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jeudi 3 septembre 2026

8.10 - MON AVIS SUR LE FILM THE RUNNER DE KEVIN MCDONALD -2026)


 Vu le film The Runner de Kevin McDonald (2026) avec Gal Gadot Damian Lewis Alfred Enoch Kenton Lloyd Morgan Rory Wilmot


Elle court, elle court la Gal Gadot dans The Runner, thriller de Kevin Macdonald, le réalisateur du Dernier Roi d’Écosse, et elle court tellement que l’on finit presque par se demander si elle n’a pas oublié quelque chose à la maison. Maia Marten, incarnée par Gal Gadot, est une avocate brillante qui prépare un procès important dans lequel elle doit assurer la protection d’un témoin essentiel. Jusque-là, rien de très anormal pour une avocate, sauf que pendant son jogging quotidien, son téléphone se met à sonner et un homme lui annonce tranquillement qu’il a enlevé son fils et qu’il le tuera si elle ne fait pas exactement ce qu’il lui demande.

Et que lui demande-t-il ? Tout simplement de tuer le fameux témoin qu’elle est justement chargée de protéger. Voilà donc notre Wonder Woman transformée en joggeuse londonienne, obligée de courir à travers la ville pour sauver son fils tout en essayant de comprendre qui la surveille et surtout comment cet homme peut connaître chacun de ses mouvements. Car le ravisseur a pris possession de son téléphone, ce qui lui permet de suivre Maia à la trace et de lui donner ses instructions au fur et à mesure de sa course.

Bon, pour le téléphone, pourquoi pas, on peut encore avaler la pilule, même si on se demande comment il a réussi son petit tour de magie informatique. Mais le problème devient légèrement plus gênant lorsque Maia traverse la ville, des jardins, des tunnels et différents endroits où personne ne semble pouvoir la surveiller directement, et que monsieur au téléphone continue de savoir absolument tout ce qu’elle fait. Elle est pourtant libre comme une abeille Maia , mais va-t-elle piquer le ravisseur ?

C’est là que The Runner fonctionne plutôt bien pendant une bonne partie du film, parce que Kevin Macdonald sait installer une véritable tension autour de cette course contre la montre. Maia court, cherche de l’aide, tente de comprendre qui se cache derrière cette voix et doit surtout éviter de faire tuer son témoin tout en essayant de récupérer son fils. Gal Gadot tient parfaitement son personnage d’avocate prise au piège, passant de la femme organisée et sûre d’elle à une mère complètement dépassée par une situation qui lui échappe.

Pendant environ une heure, le suspense est efficace, la mécanique fonctionne et l’on accepte même quelques invraisemblances parce que l’on veut savoir comment cette course va se terminer. On se prend au jeu, on suit Maia dans Londres, on attend le moment où elle va enfin retourner la situation et mettre la main sur celui qui tire les ficelles.

Seulement voilà, il faut bien finir le film, et c’est précisément là que ça se gâte sérieusement. Après avoir construit pendant une heure un thriller basé sur une surveillance permanente, une menace invisible et un enfant retenu en otage, il fallait trouver une conclusion à la hauteur de cette course effrénée. Et là, franchement, c’est la panne sèche.

La chute est d’un ridicule terrible, comme si les scénaristes avaient couru eux aussi mais qu’ils étaient arrivés au bout de leur souffle avant d’avoir trouvé une véritable idée pour terminer l’histoire. Tout ce suspense accumulé finit par retomber comme un soufflé, et l’on se demande presque si quelqu’un n’a pas simplement dit : « Bon, les gars, il faut finir, trouvez quelque chose ! »

Et rassurez-vous, le garçon n’est pas mort, Zorro est arrivé !

C’est dommage car The Runner avait suffisamment de matière pour faire un thriller beaucoup plus solide. Le principe est simple, efficace et parfaitement adapté à un film sous tension : une femme qui doit courir contre le temps, obéir à un ravisseur qui semble tout voir et tout savoir, sauver son enfant et protéger en même temps l’homme qu’on lui ordonne d’éliminer.

Mais un thriller, ce n’est pas seulement une bonne idée de départ et une heure de suspense, c’est aussi une arrivée. Et ici, après avoir fait courir Gal Gadot pendant tout Londres, on aurait aimé que le film franchisse la ligne d’arrivée autrement qu’en trébuchant.

Ça court, ça court… mais à l’arrivée, le film se prend les pieds dans le tapis.

NOTE ! 8.10

FICHE TECHNIQUE

Productrice déléguée : Jane Robertson

DISTRIBUTION

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