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lundi 6 avril 2026

11.20 - MON AVIS SUR LE FILM COMMENT TUER SA FEMME DE RICHARD QUINN (1965)


 Vu le Film Comment Tuer sa Femme de Richard Quinn (1965) avec Jack Lemmon Terry Thomas Eddie Mayehoff Claire Trevor Sidney Blakcmer Jack Albertson Max Showalter Alan Hewitt Mary Wickes 

( La Photographie est importante) dans l’élaboration du meurtre)  

Stanley Ford (Jack Lemmon) est un auteur de bande dessinée à succès qui raconte chaque jour les aventures de Bash Brannigan, agent secret. Célibataire endurci, il vit avec son majordome Charles Firbank (Terry-Thomas) une vie réglée et immuable. Un jour, sous l'emprise de l'alcool, il épouse une strip-teaseuse italienne (Virna Lisi) qui ne tarde pas à prendre une grande place dans son existence. Stanley Ford ne rêve alors que de sortir de cette situation. Dans ses bandes dessinées, il fait commettre à Bash Brannigan le meurtre de son épouse. Mrs. Ford a disparu et le public commence à penser que Bash Brannigan est peut-être une bande dessinée autobiographique... 

Avec Comment tuer sa femme, Richard Quine livre une comédie policière qui ne révolutionne rien, mais qui a pour elle un atout de taille : Jack Lemmon. Et quand Lemmon est là, même les situations les plus tirées par les cheveux passent comme une lettre à la poste. 

On le retrouve ici en Stanley Ford, auteur de bande dessinée à succès, vivant en célibataire endurci, presque militant, dans un confort bien huilé avec son majordome. Un quotidien réglé comme une horloge, où l’imprévu n’a pas sa place. Et puis évidemment, il suffit d’une soirée un peu trop arrosée pour que tout bascule. Réveil difficile : une blonde platine dans son lit. Et pas n’importe laquelle, incarnée par Virna Lisi, italienne, superbe, et qui ne parle pas un mot d’anglais (encore moins de français, mais peu importe, le chaos est universel). 

Le gag de départ est simple, mais efficace : le célibataire convaincu se retrouve marié sans trop comprendre comment. Et Stanley Ford, qui passait son temps à théoriser la vie de couple dans ses BD, se retrouve piégé dans sa propre fiction. Mauvaise idée de vouloir contrôler le réel comme une planche dessinée. 

Car Ford n’est pas qu’un dessinateur : il projette tout dans son personnage de BD, et c’est là que le film trouve sa mécanique. Dépassé par cette femme envahissante, par une situation qu’il ne maîtrise plus, il va avoir cette idée saugrenue — et franchement douteuse — de vouloir se débarrasser de sa femme. Et comme il ne sait penser qu’en images et en narration, il élabore son plan par mimétisme avec son héros de papier. 

L’histoire joue alors sur ce décalage constant entre fiction et réalité. Une idée maligne, mais qui reste légère, jamais vraiment poussée dans ses retranchements. On suit, on sourit, mais on sent que le film préfère le confort à la prise de risque. Ça reste une charmante comédie policière, pas une machine de guerre. 

Et heureusement, Lemmon est là. Parce que sans lui, le tout pourrait vite tourner à vide. Il a ce talent unique pour être à la fois dépassé, touchant, et irrésistiblement drôle. Ce type qui ne comprend pas pourquoi les femmes ne vont pas vers lui alors qu’il est charmant — et qui, dès qu’elles le font, panique complètement. Tout Lemmon est là, dans cette contradiction permanente. 

Terry-Thomas, en majordome, vole presque la vedette à chaque apparition. Son flegme, son timing, son sens du décalage en font un véritable moteur comique. Chaque réplique est un petit bijou, chaque regard une punchline. Hilarant, comme vous le dites, et même plus que ça. 

Virna Lisi, elle, joue sur son image de bombe blonde avec un mélange de naïveté et de présence physique qui suffit à déséquilibrer Lemmon. Elle parle peu, mais elle occupe l’espace. Et c’est justement ce silence qui crée une partie du comique. 

Quine accompagne tout ça avec élégance, sans jamais chercher à en faire trop. C’est fluide, lisible, au service des acteurs. Peut-être un peu trop sage, d’ailleurs. On sent que tout est calibré pour laisser Lemmon briller, ce qui est une bonne idée… mais aussi une limite. 

Le film avance ainsi, porté par ses situations absurdes, ses quiproquos, et cette idée de crime imaginé qui finit par rattraper son créateur. On n’est jamais dans une véritable tension policière, mais plutôt dans un jeu de faux-semblants où le ridicule n’est jamais loin. 

Et c’est peut-être là que le film trouve sa vraie nature : une comédie policière qui ne cherche pas à mordre, mais à séduire. Et dans ce registre, il fait le job. 

Pas un grand film, mais un bon moment. Un Lemmon charmant et drôle qui fait passer bien des choses, et qui transforme une idée un peu folle en divertissement solide. 

On ressort avec une certitude : mieux vaut rester célibataire… surtout quand on écrit des crimes parfaits.

NOTE : 11.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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