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samedi 14 mars 2026

14.20 - THE KISS OF THE SPIDER WOMEN DE BILL CONDON (2026)

 


Vu le Film Kiss of the Spider Women de Bill Condon (2026) ave Diego Luna Tonatiuh Jennifer Lopez Tony Dovolani Josefina Scaglione Eduaredi Ramos Bruno Bichir 

Argentine, 1981. Dans une prison, pendant la « Guerre sale », Luis Molina, décorateur de vitrines de mode, homosexuel efféminé, purge une peine de huit ans pour indécence publique. Il est placé dans la cellule du revolutionnaire, Valentin Arregui Paz. Pour s'échapper de l'horreur de son emprisonnement, Molina raconte chaque soir à Valentin l'histoire de son film musical préféré, mettant en vedette une actrice de cinéma classique nommée Ingrid Luna. Le film "Kiss of the Spider Woman" raconte l'histoire d'amour d'Aurora et Armando et du mythe qu'elle devra sacrifier son amour à la « femme araignée », qui tue sa proie avec un baiser. Molina est en fait censé faire parler Valentin pour lui soutirer des informations et les livrer au directeur de la prison. Mais les deux hommes vont nouer un lien improbable, et Molina ne coopère pas, au contraire, aidant Valentin et la révolution quand il sort enfin de prison. 

Il y a parfois des scandales silencieux dans la distribution des films. Et Kiss of the Spider Woman en est un parfait exemple. Une sortie en salles en France presque clandestine, quelques séances perdues dans l’océan des multiplexes… pendant que des daubes monopolisent les écrans. Voilà le paradoxe du cinéma : les petites merveilles arrivent parfois sur la pointe des pieds. 

Et pourtant le film de Bill Condon est une splendeur. Oui, le même réalisateur que de la Saga  Twilight . Comme quoi un cinéaste peut parfois quitter les vampires pour nous offrir un film d’une sensibilité bouleversante. 

Le film se déroule pendant la dictature militaire en Argentine dans les années 1980. Un contexte politique lourd, violent, où toute opposition est réprimée. Dans une cellule sombre, humide, presque poisseuse, deux hommes sont enfermés. Deux destins. Deux visions du monde. 

D’un côté Valentin, interprété par Diego Luna. Opposant politique au régime, considéré comme dangereux par le pouvoir, un homme brisé par la torture mais dont les convictions restent intactes. Un idéaliste que la dictature tente d’écraser. 

De l’autre Luis Molina, incarné par Tonatiuh. Homosexuel condamné pour « indécence », rêveur invétéré, fragile et flamboyant à la fois. Luis n’est pas un militant, pas un révolutionnaire. Sa résistance à lui passe par l’imaginaire, par les histoires, par le cinéma. 

Presque un huis clos : une cellule, deux hommes, et la nuit qui semble ne jamais finir. Mais dans cet univers gris surgit une échappatoire. Les rêves de Luis. 

Pour survivre à l’enfermement, Luis raconte à Valentin son film préféré : Kiss of the Spider Woman. Dans son imagination apparaît la star Ingrid Luna, interprétée par Jennifer Lopez. Là, tout change. 

La cellule sombre laisse place à un monde de lumières, de paillettes, de musique et de glamour. Deux tableaux, deux ambiances. D’un côté la dictature et la peur. De l’autre le cinéma, les chansons et le rêve. 

Au début, on se dit : on ne connaît pas les chansons, cela va être dur. Et puis non. Très vite, le rythme nous emporte. Les numéros musicaux rappellent l’énergie de Chicago. La caméra virevolte, les décors scintillent, et Jennifer Lopez prouve qu’elle possède toujours ce pouvoir rare : soulever une salle entière. 

J.Lo est tout simplement magnétique. Diva de cinéma, apparition glamour, fantôme de rêve dans l’esprit de Luis. Elle illumine l’écran comme une star d’un autre âge. 

Face à elle, Diego Luna est bouleversant de retenue. Son Valentin est un homme cassé mais digne, un révolutionnaire qui découvre peu à peu l’humanité de son compagnon de cellule. 

Et puis il y a Tonatiuh, révélation absolue. Fragile, drôle, tendre, tragique. Son Luis est un personnage magnifique, un homme qui transforme la grisaille de la prison en comédie musicale intérieure. 

Peu à peu les deux hommes apprennent à se connaître. Les barrières tombent. La méfiance disparaît. Une amitié naît, fragile, improbable. Peut-être même plus que cela. 

Et c’est là que le film devient bouleversant. Car dans une dictature, même les sentiments deviennent dangereux. 

Bill Condon filme cette relation avec une délicatesse admirable. La mise en scène joue constamment sur les contrastes : l’obscurité de la cellule contre la lumière du rêve, la brutalité politique contre la poésie du cinéma. 

Le scénario, adapté du roman de Manuel Puig et de la comédie musicale de Broadway, parvient à mêler drame politique, romance et spectacle musical avec une fluidité remarquable. 

Mais derrière les chansons et les fantasmes de cinéma se cache une réalité brutale : la dictature écrase tout. Les idéaux, les amours, les espoirs. 

Car hélas, les histoires d’amour finissent mal en général… surtout dans une dictature. Et quelle que soit la couleur du régime, une dictature reste une dictature. 

Quand arrive la fin, l’émotion est là, presque insupportable. On passe du sourire aux larmes en quelques minutes. 

Kiss of the Spider Woman est donc un très grand film. Sensible, flamboyant, politique, musical et profondément humain. 

Une œuvre qui prouve que le cinéma peut encore mélanger les genres pour créer de la beauté au milieu de l’horreur. 

Et le plus triste dans l’histoire, finalement, c’est que si peu de spectateurs ont eu la chance de le voir. 

Un film magnifique… passé presque en douce dans les salles françaises. 
Comme un secret que seuls quelques cinéphiles auront eu la chance de découvrir. 🎬

NOTE : 14.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

  • Diego Luna : Valentin Arregui / Armando
  • Tonatiuh : Luis Molina / Kendall Nesbitt
  • Jennifer Lopez : Ingrid Luna / Aurora / The Spider Woman
  • Tony Dovolani : Johnny
  • Josefina Scaglione : Marta
  • Bruno Bichir : The Warden
  • Aline Mayagoitia : Paulina
  • Kevin Michael Brennan : Shady Mocambo Man
  • Thomas Canestraro : l'homme de main de Desiderio
  • Eduardo Ramos : Armando
  • David Turner : Kendall Nesbitt

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