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lundi 21 septembre 2026

11.20 - MON AVIS SUR LE FILM TWIST AGAIN A MOSCOU DE JEAN MARIE POIRE (1986°


 Vu le Film Twist Again à Moscou de Jean Marie Poiré (1986) avec Christian Clavier Philippe Noiret Marina Vlady Martin Lamotte Bernard Blier Roland Blanche Jacques François Albert Delpy Agnès Soral


Après l’énorme succès de Papy fait de la résistance et du Père Noël est une ordure, Jean-Marie Poiré remet le couvert avec Twist Again à Moscou, en retrouvant une partie de la troupe du Splendid autour de Christian Clavier et Martin Lamotte. Oui, énorme succès pour l’écriture, parce qu’il ne faudrait quand même pas confondre Jean-Marie Poiré avec Oliver Stone du cinéma français, ce serait lui faire beaucoup trop d’honneur !

Le principe est pourtant simple et plutôt prometteur : envoyer cette bande de joyeux drilles à Moscou, dans une histoire où le pouvoir soviétique, les magouilles, les faux-semblants et les situations ubuesques doivent servir de terrain de jeu à une troupe habituée à faire mouche avec des dialogues qui partent dans tous les sens. On vient donc voir du cinéma estampillé Splendid avant tout pour les vannes, les situations absurdes et cette mécanique héritée des Branquignols, où les personnages peuvent s’envoyer les répliques en boomerang jusqu’à ce que tout le monde finisse par prendre une chaise sur la tête.

Sauf qu’ici, quelque chose coince, et même assez rapidement. L’équipe n’est pas au complet puisque manquent à l’appel Gérard Jugnot, Michel Blanc et Thierry Lhermitte, et cela se ressent énormément. Les habitués de la bande connaissent leur importance dans cette mécanique collective où chacun apporte son grain de folie. Avec seulement une partie de la troupe, les vannes existent toujours, mais elles semblent moins inspirées et surtout beaucoup moins folles que dans les deux précédents succès de Poiré.

L’histoire nous entraîne donc à Moscou, dans une Union soviétique où les personnages se retrouvent confrontés aux rouages du pouvoir et à une société dont les codes sont censés nourrir le comique. Mais encore faudrait-il donner un véritable contexte à cette situation pour que le spectateur puisse réellement en rire. Faire rire avec les Moscovites sans vraiment expliquer le contexte politique et social dans lequel ils évoluent rend certaines situations beaucoup moins efficaces qu’elles ne devraient l’être.

Et en revisionnant le film plus de quarante ans après, certaines plaisanteries ont également pris un sacré coup de vieux. Entre les propos sexistes, racistes et homophobes, on retrouve un humour qui pouvait passer à l’époque mais qui paraît aujourd’hui beaucoup moins de bon aloi. Cela ne veut pas dire qu’il faut réécrire le film avec les lunettes de 2026, mais simplement constater que certaines vannes ont clairement perdu leur pouvoir comique avec le temps.

Christian Clavier, lui, fait le boulot et reste parfaitement à l’aise dans cet univers où l’agitation permanente lui permet de déployer son numéro habituel. Martin Lamotte est plus inégal, présent à mi-temps dans un film où il aurait justement fallu que tout le monde soit à plein régime pour retrouver la folie collective du Splendid.

Et puis il y a une double erreur de casting qui me paraît assez évidente, avec surtout Philippe Noiret, qui n’est franchement pas fait pour ce type d’humour. Noiret possède une classe inextricable et un naturel qui lui permettent d’être formidable dans quantité de registres, mais ici il se retrouve au service du Splendid alors que cela aurait dû être le Splendid au service de Philippe Noiret. Le mélange ne fonctionne jamais vraiment comme il le devrait.

Cela dit, revoir cette vieille génération d’acteurs reste toujours un plaisir, surtout lorsque le film nous permet de croiser une impressionnante liste de jeunes artistes qui allaient ensuite faire leur chemin dans le cinéma français. Et puis retrouver Bernard Blier et Jacques François, même sans boule à tic-tac, constitue toujours pour moi un plaisir non dissimulé, parce que ces deux-là possèdent une présence que l’on ne fabrique plus vraiment.

Le problème de Twist Again à Moscou, c’est finalement d’arriver juste après Papy fait de la résistance, avec la pression d’un succès énorme et l’obligation de remettre rapidement la machine en route. Poiré semble avoir voulu profiter de la dynamique avant que le soufflé ne retombe, mais cette fois le scénario aurait mérité d’être davantage travaillé au lieu de simplement compter sur les automatismes d’une troupe qui avait déjà fait ses preuves.

On retrouve quelques bonnes idées, quelques répliques qui font mouche et suffisamment de tronches familières pour passer un moment sympathique, mais la folie qui faisait le charme du Père Noël ou de Papy n’est jamais complètement au rendez-vous.

Dommage, parce qu’avec une équipe au complet, un scénario plus travaillé et surtout un contexte mieux exploité, cette virée moscovite aurait peut-être pu transformer l’essai. Ici, on a surtout l’impression que Poiré a voulu faire tourner la machine avant même d’avoir remis suffisamment d’huile dans les rouages.

Être ou ne pas être… Splendid, telle est peut-être la question.

NOTE : 11.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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