

L’histoire suit Marnie Edgar, une kleptomane compulsive au passé traumatisé, qui rencontre Mark Rutland, un riche homme d'affaires joué par Sean Connery. Mark, fasciné par Marnie, la manipule pour la "réparer", un thème récurrent chez Hitchcock, souvent obsédé par l'idée de contrôler et de façonner ses héroïnes féminines.

L’un des principaux reproches que l’on peut faire au film est effectivement le choix de Sean Connery pour le rôle masculin principal. Connery, alors tout juste sorti de son succès en tant que James Bond, semble en effet mal à l’aise dans l’univers hitchcockien. Son jeu, souvent empreint d’une virilité froide et de domination charismatique, fonctionne mieux dans des rôles d’action ou de séduction directe que dans l’atmosphère complexe et ambiguë qu'Hitchcock aime créer. En ce sens, Connery manque peut-être de la subtilité et de la finesse psychologique requises pour un film aussi introspectif. On peut facilement imaginer Cary Grant dans ce rôle, tant il incarnait parfaitement l'ambiguïté élégante et le charme ambigu souvent requis chez les héros hitchcockiens.

Cela dit, le film n’en reste pas moins fascinant, en grande partie grâce à la performance de Tippi Hedren. Son personnage de Marnie est captivant, troublant et complexe, et Hitchcock, en bon manipulateur, l’utilise comme un pion dans son jeu de pouvoir. Hedren, déjà révélée dans Les Oiseaux, se montre ici encore plus vulnérable et torturée. L’interprétation de Marnie comme une femme dévastée par des traumatismes sexuels et psychologiques est troublante, surtout dans le contexte de l’époque où ces thèmes étaient rarement abordés de manière aussi frontale.

Visuellement, Hitchcock continue de démontrer sa maîtrise de la mise en scène. Les scènes de rêve, les couleurs vibrantes et la symbolique (notamment autour de la couleur rouge qui déclenche les crises de Marnie) sont autant de signes de la patte du réalisateur. Il joue avec les perceptions du spectateur, et chaque scène est minutieusement construite pour évoquer le malaise et la tension.

Pas de Printemps pour Marnie souffre de certaines longueurs et de choix narratifs parfois discutables. L’intrigue psychologique, bien que fascinante, peut sembler lente et étouffante, avec un côté presque clinique dans la manière dont Hitchcock décortique les troubles de Marnie. Le film a une atmosphère pesante, où l’on ressent moins la nervosité et l’urgence du suspense habituel d'Hitchcock, remplacées par une analyse méthodique des troubles psychiques.

Il est indéniable que ce film n’est pas un Hitchcock classique, ni un de ses plus accessibles. Pourtant, il est profondément révélateur de l’évolution du réalisateur, qui s’intéresse de plus en plus à la psyché humaine. Même si Connery n’incarne pas à la perfection l’idéal hitchcockien, Pas de Printemps pour Marnie reste un film complexe et audacieux, qui pousse les limites du thriller psychologique. Hitchcock, même imparfait, est toujours captivant et mérite d’être vu pour son approche unique de la psychologie, de la manipulation et du contrôle.

NOTE : 12.90

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Acteurs non crédités :


11.20 - VU LE FILM N'AVOUE JAMAIS DE YVAN CALDERAC (2024)


Vu le film N’Avoue Jamais de Yvan Calderac (2024) avec Sabine Azema André Dussolier Thierry Lhermitte Joséphine de Meaux Gael Giraudeau Michel Boujenah Sébastien Chassagne Eva Rami Christiane Conil

François Marsault, ancien haut gradé de la marine, est farouchement attaché aux traditions. Pour un homme de principe comme lui, lorsqu'il apprend que son épouse l'a trompé 40 ans plus tôt, une seule solution : divorcer. Mais à 73 ans et après 50 ans de mariage, ça n'est pas si simple.

N’avoue jamais, réalisé par Yvan Calbérac, est une comédie qui, bien que charmante par certains aspects, peine à véritablement se démarquer du genre. Connu pour ses talents d’écriture et sa capacité à créer des situations légères et des quiproquos amusants, Calbérac livre ici un film sympathique mais quelque peu prévisible, manquant de la profondeur et de la subtilité que l’on pourrait attendre d’une comédie plus sophistiquée.

Le film repose sur un duo d’acteurs talentueux qui apportent une certaine énergie et de la fraîcheur à l’écran. Leur dynamique fonctionne bien, et on sent qu’ils se sont amusés à jouer ensemble. Cependant, malgré leur charisme indéniable, ils ne parviennent pas à sauver un scénario qui s’engouffre rapidement dans des clichés et des situations attendues. Dès les premières minutes, on peut deviner où l'intrigue va nous mener, notamment en ce qui concerne la fin, qui semble évidente dès le début. Le titre lui-même, N’avoue jamais, trahit presque déjà l’issue du film.

L’intrigue suit un schéma classique de malentendus et de secrets qui conduisent les personnages dans une série de situations embarrassantes et de quiproquos comiques. Si ce genre de scénario a déjà fait ses preuves dans de nombreuses comédies romantiques ou de mœurs, ici, l’écriture manque de surprise. Les rebondissements sont téléphonés, et on anticipe souvent la réplique ou la situation avant même qu’elle ne se produise, ce qui atténue considérablement l’impact comique du film. Ce manque de nouveauté empêche le spectateur de réellement s’investir dans l’histoire, puisqu’il n’y a jamais de réelle surprise à l’horizon.

Yvan Calbérac n’est certes pas Alain Resnais, et la comparaison peut paraître sévère, mais elle est inévitable quand on s’attaque à un genre aussi délicat que la comédie intelligente. Là où Resnais parvenait à jouer avec les codes du cinéma et de la narration pour proposer des œuvres à la fois drôles et profondes, Calbérac reste ici à la surface des choses. Il s’appuie sur des ressorts comiques éprouvés mais sans jamais les renouveler ou les transcender. En conséquence, le film reste une gentille comédie, agréable à regarder, mais loin d’être mémorable.

Cela dit, N’avoue jamais possède tout de même un certain charme, notamment grâce à une mise en scène fluide et une direction d’acteurs qui privilégie l’énergie et la légèreté. Le réalisateur parvient à créer une atmosphère plaisante et chaleureuse, où l’on se laisse entraîner malgré la prévisibilité du scénario. C’est un film qui, sans prétention, remplit son rôle de divertissement, même s’il laisse un goût d'inachevé.

Le film fonctionne principalement pour ceux qui recherchent une comédie légère, sans grandes ambitions artistiques ou narratives. Il offre des moments amusants, parfois touchants, et une ambiance agréable. Cependant, pour les spectateurs qui attendent un peu plus de profondeur, d’ironie ou d'originalité dans le traitement des thèmes, N’avoue jamais risque de décevoir.

NOTE : 11.20

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Ivan Calbérac
  • Scénario : Ivan Calbérac
  • Musique : Laurent Aknin
  • Décors : Julia Lemaire
  • Costumes : Rebecca Renault
  • Photographie : Philippe Guilbert
  • Son : Philippe Fabbri, Vincent Cosson et Jérôme Gonthier
  • Montage : Reynald Bertrand
  • Production : Antoine Pezet, Jérôme Corcos, Nicolas Mauvernay
  • Sociétés de production : Nac Films, Mizar Films co-production Wild Bunch DistributionFrance 3 Cinéma
  • Société de distribution : Wild Bunch Distribution (France)
  • Budget : 5 millions d'euros

DISTRIBUTION

14.20 - VU LE FILM PRISCILLA DE SOFIA COPPOLA (2023)


Vu le film Priscilla de Sofia Coppola (2024) avec Cailee Spaeny Jacob Elordi Dagmara Dominczyk  Deana Jarvis Luke Humphrey Jorja Cadence Emily Mitchell Tim Post Ari Cohen R Austin Ball

En 1959Priscilla Beaulieu, âgée de 14 ans, vient d'arriver à Bad Nauheim, en Allemagne. Son père y est affecté sur une base militaire américaine. Elle rencontre Elvis Presley, qui accomplit son service militaire, lors d'une soirée. Elvis s'intéresse tout de suite à l'adolescente, mais reste conscient de la différence d'âge. Les parents de celle-ci sont quant à eux très réticents à la voir fréquenter une star, alors qu'elle est encore très jeune. Lorsqu'Elvis rentre aux États-Unis, Priscilla reste sans nouvelles, et est vite convaincue qu'il l'a oubliée.

Le film Priscilla de Sofia Coppola est une œuvre délicate et mélancolique, qui s’intéresse à l'histoire d'amour complexe et tourmentée entre Priscilla Beaulieu et Elvis Presley. Contrairement à de nombreux biopics qui se concentrent principalement sur la carrière musicale et la vie publique d’Elvis, Sofia Coppola choisit ici de raconter l’histoire d’une jeune femme, projetée dans un monde de célébrité et de pression médiatique auquel elle n’était pas préparée. C’est un film sur l'intimité, la fragilité et l’isolement, où la caméra de Coppola capte avec sensibilité l’évolution intérieure de Priscilla, interprétée de façon remarquable par Cailee Spaeny.

Le film débute lorsque Priscilla, alors âgée de 14 ans, rencontre Elvis, déjà une superstar planétaire. La différence d'âge et de milieu social est frappante : elle, issue d'une famille aisée, bien éduquée, avec des principes ; lui, le roi du rock, dont chaque geste est scruté par une armée de paparazzis et dont les fans rêvent de prendre la place de Priscilla. Ce contraste crée une tension narrative subtile : comment une adolescente peut-elle évoluer dans cet univers écrasant sans perdre son identité ?

Sofia Coppola, fidèle à son style, livre un film qui respire la poésie visuelle et émotionnelle. La photographie est exceptionnelle, baignant les personnages dans une lumière douce et rêveuse qui capture à merveille l’intemporalité de l’amour et des désillusions. Les décors, les costumes, et l'atmosphère générale sont soignés à l'extrême, transportant le spectateur dans une époque à la fois glamour et étouffante. La réalisatrice maîtrise l’art de l’ellipse, laissant souvent les moments les plus intimes hors-champ, notamment ceux de la chambre à coucher, préservant ainsi une certaine pudeur et distance. Cette approche subtile est l’une des forces du film : elle laisse place à l’imagination et permet au spectateur de ressentir plutôt que de simplement voir.

Ce qui distingue également Priscilla des autres films sur Elvis, comme celui de Baz Luhrmann, c'est son point de vue résolument centré sur la jeune femme, faisant de son expérience le cœur émotionnel du film. Là où Luhrmann plongeait dans l'extravagance et l'énergie frénétique de la carrière d'Elvis, Coppola préfère s'attarder sur les moments d'intimité et de solitude, dessinant avec précision le portrait d'une femme cherchant à se définir en dehors de l’ombre de son compagnon célèbre. La bande-son, sublime, accompagne à la perfection cette ambiance, mêlant morceaux iconiques de l’époque à des compositions plus mélancoliques, renforçant ainsi l'émotion douce-amère qui traverse le film.

Cailee Spaeny est impeccable dans le rôle de Priscilla, incarnant à la fois l’innocence, la confusion et la force intérieure de son personnage. Elle parvient à rendre crédible l’évolution de cette jeune fille vers la femme qu'elle deviendra, tout en capturant la souffrance silencieuse d’une personne qui cherche sa place dans un monde où tout tourne autour de son partenaire. Cependant, la véritable révélation du film est Jacob Elordi dans le rôle d’Elvis Presley. Loin de l’exubérance à laquelle on pourrait s’attendre, Elordi propose une interprétation tout en subtilité, où l'homme derrière la star transparaît avec vulnérabilité. Il n’essaie pas de copier l’Elvis iconique, mais d’en montrer les failles, les doutes et les contradictions. Ce choix d’incarner un Elvis plus intériorisé et fragilisé est audacieux et fonctionne à merveille, rendant le personnage plus humain, plus touchant.

Coppola n'a pas cherché à faire un film sensationnaliste ou excessif, mais plutôt à proposer un regard intimiste sur une relation marquée par des déséquilibres de pouvoir, la célébrité et la solitude. Le film se présente presque comme un contrepoint à la vision explosive et baroque de Luhrmann, en se focalisant sur l'individu derrière la façade publique et en explorant les effets de la célébrité sur les relations personnelles.

NOTE : 14.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

6.20 : MON AVIS SUR LE FILM TANGO ET CASH DE ANDREI KONCHALOVSKY ET ALBERT MAGNOLI (1989)


Vu le film Tango et Cash de Andreï KontchalovskiAlbert Magnoli (1989) avec Sylvester Stallone Kurt Russel Teri Hatcher Jack Palance Brion James James Hong Robert Z’Dar Michael J.Pollard Marc Alaimo Clint Howard Philip Tan

Ray Tango et Gabe Cash ont la réputation d'être les meilleurs policiers de Los Angeles. Pourtant, tout semble les opposer : Tango aime jouer à la bourse, collectionne les belles voitures, tandis que Cash fait plutôt figure de mauvais garçon.

Tango & Cash (1989), réalisé par Andrei Kontchalovski, est l'un des films d'action emblématiques de la fin des années 80, incarnant l'esprit exubérant et décomplexé de cette époque. Le film repose sur un duo d'acteurs incontournable : Sylvester Stallone, dans le rôle de Ray Tango, et Kurt Russell, incarnant Gabe Cash. Tous deux sont des flics aux méthodes opposées mais avec la même détermination à combattre le crime. Stallone incarne un flic raffiné, méthodique, et sophistiqué, tandis que Russell est un anti-héros plus brut, sarcastique et impulsif. Leur dynamique, fondée sur une rivalité initiale qui se transforme en camaraderie, est l'une des forces motrices du film.

Ce "buddy cop movie" mise beaucoup sur l'alchimie entre les deux acteurs et sur leur talent pour les répliques acerbes et humoristiques. Le scénario est volontairement excessif, mêlant action, explosions spectaculaires, et une intrigue de vengeance classique. Tango et Cash sont accusés à tort d’un crime et doivent s'évader de prison pour prouver leur innocence tout en démantelant un empire criminel.

L’aspect visuel du film est un hommage aux tropes de l'époque : des fusillades chaotiques, des courses-poursuites échevelées et des cascades extravagantes. La mise en scène est dynamique, privilégiant un rythme effréné au détriment d'une complexité narrative. L'intrigue est simple, presque prétexte, mais c'est justement ce qui fait la force du film : il ne prétend jamais être autre chose qu'un pur divertissement. Ce n’est pas un film qui se prend au sérieux, et cela se ressent dans le ton humoristique omniprésent, contrastant souvent avec la violence des scènes d’action.

L’aspect kitsch des années 80 est omniprésent : des coiffures volumineuses, aux vêtements en cuir, en passant par la bande-son rock, tout contribue à inscrire le film dans cette époque. Le méchant principal, incarné par Jack Palance, est caricatural à souhait, renforçant encore l’ambiance survoltée et presque cartoonesque du long métrage.

Cependant, il faut admettre que Tango & Cash n’est pas exempt de défauts. La cohérence scénaristique est parfois secondaire face à l’enchaînement des scènes d’action, et certains personnages secondaires sont réduits à de simples archétypes. Les dialogues, bien que souvent savoureux, peuvent paraître excessivement clichés et caricaturaux. Les critiques de l'époque ont d'ailleurs été mitigées, beaucoup soulignant le manque de profondeur du film et son aspect chaotique, dû en partie aux conflits en coulisses entre le réalisateur et le studio.

Malgré cela, pour les amateurs de films d’action des années 80, Tango & Cash reste un incontournable. Il incarne tout ce qui fait le charme de cette époque : une surenchère de tout, du spectacle avant tout, avec deux icônes du cinéma d’action au sommet de leur forme. Ce film est une lettre d'amour aux amateurs de films de flics musclés et insouciants, avec juste ce qu'il faut d'humour et de folie pour être mémorable. Le film n'est peut-être pas un chef-d'œuvre, mais il s'assume pleinement en tant que divertissement pur et dur, et c'est probablement pour cela qu'il continue de susciter la nostalgie parmi les fans.

NOTE : 6.20

FICHER TECHNIQUE

Producteur déléguée : Peter MacDonald

DISTRIBUTION

Sylvester Stallone (VF : Richard Darbois et VQ : Dominique Briand) : le lieutenant Raymond « Ray » Tango
Kurt Russell (VF : Emmanuel Jacomy et VQ : Jean-Luc Montminy) : le lieutenant Gabriel « Gabe » Cash
Teri Hatcher (VF : Michèle Buzynski et VQ : Violette Chauveau) : Katherine « Kiki » Tango
Jack Palance (VF : Jean-Claude Michel et VQ : Albert Millaire) : Yves Perret, trafiquant de drogue et d'armes
Brion James (VF : Jean-Claude Sachot) : Courier / Andre Requin
Geoffrey Lewis (VF: Jean-Pierre Moulin) : le capitaine Shroeder (non crédité)
Edward Bunker (VF : Claude Joseph et VQ : Benoit Marleau) : le capitaine Holmes
Michael J. Pollard (VF : Jean-Pierre Leroux et VQ : Marc Bellier) : Owen, ingénieur en robotique
Lewis Arquette (VF : Marc Cassot et VQ : Jean-Marie Moncelet) : l'agent fédéral Howard Wyler
James Hong (VF : Jean-Claude Robbe) : Quant
Marc Alaimo (VF : Daniel Gall) : Lopez
Michael Jeter (VF : Philippe Peythieu) : Skinner
Phil Rubenstein (en) (VF : Jacques Ferrière) : le directeur adjoint Warden Matt Sokowski
Roy Brocksmith : l'agent fédéral Gerard Davis
Clint Howard (VF : Gilbert Lévy) : Slinky
Robert Z'dar (VF : Jean-Paul Richepin) : Face (« Conan » en VF)
David Byrd (VF : Jean Michaud) : le juge McCormick
Richard Fancy (en) (VF : Pierre Hatet) : Nolan
Bing Russell : le conducteur du minivan
Saveli Kramarov : le propriétaire de la voiture