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jeudi 10 septembre 2026

5.90 - MON AVIS SUR LE FILM MUTINY DE JEAN FRAN9OIS RICHET (2026)


 Vu le Film Mutiny de Jean François Richet (2026) avec Jason Statham Annabelle Waillis Roland Moller Jason Wrong Ben Cartwright Adrian Lester


Un film stathamesque, certes, mais est-ce vraiment une qualité ? Eh bien non, mille fois non, plus que non ! Jason Statham, malgré deux films vus de lui, ne m’a jamais vraiment donné de plaisir, pas même celui de découvrir un bon vieux film badass comme je les aime. Il n’a jamais été et ne sera jamais, à mes yeux, dans la lignée de ses glorieux prédécesseurs que furent Stallone, Schwarzy et Bruce Willis, ces trois-là ayant quand même réussi à transformer le film d’action des années 80 en véritable terrain de jeu, avec des personnages, des scénarios, de l’humour, des punchlines, des méchants qui avaient de vraies gueules de méchants et surtout un plaisir communicatif à tout faire exploser.


Dans Mutiny, Jason Statham incarne Cole Reed, ancien agent des forces spéciales reconverti dans la sécurité privée, qui assiste au meurtre de son patron milliardaire et se retrouve accusé à sa place. Il va donc remonter la piste de cette machination avant de s’infiltrer à bord d’un porte-conteneurs rempli de mercenaires, où les coups de poing, les flingues et les règlements de comptes vont évidemment remplacer toute possibilité de prendre tranquillement le temps de réfléchir.


Sur le papier, pourtant, il y avait de quoi faire. Un cargo en pleine mer, un héros traqué, une conspiration internationale, des mercenaires, une femme qui l’accompagne dans cette drôle de galère avec Annabelle Wallis, Roland Møller dans le rôle du capitaine Marko Madsen et Adrian Lester dans celui du capitaine Adam Spencer : Jean-François Richet avait de quoi nous fabriquer une bonne vieille série B musclée qui aurait pu envoyer du lourd.


Mais voilà justement le problème : ça flingue, ça cogne, ça Statham, mais ça ne m’amuse pas beaucoup. Et lorsqu’un film d’action ne parvient même plus à me donner ce plaisir un peu coupable que procuraient les films des années 80, je commence sérieusement à chercher où est passé le cinéma.


Parce que Richet, quand même, c’est le réalisateur de Mesrine, et pas seulement d’un petit polar oublié au fond d'un tiroir. Il avait su donner de la chair à ses personnages, de la tension à son récit et surtout une vraie personnalité à son cinéma. Depuis, j’ai parfois l’impression que plus il y a de billets verts autour d’un projet, moins son travail retrouve la qualité et la liberté de ses débuts. Ici, il semble surtout devoir faire fonctionner la machine Statham, et la machine Statham fonctionne effectivement : elle avance, elle frappe, elle tire, elle encaisse et elle recommence.


Mais un film d’action ne devrait pas être uniquement une machine.


C’est là que je bloque avec Jason Statham. Je reconnais parfaitement ses qualités physiques, son efficacité, son côté dur à cuire et cette capacité à faire comprendre en trois secondes qu’il va probablement casser la figure au type qui se trouve en face de lui. Mais où est le fun ? Où sont les personnages que l’on a envie de retrouver ? Où sont les répliques qui restent en tête ? Où est cette démesure joyeuse qui faisait que l’on pouvait sortir d’un Stallone ou d’un Schwarzy avec le sourire jusqu’aux oreilles ?


Avec Mutiny, Richet nous sert donc un film d’action qui sent malheureusement la naphtaline. Pas parce qu’il reprend les codes du genre, car reprendre les codes du cinéma d’action n’a jamais été un défaut, mais parce qu’il semble avoir oublié ce qui permettait à ces codes de fonctionner : le plaisir, l’ironie, l’excès, la personnalité et surtout cette impression que les réalisateurs et les acteurs s’amusaient eux-mêmes avec leurs jouets.


Ici, tout est sérieux, tout est tendu, tout est calibré et tout semble avoir été fabriqué pour que Statham puisse faire du Statham. Même le fait qu’il soit également producteur du film avec sa société Punch Palace Productions donne finalement l’impression d’une mécanique parfaitement huilée autour de son personnage.


Alors oui, Mutiny possède ses scènes d’action, ses fusillades, ses bastons et son Jason Statham en mode bulldozer humain. Mais personnellement, je reste à quai. Je préfère largement revoir Stallone, Schwarzy ou Willis faire exploser un immeuble avec une vanne à deux balles plutôt que de regarder Statham casser vingt mâchoires avec le même visage fermé.


Jean-François Richet sait pourtant filmer l’action, et il l’a déjà prouvé. Mais ici, malgré le bateau, les mercenaires, la conspiration et les billets verts, j’ai surtout eu l’impression de monter à bord d’un cargo qui avait oublié de charger sa cargaison principale : le plaisir.


Alors Mutiny, c’est stathamesque, oui. Mais être stathamesque n’est décidément pas une qualité en soi. Et pour moi, ce cinéma d’action-là a beau flinguer dans tous les coins, il sent quand même furieusement la naphtaline.

NOTE : 5.90

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation Jean-François Richet
  • Scénario : Lindsay Michel et J. P. Davis
  • Décors : Russell De Rozario
  • Costumes : Loulou Bontemps
  • Photographie : Brendan Galvin
  • Montage David Rosenbloom et Joe Rosenbloom
  • Musique : Marcus Trumpp
  • Production : Marc Butan et Jason Statham
    • Production exécutive : Tarak Ben Ammar, Thierry Desmichelle, Arman Dishdishyan, Alexander Janssen, Mariusz Lukomski, Pedro Rodriguez, Ignacio Segura de Lassaletta, Toshihiro Takahashi, Carlo Vincenti, Allen Liu, Donald Sabourin, Evan Powell, Samantha Waite, Alastair Burlingham et Gary Raskin
    • Coproduction : Joshua Cassar Gaspar et Alon Michael Hattingh
  • Sociétés de production : MadRiver Pictures et Punch Palace Productions
  • Sociétés de distribution Lionsgate (Amérique du Nord), Sky Cinema (Royaume-Uni), SND Groupe M6 (France)
  • Budget 40 000 000 $

DISTRIBUTION

  • Jason Statham (VF Boris Rehlinger) : Cole Reed
  • Annabelle Wallis : Angie Ellis
  • Roland Møller : le capitaine Marko Madsen
  • Jason Wong (VF : Stéphane Fourreau) : Taran
  • Ben Cartwright : le lieutenant Underwood
  • Adrian Lester : le capitaine Adam Spencer
  • Arnas Fedaravicius
  • Lee Charles : Padraig
  • Chaneil Kular (VF : Florent Pochet) : Kameron
  • Tom Christian (VF : Swan Demarsan) : Bertus
  • Steven Blades : le commandant Tully

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