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vendredi 19 juin 2026

16.30 - MON AVIS SUR LE FILM PLUS FORT QUE MOI (I Swear) DE KIRK JONES (2026)


 Vu le Film Plus Fort que Moi (I Swear) de Kirk Jones (2026) avec Robert Aramayo Scott Ellis Watson Maxine Peake Shirley Henderson David Carlyle Peter Mullan Steven Cree


Le film suit l'histoire de John Davidson, un homme écossais vivant avec le syndrome de Gilles de la Tourette. Ce syndrome se caractérise par des tics moteurs et sonores. Le film est inspiré de faits réels.


Quelle claque !


On ne remerciera jamais assez les BAFTA Awards d'avoir mis un coup de projecteur sur ce film en lui attribuant notamment le prix du Meilleur Acteur. Quand on sait que Robert Aramayo était en concurrence avec des noms comme Timothée Chalamet, Leonardo DiCaprio ou Michael B. Jordan, excusez du peu, cela a forcément éveillé ma curiosité. Et pour une fois, les récompenses n'ont pas raconté n'importe quoi.


L'histoire suit John Davidson, un garçon sérieux qui découvre très jeune qu'il souffre du syndrome de Gilles de la Tourette. Un syndrome qui, chez beaucoup de gens, provoque encore des rires gênés ou de l'incompréhension alors qu'il représente une souffrance quotidienne pour celles et ceux qui en sont atteints. Souffrance du regard des autres, de l'exclusion, de cette incapacité à contrôler certains mots ou certains gestes qui peuvent transformer chaque rencontre en épreuve.


À cause de ses insultes involontaires et de ses accès verbaux incontrôlés, John voit sa vie familiale exploser. Son père a pris la fuite depuis longtemps, sa mère sombre peu à peu dans une dépression dont elle ne parvient plus à sortir. Puis arrive Chris, formidable David Carlyle, un camarade qui voit autre chose que la maladie. Par son intermédiaire, John rencontre la mère de celui-ci, incarnée par une immense Maxine Peake. Persuadée qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre, elle décide de prendre le jeune homme sous son aile et de lui offrir un foyer, au grand soulagement de sa propre mère.


Oui, nous sommes en plein dans ce cinéma social britannique que j'aime tant, quelque part entre les univers de Peter Mullan et de Ken Loach. Un cinéma où les laissés-pour-compte, les oubliés et les fragiles ont encore le droit d'espérer trouver leur place dans la société.


John va tomber, se relever, apprendre à vivre avec sa différence et finir par en faire un véritable combat personnel. Et au centre de tout cela, il y a Robert Aramayo. Je l'avais aperçu dans Game of Thrones, mais ici il atteint une autre dimension. Son interprétation est exceptionnelle. Il fallait du courage et du talent pour aborder un rôle aussi complexe sans jamais tomber dans la caricature. À ses côtés, le jeune Scott Ellis Watson est tout aussi remarquable dans les scènes d'enfance.


Sous la direction inspirée de Kirk Jones, que l'on n'attendait pas forcément sur un sujet pareil après Nanny McPhee, Aramayo livre une composition d'une justesse rare. Il maîtrise aussi bien les accès de colère que les moments de vulnérabilité, sans jamais chercher à en faire trop. Tout paraît naturel, presque documentaire.


Et que dire du reste de la distribution ? Maxine Peake, Peter Mullan, Shirley Henderson, David Carlyle : pas une fausse note. Chacun apporte sa pierre à cet édifice profondément humain. La mise en scène est simple, discrète, mais d'une efficacité redoutable. Elle ne cherche jamais à manipuler le spectateur et préfère laisser les personnages exister.


Faire un film sur le handicap est toujours un exercice périlleux. Il faut éviter la moquerie sans tomber dans le misérabilisme. Ici, Kirk Jones réussit le tour de force de ne jamais geindre. Il nous invite simplement à réfléchir à la condition de ces personnes qui mènent chaque jour un combat invisible.


On rit parfois, on est souvent ému, mais surtout on comprend. Et c'est sans doute la plus grande qualité du film.


Oui, une grande claque. Une de celles qui vous rappellent pourquoi le cinéma existe : pour nous faire regarder autrement ceux que nous pensions connaître.

NOTE : 16.30

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisateur et scénariste : Kirk Jones
  • Directeur de la photographie : James Blann
  • Montage : Sam Sneade
  • Musique : Stephen Rennicks
  • Producteurs : Georgia Bayliff, Kirk Jones et Piers Tempest
  • Sociétés de production : Tempo Productions et One Story High
  • Sociétés de distribution : Studiocanal UK, Tandem (France)[

DISTRIBUTION

  • Robert Aramayo (VF : Aurélien Raynal) : John Davidson
    • Scott Ellis Watson (VF : Jessy Dubuis) : John jeune
  • Maxine Peake (VF : Claire Beaudoin) : Dottie Achenbach
  • Shirley Henderson (VF : Nathalie Kanoui) : Heather Davidson
  • Peter Mullan (VF : Éric Herson-Macarel) : Tommy Trotter
  • David Carlyle (VF : Philippe Bozo) : Chris Achenbach
  • Steven Cree (VF : Olivier Augrond) : David Davidson
  • Francesco Piacentini-Smith (VF : Kylian Trouillard) : Murray Achenbach
    • Jamie McAllistar : Murray jeune
  • Ethan Stewart : William Davidson
  • Paul Donnelly (VF : Jérémie Bédrune) : Billy Dean
  • Douglas Rankine : le docteur Colin Hargreaves
  • Adam McNamara (VF : Valéry Schatz) : l’inspecteur MacCullen
  • Chris Dixon : James
  • Anthony Capaldi : Andy
  • Andrea Bisset : Lucy
  • Gordon Peaston (VF : Nicolas Buchoux) : le conseiller Spalding
  • Christina Modestou : Alison
  • Christina Ashford : Elizabeth II

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