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dimanche 31 mars 2019

PALMARES DE SERIES MANIA 2019

Après un marathon sériel intense de plus d’une semaine, les différents jurys de cette nouvelle édition du festival lillois Séries Mania ont rendu leurs verdicts. Avec le Grand prix et le prix d’interprétation masculine amplement mérités, “The Virtues” sort grand vainqueur, suivi par l’étonnante française “Mytho”.

Source : Télérama


Compétition internationale

Grand Prix : The Virtues de Shane Meadows


Une formidable odyssée intime d’un homme largué par la vie. Meadows (This is England) taille son récit dans un bloc d’humanité pure et nous touche en plein coeur. Stephen Graham (voir plus loin) y est aussi pour beaucoup. Il n’y avait pas photo.
Prix spécial du Jury : Just for today de Nir Bergman et Ram Nehari
Une directrice d’un centre de réinsertion pour condamnés en probation voit ressurgir un détenu pour lequel, des années plus tôt, elle a mis sa carrière en péril. Ce dernier découvre la vie du centre où il est hébergé dans un provisoire qui s’annonce durable. Ce drame social superbement mis en scène et photographié confirme le savoir-faire de la télévision israélienne et le talent de ses auteurs.
Prix d’interprétation féminine : Marina Hands dans Mytho (sur Arte, dernier trimestre 2019)
En mère coupable, presque malgré elle, d’un gros mensonge pour retrouver les faveurs des siens, Marina Hands délivre une perfomance remarquable et plus subtile qu’il n’y paraît. Elle confère à son personnage une fausse naïveté lunaire et risible qui masque en réalité un mal-être profond, palpable même dans la plus discrète de ses expressions.
Prix d’interprétation masculine : Stephen Graham dans The Virtues
A moins d’une surprise qui aurait déclenché un gros scandale chez les festivaliers, ce prix ne pouvait échapper à Graham, acteur fétiche de Shane Meadows, qui campe avec un réalisme hallucinant cet homme au bout du rouleau, décidé à affronter les fantômes de son passé. Une interprétation physique monstrueuse qui s’appuie aussi sur un visage bouleversant, laissant entrevoir le regard tendre et perdu d’un ancien petit garçon écorché par la vie.

Compétition française

Prix de la meilleure série : Une Ile de Gaia Guasti et Aurélien Molas (sur Arte courant 2019)
Nous ne sommes pas du tout d’accord avec le jury composé de nos consoeurs et confrères de la presse étrangère. Malgré quelques beaux plans – noyés dans une esthétique aquatique de pub pour parfums – les deux premiers épisodes sur cette sirène vengeresse s’avèrent ennuyeux et bancals. Et la représentation complaisante des corps féminins (surtout des deux jeunes actrices) nous a beaucoup dérangés. On pardonne volontiers à Arte qui tente et réussit des projets osés (Edenet Mytho par exemple) et a logiquement le droit de se tromper. C’est rare mais c’est notre avis pour cette série.
Prix d’interprétation féminine : Carole Weyers dans Double Je (France 2)
Pimpante et énergique, Carole Weyers détonne dans le rôle d’une flic qui mène l’enquête avec… un ami imaginaire. Elle apporte une fraîcheur bienvenue à un polar par ailleurs très classique. 
Prix d’interprétation masculine : Grégory Montel dans Le Grand bazar (très bientôt sur M6)
Dans cette série rythmée et plaisante sur la famille, signée Baya Kasmi, Grégory Montel augmente avec brio son capital sympathie, acquis dans Dix pour cent. Il campe avec bienveillance un papa poule juste et touchant.

Autres récompenses

Prix du panorama international : Exit de Petter Testmann-Koch et Øystein Karlsen
Imaginé à partir de témoignages réels, ce mockumentaire norvégien sombre et sauvage dynamite le capitalisme, façon American Psycho. Une série choc et osée mais loin d’être la plus fine de ce panorama.
Prix du format court People talking (Gente hablando) de Álvaro Carmona
« Des gens qui parlent », voilà l'idée simple comme bonjour de cette série espagnole, où deux personnages se font face dans une discussion à battons rompus : les deux premiers épisodes mettent en scène un rencard Tinder dans un bar et une confession à l'église. Efficaces, impeccablement dialogués et interprétés, intelligents et drôles, ils exploitent le format court sans fioritures.
Prix du public : Mytho de Anne Berest et Fabrice Gobert (Arte)

BOX OFFICE FRANCE DE LA SEMAINE DERNIERE

  • Captain Marvel rayonne toujours au box office hexagonal avec une troisième semaine consécutive en tête du classement. Avec près de 355 000 nouvelles entrées au compteur, l'aventure emmenée par Brie Larson approche désormais des 2,5 millions de spectateurs.
  • A l'échelle Marvel, le film a notamment dépassé Les Gardiens de la Galaxie (2,39), Spider-Man: Homecoming (2,31) et Venom (2,28).
  • Captain Marvel a désormais largement dépassé une autre super-héroïne, Wonder Woman, qui avait bouclé sa carrière en salles avec 2,16 millions de billets vendus.
  • A la deuxième place du classement, le film d'horreur Us effraie plus de 285 000 spectateurs. C'est moins que Get Out, précédent opus de Jordan Peele, qui avait totalisé plus de 465 000 entrées en première semaine.
  • Belle santé du cinéma français, qui place sept de ses représentants dans le top 10. Mention à Rebelles, qui approche les 600 000 entrées, et au Chant du loup, qui totalise désormais 1,33 million de billets vendus.
  • A la neuvième place, notons enfin que la comédie Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ? franchit le cap des 6,5 millions de spectateurs. Pour rappel, le premier film avait cumulé 12,3 millions d'entrées.
BOX-OFFICE DU 20 AU 26 MARS 2019 : LE TOP 10
Rang (Rang précédent)FilmEntréesCumul
1 (1er)Captain Marvel354 4622 491 533
2 (Nouveauté)Us285 741285 741
3 (2e)Rebelles174 700596 941
4 (Nouveauté)Walter168 564168 564
5 (4e)Mon bébé127 030488 928
6 (6e)Le Mystère Henri Pick118 842746 632
7 (Nouveauté)Qui m'aime me suive!107 993107 993
8 (7e)Le Chant du loup94 7541 339 594 
9 (5e)Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ?90 8726 535 966
10 (3e)Dragon Ball Super: Broly90 842490 947

samedi 30 mars 2019

NOMINATION DES LOLA GERMAN FILMS AWARDS 2019 (César Allemand)

Puisque les Allemands ne font rien comme tout le monde, c’est seulement hier que les nominations pour la 69ème cérémonie des  ont été annoncées. La soirée festive du cinéma allemand, à peu près équivalente à celle des César en France, aura lieu le vendredi 3 mai à Berlin. D’ici là, les environ deux mille membres de l’Académie du cinéma allemand voteront pour les lauréats, à partir de ces nominations qui avaient été déterminées, selon le corps de métier des professionnels du cinéma allemand, à partir d’une présélection opérée par des commissions distinctes.
Contrairement à d’autres prix nationaux de cinéma en Europe, les Lolas ont un attrait financier direct, puisqu’ils sont dotés d’une somme de près de trois millions d’euros par la secrétaire d’état à la culture et aux médias d’Allemagne. Le lauréat du Meilleur Film recevra par exemple 500 000 € et tous les nommés dans la catégorie reine une prime de 250 000 €, les Meilleurs acteurs et au demeurant la plupart des autres heureux élus respectivement 10 000 € et ainsi de suite. Seuls le prix honorifique et le prix du plus grand succès au box-office allemand d’une production locale – vous voyez, les Français ne sont pas les seuls à avoir eu cette idée de génie … – n’impliquent aucune récompense monétaire. Le champion commercial s’en remettra sans aucun doute puisque celui de l’année 2018, Der Junge muss an die frische Luft de , réalisatrice connue surtout en France pour son drame colonial oscarisé en 2003 Nowhere in Africa, a attiré près de trois millions et demi de spectateurs dans les salles obscures d’outre-Rhin.

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Comme déjà annoncé le 6 mars, c’est la réalisatrice allemande  (* 1942) qui recevra le prix honorifique de l’Académie du cinéma allemand pour l’ensemble de son œuvre. Initialement actrice chez Volker Schlöndorff (Baal et Le Coup de grâce) et Rainer Werner Fassbinder (Les Dieux de la peste et Prenez garde à la sainte putain), von Trotta avait co-réalisé son premier film aux côtés de Schlöndorff en 1975 : L’Honneur perdu de Katharina Blum. Par la suite, elle avait réalisé, seule, des films aussi marquants du cinéma allemand que Les Années de plomb – Lion d’or au Festival de Venise en 1981 – et Rosa Luxemburg, ainsi que plus récemment Rosenstrasse et Hannah Arendt. Son documentaire sur Ingmar Bergman, A la recherche de Ingmar Bergman, a été éclipsé quelque peu l’année dernière par l’autre regard sur le travail du réalisateur suédois Bergman Une année dans une vie de Jane Magnusson. Ses confrères de l’Académie du cinéma allemand l’avaient nommée à quatre reprises, pour ses collaborations avec Volker Schlöndorff respectivement en tant que Meilleure actrice dans un second rôle dans Der plötzliche Reichtum der armen Leute von Kombach et comme Meilleure actrice dans Strohfeuer, comme Meilleure réalisatrice pour Rosa Luxemburg et Hannah Arendt, ainsi que pour le scénario de ce dernier.

Source : Critique Film.Fr
Meilleur Film
25 km/h de Markus Goller, sans date de sortie en France
Gundermann de , sans date de sortie en France
Der Junge muss an die frische Luft de Caroline Link, sans date de sortie en France
Das schönste Mädchen der Welt de Aron Lehmann, sans date de sortie en France
Styx de , sortie française le 27 mars
 de Christian Petzold

Meilleur réalisateur
Andreas Dresen pour Gundermann, sans date de sortie en France
Wolfgang Fischer pour Styx, sortie française le 27 mars
Caroline Link pour Der Junge muss an die frische Luft, sans date de sortie en France

Meilleure actrice
 dans Das schönste Paar, sans date de sortie en France
Aenne Schwarz dans Comme si de rien n’était, sortie française le 3 avril
 dans Styx, sortie française le 27 mars

Meilleur acteur
 dans Atlas, sans date de sortie en France
 dans Der goldene Handschuh, sans date de sortie en France
 dans Gundermann, sans date de sortie en France

Meilleure actrice dans un second rôle
Luise Heyer dans Der Junge muss an die frische Luft, sans date de sortie en France
Margarethe Tiesel dans Der goldene Handschuh, sans date de sortie en France
Eva Weißenborn dans Gundermann, sans date de sortie en France

Meilleur acteur dans un second rôle
Alexander Fehling dans Das Ende der Wahrheit, sans date de sortie en France
Oliver Masucci dans Werk ohne Autor, sans date de sortie en France
Martin Wuttke dans Glück ist was für Weicheier, sans date de sortie en France

Meilleur scénario
Atlas par David Nawrath et Paul Salisbury, sans date de sortie en France
Gundermann par Laila Stieler, sans date de sortie en France
Der Junge muss an die frische Luft par Ruth Toma, sans date de sortie en France
Das schönste Mädchen der Welt par Lars Kraume, Aron Lehmann et Judy Horney, sans date de sortie en France

Meilleur Documentaire
Elternschule de Ralf Bücheler et Jörg Adolph, sans date de sortie en France
Hi A.I. de Isa Willinger, sans date de sortie en France
Of Fathers and Sons de Talal Derki, sans date de sortie en France

Meilleure photo
Gundermann – Andreas Höfer, sans date de sortie en France
Der Junge muss an die frische Luft – Judith Kaufmann, sans date de sortie en France
Nur eine Frau – Judith Kaufmann, sans date de sortie en France
Styx – Benedict Neuenfels, sortie française le 27 mars
Vom Lokführer der die Liebe sucht – Felix Leiberg, sans date de sortie en France

Meilleur montage
Gundermann – Jörg Hauschild, sans date de sortie en France
Of Fathers and sons – Anne Fabini, sans date de sortie en France
Das schönste Mädchen der Welt – Ana de Mier y Ortuño, sans date de sortie en France
Styx – Monika Willi, sortie française le 27 mars

Meilleurs décors
Der goldene Handschuh – Tamo Kunz, sans date de sortie en France
Gundermann – Susanne Hopf, sans date de sortie en France
Jim Knopf und Lukas der Lokomotivführer – Matthias Müsse, sans date de sortie en France

Meilleurs costumes
Der goldene Handschuh – Katrin Aschendorf, sans date de sortie en France
Gundermann – Susanne Hopf, sans date de sortie en France
Trautmann – Anke Winkler, sans date de sortie en France

Meilleure musique
Trautmann – Gerd Baumann, sans date de sortie en France
Le Vent de la liberté – Ralf Wengenmayr et Marvin Miller, sortie française le 10 avril
Wackersdorf – Hochzeitskapelle, sans date de sortie en France

Meilleur son
Styx – Andreas Turnwald, Uwe Dresch, Andre Zimmermann et Tobias Fleig, sortie française le 27 mars
Transit – Dominik Schleier, Christian Conrad, Martin Steyer, Andreas Mücke-Niesytka
Le Vent de la liberté – Roland Winke, Christian Bischoff et Chrissy Rebay, sortie française le 10 avril

Meilleur maquillage
Eleanor & Colette – Birger Laube et Heike Merker, sans date de sortie en France
Der goldene Handschuh – Maike Heinlein, Daniel Schröder et Lisa Edelmann, sans date de sortie en France
Gundermann – Grit Kosse et Ute Spikermann, sans date de sortie en France

Meilleur Film pour enfants
Jim Knopf und Lukas der Lokomotivführer de Dennis Gansel, sans date de sortie en France
Rocca Verändert die Welt de Katja Benrath, sans date de sortie en France