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jeudi 19 février 2026

12.80 - MON AVIS SUR LR FILM L'HOMME QUI A VU L'OURS QUI A VU L'HOMME DE PIERRE RICHARD (2025)

 


Vu le Film L’Homme qui a vu qui a vu l’Homme de Pierre Richard (2025) avec Pierre Richard Gustav Kerven Tmi Joy Marbot Louis Do de Lencquesaing Sophie Barbero Patrick Ligardes Anny Duperey  Jean Claude Baudracco 

Un jeune homme autiste asperger rencontre un vieil ermite qui fuit le monde des hommes et vit dans une cabane dans le Midi de la France. Ensemble, ils recueillent un ours échappé d'un cirque itinérant 

Il y a des titres à rallonge qui promettent déjà une fable, un conte, presque une pirouette. L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours en fait partie. On s’attend à une fantaisie tendre, à un décalage à la Pierre Richard, à ce mélange d’absurde et de mélancolie qu’il maniait si bien dans les années 70/80, quand il était l’un des GOAT de la comédie française. 

L’histoire met en scène un homme solitaire, un peu en marge, dont la trajectoire va croiser celle d’un jeune garçon présenté comme autiste Asperger. La rencontre devait être le cœur battant du film : le choc de deux solitudes, deux fragilités, deux façons d’être au monde. Sur le papier, c’est beau. Sur l’écran, c’est plus fragile. 

Pierre Richard, derrière la caméra et devant, a encore l’œil qui frise par moments. Il suffit d’un plan, d’un silence, d’un regard un peu de côté pour retrouver cette poésie lunaire qui a fait sa marque. Il y a des éclairs, des petites étincelles où l’on se dit : le magicien n’a pas totalement rangé ses accessoires. 

Mais ces éclairs sont trop rares. Le reste du temps, c’est un peu faiblard. On rit peu, voire pas du tout. Et quand on rit, c’est plus par tendresse pour l’auteur que par véritable effet comique. Le rythme manque cruellement : beaucoup de temps morts, des scènes qui s’étirent, une impression de tourner en rond, comme si le film cherchait sa direction sans jamais vraiment la trouver. 

Le scénario n’est pas équilibré. L’idée de départ est touchante, mais elle ne se transforme jamais en véritable arc dramatique. Les enjeux restent flous, les conflits s’installent mollement et se résolvent presque sans bruit. On tourne tout le temps dans le film, sans montée, sans véritable bascule émotionnelle. 

Côté acteurs, le déséquilibre est encore plus visible. Pierre Richard porte évidemment le projet. Il compose son personnage avec cette douceur un peu maladroite qui lui est naturelle. Il y a chez lui une sincérité qui sauve certaines scènes. 

En face, le jeune Timi-Joy Marbot, qui joue un autiste Asperger (ce qui n’est pas le cas de l’acteur, donc pure composition), n’est hélas pas à la hauteur du film. Le rôle exigeait une précision, une retenue, une intériorité forte. Or l’interprétation paraît parfois appliquée, presque scolaire, ce qui affaiblit la crédibilité de la relation centrale. 

La mise en scène, elle, reste simple, presque trop. Peu de prises de risque visuelles, peu d’idées marquantes. On sent l’artisan, mais pas le feu. La caméra accompagne, elle ne surprend pas. Elle observe, mais ne transcende pas. 

Ce qui frappe surtout, c’est ce décalage entre le potentiel émotionnel du sujet et le résultat final. Le film aurait pu être une méditation sensible sur la différence, la transmission, la solitude. Il reste au stade de l’esquisse. 

Au final, on se regarde le film à l’arrivée que pour l’œil de Pierre Richard. Pour ces petits moments où l’on retrouve l’artiste qu’on a aimé. Pour cette silhouette un peu voûtée, ce regard qui hésite entre naïveté et lucidité. 

Mais cela ne suffit pas à porter l’ensemble. Le film manque de rythme, d’équilibre, de souffle. Il ressemble davantage à un souvenir qu’à une véritable renaissance. 

On ressort avec une pointe de tristesse : celle de voir un grand nom tenter encore, avec sincérité, mais sans retrouver totalement la magie d’autrefois. 

NOTE : 12.80

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Pierre Richard
  • Scénario : Pierre Richard et Anne-Sophie Rivière
  • Musique : Olivier Defays
  • Photographie : Pierre Aïm[2]
  • Son : Steven Ghouti[2], Laurent Lafran et Vincent Mauduit
  • Décors : Mathieu Menut
  • Costumes : Elfie Carlier
  • Montage : Jeanne Kef
  • Conseils :
  • Production : Frédéric Niedermayer
    • Production exécutive : Ivan Samokhvalov
    • Coproduction : Bruno Jacquot, Bruno Lenoble
  • Sociétés de production : Moby Dick Films, en coproduction avec Ilnobile et LPS Finances, en association avec La Banque Postale Image
  • Sociétés de distribution : ARP Sélection (France) ; Athena Films (Belgique)

DISTRIBUTION

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