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samedi 14 mars 2026

9.50 - MON AVIS SUR LE FILM LE TESTAMENT DE ANN LEE (2026)


 Vu le Film Le Testament de Ann Lee de Mona Fastvold (2026) avec Amanda Seyfried Lewis Pullamn Thomasin McKenzie Stacy Martin Christopher Abbott Tim Blake Nelson Scott Andy 

Dans les années 1770Ann Lee quitte l'Angleterre pour New York et fonde l'Organisation de la Société Unie des Croyants dans la Deuxième apparition du Christ (United Society of Believers in Christ's Second Appearing), encore appelée les Shakers. Prêchant l'égalité des sexes et l'égalité sociale, Ann Lee est vite vénérée par ses fidèles comme l'incarnation féminine du Christ. Sa quête pour construire une utopie va cependant connaitre de nombreux tourments. 

Il y a des films fascinants sur le papier… et beaucoup moins à l’écran. C’est un peu le cas de The Testament of Ann Lee, réalisé par Mona Fastvold, qui tente de retracer la trajectoire mystique de Ann Lee, fondatrice au XVIIIᵉ siècle du mouvement religieux des Shakers. Un sujet historique étonnant, presque romanesque, où religion, utopie sociale et ferveur mystique se mêlent dans une Amérique encore en construction. 

Ann Lee est une figure spirituelle singulière. Persécutée dans l’Angleterre du XVIIIᵉ siècle, elle émigre en Amérique avec ses disciples pour fonder une communauté religieuse radicale : les Shakers. Leur doctrine repose sur des principes étonnamment modernes pour l’époque : égalité entre hommes et femmes, vie communautaire, rejet de la propriété individuelle et foi absolue dans une spiritualité collective. 

Mais voilà que ses fidèles commencent à voir en elle bien plus qu’une simple prophétesse : pour eux, Ann Lee devient un nouveau messie, une incarnation divine capable de sauver les âmes. Une idée qui, évidemment, fait basculer l’utopie religieuse dans un territoire beaucoup plus trouble… celui de la secte. 

Le film suit donc l’ascension spirituelle de cette femme charismatique, interprétée par Amanda Seyfried. Autour d’elle gravite une petite communauté de croyants convaincus, fascinés par sa parole et prêts à suivre ses visions. Sur le papier, cela promettait un grand film historique, mystique et politique. 

Mais très vite, le spectateur comprend que la réalisatrice a choisi une approche très particulière. La narration s’efface presque totalement derrière une succession de sermons, de prières et de transes collectives. Des scènes répétées, filmées dans une sorte d’extase religieuse permanente. 

Une fois, pourquoi pas. Deux fois, on commence à comprendre le principe. Mais quand cela revient encore et encore… l’expérience devient franchement éprouvante. 

Le film semble tourner en rond, prisonnier de ses propres rituels. Une redondance qui finit par provoquer un ennui assez spectaculaire. Un ennui presque mystique, pourrait-on dire. 

Et pour ajouter à l’étrangeté de l’ensemble, voilà que le film bascule par moments dans des séquences musicales chantées et dansées. Des moments censés traduire la ferveur spirituelle de la communauté… mais qui tombent un peu comme un cheveu dans la soupe. 

On est alors très loin de l’énergie de Chicago ou de la liberté psychédélique de Hair. Ici, la musique ne libère pas le film : elle l’alourdit encore davantage. 

On se demande parfois ce que l’on fait dans cette salle, surtout si l’on n’est pas particulièrement sensible à ce type de foi mystique. Les amateurs de spiritualité radicale y trouveront peut-être leur compte, mais pour les autres… la distance est grande. 

Heureusement, tout n’est pas perdu. 

La photographie est absolument magnifique. Les paysages, les lumières naturelles et les intérieurs austères de la communauté Shaker sont filmés avec un soin remarquable. Visuellement, le film possède une vraie beauté picturale. 

Et puis il y a les comédiens. Amanda Seyfried porte le film avec sérieux et intensité. Son Ann Lee est fragile, habitée, presque spectrale. Elle incarne avec conviction cette femme persuadée d’être investie d’une mission divine. 

Autour d’elle, les acteurs qui incarnent les membres de la communauté donnent aussi une vraie densité humaine à ces croyants perdus entre foi sincère et dévotion aveugle. 

Mais malgré leurs efforts, la mise en scène reste prisonnière de sa propre répétition. Le scénario semble s’enliser dans les sermons et les transes mystiques, oubliant parfois de raconter réellement une histoire. 

Et c’est bien là le problème. 

Car derrière cette biographie fascinante se cachait un potentiel immense : parler de foi, de pouvoir spirituel, de manipulation et de quête d’égalité sociale au XVIIIᵉ siècle. 

Mais à force de vouloir filmer l’extase religieuse, le film finit par provoquer… une sorte d’ennui dystopique. 

Au finalThe Testament of Ann Lee reste une curiosité étrange : un film visuellement superbe, porté par de bons acteurs, mais dont la mise en scène répétitive transforme une histoire passionnante en expérience assez soporifique. 

De quoi lever une paupière… mais rarement les deux. 🎬 

NOTE : 9.50

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Mona Fastvold
  • Scénario : Brady Corbet et Mona Fastvold
  • Décors : Sam Bader
  • Costumes : Malgorzata Karpiuk
  • Photographie : William Rexer
  • Montage : Sofía Subercaseaux
  • Musique : Daniel Blumberg
  • Producteurs : Andrew Morrison, Joshua Horsfield, Viktória Petrányi, Mona Fastvold, Brady Corbet, Mark Lampert, Klaudia Śmieja-Rostworowska, Gregory Jankilevitsch et Lillian LaSalle
  • Sociétés de production : Annapurna Pictures, Mid March Media, FirstGen, Mizzel Media, Yintai Entertainment, Kaplan Morrison et Intake Films
  • Société de distribution : Searchlight Pictures
  • Budget : 10 000 000 $

DISTRIBUTION

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