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mardi 13 octobre 2026

12.00 - MON AVIS SUR LE FILM TOUT L'OR DU MONDE DE RENE CLAIR (1961)


 Vu le Film Tout l'Or du Monde de René Clair (1961) avec Bourvil (3 Rôles) Philippe Noiret Claude Rich Alfred Adam Colette Castel Annie Fratellini Nicole Chollet Françoise Dorléac Michel Modo Claude Véga


Ah, ce cinéma pétillant de René Clair, comme il manque aujourd’hui à notre paysage cinématographique ! Une comédie pleine de malice, peuplée de personnages de la France profonde, entre campagne et montagnes, qui oppose les gens de la terre aux urbains avides d’argent, de pouvoir et de gloire. Une histoire qui n’a rien perdu de son charme, avec cette façon de rire des travers humains sans oublier de nous rappeler quelques vérités.


Dans le petit village de Cabosse, une source fait vivre les habitants et attire la convoitise d’un promoteur immobilier qui ne voit dans ce coin de campagne qu’une formidable occasion de s’enrichir. Son objectif est simple : acheter les terres et le village pour exploiter cette eau qui vaut de l’or. Évidemment, quand les billets commencent à circuler et que les sommes proposées donnent le tournis, les villageois et le maire sont prêts à céder aux sirènes de l’argent, car il est toujours plus facile de défendre ses convictions quand personne ne vous présente un joli chèque sous le nez.


Tous ? Non ! Comme un petit village Gaulois dans un autre temps , Un paysan résiste encore et toujours à l’envahisseur, Mathieu Dumont, interprété par Bourvil, qui refuse de vendre ses terres et de voir son village transformé en une opération commerciale. Face à ce récalcitrant qui contrarie ses plans, le promoteur, incarné par Philippe Noiret, va déployer tout un arsenal de pressions et d’intimidations, avec l’aide de son chauffeur, joué par Alfred Adam, et de son secrétaire, interprété par Claude Rich.


Mais le bonhomme n’a pas affaire à un simple paysan, car Mathieu a deux fils, Toine et Martial, également interprétés par Bourvil, et cette particularité va donner lieu à une série de situations cocasses dont René Clair a le secret. Avec ses trois personnages aux caractères bien distincts, Bourvil s’en donne à cœur joie, multipliant les déguisements et les transformations dans un exercice qui rappelle parfois son plaisir à jouer les personnages de composition dans Le Capitan. L’acteur s’amuse, et ce plaisir devient rapidement contagieux, tant il possède cette faculté de nous faire rire sans avoir besoin d’en rajouter.


Philippe Noiret, dans un registre inhabituel pour lui, lui donne la réplique avec un plaisir manifeste, en promoteur dont la cupidité n’a d’égale que sa détermination à mettre la main sur cette fameuse source. Le face-à-face entre les deux hommes fonctionne à merveille, l’un défendant son petit coin de paradis et l’autre rêvant déjà aux bénéfices qu’il pourrait en tirer. René Clair orchestre tout cela avec une légèreté qui n’exclut ni la satire sociale ni les coups de griffe adressés à une société où tout semble pouvoir s’acheter.


Pendant 90 minutes, les situations cocasses s’enchaînent dans cette campagne et ces montagnes où la tranquillité des habitants se trouve sérieusement perturbée par les appétits financiers. Le film possède ce charme d’un cinéma populaire qui ne prend pas son public pour un imbécile et qui sait faire passer ses idées avec humour, sans transformer la comédie en sermon. On retrouve cette joie de vivre si particulière au cinéma de René Clair, cette fantaisie qui fait sourire autant qu’elle réjouit.


Et bien sûr, avec Bourvil, la chanson n’est jamais bien loin, car notre Normand possède aussi ce talent de glisser quelques notes au milieu de ses aventures, comme si cela faisait naturellement partie du voyage.


On passe un excellent moment en compagnie de cette galerie de personnages, avec une morale qui sauve la face face aux appétits de l’argent : « L’argent ne fait pas le bonheur" et il  manque les moutons. » Une punchline qui résume parfaitement l’esprit du film, car entre les promesses de fortune et les plaisirs simples de la campagne, le choix devrait être vite fait, même si certains ont besoin de voir passer quelques millions avant de retrouver le bon sens paysan.


Tout l’Or du Monde nous rappelle qu’une source peut rapporter beaucoup d’argent, mais que la joie de vivre ne se met pas en bouteille. René Clair nous offre une comédie savoureuse, Bourvil y est formidable, Noiret apporte une opposition réjouissante, et l’on ressort avec le sourire, heureux d’avoir retrouvé un cinéma qui savait faire rire avec trois fois rien, tout en visant juste.

NOTE : 12.00

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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